Pouhiou l’écrivain qui renonce à son droit d’auteur et libère ses romans

Présentation d’un romancier à la démarche atypique et qui a choisi de « libérer » ses écrits, c’est a dire de renoncer à son droit d’auteur et de les mettre dans le domaine public dès leur production ce qui permet à n’importe qui de les réutiliser, remixer, et même de les vendre sans autorisation.

Mieux il a organisé une collecte de financement participatif pour produire des livres et les distribuer gratuitement ! Pourquoi un auteur choisit il délibérément de renoncer à son droit ? Pourquoi donner son livre ? A travers deux article que je republie ici,  vous en saurez plus sur sa démarche et ses expériences originales.

Note: je parle de plus en plus régulièrement de culture libre (voir La Culture libre : un chemin pour la réussite ?La Culture doit-elle être libre et gratuite ?).

Après une présentation de la démarche de Pouhiou dans le premier article, le deuxième article part dans une discussion très pointue sur la propriété intellectuelle et les licences libres.

Pour ceux qui ne connaissent pas les licences libres et leur importance, je vous conseille donc de lire tout d’abord ces 2 articles qui expliquent ça rapidement sous forme de BD afin de mieux comprendre les enjeux à la fois pour la création et pour le modèle économique.

 

C’est l’histoire d’un roman qui veut être gratuit (et qui a besoin de vous !)

Article initialement publié par Calimaq sous licence Creative Commons 0

J’ai déjà à plusieurs reprises parlé sur S.I.Lex de l’aventure des Noénautes (ici ou ). Lancée il y a un an par l’auteur Pouhiou, elle a consisté pour lui à écrire un roman feuilleton sur un blog, au rythme de quatre épisodes par semaine durant quatre mois. De ce marathon d’écriture à ciel ouvert est né un premier roman, #Smartarded,  puis un second ,#MonOrchide, que l’auteur a choisi de diffuser gratuitement en ligne.

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Pour aller plus loin dans cette dynamique de partage, indissociable de sa démarche d’écriture, Pouhiou a décidé de placer volontairement ses écrits dans le domaine public, en optant pour la licence CC0 (Creative Commons Zéro). L’éditeur Framabook lui a ensuite proposé d’éditer son premier roman sous la forme d’un livre papier et si l’aventure s’était arrêtée là, on aurait déjà pu considérer qu’il s’agissait d’une belle histoire de Culture Libre.

Mais à l’occasion du premier anniversaire de son projet, Pouhiou se lance – et nous lance à tous – un nouveau défi pour faire en sorte que son roman devienne non seulement libre, mais gratuit… jusqu’au papier !

 

J’ai pour habitude de dire que « Mon roman est gratuit. Ce qu’on achète, c’est un objet fait de papier sur lequel l’histoire a été imprimée. »

J’ai envie qu’on me fasse mentir. Que le livre papier puisse devenir « gratuit » à son tour. J’ai envie de voir le regard surpris des gens à qui j’offrirai les 217 pages de #Smartarded en leur disant.

C’est gratuit. Ce qui veut dire que ça a déjà été payé.

Il a fallu les efforts d’un auteur, d’un éditeur et d’une foule de lecteurs pour que cet exemplaire vous soit offert… C’est dire combien on a eu envie de le partager avec vous…

Concrètement, Pouhiou a lancé une opération de crowdfunding sur la plateforme Ulule, dont les dons seront utilisés pour imprimer de nouveaux exemplaires de son premier roman #Smartarded, afin qu’ils puissent être distribués gratuitement, à l’occasion de conférences, de rencontres, de salons.

Pouhiou avait déjà initié un jeu de cache-cache génial avec la notion d’auteur, par le biais de la licence CC0. Voilà qu’il se joue à présent des notions de gratuit et de payant et nous entraîne jusqu’au bout de la logique du don. La gratuité est souvent attaquée, comme si elle dévalorisait les oeuvres, mais Pouhiou nous invite à secouer un peu ces préjugés.

Il nous montre aussi paradoxalement que la gratuité a toujours un prix et qu’il faut bien mettre en place un modèle économique pour que des choses soient gratuites. Certains de ces modèles économiques sont rapaces et instrumentalisent la gratuité pour en faire un piège à contenus. Mais d’autres peuvent être vertueux et comme Pouhiou a fait voeu de « non-violence légale » avec la licence CC0, il nous propose d’explorer les potentialités de cette économie du don et du contre-don, en nous offrant une chose très précieuse : la liberté de payer.

Bien sûr, comme dans toute opération de crowdfunding, les donateurs sont récompensés pour leurs dons par des gratifications. Les premières vous permettront par exemple de recevoir l’eBook du second roman #MonOrchide en avant première sur votre boîte mail, d’obtenir des clés USB ou des livres papier dédicacés. Mais des dons un peu plus importants vous ouvriront droit à des récompenses plus originales !

La récompense « Ceci n’est pas qu’un partage » (c’est celle que j’ai choisie of course) vous donne par exemple le grand privilège de… renoncer à votre récompense  ! Au lieu de recevoir un exemplaire papier, vous acceptez qu’il soit donné gratuitement par Pouhiou en votre nom. Excellente mise en abime du concept ! Less is more !

Pour 150 euros, avec la récompense « Ceci n’est pas qu’une question d’ego« , un des personnages du troisième roman à venir portera carrément votre nom ou votre pseudo. Une façon pour Pouhiou de prolonger les jeux d’écriture interactifs avec les lecteurs, qu’il a déjà mis en oeuvre dans les romans précédents, en leur demandant par exemple de lui offrir des phrases à insérer dans son texte.

Avis à mes collègues bibliothécaires, la récompense ultime « Ceci n’est pas qu’une rencontre » est faite pour vous ! Pour 200 euros, Pouhiou en personne se déplacera dans votre établissement pour une conférence, une lecture publique, un atelier d’écriture ou tout autre proposition indécente que vous lui feriez. Et il viendra les bras chargés d’exemplaires de son roman, que vous pourrez ainsi faire entrer dans vos collections. J’avais déjà écrit un billetpour inciter les bibliothécaires à intégrer les eBooks libres de Pouhiou dans leur offre, voilà une excellente occasion d’augmenter encore l’expérience.

D’autres soutiennent déjà cette initiative, comme Antoine Viry sur @Diffuser.net, qui vient de lancer un vrai-faux concours de remix pour emmener les mots de Pouhiou « là où il ne l’aurait même pas imaginé« . C’est aussi ce genre de choses que permet la licence CC0 !

Sur son site Noénaute, Pouhiou a inscrit cette phrase : « Il n’y a pas de marketing, il n’y a que toi« . A nous donc de faire en sorte que cette aventure continue et il reste encore plus d’un mois pour que la campagne de Pouhiou atteigne son objectif ! Quelque chose me dit qu’il va réussir, mais plus les dons seront importants et plus ce succès permettra à sa démarche de rebondir plus loin encore.

PS : allez, moi aussi, je mets quelque chose dans la balance. Si Pouhiou réussit son pari, je passe S.I.lex en CC0. Ceci n’est pas une parole en l’air !

Article initialement publié par Calimaq sous licence Creative Commons 0

 

 

Dialogue Pouhiou Calimaq sur le domaine public et plus parce qu’affinités

Article initialement publié chez Framasoft sous licence Creative Commons-BY-SA

Pouhiou est notre joyeux et émérite premier romancier chez Framabook. À l’occasion de la sortie prochaine du livre II du cycle des NoéNautes, il a lancé une originale campagne de crowdfunding sur Ulule qui a fait réagir le blogueur influent (parce que brillant) Calimaq.

Ce dernier s’est en effet aventuré à parier que si cette campagne aboutissait alors il élèverait lui aussi son blog dans le domaine public via la licence Creative Commons CC-0. Bien mal lui en a pris puisque la campagne vient déjà de dépasser la barre escomptée (Pouhiou vous en remercie en vidéo ici) et se poursuit d’ailleurs…

Chose promise, chose due donc, et prétexte surtout à un passionnant entretien dialogue entre deux personnalités fortes du « Libre » francophone.

Je cède la parole à Pouhiou, et ça tombe bien car il adore la prendre 😉

 

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En lançant le blog de mon roman feuilleton, j’ai eu d’instinct l’envie que cette histoire appartienne à ses lecteurs. Qu’ils s’en emparent. C’était une certitude que je ne savais pas comment appliquer dans les faits. M’intéressant au livre et au droit d’auteur, je suivais déjà le blog S.I.Lex écrit par un certain Calimaq. Ce mec, passionné et passionnant, arrive à transformer un sujet à priori lourd et chiant (la propriété intellectuelle) en une épopée rocambolesque. A force d’exemples, de décryptages, de coups de sang et de coup de cœur, il nous plonge dans les eaux du copy-right-left-up&down, on baigne en Absurdie et l’on ressort de son blog plus juriste qu’on y est rentré… sans même s’en apercevoir.

