Youtube, prescripteurs et le futur de la musique en ligne

Google et Youtube continuent d’évoluer et de rajouter des nouveautés qui ont un impact sur le monde la musique en ligne. Je vous présente ici une suite à mon premier article Youtube et le futur de la musique en ligne.

Pourquoi Youtube ?

Certains lecteur me demandaient pourquoi focaliser sur Youtube, il y a bien d’autre sites vidéos.

Oui, mais voila s’il n’est pas le premier portail de partage de vidéos apparu, (Dailymotion existe depuis plus longtemps), Youtube est le plus gros site de partage, un lieu majeur d’écoute de musique en ligne et étant propriété de Google, il préfigure de nouveaux modèles à venir.

Une petite infographie vous fera comprendre l’immense plateforme qu’est devenu Youtube:


Infographie par TechWelkin.com et signalée par Defmaster
Cependant pour rappeler que Youtube n’est pas le seul, ne négligez pas Viméo qui a su attirer une communauté très riche d’artistes.

Les prescripteurs: sources de recommandation

 

Je parlais dans mon premier article des « prescripteurs », sources de recommandation reconnues et mise en valeur par Youtube:

 

De la même manière qu’il identifie les artistes, Youtube identifie les sources qui recommandent ces vidéos et proposent une option “Vu sur: ” avec un lien vers une page consacrée à la source de la vidéo: Ces sources, des sites web spécialisés et externes à Youtube semblent être reconnus en tant que prescripteurs puisque Youtube leur consacre une page et recense les vidéos qu’ils ont publiés à l’extérieur de Youtube.

 

Certains lecteur me demandaient comment fonctionne ce système ? Comment les prescripteurs sont ils choisis ?

Et bien je suis tombé récemment sur cette vidéo de l’artiste indienne Nadini Srikar,  qui m’a permis de comprendre un peu plus ce système.

 

Comme vous pouvez le voir la source est blueFROG, une entreprise musicale indienne associant salle de concert, enregistrement et promotion d’artistes. Ayant travaillé pendant plus d’un an et demi à la stratégie digitale de cette entreprise, j’ai donc quelques clés pour m’aider à comprendre comment Youtube choisit d’afficher ces prescripteurs.

Alors explorons.

Quand on clique sur le nom de la source, on accède à une page Youtube qui apparait comme un flux avec les dernières vidéos du prescripteur.

 

 

Même si ce flux ressemble a une chaine Youtube, les vidéos affichés n’ont pas été posté par le prescripteur sur son compte Youtube, mais sur son site web.

En effet , quand on clique sur Read more (lire plus) on est redirigé vers le site du prescripteur.

Notez que le lien lui même redirige vers une sous page, faisant elle même partie d’une page sur l’artiste:

 

 

Alors pour résumer:

  • blueFROG poste  des vidéos Youtube sur son site, ces vidéos sont déja sur Youtube et seulement intégrées (embed) dans le site.
  • Google scanne régulièrement ce site et recense les vidéos intégrées sur une page Youtube générée automatiquement
  • ces données sont utilisées dans les pages de vidéos comme celle de Nadini Srikar pour indiquer que blueFROG a republié la vidéo (ce qui en pratique équivaut à une recommandation).
  • notez que la page blueFROG crée automatiquement par youtube est différente de la page Youtube où blueFROG publie (upload) ses propres vidéos. Et qu’il n’y pour l’instant aucun lien entre les deux. On imagine que prochainement il y aura un système pour lier et consolider les deux identités/pages
  • on imagine que Youtube utilise les données d’intégration (embed) de vidéos sur le web comme un indicateur de popularité qui pourrait être utilisé pour les moteurs de recherche de Youtube, de Google, mais aussi dans le système qui vous propose d’autres vidéos après la fin de la vidéo que vous avez regardé.

« it’s the social, stupid! »

Dans une futur pas si lointain on imagine que cette generation de recommandations personnalisées va être de plus en plus important, pas seulement chez Google.

On voit déja Facebook s’associer  des services de musique comme Spotify avec en fond la même idée: utilisez le comportement des utilisateurs et leur interactions avec les contenus pour proposer des recommandations personnalisées à ces utilisateurs et à leur amis.

Facebook étudie déja vos comportement sur son site pour comprendre les contenus qui suscitent votre interet, la prochaine étape sera d’affiner cette compréhension en scannant directement vos playlists.

L’approche n’a rien de nouvelle, c’est ce qu’essaye déja de faire Last.FM ou Pandora, mais on voit que la course pour créer le meilleur système de recommandation continue.

« it’s the economy, stupid! »

Pourquoi cette course à la recommandation ? Pour vous faire plaisir les petits loulous, mais pas seulement.

C’est surtout un moyen de donner un valeur ajoutée à l’expérience musicale. Et donc potentiellement de générer un modèle économique viable.

C’est ce qu’anticipait Kevin Kelly  quand il disait:« Lorsque les copies sont gratuites, vous devez vendre des choses qui ne peuvent être copiées. »

Et une expérience personnalisée avec un système qui vous propose une majorité de titres que vous trouverez géniaux pourraient etre un de moyens pour générer un modèle économique profitable.

