Diffusion prescriptive: Le diffuseur 2.0 est l’avenir des l’artistes

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Avec la multiplication des plateformes de diffusion, des médias et des points de vente, comment se faire connaître et se diffuser? Grâce aux diffuseurs 2.0 ! Je reproduis ici un article très intéressant d’Hubert Guillaud qui discute de l’avenir de la diffusion pour les écrivains.

Diffuseurs 2.0

On le comprend de mieux en mieux. Demain, le livre au format électronique sera disponible plus facilement. On pourra acheter le fichier électronique d’un livre (à un prix moins élevé que le livre papier), peut-être le stocker ailleurs que sur sa machine (pour moins le perdre), sur des plates-formes auxquelles nous serons abonnés, membres ou simples passants. Soit. Mais des plateformes, il y en a des dizaines, des centaines, des milliers ! Qui va diffuser mon fichier sur Le Monde en ligne (pour que les gens puissent y avoir accès depuis leur journal), mais aussi sur mon journal local en ligne ou les sites web des magazines culturels ? Qui va me permettre de faire que mon fichier soit accessible sur les plateformes plus puissantes que la mienne ?

Voila qui repose d’autant plus cruellement la question de la diffusion au format numérique. Qu’un éditeur propose un de ses livres au format numérique sur son site, c’est normal. Mais on le voit à l’aune de l’expérience de ceux qui s’y sont déjà lancés… Comment rendre ces fichiers accessibles depuis d’autres sites, d’autres boutiques, dans d’autres réseaux ? Comment assurer leur diffusion ? Quels partenaires vont me permettre cela ? Est-ce que moi, auteur ou éditeur, je vais devoir démultiplier des partenariats (exclusifs, ou pire, excluants) pour que mon fichier soit disponible sur d’autres sites que le mien ?

Car l’enjeu est bien là finalement. Le problème, n’est pas de rendre son texte disponible au format numérique, mais de le diffuser, de faire qu’il soit accessible, dans ma boutique, mais aussi dans toutes celles des autres – SmartLinks est un piste, mais est-ce la seule ? Comment demain vais-je pouvoir rendre mon fichier disponible chez Amazon, Lulu, Numilog, Google, Galica, Place des libraires, dans les boutiques de confrères, sur les sites web d’autres éditeurs, sur les sites marchands quelconques (Chez Carrefour, Leclerc, Cultura, Ooshop…), mais aussi sur les sites communautaires comme Zazieweb, LlibraryThing, Babelio… Mais aussi sur Facebook ou MySpace…

Je peux être demain l’éditeur de mon propre texte numérique. C’est facile. C’est simple. Je peux le vendre sur une ou deux, voire trois plateformes, facilement. Mais est-ce suffisant ? Est-ce que cela me permet de toucher suffisamment de public, d’être suffisamment accessible ? Comment puis-je le diffuser mieux que je ne sais le faire, et ne pas être cantonné depuis mon propre site, mon propre réseau ? Comment mon fichier peut-il être accessible sur d’autres sites, depuis d’autres réseaux ? Ce n’est pas l’URL de mon fichier qui est important à diffuser, mais le fichier en tant que tel ? Et comment, sur toutes ces plateformes, je saurais ce qui doit m’être crédité, à moi éditeur et à mes auteurs ?

Je pense que nous allons avoir besoin de diffuseurs 2.0. De gens capables de prendre votre fichier et de le diffuser pour vous dans d’autres réseaux que les vôtres. De vous assurer de ses ventes, de vous faire parvenir les décomptes de vente. Comment peut-on imaginer que les éditeurs sauront faire tout ce travail là, autrement qu’en ne passant que par le biais d’une poignée de gros sites marchands – ce qui n’est pas envisageable à terme ? J’avais la même interrogation sur les libraires : comment mon libraire de quartier sera-t-il accessible depuis GoogleBookSearch, pour que je puisse commander mon exemplaire numérique chez lui, si je le veux ? Comment sera-t-il accessible depuis le site de FranceCulture, de Télérama ou de Bibliobs, de Zazieweb, Babelio, etc. ?

L’enjeu est d’autant plus important que le libraire ou l’éditeur est petit. Un gros groupe pourra gérer des partenariats multiples avec des centaines de plateformes. Mais cela ne pourra pas être le cas, pour de petites structures. Or mon problème, demain, à moi éditeur, auteur ou libraire notamment, c’est de pouvoir toucher avec mon exemplaire en vente, d’autres structures que la mienne ou que les plus grosses.