Un de ses billets m’a fait prendre conscience que la place de mes œuvres était dans le domaine public. J’ai donc passé tous mes écrits sous la licence CC0 et l’ai chaudement remercié dans cet article.

Il est né de cet échange une amitié intellectuelle. Calimaq s’est mis à défendre et mon œuvre, et la démarche qui l’accompagnait. Je me suis engagé dans SavoirsCom1, un collectif qu’il a co-fondé pour la défense des biens communs informationnels. Je ne compte plus les fois où l’on s’est dit « merci », tant chacun semble admirer et être complice de ce que fait l’autre. C’est ce genre d’émulation où la réflexion de l’autre nourrit la tienne, et te mène un poil plus vite, un poil plus loin que là où tu te serais rendu tout seul.

Quand, avec Framasoft, on a initié ce crowdfunding fou (toujours en cours sur Ulule) pour que le lancement de #MonOrchide (livre II des NoéNautes) puisse financer la distribution gratuite d’exemplaires de #Smartarded (le livre I), Calimaq a répondu présent. Il a fait un bel article pour promouvoir cette expérience . Mais, chose inattendue, il a ajouté ce post-scriptum explosif :

PS : allez, moi aussi, je mets quelque chose dans la balance. Si Pouhiou réussit son pari, je passe S.I.lex en CC0. Ceci n’est pas une parole en l’air !

Le pari est réussi. En 22 jours, on a atteint les 2200 € qui nous permettront de distribuer au moins 32 exemplaires de #Smartarded. Grâce à une mobilisation peu commune il ne nous a fallu que la moitié des 45 jours prévus (ce qui veut dire qu’il reste trois semaines pour battre tous les records et accroître le nombre de livres à distribuer !)

Le pari est réussi, et S.I.Lex devient un dommage collatéral : Calimaq tient sa part du contrat, élevant son blog dans le Domaine Public Vivant. Je sais que, le connaissant, ce n’est pas un geste anodin. Une belle occasion de discuter avec lui de licences, d’écriture, et de qu’est-ce que ça veut bien dire, toutes ces choses-là…

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Pouhiou : Tu m’as fait un super article sur ton blog S.I.Lex, qui a été repris par ActuaLitté. Cela m’a beaucoup aidé à faire connaitre le projet. C’était déjà énorme (merci ^^). Pourquoi avoir en plus ajouté la licence de ton blog dans la balance ?

Calimaq : Cela fait un moment que je m’intéresse à ce que tu fais autour du cycle des Noenautes et d’après ce que tu as écrit sur ton blog, un des billets que j’avais écrit sur S.I.Lex t’avait influencé dans ta décision d’adopter la licence CC0 pour ton premier roman #Smartarded.

Quand j’ai vu que tu lançais cette opération de crowdfunding, j’ai voulu la soutenir et la faire connaître, parce que je trouve qu’elle bouscule la manière dont nous avons l’habitude d’appréhender des notions fondamentales, comme celles du gratuit et du payant. Avec la licence CC0, tu as renoncé à tes droits d’auteur pour que tes œuvres soient complètement libres, tout en réussissant à faire paraître ton roman chez Framabook. C’est déjà en soi assez perturbant pour les schémas habituels. Mais tu ne t’es pas arrêté là et par le financement collaboratif, tu as cherché à faire en sorte qu’un maximum de livres en papier deviennent gratuits afin de pouvoir les offrir.

Le plus intéressant dans ta démarche, je trouve, c’est que derrière ces décisions, il y a un modèle économique bien pensé, qui utilise le crowdfunding pour raccourcir la chaîne de l’auteur au lecteur, dans le but de diminuer les coûts. Tu démontres de manière paradoxale que la gratuité a toujours un coût. C’est typiquement le genre d’approches alternatives qui retiennent mon attention, parce que je trouve qu’elles font avancer la réflexion. Dans le contexte actuel de crispations autour des questions de droit d’auteur, qui sont particulièrement vives dans le secteur du livre, je pense que des initiatives comme les tiennes sont importantes. J’ai aussi beaucoup apprécié la lecture de ton premier roman #Smartarded et j’ai commencé à lire la suite #MonOrchide par petites touches sur ton blog. Tout cela a fait que j’ai voulu te soutenir en écrivant un billet sur S.I.lex et je me réjouis de ta réussite.


Merci ! Mais là tu parles plus de moi que de toi, hein… J’ai bien saisi que ce billet a été un élément déclencheur, mais est-ce qu’il s’agit d’un coup de tête ou est-ce que ça fait partie d’une réflexion personnelle plus… ancienne ?


Au-delà du billet, pourquoi avoir promis de changer la licence de mon blog si ton pari réussissait ? Peut-être d’abord un peu par superstition, pour porter chance à ton projet, en engageant quelque chose qui me tenait vraiment à cœur. Par ailleurs, je me posais des questions à propos de la licence de S.I.Lex depuis un certain temps. À vrai dire depuis le moment où j’ai écrit le billet Rien n’est à nous : grandeur et misère du domaine public volontaire. J’y montrais comment un certain nombre de créateurs dans le passé avaient choisi pour diverses raisons de renoncer aux droits sur leurs œuvres pour se placer en dehors de la logique de la propriété intellectuelle : Léon Tolstoï, Romain Rolland, Jean Giono, les affichistes de mai 68, les situationnistes, le musicien folk Woodie Guthrie.

Le domaine public est une notion qui a un grande importance pour moi et pour laquelle j’essaie de me battre. Il m’a semblé que le moment était venu de franchir le pas et de placer ma propre création, S.I.Lex, dans le domaine public volontaire.

Ton blog était en licence CC-BY (la seule condition de partage est de citer l’auteur). Là tu le passes en CC0. C’est quoi, au fond, la différence ?

Juridiquement dans le cadre du droit français, il n’y a pas tellement de différences. En effet, le Code de Propriété Intellectuelle ne permet pas dans notre pays de renoncer valablement à son droit moral, ce qui signifie qu’on doit théoriquement interpréter la CC0 comme une CC-BY. Je n’ai pas la possibilité légale de renoncer à mon droit à la paternité. Ce caractère inaliénable du droit moral a été voulu pour protéger l’auteur dans le cadre des contrats d’édition. Même dans le cas des « nègres » (ou, plus joliment dit, Ghostwriters en anglais), il reste possible pour eux de réclamer devant un juge la paternité d’un texte écrit pour quelqu’un d’autre, quand bien même ils se seraient engagés par contrat à ne pas révéler leur identité (on a des jurisprudences intéressantes à ce sujet dès le 19ème siècle, notamment dans l’affaire qui opposa Alexandre Dumas à l’un de ses collaborateurs, Auguste Maquet.

Le problème, c’est que l’application trop rigide de ce principe aujourd’hui peut conduire à « protéger » l’auteur contre lui-même, alors qu’il manifeste clairement la volonté de renoncer à ses droits. La licence CC0 a d’ailleurs été obligée de prendre en compte cet état de fait, en précisant que l’auteur renonce à ces droits « dans la mesure permise par la loi ». Cela veut dire que l’effet de la CC0 varie selon les pays : aux États-Unis, où le droit moral n’existe pas vraiment, il est total ; en France, il reste juridiquement incomplet, puisque le droit moral persiste. Le seul pays à l’heure actuelle qui reconnaisse explicitement la possibilité de verser ses œuvres dans le domaine public volontaire, c’est le Chili.

Donc passer de CC-BY (licence déjà très ouverte) à CC0 n’a pas beaucoup d’effets pratiques… tant que la propriété intellectuelle n’est pas réformée en France. Malgré tout, je ne t’imagine pas homme à manier ces licences à la légère. Si passer de la CC-BY au Domaine Public Vivant n’est pas un choix pratique, il est de quel ordre ?

Cette décision revêt à mes yeux une valeur symbolique et psychologique importante, en tant qu’auteur. Je ne suis pas comme toi auteur de littérature ou de théâtre, mais j’ai un rapport profond avec l’écriture. J’écris sur S.I.Lex par besoin viscéral d’écrire et quand je décroche de l’écriture, je périclite littéralement. Pour moi, l’écriture a aussi une importance comme trace que l’on laisse de soi au-delà de son existence. Du coup, le BY – la paternité – gardait une vraie importance à mes yeux, comme une sorte de « cordon ombilical » ou de minimum minimorum du droit d’auteur, dont il était difficile de se détourner. Couper ce cordon en adoptant la CC0 n’était pas anodin et il m’a fallu un certain temps – et un coup de pouce de ta part – pour lâcher prise !