A ce sujet lisez l’excellent article de Kevin Kelly sur les moyens de monétiser l’expérience musicale à l’heure du peer-to-peer: Mieux que gratuit, le business model réinventé

Comment devenir un prescripteur sur Youtube ?

Revenons à Youtube. Il y a des milliers de sites qui integrent des vidéos musicales dans leur pages.

Comment Youtube choisit il les prescripteurs qu’il va afficher dans ses pages vidéos ? Je n’ai pas de preuve directe, mais voici à mon avis ce qui passe.

Google utilise les données de son moteur de recherche pour savoir identifier des sites de référence dans le monde la musique.

Lorsque je travaillait le référéncement de blueFROG, j’essayai de travailler le contenu et les liens pour optimiser le positionnement du site web de blueFROG pour des mots clés comme « gigs in mumbai » (concerts à Bombay), « gig calendar » (agenda des concerts), « music venue  » (salle de concert), …

Ce travail d’optimisation autour des thématique de la musique live associé au comportement des internautes qui visitent le site de blueFROG après avoir fait des recherches liés à la musique aident Google à determiner que blueFROG est un site de référence dans la musique.

Pour devenir un prescripteur sur Youtube, il faut donc à mon avis avoir déja un bon référencement autour de la musique (incluant sa composante sociale, à savoir les citations dans les médias sociaux).

Et la pas de secret, c’est un travail de longue haleine pour optimiser son positionnement et accroitre sa popularité.

Par contre un aspect interessant c’est que dans ce domaine un simple blog pour peu qu’il soit populaire, peut devenir lui aussi devenir un site de référence qui fera jeu égal avec de grand sites.

Je pense que cela sera d’autant plus vrai dans le futur où j’imagine que plutot que de se baser uniquement sur des gros sites généralistes, Google accordera plus d’importance aux sites de niches comme il le fait de plus en plus.

Si vous publiez uniquement des revues sur le heavy métal extreme tendance « tractopelle-core » depuis 10 ans, il y a des chances que votre site deviennent une reference pour Google dans ce domaine 🙂

 

Le futur: la vente sur Google play ?

Rehgardons encore la vidéo Youtube de Nadini Srikar:

 

 

Notez que d’un coté on a le design Youtube disant « acheter cette chanson sur: » et de l’autre l’artiste qui a mis ses propres liens vers ses sites de vente (Amazon, Itunes, OVI) dans la description…

Le système n’est pas encore tout à fait au point…

La reconnaissance la musique présente dans la vidéo se faisant à priori automatiquement (comment??), il serait interessant que Google informe l’artiste et lui propose de rajouter ses propres sites de ventes .

Ou alors il faut s’attendre à ce que Google favorise les liens de vente via Google Play, l’ancien Android Market où Google espère imiter ce qu’Apple a fait avec l’iTunes Music Store et l’App Store, à  savoir vendre de la musique, des vidéos, des applications pour smartphone, des jeux, où encore de livres éléctroniques… pour les ordinateurs, mais aussi et surtout les smartphones et tablettes.

Conclusion

Le monde la musique en ligne continue à evoluer très vite. Pour les technophobes, ne vous inquiétez pas. Voici comment vous pouvez vous faire connaitre et vendre votre musique sur internet (ou pas):

  • il faut être bon dans ce que vous faites
  • autant que possible rendre votre musique facilement écoutable et diffusable (sur internet ou hors ligne)
  • pensez diffusion prescriptive, (voir les 7 pre-requis pour un musicien indépendant)
Une très bonne illustration de ce que je vous dis:
je voulais finir cet article en vous laissant écouter la musique de Nadini Srikar via la vidéo que je décrivais.
Je ne rédige pas de recommendations pour artistes, mais j’aime bien profiter de mes articles pour faire découvrir des artistes que je trouve interessant.
Hors quand on essaye d’intégrer la vidéo hors de Youtube voici le message: intégration désactivée sur demande (de l’auteur de la vidéo).

Forcer les gens a cliquer pour aller sur Youtube c’est imposer de faire un clic de plus (de trop?) avec le risque que peu de gens fassent l’effort d’aller voir.

C’est stupide car c’est se priver d’une promotion par les fans (comme je voulais le faire) et un moyen de réduire sa visibilité.

 Le système de prescripteur de Youtube que je décrivais plus haut sera lui aussi bloqué puisque si la vidéo ne peut etre intégrée ailleurs sur le web, il n’y aura pas reconnaissance de recommandation par des sites web externes et probablement un positionnement moindre sur Youtube.
Coup de chance ici il semble que la vidéo ait été intégrée sur le site de blueFROG AVANT que l’integration soit bloquée, ce qui a permis à la recommandation « Vu sur: » d’apparaitre sur Youtube, mais malheureusement oblige les visiteurs du site à un clic de plus…

Conclusion de la conclusion

Pour finir je vous encourage quand meme à aller la vidéo de Nadini Srikar sur Youtube.

La scène contemporaine est en train de grossir à grande vitesse et l’on voit beaucoup d’artistes dans cette lignée, fusionnant musique traditionnelle indienne et des musiques électroniques actuelles. Cela donne une idée de ce qui se passe en ce moment dans la scène musicale en Inde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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