L’interactivité entre auteurs et lecteurs est elle l’avenir du livre ?

« Le futur du livre n’est peut être pas dans des objets comme le Kindle ou les e-books, mais dans l’interactivité entre les lecteurs et l’auteur autour du livre. » Paolo Coehlo.

Quel avenir pour le livre papier à l’heure du numérique ? C’est la question que les auteurs et éditeurs se posent de plus en plus. Le livre papier a t-il de l’avenir ou bien va il être supplanté par le livre numérique ? Bien qu’elle soit pertinente je trouve que cette question limite la réflexion autour d’autre modèles économiques.

Livre papier OU numérique ?

Ça discute ferme en ce moment dans l’industrie du livre avec la sortie d’un rapport en France sur l’avenir du livre à l’heure du numérique. Vous pourrez d’ailleurs retrouver un dossier sur le livre 2.0 sur NonFiction.fr.

En gros on retrouve les mêmes questions. Quels sont les nouveaux supports de lecture, quels sont les modèles économiques associés, il faut développer une offre légale, protéger la propriété intellectuelle, bla bla bla…

Je trouve cette discussion intéressante, pourtant j’ai l’impression que tout le monde se focalise trop sur le « numérique contre papier » au lieu d’essayer de voir comment l’un pourrait compléter l’autre.

Livre papier ET numérique !

Heureusement on voit certains expérimenter de nouvelles approches. J’avais déjà parlé de Paolo Coehlo qui utilise les nouvelles technologies (blog, BitTorrent, Twitter, widgets, …) pour augmenter l’interactivité avec ses lecteurs.

Un autre exemple intéressant est celui de Cory Doctorrow. Co-auteur sur Boing-Boing, l’un des blogs les plus populaire du net, il s’est fait connaître en tant qu’écrivain en laissant ses œuvres en téléchargement libre. Ses livres se ont tellement bien diffusé en ligne, que sa notoriété lui a ensuite permis de les publier et de les vendre en format papier. Son livre Dans la Dèche au Royaume Enchanté,  vient ainsi d’être traduit et publié en France.

Un autre exemple qui montre comment le multimédia peut aider le papier: Le Wall Street Journal a publié récemment un article qui décrit la façon dont certains éditeurs utilisent la vidéo pour faire ce qu’ils appellent des “Book Trailers”, c’est à dire de courtes vidéos qui relatent le thème d’un livre dans un format proche des bandes-annonces de film. Ce système de promotion est tellement prometteur qu’HarperCollins, un des plus gros éditeurs, a même été jusqu’à bâtir son propre studio pour concevoir ses bandes annonces.

Vidéo + livre = book trailer

Alors a quoi ressemble ces « Book Trailers »? L’un des meilleurs exemple est la bande annonce du livre “The Shock Doctrine” écrit par Naomi Klein et dont le film a été réalisé par le talentueux réalisateur mexicain Alfonso Cuarón et son frère Jonas Cuarón.

Ce film a connu un énorme succès: plus de 600 000 vues sur YouTube et des nominations dans des festivals de cinéma ! En fait, ici la bande annonce n’est pas un publicité, mais plutôt un mini documentaire qui explique la thèse centrale du livre et permet de faire rentrer le public dans l’univers de l’auteur. Un site internet ShockDoctrine.com riche en informations permet ensuite aux visiteurs de démarrer/continuer la réflexion amorcée autour du film et du livre et de les faire rentrer plus profondément dans l’univers de l’auteur.

L’interactivité entre les lecteurs et l’auteur, et après ?

Naomie Klein a ainsi crée un univers multimédia vidéo-livre-site internet où ses lecteurs et elle se rencontrent et interagissent. Ce n’est plus simplement un livre qu’on lit et qu’on referme avant de passer à autre chose. La relation entre l’auteur et sa communauté se poursuit bien après la lecture.

Notez que comme dans la vision de Paolo Coehlo, le produit vendu (le livre papier ou numérique) n’est pas le plus important en soi. Ce qui est important c’est l’univers autour de ce livre et la relation qui se crée entre l’auteur et son public. A partir de cette relation d’autres choses découlent: une communauté se crée, la fidélité des lecteurs et plus forte et certains d’entre eux deviennent des créateurs ou même des diffuseurs qui travaillent pour l’auteur. Certains vont créer des vidéos, des revues du livre, d’autres vont faire de la diffusion prescriptive, c’est à dire une recommandation active et ciblée du livre à leur entourage.

L’avenir du livre reste à imaginer

Autant je suis un fan enthousiaste des nouvelles technologies, autant je crois que le livre papier a encore de beaux jours devant lui. Et si le numérique peut compléter le livre papier, je pense qu’il ne le remplacera jamais complètement.

Alors arrêtons de les opposer et réfléchissons plutôt comment ils peuvent se compléter, quels pourraient être le(s) nouveau(x) modèle(s) économique(s) pour que chacun, écrivains et lecteurs y trouvent leur compte.

Dans l’exemple de Naomie Klein, le numérique a contribué à favoriser les ventes pour un produit traditionnel: le livre papier. Mais comme l’envisageait Paolo Coehlo, on peut aussi imaginer que dans le futur les gens pourraient payer non pour le livre, mais pour les discussions et l’univers associé au livre, comme dans les jeux vidéo en ligne où le consommateur paye une somme pour entrer dans l’univers du jeu.

Tout reste à inventer…

Vous avez des idées sur le sujet ?


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