Quel est l’intérêt, pour toi, de mettre de son vivant des textes dans le domaine public ?

Pour moi, l’intérêt principal, c’est de sortir en dehors du cadre du droit d’auteur. Avec les licences libres, on passe de la logique du copyright à celle du copyleft, mais on reste encore dans le système du droit d’auteur. Les licences libres ne sont pas une négation du droit d’auteur, mais une autre manière de le faire fonctionner. Avec la licence CC0, on n’est plus dans le copyright, ni même dans le copyleft, mais littéralement dans le copy-out. On décide sciemment que son œuvre n’est plus saisie par le droit d’auteur et ne doit plus être comprise à travers ce filtre. Je ne prétends pas que cette voie doive être suivie par tous les auteurs. Mais au stade où j’en suis, c’est cohérent avec ma démarche.

Tu dis de ton côté que tu n’as pas l’impression que tes textes ne t’appartiennent pas, mais que tu “digères” des éléments extérieurs que tu restitues par tes écrits. De mon côté, j’ai très tôt été sensible aux effets d’intelligence collective sur la Toile, avec le sentiment que je me devais de rendre à l’intelligence collective ce qu’elle me donne. Il n’y a pas un seul de mes billets qui n’ait été déclenché par les conversations et les échanges dans les flux. Dès lors, le meilleur moyen d’être cohérent avec moi-même, c’est d’opter pour le domaine public volontaire.

Par ailleurs, je pense important de montrer que le domaine public n’est pas seulement une chose du passé, mais qu’il peut être vivant aujourd’hui. En tant qu’auteur de son vivant, contribuer à alimenter le domaine public, c’est la meilleure manière de s’en faire l’ambassadeur et d’agrandir le cercle des biens communs de la connaissance.

OK : on a tous les deux ce souci de cohérence. C’est bien beau d’utiliser une licence parce qu’elle te met en adéquation avec ce que tu ressens de ta production intellectuelle… Mais il y a forcément des pragmatiques qui vont nous traiter d’utopistes ! Ils vont nous rappeler qu’on vit dans un monde où les enjeux commerciaux prévalent et où — selon eux — les circonstances font qu’il vaudrait mieux armer et protéger ses œuvres… D’un point de vue pratique, la clause non commerciale (NC) est un outil redoutable quand la CC0 est une passoire ! Du coup, une licence, c’est la conséquence d’un ressenti théorique ou la résultante d’un besoin pratique d’outil légal ?

C’est sans doute assez souvent le résultat d’un compromis entre les deux. Il faut considérer la situation des auteurs dans leur diversité et de multiples stratégies sont envisageables avec les licences. Les choses peuvent varier également selon les domaines de la création. Quand on voit un Cory Doctorow ou un Lawrence Lessig publier leurs ouvrages chez des éditeurs traditionnels et placer les versions numériques sous CC-BY-NC, je trouve que c’est une stratégie compréhensible et qu’ils ont par ce biais contribué à faire avancer la cause, en diffusant leurs idées dans un large cercle.

Beaucoup de créateurs en revanche ne cherchent pas un retour financier pour les œuvres qu’ils produisent. C’est le cas pour la plupart des amateurs qui créent des contenus sur Internet. Dans ce genre de situation, la réservation de l’usage commercial n’est généralement pas justifiée et choisir cette clause impose des contraintes sans réelle nécessité. Mais dans certaines situations, la clause NC peut constituer un élément intéressant pour permettre la circulation des œuvres tout en mettant en place un modèle économique. Il y a un débat assez vif en ce moment sur la légitimité de la clause NC, notamment telle qu’elle figure dans les licences Creative Commons. Je ne fais pas partie de ceux qui condamnent cette clause de manière systématique et j’ai déjà essayé de montrer que ce serait une erreur selon moi de la supprimer.

Malgré cela, tu n’as jamais mis de clause NC sur ton blog S.I.Lex...

Dans mon propre cas, je n’en vois absolument pas l’intérêt… Mon objectif en écrivant de cette manière est d’être lu par un maximum de personnes. Si certains de mes billets sont repris sur d’autres sites, y compris des sites se livrant à des activités commerciales, cela ne peut qu’augmenter l’exposition de mes écrits. J’ai d’ailleurs toujours fonctionné depuis le lancement de S.I.Lex dans un « écosystème » de sites. Très vite, j’ai eu la chance de voir certains de mes billets repris par le regretté OWNI. Cela a grandement contribué à faire connaître S.I.Lex et à développer mon lectorat. D’autres sites me reprennent régulièrement, comme Actualitté ou plus récemment Slate.fr. J’ai toujours considéré que S.I.lex était une sorte de plateforme de tir, où je posais des écrits qui pouvaient ensuite aller faire leur vie ailleurs. Avec une licence NC, les choses auraient été beaucoup plus compliquées.

La licence CC0 est peut-être une passoire, mais dans les conditions particulières qui sont les miennes comme auteur, elle conviendra parfaitement à ce que je veux faire de mes créations. Même si un éditeur vient publier certains de mes billets sous forme de livre dans un recueil, cela ne fera que contribuer encore à leur diffusion.

Du coup, tu n’exiges plus que l’on te cite comme source de tes écrits… de manière légale, c’est ça ? C’est un peu comme moi en fait : tu ne brandis pas d’arme juridique. Plutôt que de les craindre, tu donnes ta confiance aux personnes qui s’inspireront de (ou diffuseront) tes écrits. Confiance en le fait qu’elles soient assez respectueuses pour citer leur source.

La question qui peut se poser est celle du plagiat, quelqu’un qui viendrait s’approprier certains de mes textes en les publiant sous son nom. C’est une chose qui m’est déjà arrivée une fois et j’avoue que cela m’avait laissé une sensation assez désagréable.

Mais une personne comme l’artiste Nina Paley dit des choses très intéressantes sur les rapports entre le copyright et le plagiat. Elle considère en effet que le droit d’auteur paradoxalement favorise davantage le plagiat qu’il ne l’empêche. Elle explique également que le fait de créditer l’auteur relève en fait d’un système de régulation sociale qui n’a pas nécessairement besoin du droit pour fonctionner. Il s’agit en fait davantage de règles éthiques que des communautés se donnent. Nina Paley place d’ailleurs ses créations dans le domaine public volontaire en utilisant la non-licence Copyheart ou la CC0. Elle dit vouloir en cela faire œuvre de « non-violence légale » et je trouve que c’est un discours inspirant.

Un des pivots du libre, c’est sa viralité. On m’affirme que des processus du type la clause SA ont permis au libre de se développer tel qu’il est aujourd’hui. Pour mon compte, la SA est trop paradoxale. Je dis toujours que la première des libertés c’est de ne pas me lire. Dans la même veine, obliger les gens qui adapteront/traduiront/réécriront/diffuseront mes romans à mettre leur production sous licence libre, ça me semble créer de l’enclosure. Ce serait un peu comme forcer les gens à se vacciner au lieu de leur montrer comme on est mieux une fois bien portant… Et du coup j’aperçois que ton blog S.I.Lex n’était même pas sous clause SA ? Pourquoi ?

C’est une question intéressante et là aussi, je m’étais longuement posé la question lorsque j’avais choisi ma licence.

La clause de partage à l’identique est très importante dans beaucoup de domaines, comme celui du logiciel libre qui est fondé sur cette idée qu’il ne doit pas y avoir de possibilité de supprimer les libertés conférées à tous par la licence. Contrairement à ce que tu dis, je soutiendrais que le SA garantit au contraire qu’il ne puisse jamais y avoir d’enclosure sur une œuvre. Personne ne peut plus s’approprier de manière définitive un contenu placé sous Share-Alike. C’est pourquoi il me semble que c’est un type de licence adapté pour les biens communs que des communautés veulent protéger des risques d’enclosure. Si l’on prend le cas de Wikipédia, la licence CC-BY-SA est parfaitement adaptée, à la fois au travail collaboratif et aux réutilisations des contenus. Elle garantit que cela puisse se faire, même à titre commercial, mais sans réappropriation.

Cependant, je peux comprendre que tu ne veuilles pas placer tes écrits sous le régime du partage à l’identique, et c’est aussi la conclusion à laquelle j’étais arrivé pour S.I.Lex. Si je prends le cas des billets que reprenait OWNI par exemple, les choses auraient été trop compliquées avec une CC-BY-SA. En effet, OWNI reprenait mes billets, mais en les modifiant légèrement. Les journalistes de la plate-forme changeaient généralement le titre, ajoutaient des intertitres, inséraient des illustrations, des vidéos et parfois même des infographies. Il arrivait également que certains de mes billets soient traduits en anglais pour alimenter OWNI.eu. Tout cet apport éditorial était à mes yeux excellents, mais d’un point de vue juridique, il s’agissait d’adaptations de mes créations, ce qui aurait déclenché la clause de partage à l’identique, si j’avais choisi une CC-BY-SA. Or OWNI était sous CC-BY-NC-SA et il n’aurait pas été simple pour eux d’intégrer mes billets si je n’avais pas laissé une grande ouverture avec la CC-BY.

