Fora do Eixo un réseau culturel collaboratif distribué

Au Brésil, un circuit culturel qui a démarré loin des grandes villes et dépends en grande partie d’une monnaie basé sur l’échange de faveurs promeut à présent plus de 6000 spectacles par an. Cet article est une traduction et une adaptation d’un article de Thiago Borges pour Infosurhoy.com et qui revient sur le réseau Fora do Eixo (qui se traduit par « déporté, hors de l’axe principal ») et son fonctionnement original.

Fora do Eixo promeut la culture à travers le Brésil

Par Thiago Borges pour Infosurhoy.com – 06/12/2012 SÃO PAULO, Brésil – En février et Mars cette année, 500 000 personnes ont assistés au Grito Rock, l’un des plus gros festivals du Brésil. Contrairement à des festivals très en vue comme Rock in Rio qui a accueilli 700 000 fans en 2011, Grito Rock a decentralisé le concept du mégashow en amenant des musiciens dans plus de 200 villes. C’est la partie la plus visible d’un circuit qui offre 6000 spectacles annuellement à travers le Brésil. Ces spectacles font partie de Fora do Eixo, un mouvement culturel national qui a opéré indépendamment des 2 plus grosses villes du pays, Rio de Janeiro et São Paulo. Le mouvement a démarré à Cuiabá, la capitale du Mato Grosso, qui a une population de 551 000 résidents. Comme la plupart du Brésil, la ville était éclipsée par le développement culturel, politique, économique et social dans les zones urbaines de Rio de Janeiro et São Paulo. « Nous sommes en bout de ligne recevant la culture de São Paulo, Rio de Janeiro et, à l’occasion de Belo Horizonte et Recife, » dit Thiago Dezan, 22 ans, qui a été impliqué dans Fora de Eixo depuis 2008. « Nous ne pensions pas être capable de produire quelque chose nous même. » La graine a été planté en 2000, quand un groupe de jeunes étudiants en communication ont créé Cubo Mágico, un groupe avec l’objectif commun de promouvoir les fêtes et la culture locale à Cuiabá avec des groupes de toute la région. Cubo Mágico a rapidement commencé à échanger des idées et des expériences sur l’organisation de festivals avec des groupes ou collectifs similaires à Uberlândia (Minas Gerais), Londrina (Paraná) et Rio Branco (Acre). En 2005, cet échange d’idées a conduit à la création de la tournée Fora de Eixo. Fora do Eixo fonctionne maintenant comme un collectif de collectifs, avec l’implication de plus de 200 groupes et 2000 personnes.

Plus de 100 festivals

Le réseau, qui est présent dans 88 villes s’étale sur 25 états brésiliens, promeut annuellement 107 festivals musicaux impliquant plus de 30 000 artistes. Avec un financement minime, Fora do Eixo dépend des contributions de tous les participants pour se maintenir à flot. A la plupart des spectacles du Grito do Rock par exemple, les musiciens n’avaient pas de cachets pré-déterminés, mais un pourcentage des ventes de tickets. A la plupart des évènements Fora do Eixo, à la place d’argent, les artistes sont payés avec des photographies et des vidéos de leur performances, des relations presse, du temps de studio pour répétitions et enregistrements, des services légaux, parmi des dizaines d’autres produits et services.

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Tenu chaque octobre à Ribeirão das Neves dans l’état du Minas Gerais, Pá de Pedra est l’un des 100 festivals qui composent le circuit indépendant Fora do Eixo (Image: Fora do Eixo).