C’est ce que disait O’Reilly : si je veux vendre plus d’exemplaires en .pdf de mon bouquin, il faut qu’il soit disponible sur d’autres boutiques que la mienne. Il faut que moi, petit éditeur, je puisse accéder à XXX boutiques, qu’un intermédiaire le fasse pour moi. Développe les partenariats, les API, qui rendront cela possible. Développer et multiplier les canaux de ventes. On voit bien qu’il y a là, un vrai métier à venir. Et que pour pouvoir être partout, il va nous falloir des gens dont c’est le métier, qui permettront de porter vos ouvrages numériques sur des plateformes toujours plus variés.

Article écrit par Hubert Guillaud (La feuille) et publié sous licence Créative Commons

Conclusion

Le diffuseur 2.0 est l’avenir de l’écrivain 2.0 et plus généralement de l’artiste 2.0. Celui qui a du talent et qui donne à son public (du plaisir, du contenu gratuit, …), qui fidélise ce public qui, en retour, fait de la diffusion prescriptive (”j’aime donc je diffuse”) de l’artiste. Contrairement à Hubert Guillaud, je pense que même si avoir des diffuseurs 2.0 professionnels sera utile, ce ne sera pas suffisant. Il y a aura toujours de nouvelles plateformes et même pour un diffuseur 2.0 professionnel, cela sera impossible à suivre. Je crois plus au recrutement des « consom’acteurs », ces fans très impliqués qui diffuserons le travail de l’artiste, mais aussi pourront héberger des boutiques en ligne (via des widgets) pour devenir un point de vente de leur(s) artiste(s) fétiche(s) et aussi acheter ses œuvres ou les financer. Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières (et les longues traînes…) des milliers de diffuseurs/prescripteurs faisant une diffusion cible pourront être plus puissants qu’un média centralisé faisant de la publicité. Qu’en pensez vous ?


3 commentaires

  • Vous avez tout à fait raison. Le premier diffuseur sera certainement le consommateur, mais pour un produit fini… Le lecteur, en pointant vers une fiche de livre sur Amazon, parle du livre qu’il a lu, mais qui permet à ce que ce livre ne soit pas seulement disponible sur Amazon ?
    Les auteurs auront donc besoin de personnes qui vont assumer pour eux la professionnalisation de leur présence sur internet. Ne croyons pas que la démultiplication des plateformes où il faut être présent et la démultiplication de la concurrence puisse être simple à gérer, regardez comment évolue la musique : http://www.numerama.com/magazine/9378-Loin-de-son-esprit-de-dpart-Myspace-favorise-les-gros-labels.html

  • Concernant Myspace, je suis persuadé qu’il font une erreur en se focalisant uniquement sur les « gros » artistes. Le site est devenu ce qu’il est grâce à tous ces petits artistes. Je ne crois pas du tout en l’avenir de MySpace et je pense que d’ici 2-3 ans ils seront remplacés par une ou plusieurs plateforme(s) plus spécialisée(s), plus jolie(s), plus adaptée(s).
    Je crois beaucoup par contre à la widgetisation du web. Aujourd’hui un artistes a intérêt à être sur plusieurs grosse plateformes commerciales, car celles ci génèrent beaucoup de trafic et donc de ventes. Mais demain avec l’explosion du nombre de pages, portails, etc… le trafic de la plupart des gros portails va diminuer, dilué par la concurrence.

    Aujourd’hui un artiste doit être sur Amazon, iTunes, et les autres sites de vente de contenu en ligne. Demain l’artiste pourra faire son propre widget de diffusion et de vente (voir Ben Harper: http://toc-arts.org/blog/2008/03/16/cest-quoi-un-widget-et-pourquoi-ca-change-tout-pour-les-artistes/). Ce widget, placé sur 1000, 10 000, 100 000 pages persos, sera plus effectif au niveau vente et diffusion que quelques pages placées sur les boutiques en ligne au milieu de milliers d’autres artistes. Je crois aussi beaucoup plus en cette diffusion prescriptive qu’en la publicité en ligne.

    Bien sur ceci n’est qu’une spéculation, mais je crois que nous allons vers cette direction…

    :-)

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