De plus, la CC-BY-SA n’est pas toujours simple à appliquer, comme l’avait prouvé l’affaire qui avait opposé Michel Houellebecq à Wikimedia, lorsque qu’il avait intégré dans son roman La Carte et le Territoire des extraits d’articles de Wikipédia sans mention de la source, ni crédits des auteurs.

Le domaine public et le libre ne sont pas exactement superposables. Le propre du domaine public, c’est de constituer un réservoir complètement ouvert dans lequel on peut venir puiser pour alimenter sa création sans contraintes. Les deux approches sont importantes et complémentaires.

Mais attends, de nous jours, entre les CopyrightMadness, les guerres de brevets, ceux qui s’approprient mon grain de maïs ou ton rectangle à bords arrondis… Avec tous ces abus du côté de la propriété intellectuelle et des biens communs… Y’a pas plus important ou plus urgent que de s’occuper du domaine public ?

Oui, c’est certain qu’il existe des sujets alarmants sur lesquels il devient urgent d’agir. Je ne suis pas seulement engagé pour la défense du domaine public, mais plus globalement pour la promotion des biens communs de la connaissance, ce que je fais au sein du collectif SavoirsCom1. Je milite également aux côtés de la Quadrature du Net pour la légalisation des échanges non-marchands et la mise en place de solutions de financement mutualisées pour la création, comme la contribution créative ou le revenu de base.

Néanmoins, je pense que le domaine public peut constituer un bon angle d’attaque pour s’engager dans une réforme positive de la propriété intellectuelle. On a un peu l’impression d’être aujourd’hui face à une forteresse imprenable et on n’arrive pas à sortir des débats autour de la répression du partage des œuvres, qui continuent à monopoliser l’attention du législateur comme on le voit bien avec les travaux de la mission Lescure. C’est pourquoi il me paraît intéressant d’ouvrir de nouveaux fronts qui permettront de défendre l’idée que nous possédons des droits positifs sur la culture. Le domaine public peut être une piste en ce sens et j’ai fait des propositions de réforme législative pour consacrer et renforcer cette notion dans le Code de Propriété Intellectuelle.

Par ailleurs, tu évoques le Copyright Madness, mais le domaine public pourrait aussi être un moyen de lutter contre les pires dérapages de la propriété intellectuelle. On a vu par exemple récemment des laboratoires pharmaceutiques déposer valablement des brevets en Australie sur les gènes responsables du cancer du sein, ce qui est absolument terrifiant puisque cela signifie que tout chercheur qui voudra mettre au point un remède devra leur verser des royalties. Aux États-Unis, Monsanto a relancé une offensive en justice pour empêcher des agriculteurs de replanter des semences de variétés brevetées et l’entreprise semble en passe de l’emporter. Cela peut avoir des conséquences dramatiques au niveau mondial.

Ces dérives ont un lien avec le domaine public, parce que celui-ci ne contient pas seulement les œuvres anciennes, mais aussi tout ce qui ne devrait pas pouvoir faire l’objet d’une appropriation exclusive. Cela vaut pour certains éléments de la Culture, mais aussi pour des choses aussi essentielles que le génome humain ou les semences.

Le domaine public devrait être le bouclier qui protège tous ces éléments fondamentaux de la folie de l’appropriation, mais c’est à nous de le promouvoir et de le faire vivre pour qu’il puisse remplir ce rôle.

Je crois qu’on ne peut pas trouver de meilleure conclusion ! Merci à toi, Calimaq.

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Article initialement publié chez Framasoft sous licence Creative Commons-BY-SA

Réflexions sur la culture du mashup et du remix

Voici 2 conférences filmées lors du MashUp Film Festival qui a eu lieu le 15 juin 2013 à Paris. Les vidéos sont un peu longues (2h chacune), mais pleines d’idées et de pratiques inspirantes pour ceux qui s’intéressent à la culture du mashup et du remix. 

Cet article a été initialement publié sur France Culture.

DEMAIN, L’ART SERA LIBRE ET GÉNÉREUX !

« La crise » est passée par là, avec son cortège de situations précaires. Pendant ce temps, quelques grands groupes internationaux mettent la main sur les immenses profits engendrés par nos appétits de découverte et d’émotions artistiques. L’art sera-t-il, demain, formaté par les impératifs du marché ? Est-il destiné à n’être qu’une marchandise ? Questions & réponses dans cette conférence conçue comme un MANIFESTE.

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CC qthomasbower / Flickr

 

Entre galère financière et formatage par le Marché, quel avenir pour la création ? L’avenir de la création ne semble pas  forcément rose. Des raisons d’être optimiste ? Ecoutons les artistes eux-mêmes !


MashUp Film Festival 2013 – Conférence… par forumdesimages
Partage, coopération, intelligence collective : ce qui s’invente aujourd’hui peut changer le monde ! Le cinéma a toujours été un art de collaboration, et l’artiste crée toujours à partir des œuvres de ses prédécesseurs. N’est-il pas temps d’en tirer les conséquences ? D’inventer d’autres façons de faire des images, de les partager, de les montrer ?


MashUp Film Festival 2013 – Conférence… par forumdesimages

 

La conférence-manifeste s’est déroulée le 15 juin 2013 dans le cadre du MashUp Film Festival au Forum des images, elle est animée par Xavier de La Porte, producteur à France Culture /Place de la Toile.

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Pour aller plus loin…

 

Cet article a été initialement publié sur France Culture.

 

 Si vous souhaitez aller plus, jeter aussi un oeil à la playlist consacré au Mashup Film Festival sur Dailymotion.

De la préhistoire au streaming, tour d’horizon de la distribution de musique

Dans cette présentation très complète, Andy du groupe Uniform Motion retrace l’histoire de la distribution de la musique, afin de mieux comprendre le contexte actuel du streaming et du téléchargement.

Outre l’historique qui remet bien les choses en contexte, on y trouve beaucoup de chiffres très interessant sur les différentes sources de revenus issues du streaming (Spotify, Deezer, mais aussi Youtube), le role et l’attitude des sociétés de collecte de droits, …

La présentation est en CC-BY-SA, qui permet sa réutilisation, à condition bien sur de citer la source et d’écouter sa musique 😉

Zoybar, le kit de guitare open source avec un corps imprimé en 3D

Zoybar propose à ses utilisateurs un kit de guitare modulaire qui permet d’assembler une guitare personnalisable. Mieux grace à la démocratisation des imprimantes 3D, certains parties peuvent être conçues et produites par l’utilisateur lui même.

 

Zoybar, le kit de guitare open source avec un corps imprimé en 3D

Traduit à partir de l’article Open Source Guitar Kit With 3-D Printed Body publié à l’origine sur Wired.com

Zoybar est comme Meccano pour la musique. C’est un kit de guitare open source que vous assemblez, et les parties modulaires peuvent être assemblées en de nombreuses combinaisons pour produire des instruments de différentes formes. Le kit peut être acheté en configuration basse ou 6 cordes, mais le meilleur c’est que vous pouvez personnaliser encore plus les designs vous même.

Les kits guitare sont mis à disposition sous licence Creative Commons, et les fichiers CAD peuvent être téléchargés et bricolés librement dans le logiciel de 3D libre et open source Blender.

Le kit Zoybar est livré avec un cou fretless, un micro humbucker, plus des morceaux pour faire un squelette de corps et quelques vis et écrous pour faire tenir le tout ensemble. Les prix démarrent à 670$ et augmentent selon les options d’envoi. Quels est le son d’une guitare imprimée en 3D ? tester le:

Zoybar Tor

 

Cet exemple n’est que la partie émergée d’un mouvement beaucoup plus vaste, l’open source hardware, à savoir l’application de la philosophie open source aux monde des objets et des machines qui promet de révolutionner pas mal de choses.

Je vous reparlerai prochainement de ce sujet très prometteur.

Fora do Eixo un réseau culturel collaboratif distribué

Au Brésil, un circuit culturel qui a démarré loin des grandes villes et dépends en grande partie d’une monnaie basé sur l’échange de faveurs promeut à présent plus de 6000 spectacles par an. Cet article est une traduction et une adaptation d’un article de Thiago Borges pour Infosurhoy.com et qui revient sur le réseau Fora do Eixo (qui se traduit par « déporté, hors de l’axe principal ») et son fonctionnement original.