Démocratie culturelle

Si la musique était le coeur de Fora do Eixo et reste le principal travail du groupe, d’autres domaines se sont dévelopés autour de la musique, comme le théatre, les arts visuels, la production audiovisuelle et les médias libres. Les initiatives du groupes touchent 8 millions de personnes chaque année. « En portant des « initiatives médias », nous developpons de nouvelles façons de s’engager dans la politique, discuter la ville et connecter des gens qui ne sont jamais rencontré,  » dit Rafael Vilela, 23 ans de Florianópolis. Récemment, Vilela et Dezan ont voyagé à Mato Grosso do Sul pour suivre les difficultés des peuples indigènes Guarani-Kaiowá, qui se battent pour leur terres. En plus d’être témoin direct des évènements qui se déroulent dans la région, ces médiactivistes, comme ils se nomment eux mêmes, ont portés plusieurs « initiatives médias. » Ils ont créés une page Facebook sur le problème, tenu des débats avec les leader indigènes, transmis un proramme sur Internet et mis en ligne 30 heures d’enregistrements. « Nous avons réalisés que nous sommes plus qu’un réseau de musique, de théatre ou d’audio visuel,  » dit Dezan. « Nous sommes un réseau de technologies. »

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Durant la campagne pour les municipakes de 2012, Fora do Eixo a produits des programmes dans plusieurs villes à travers le Brésil, incluant São Paulo (ci dessous), qui étaient transmis en direct sur Internet via #posTV (Image: Fora do Eixo).

Amener l’extérieur à l’intérieur

Le réseau pouvait être uniquement trouvé dans les villes de moins d’un million d’habitant jusqu’en 2011, où il a ouvert un lieu dans l’une des plus grandes villes du Brésil. Casa Fora do Eixo qui est située dans le centre ville de São Paulo, héberge 17 personnes venant de tous les coins du Brésil. Les résidents gèrent les aspect opérationnel de Fora do Eixo et fournisse un soutien au 30 collectifs de l’état de São Paulo. Quatre maisons de plus – à Belo Horizonte, Porto Alegre, Porto Velho et Fortaleza – couvrent le reste du Brésil. Les résidents n’ont pas d’heures de travail fixes et ne rendent pas de compte à un patron, mais il travaillent entre 8 et 16h par jour. « Chaque individu est son propre chef, dit Dríade Aguiar, 22 ans et reponsable communication de Fora do Eixo, qui a déménagé de Cuiabá à São Paulo en 2011. « Ce n’est pas un travail, c’est la vie. »

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A la Casa Fora do Eixo, personne ne reçoit de salaire, le revenu est partagé par tous les membres, qui ont accès au compte en banque. Les achats, cependant, doivent être justifiés (Source de l’image Fora do Eixo).

Comme pour toutes les autres initiatives portées par le réseau, l’argent est un problème secondaire à la Casa Fora do Eixo. Personne ne reçoit de salaire. Tous les membres sont autorisés à utiliser de l’argent d’un fond collectif, qui reçoit de l’argent via des projets gouvernementaux ou des sponsors. Cependant, tous doivent justifier pourquoi leurs achats sont importants pour le groupe. Et pour éviter l’individualisme, ils partagent leurs vêtements. A coté des festivals et des débats, la maison accueille aussi les étrangers qui passent au Brésil. Fora do Eixo est connecté à des collectifs dans 15 pays, tel que l’Argentine, la Colombie, le Vénézuela, le Mexique et le Cap Vert.

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En plus d’héberger les administrateurs du réseau, les cinq résidences Fora do Eixo offre un abri aux artistes qui participent au circuit évènementiel, mais aussi à des « étrangers » d’autres collectifs. La photo ci dessus est la maison de Belo Horizonte, la capitale du Minas Gerais (source image: Fora do Eixo)

En décembre, ce réseau global sera le point d’orgue du 5eme congrès Fora do Eixo, qui aura lieu à Rio de Janeiro et inclut la participation de groupes du Brésil et au dela. « Comme au Brésil, il y a d’autres pays en amérique latine et d’autres endroits du monde où il y a des producteurs et des groupes locaux qui ont besoin d’un break » dit le journaliste Gabriel Ruiz, 28 ans.  » Les réseaux ont montrés leurs incroyables capacités ».

Pour aller plus loin je vous conseille cette publication en anglais qui détaille la démarche de mise en place de la monnaie complementaire du réseau Fora Do Eixo:

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