Fora do Eixo promeut la culture à travers le Brésil

Par Thiago Borges pour Infosurhoy.com – 06/12/2012 SÃO PAULO, Brésil – En février et Mars cette année, 500 000 personnes ont assistés au Grito Rock, l’un des plus gros festivals du Brésil. Contrairement à des festivals très en vue comme Rock in Rio qui a accueilli 700 000 fans en 2011, Grito Rock a decentralisé le concept du mégashow en amenant des musiciens dans plus de 200 villes. C’est la partie la plus visible d’un circuit qui offre 6000 spectacles annuellement à travers le Brésil. Ces spectacles font partie de Fora do Eixo, un mouvement culturel national qui a opéré indépendamment des 2 plus grosses villes du pays, Rio de Janeiro et São Paulo. Le mouvement a démarré à Cuiabá, la capitale du Mato Grosso, qui a une population de 551 000 résidents. Comme la plupart du Brésil, la ville était éclipsée par le développement culturel, politique, économique et social dans les zones urbaines de Rio de Janeiro et São Paulo. « Nous sommes en bout de ligne recevant la culture de São Paulo, Rio de Janeiro et, à l’occasion de Belo Horizonte et Recife, » dit Thiago Dezan, 22 ans, qui a été impliqué dans Fora de Eixo depuis 2008. « Nous ne pensions pas être capable de produire quelque chose nous même. » La graine a été planté en 2000, quand un groupe de jeunes étudiants en communication ont créé Cubo Mágico, un groupe avec l’objectif commun de promouvoir les fêtes et la culture locale à Cuiabá avec des groupes de toute la région. Cubo Mágico a rapidement commencé à échanger des idées et des expériences sur l’organisation de festivals avec des groupes ou collectifs similaires à Uberlândia (Minas Gerais), Londrina (Paraná) et Rio Branco (Acre). En 2005, cet échange d’idées a conduit à la création de la tournée Fora de Eixo. Fora do Eixo fonctionne maintenant comme un collectif de collectifs, avec l’implication de plus de 200 groupes et 2000 personnes.

Plus de 100 festivals

Le réseau, qui est présent dans 88 villes s’étale sur 25 états brésiliens, promeut annuellement 107 festivals musicaux impliquant plus de 30 000 artistes. Avec un financement minime, Fora do Eixo dépend des contributions de tous les participants pour se maintenir à flot. A la plupart des spectacles du Grito do Rock par exemple, les musiciens n’avaient pas de cachets pré-déterminés, mais un pourcentage des ventes de tickets. A la plupart des évènements Fora do Eixo, à la place d’argent, les artistes sont payés avec des photographies et des vidéos de leur performances, des relations presse, du temps de studio pour répétitions et enregistrements, des services légaux, parmi des dizaines d’autres produits et services.

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Tenu chaque octobre à Ribeirão das Neves dans l’état du Minas Gerais, Pá de Pedra est l’un des 100 festivals qui composent le circuit indépendant Fora do Eixo (Image: Fora do Eixo).

Démocratie culturelle

Si la musique était le coeur de Fora do Eixo et reste le principal travail du groupe, d’autres domaines se sont dévelopés autour de la musique, comme le théatre, les arts visuels, la production audiovisuelle et les médias libres. Les initiatives du groupes touchent 8 millions de personnes chaque année. « En portant des « initiatives médias », nous developpons de nouvelles façons de s’engager dans la politique, discuter la ville et connecter des gens qui ne sont jamais rencontré,  » dit Rafael Vilela, 23 ans de Florianópolis. Récemment, Vilela et Dezan ont voyagé à Mato Grosso do Sul pour suivre les difficultés des peuples indigènes Guarani-Kaiowá, qui se battent pour leur terres. En plus d’être témoin direct des évènements qui se déroulent dans la région, ces médiactivistes, comme ils se nomment eux mêmes, ont portés plusieurs « initiatives médias. » Ils ont créés une page Facebook sur le problème, tenu des débats avec les leader indigènes, transmis un proramme sur Internet et mis en ligne 30 heures d’enregistrements. « Nous avons réalisés que nous sommes plus qu’un réseau de musique, de théatre ou d’audio visuel,  » dit Dezan. « Nous sommes un réseau de technologies. »

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Durant la campagne pour les municipakes de 2012, Fora do Eixo a produits des programmes dans plusieurs villes à travers le Brésil, incluant São Paulo (ci dessous), qui étaient transmis en direct sur Internet via #posTV (Image: Fora do Eixo).

Amener l’extérieur à l’intérieur

Le réseau pouvait être uniquement trouvé dans les villes de moins d’un million d’habitant jusqu’en 2011, où il a ouvert un lieu dans l’une des plus grandes villes du Brésil. Casa Fora do Eixo qui est située dans le centre ville de São Paulo, héberge 17 personnes venant de tous les coins du Brésil. Les résidents gèrent les aspect opérationnel de Fora do Eixo et fournisse un soutien au 30 collectifs de l’état de São Paulo. Quatre maisons de plus – à Belo Horizonte, Porto Alegre, Porto Velho et Fortaleza – couvrent le reste du Brésil. Les résidents n’ont pas d’heures de travail fixes et ne rendent pas de compte à un patron, mais il travaillent entre 8 et 16h par jour. « Chaque individu est son propre chef, dit Dríade Aguiar, 22 ans et reponsable communication de Fora do Eixo, qui a déménagé de Cuiabá à São Paulo en 2011. « Ce n’est pas un travail, c’est la vie. »

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A la Casa Fora do Eixo, personne ne reçoit de salaire, le revenu est partagé par tous les membres, qui ont accès au compte en banque. Les achats, cependant, doivent être justifiés (Source de l’image Fora do Eixo).

Comme pour toutes les autres initiatives portées par le réseau, l’argent est un problème secondaire à la Casa Fora do Eixo. Personne ne reçoit de salaire. Tous les membres sont autorisés à utiliser de l’argent d’un fond collectif, qui reçoit de l’argent via des projets gouvernementaux ou des sponsors. Cependant, tous doivent justifier pourquoi leurs achats sont importants pour le groupe. Et pour éviter l’individualisme, ils partagent leurs vêtements. A coté des festivals et des débats, la maison accueille aussi les étrangers qui passent au Brésil. Fora do Eixo est connecté à des collectifs dans 15 pays, tel que l’Argentine, la Colombie, le Vénézuela, le Mexique et le Cap Vert.

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En plus d’héberger les administrateurs du réseau, les cinq résidences Fora do Eixo offre un abri aux artistes qui participent au circuit évènementiel, mais aussi à des « étrangers » d’autres collectifs. La photo ci dessus est la maison de Belo Horizonte, la capitale du Minas Gerais (source image: Fora do Eixo)

En décembre, ce réseau global sera le point d’orgue du 5eme congrès Fora do Eixo, qui aura lieu à Rio de Janeiro et inclut la participation de groupes du Brésil et au dela. « Comme au Brésil, il y a d’autres pays en amérique latine et d’autres endroits du monde où il y a des producteurs et des groupes locaux qui ont besoin d’un break » dit le journaliste Gabriel Ruiz, 28 ans.  » Les réseaux ont montrés leurs incroyables capacités ».

Pour aller plus loin je vous conseille cette publication en anglais qui détaille la démarche de mise en place de la monnaie complementaire du réseau Fora Do Eixo:

La Culture libre : un chemin pour la réussite ?

Peut on concilier partage et financement de la création artistique ? Dans cet article Lionel Maurel (aka Calimaq), juriste, bibliothécaire et spécialiste du droit d’auteur et des biens communs montrent des exemples d’artistes ayant utilisé avec succès les licences libres.

Cet article initialement a été publié le 17 mai 2012 par  sous licence Creative Commons Zéro (CC0),

Dans les débats concernant le droit d’auteur et l’avenir de la création, la question du financement revient de manière lancinante et l’on remet souvent en cause la capacité des pistes alternatives à assurer aux artistes les moyens de créer, de diffuser leurs productions auprès d’un public et d’en tirer un revenu.

Voici pourtant quatre exemples de  créateurs, ayant fait le choix de la Culture libre, qui démontrent que le système classique du droit d’auteur n’est pas la seule voie pour atteindre le succès à l’heure du numérique.

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Quelques bourgeons d’espoir dans cet interminable hiver de la propriété intellectuelle que nous subissons (Just Hanging With Some Buds. Par Sea Turtle. CC-BY-NC-SA. Source : Flickr)

Du domaine public volontaire aux licences de libre diffusion en passant par le Copyleft, les moyens juridiques mis en oeuvre par ces expérimentateurs sont variés, mais ils mettent tous à profit l’ouverture offerte par les licences libres pour maximiser la diffusion de leurs créations sur les réseaux et entrer dans de nouvelles formes de relations avec leur public.

Ces quatre exemples sont tirés de champs différents de la création : la musique, la peinture, le livre et le cinéma d’animation. Et vous allez voir que contrairement à une autre idée reçue, la qualité est au rendez-vous !

Enjoy, Share, Remix et surtout inspirez-vous !

 

Sharing is caring de Dan Bull : une musique sous CC0 à l’assaut des charts en Angleterre

Le musicien Dan Bull a réussi la prouesse la semaine dernière de parvenir à faire entrer son morceau Sharing is Caring à la 9ème place des charts en Angleterre dans la catégorie Indie et à la 35ème place dans la catégorie RnB.

Pour diffuser ce morceau de hip-hop en faveur du partage, Dan Bull a fait le choix d’utiliser l’instrument le plus ouvert parmi ceux proposés par Creative Commons, à savoir le waiverCC0 qui permet de verser par anticipation une oeuvre au domaine public, en renonçant à toutes formes de droit sur sa création. En cela, il rejoint la démarche de ces « Artistes contre le droit d’auteur » dont j’avais eu déjà l’occasion de parler sur OWNI.

Dans une interview accordée à Creative Commons UK, Dan Bull explique utiliser le sens de sa démarche :

J’ai choisi d’utiliser CC0 parce que je ne crois pas à la validité de la propriété intellectuelle. Un morceau de musique est une idée. Sous forme numérique, c’est une suite de 1 et de 0. Qui suis-je pour dire à une autre personne qu’il est interdit d’avoir une idée ou de manipuler une certaine séquence de 1 et de 0, simplement parce que j’ai eu cette idée avant elle ? Cette manière de penser me paraît perverse. La première personne qui a eu une idée n’est pas forcément la mieux placée pour l’utiliser, et c’est pourquoi le fondement même des lois sur le droit d’auteur est contestable.

Dan Bull possède déjà un lourd passé d’activisme musical dans le domaine de la culture libre, puisque c’est déjà à lui que l’on devait déjà ce rap vengeur Death of ACTA , écrit en réaction au traité liberticide, dont on espère que le titre sera prémonitoire !

 

Avec Sharing is Caring, Dan Bull a voulu prendre le système à son propre jeu : bien qu’il n’accorde aucune valeur particulière aux classements des charts, il voulait démontrer qu’une musique créée en dehors du système classique du droit d’auteur et sans le soutien des industries culturelles pouvaient se hisser dans le top des ventes.

Dan Bull a donc mis son morceau en partage  gratuitement en torrent sur Pirate Bay, mais dans le même temps,  il a choisi une diffusion multi-canaux et multiforme pour en maximiser la dissémination et l’audience. Le fichier était parallèlement proposé à la vente sur iTunes, Play.com et Amazon, et dans le même temps, il était largement partagé sur les réseaux sociaux et les plateformes de diffusion comme Youtube. Trois versions différentes du même morceau ont même été réalisées spécialement pour Facebook, Twitter et Google +. Au delà de cette première trilogie, Dan Bull a diffusé 10 versions de Sharing is Caringavec notamment des versions a capella et instrumentales, pour encourager les remix et les mashups. Pour pousser les ventes, l’artiste promettait aux fans qui achèteraient les dix versions toutes d’être cités dans une vidéo de remerciement.

Et voilà comment on obtient un succès commercial, en misant sur la dissémination virale à l’oeuvre sur les réseaux et en associant le public à sa propre création. Là où Dan Bull est parvenu à faire la parfaite démonstration de son propos, c’est que finalement  l’un des remix,une version reagge réalisée par Animal Circus, a terminé plus haut encore dans les charts que le morceau original, à la première place de la catégorie Reggae et à la seconde place de la catégorie World Music.

Qui a dit qu’on ne pouvait plus vendre de la musique ! Et cette démarche préfigure sans doute très bien ce qui se passerait pour les artistes si un système de licence globale, légalisant le partage était consacré par la loi…

Gwen Seemen : portrait d’artiste en Culture libre

La Culture libre comptait déjà certains artistes emblématiques, comme le romancier Cory Doctorow ou la dessinatrice Nina Paley, qui incarnent l’esprit d’ouverture et d’innovation que promeuvent les licences libres.

Mais j’ai été particulièrement heureux de découvrir ces derniers temps l’oeuvre de la portraitiste américaine Gwen Seemel, dont la démarche globale est particulièrement exemplaire et stimulante.

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Un autoportrait de Gwen Seemel ( Second Face, par Gwen Seemel. 2009)

Tout comme Nina Paley avait pu le faire, Gwen Seemel n’a pas choisi d’utiliser les licences libres, mais plutôt de se placer littéralement en dehors du droit. Au pied de son son site, on ne trouve pas un symbole ©, mais un petit visage souriant conduisant le visiteur vers cette mention :

I am happy for you to copy and display my work, and you are welcome to create derivative works using my images. I would love it if you gave me credit when you do so.

Je me réjouirais si vous copiez et diffusez mon oeuvre et je vous encourage à créer des oeuvres dérivées en utilisant mes images. Je serais heureuse si vous me créditez à cette occasion.

Dans le domaine de la peinture, où la culture libre n’est pas si répandue, Gwen Seemel impressionne par la façon dont elle intègre l’ouverture à sa démarche créative. Spécialisée dans le portrait, elle réalise également des peintures animalières, des séries conceptuelles à thèmes, des livres illustrés, ou encore des sacs en toile peints !

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2011. Par Gwen Seemel

Mais c’est surtout sur son blog que Gwen Seemel montre les différentes facettes de son art et la manière dont il s’imbrique et s’inspire de son engagement pour la Culture libre. Je vous recommande vivement de vous y abonner, surtout que Gwen est bilingue et rédige une bonne proportion de ses articles à la fois en français et en anglais.

Elle y montre sa création en train de se faire, mais aborde aussi de manière incisive et décapante des questions liées à la propriété intellectuelle comme l’imitationl’originalitéla protection contre la copie ou l’appropriation de la culture.

Elle réalise également des vidéos pour illustrer ces billets, en anglais et en français, dont j’avais particulièrement apprécié celle-ci, intitulée « le droit d’auteur, c’est pour les peureux » :

Dans un autre de ces billets, elle expose un modèle d’affaire pour les artistes qui renoncent au droit d’auteur (ce qui est son cas), particulièrement convaincant, qui montre que des modèles économiques peuvent émerger sans s’ancrer dans la culture du contrôle et de la restriction inhérente au copyright. Gwen Seemel sait d’ailleurs mettre à contribution avec succès les formes innovantes de financement de la création comme le crowdfunding, pour faire participer le public en amont au financement de projets ambitieux, comme la réalisation de séries de peintures.

Chapeau bas, Gwen Seemel, pour incarner à ce point l’idéal de la Culture libre !

Cities of You par Brian Foo :  sur les traces d’Italo Calvino

Ce projet a également utilisé la voie du crowdfunding (financement participatif) pour être mené à bien par son auteur, Brian Foo.

Cities of You est un projet de livre illustré, mêlant textes et peintures, inspiré par le romanLes Villes invisibles d’Italo Calvino. Il s’agit d’inviter le lecteur à un voyage imaginaire vers plusieurs cités fantastiques, chacune possédant une identité forte inspirée par une personne réelle rencontrée par Brian Foo, et de découvrir la manière dont la ville est construite, la façon de vivre des habitants, son histoire, sa culture et sa destinée.

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Fraboo, par Brian Foo. La première des villes imaginaires de Cities of You. CC-BY-NC-SA

Pour financer son projet, Brian Foo a lancé un appel à contributions via la plateforme américaine Kickstarter, en présentant le concept de son livre et quelques planches déjà réalisées. Alors qu’il demandait 2000 dollars pour son projet, Brian est parvenu à rassembler 11 000 dollars au final en quelques semaines, grâce à 141 donateurs. Et ce avant même d’avoir terminé son ouvrage !

Une fois réalisé et comme annoncé dès l’origine sur Kickstarter, Cities of You, comportant au final les descriptions de 41 villes imaginaires, a été mis en ligne en accès gratuit sur un site Internet et les éléments de l’ouvrage, textes et images, sont placés sous licence libre Creative Commons CC-BY-NC-SA. Le livre auto-édité par Brain peut être acheté en version papier, ainsi que les superbes peintures originales qui  ont servi à sa réalisation.

Ce type de projet est intéressant dans la mesure où il démontre que le recours aux licences libres est compatible à la fois avec un financement en amont, par le biais du crowdfunding et un financement en aval, la version gratuite en ligne ne constituant pas une concurrence pour la version papier et les peintures.

Et réjouissons-nous, car un volume II de Cities of You est déjà annoncé !

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Sheeshani. Par Bian Foo. Cities of You. CC-BY-NC-SA

 Tube : nouvelle perle du cinéma d’animation en Open Source

Le dernier projet que je voudrais vous présentez est le film d’animation Open Source Tube,  à propos duquel le site Mashable a consacré cet article au titre éloquent « Will This Open-Source Animated Film Change the Movie Industy Forever« .

L’histoire de Tube parle de quête de l’immortalité et s’inspire de l’épopée de Gilgamesh. Tous les éléments du film seront réalisés avec des logiciels libres et des formats ouverts et ils seront diffusés sous licence copyleft CC-BY-SA, permettant la copie, la diffusion, la modification des contenus, y compris à des fins commerciales.

Le financement passe ici encore par la plateforme américaine Kickstarter où la campagne de soutien a rencontré un succès impressionnant. Le but initial  de 22 000 dollars a été atteint cette semaine et largement dépassé, avec plus de 36 000 dollars rassemblés.

Ce succès rencontré par le cinéma Open Source n’est pas le premier. En 2006, une équipe s’était déjà illustrée en produisant le premier film d’animation de ce genre, le remarquable Elephant Dream, disponible en ligne gratuitement sous licence CC-BY. Plus récemment, le film espagnol El Cosmonauta, du producteur indépendant Riot Cinéma, s’était également fait remarquer, en recourant au crowdfunding et aux licences libres de manière particulièrement inventive.

***

Tous ces artistes sont engagés à divers degrés pour l’évolution de la propriété intellectuelle et contre les projets liberticides qui se multiplient dans ce domaine. Ils apportent la preuve que même si l’évolution législative reste en panne, il est déjà possible – ici et maintenant – de créer autrement, en liberté.

La Culture libre : un chemin pour la réussite ?

Article initialement publié le 17 mai 2012 par  sous licence Creative Commons Zéro (CC0),

Créer des vidéos multimédias interactives et des remix avec Popcorn Maker

Popcorn Maker est un outil en ligne qui permet d’intégrer dans des vidéos d’autres contenus web (audio, cartes, liens flux twitter, …) pour créer des documents multimédia très riches. Comme la plupart des services en ligne, Popcorn Maker fournit un code d’intégration (embed code) pour republier la vidéo remixée ailleurs sur le web sous forme de widget.

Conçu par Mozilla (qui a notamment développé Firefox) dans l’esprit c’est très proche de Thinglike un outil pour créer des images interactives, mais version vidéo.

Pour démarrer, il suffit de fournir un lien vers une vidéo en ligne issue de Youtube, Vimeo, ou d’un code HTML5 puis d’ajouter des modules (images, textes, pop-up, liens, flux Twitter, cartes Google ou des articles Wikipédia…) pour enrichir la vidéo.

Ces différents modules apparaitront alors au cours de la lecture de la vidéo.

L’interface de l’outil est très simple : Une piste avec des calques où vous positionner vos modules

popcorn-maker-video-interactives-remix

Pour enregistrer il faudra vous créer un compteauprès de Mozilla Persona. Il vous sera alors possible d’exporter votre nouvelle vidéo sous forme de widget via un code à intégrer sur un blog, un réseau social, un site web…

Voici la vidéo de présentation de l’outil (en anglais). 

J’entrevois beaucoup de possibilités pour les documentaires, les journalistes réalisant des infographies enrichies, … Au dela j’imagine que des artistes prêts à expérimenter en s’amusant comme Uniform Motion qui avait crée un jeu multimédia participatif avec Thinglike, trouveront des idées pour créer des remix inattendu.

A noter qu’il est possible de remixer des vidéos multimédia existantes, le site de Popcorn maker proposant même un bouton « Remix it » sur les plus populaires.

Cela va dans le sens de la culture du remix que l’on voit émerger de plus en plus nettement.

En fait en extrapolant on imagine qu’un jour il existera un web ouvert avec des contenus sous licences libres et des outils comme Popcorn Maker qui populariserons la création et le remix à grande échelle, n’importe qui pouvant prendre n’importe quel contenu et le combiner, le transformer avec d’autres pour créer quelque chose de nouveau en quelques minutes.

Vu la vitesse à laquelle des outils comme Facebook, Twitter, Youtube, les smartphones ont déja transformés les usages et la vitesse à laquelle la technologie continue d’évoluer, ce jour n’est probablement pas très loin.

 

Testez le: Popcorn Maker

La Culture doit-elle être libre et gratuite ?

Une question provocante et un débat très intéressant sur la culture, le droit d’auteur, le financement. Nouvel article par Lionel Maurel (aka Calimaq), juriste, bibliothécaire et spécialiste du droit d’auteur et des biens communs et qui apporte ici des arguments intéressant pour une culture accessible à tous.

 

La Culture doit-elle être libre et gratuite ?

Mardi soir,  le magazine Usbek et Rica organisait une conférence à la Gaîté Lyrique sur le thème de « La Culture doit-elle être libre et gratuite ?« . Il s’agissait de la cinquième édition duTribunal pour les générations futures, dont voici le pitch :

Parce que l’avenir n’est pas encore mort, nous avons plus que jamais besoin de l’explorer ! Chaque trimestre, accusé, procureur, avocat, témoins et jury populaire statuent sur un enjeu d’avenir… pour identifier les bouleversements d’aujourd’hui et les défis de demain.

La culture doit-elle être libre et gratuite ? La philosophie hacker dessine une nouvelle société du partage, dans laquelle la culture doit trouver un modèle économique à la fois stable et ouvert. Militants du libre et représentants des industries culturelles seront là pour en débattre, dans ce nouveau Tribunal pour les générations futures.

Le principe de ces soirées est qu’un jury, composé de personnes choisies au hasard dans la salle, est invité à se prononcer sur une question à l’issue du réquisitoire d’un procureur, de la plaidoirie d’un avocat et de la déposition des témoins.

J’ai eu le grand honneur d’être invité à participer comme avocat à cette séance,  tandis qu’Eric Walter, secrétaire général de l’Hadopi, s’est exprimé en qualité de témoin.

Voici ci-dessous la plaidoirie que j’ai prononcée à cette occasion, en faveur de la Culture libre.

A vous de juger à présent, sachant qu’à la question posée à la fin par le président du Tribunal –  « Faut-il punir les internautes qui copient, partagent et diffusent librement sur Internet ? » -,  les jurés ont répondu non, par 3 voix contre 2.

 

***

Le prix de la liberté

Mesdames, messieurs les jurés. Vous qui représentez ici les générations futures.

Vous vous souvenez sans doute de la campagne de spots vidéo, lancée l’été dernier par Hadopi pour promouvoir son label PUR. On y voyait notamment la chanteuse Emma Leprince, cartonnant avec son tube « I prefer your clone » dans les années 2020. Un flashback nous ramenait au temps présent et nous montrait Emma Leprince petite fille, chantant dans sa chambre. Une voix off énonçait alors que sans Hadopi, la fillette ne pourrait jamais devenir artiste. Suivait ce slogan : « Hadopi : la création de demain se défend aujourd’hui ».

C’est donc vous, générations futures, qui étaient invoquées et utilisées pour promouvoir le système de protection des oeuvres mis oeuvre par Hadopi.

Le raisonnement sous-jacent était le suivant : le téléchargement illégal et les autres formes de piratage représentent un mode d’accès gratuit à la culture qui lèse les artistes en les privant des revenus liés à la vente de leurs oeuvres. En les privant des moyens de subsister, cette gratuité met en danger les créateurs et l’avenir de la création. Avec le risque à terme que la création culturelle disparaisse et qu’il n’y ait plus ni livres, ni films, ni musique.

Je ne suis pas d’accord avec cette conception et je vais essayer de vous le montrer, mais je reconnais que cette question de l’avenir de la création mérite d’être posée. C’est même sans doute la question la plus importante à laquelle nous ayons à faire face dans le débat actuel sur le droit d’auteur et le partage des oeuvres en ligne.

Car c’est sur elle que les générations futures nous jugeront.

La culture doit-elle dès lors être libre et gratuite ? Je reformulerai plutôt la question ainsi : si la culture était libre et gratuite, aboutirait-on à une mise en danger et à une mort de la création ?

Je vais répondre en juriste, mais avant tout, il est nécessaire de clarifier les termes du débat, à cause de l’ambiguïté des mots libre et gratuit. En anglais, le terme free peut renvoyer à ces deux termes indistinctement, alors qu’en français, ils recouvrent deux réalités profondément différentes.

Beaucoup de choses sont gratuites sur Internet, mais peu sont réellement libres. Je peux lire certains articles gratuitement sur le site du Monde ou de Libé : les contenus sont librement accessibles, mais ils ne sont pas libres. Je peux écouter de la musique en streaming gratuitement sur Deezer ou Spotify, même sans prendre d’abonnement, mais il ne s’agit pas de musique libre. Ces exemples montrent que la gratuité est un modèle économique à part entière, qu’elle serve à dégager des recettes publicitaires ou s’articule avec des formules de freemium. La plupart des géants du Net ont construit leurs empires sur la gratuité. On peut utiliser gratuitement le moteur de recherche de Google et tous les outils que la firme met à notre disposition : Google Maps, Google Docs, Gmail, etc. Les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter, sont gratuits. Mais il s’agit là d’une « fausse gratuité », car les utilisateurs « payent » ces services en leur fournissant des données personnelles ou des contenus, ensuite marchandisés. La gratuité n’est pas toujours synonyme de liberté, loin de là.

En revanche, il existe des choses qui sont réellement libres et gratuites sur Internet, comme par exemple Wikipédia. L’encyclopédie collaborative est gratuite, mais elle est surtout libre et cette liberté provient de la licence libre (Creative Commons CC-BY-SA) sous laquelle elle est placée. En vertu de cette licence, il est possible de modifier et de réutiliser gratuitement les contenus de Wikipédia, y compris à des fins commerciales, à condition de citer la source, de créditer les contributeurs et de partager les contenus sous la même licence.

Cette forme particulière de liberté est d’abord née dans le monde du logiciel libre, pour  être ensuite élargie aux autres champs de la création et à tous les types d’oeuvres pouvant être protégées par le droit d’auteur. Le fonctionnement des licences libres renverse la logique traditionnelle du copyright. Au lieu de poser des interdictions (« Tous droits réservés »), les licences libres permettent aux auteurs de donner a priori des libertés aux utilisateurs pour certains usages, normalement soumis à autorisation : reproduire, représenter, modifier, etc.  Des licences comme les Creative Commons permettent en outre aux auteurs de maintenir certaines interdictions, comme celle de l’usage commercial ou de la modification, afin de conserver un contrôle plus étroit sur leur création.

Mais dans les cas couverts par la licence, l’usage est bien libre et gratuit. C’est le cas pour plus de 200 millions de photographies sur Flickr et plus de 10 millions de fichiers sur Wikimedia Commons.

Ces exemples prouvent que la culture PEUT être libre et gratuite, dès maintenant, si les auteurs font le choix d’utiliser les licences libres. Il existe d’ailleurs tout un pan de la création contemporaine – la Culture libre – qui s’est constitué en utilisant ces licences. C’est le domaine du Remix, du Mashup, de la réutilisation et de la dissémination des oeuvres, qui constitue le propre de la culture Web.

Mais générations futures, je vous entends m’adresser une objection : ces licences conviennent sans doute aux amateurs pour diffuser leurs créations, mais quid des professionnels qui voudraient en tirer revenu. Comment Emma Leprince pourrait-elle devenir une artiste si elle place ses chansons sous licence libre ?

Même si on peut comprendre ce type de réticences, l’argument en réalité ne porte pas, car il existe d’ores et déjà des créateurs qui ont réussi à construire des modèles économiques convaincants en utilisant des licences libres, et ce dans tous les domaines.

C’est le cas pour les livres avec Cory Doctorow, qui offre depuis longtemps ses ouvrages sous licence libre en ligne, mais vend (et fort bien) les même livres en papier. En matière de musique, il existe une Emma Leprince en Australie, nommée Yunyu, qui a réussi à percer en plaçant certains morceaux de ses albums sous licence libre, afin que leur circulation lui assure un marketing viral. C’est le cas également pour le cinéma avec le succès l’an dernier du film d’animation El Cosmonauta du producteur indépendant espagnol Riot Cinéma. Dans la photographie, Jonathan Worth, exposé à la National Portrait Gallery, diffuse ses clichés en ligne sous licence Creative Commons.

La culture peut être libre ; elle peut même être gratuite, mais des modèles économiques viables peuvent être construits, fondés sur la valeur du partage. Car contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, le partage donne de la valeur aux oeuvres, au lieu de les dévaloriser.

Un exemple qui le prouve est celui de Yann Arthus Bertrand, qui a choisi de diffuser gratuitement son film Home sur Internet, ce qui n’a pas empêché de rencontrer le succès pour la projection en salles et pour la vente de DVD. Au contraire, c’est PARCE QUE son oeuvre avait été diffusée gratuitement et partagée qu’elle avait acquis une valeur qui a pu ensuite être monétisée.

La culture peut donc être libre et gratuite, grâce aux licences libres. Ce n’est pas exclusif de la mise en place de modèles économiques innovants et rémunérateurs et il vous appartiendra, générations futures, de vous emparer de ces outils pour construire la culture libre de demain.

Mais la question qui nous était posée n’était pas la culture PEUT-elle être libre et gratuite, mais la Culture DOIT-elle être libre et gratuite, ce qui est différent. Elle implique que la gratuité soit appliquée comme un principe général, au-delà du cercle des artistes décidant d’utiliser les licences libres.

Cette généralisation peut paraître problématique, mais à cause du discours ambiant qui culpabilise la gratuité et le partage, on a tendance à oublier que la culture EST déjà dans de nombreuses hypothèses libre et gratuite. C’est la loi elle-même qui l’impose, y compris aux titulaires de droits, et c’est absolument essentiel pour préserver nos libertés.

Le premier exemple de gratuité et de liberté consacrées par la loi, c’est celui du domaine public. Car le droit d’auteur n’est pas une propriété comme les autres : elle est limitée dans le temps et 70 ans après la mort de l’auteur, l’oeuvre entre dans le domaine public. Il est alors possible de la reproduire, de la représenter et de l’exploiter, gratuitement et librement (moyennant le respect du droit moral).

Le domaine public est un moteur essentiel pour la création, car bien souvent, on créée en s’appuyant sur ce qui existe déjà : Bach empruntait des airs populaires traditionnels pour composer ses morceaux ; que serait Picasso sans Titien, Vélasquez ou Ingres ? ; Led Zeppelin a révolutionné le rock en réinterprétant des standards du blues, etc.

La création de demain se protège aujourd’hui, nous dit Hadopi. Mais il est tout aussi important de protéger le domaine public pour défendre la création de demain, afin de permettre aux générations futures de s’appuyer sur la création d’hier et d’y puiser leur inspiration.

Or pourtant, le domaine public est sans cesse menacé par le lobbying des industries culturelles qui réclament et obtiennent du législateur une extension de la durée des droits. Le Parlement européen vient d’accepter que les droits voisins des interprètes et des producteurs de 50 à 70 ans.

Nous venons de fêter les 100 ans de la naissance de Robert Doisneau, mais son oeuvre va rester protégée jusqu’en… 2065, l’auteur étant mort en 1994. Cela signifie que de mon vivant, je ne verrai jamais entrer dans le domaine public le Baiser de l’Hôtel de Ville, pourtant réalisé en 1950, il y a plus de 60 ans. Et peut-être vous aussi, générations futures, ne le verrez-vous jamais entrer dans le domaine public, si la durée des droits est encore allongée, comme on peut le craindre !

La culture EST-elle libre et gratuite ? Oui, grâce au domaine public, mais aussi grâce aux exceptions au droit d’auteur.

Nous pouvons par exemple heureusement faire gratuitement de courtes citations d’oeuvres, mais ce n’est possible qu’en vertu d’une exception au monopole de l’auteur. Nous pouvons écouter les CD et DVD que nous achetons chez nous (encore heureux !), mais là encore, ce n’est possible que parce qu’existe une exception pour les représentations dans le cadre du cercle de famille. Les handicapés visuels peuvent obtenir en France gratuitement des oeuvres adaptées, en gros caractères ou en braille, parce qu’une exception le leur permet.

Un monde dans lequel ces exceptions n’existeraient pas serait une dystopie digne d’Orwell ou de Bradbury. Combien nos libertés seraient fragilisées s’il nous fallait payer pour faire de simples citations ou pour chaque écoute de musique en privé ! Et pour supprimer la gratuité de l’exception handicapés, faudrait-il instaurer une taxe sur les cannes blanches et les lunettes noires !

Grâce aux exceptions au droit d’auteur, la culture EST donc libre et gratuite, et il est essentiel qu’il en soit ainsi.

Un dernier exemple va nous permettre de revenir à l’environnement numérique.

Dans le monde physique, je peux tout à fait librement et gratuitement donner un livre qui m’appartient à la personne de mon choix. Comme cet acte n’implique aucune copie, ni aucune représentation, le droit d’auteur n’a absolument rien à dire à ce sujet et les titulaires de droit ne peuvent en aucune mesure s’y opposer.

Cette forme de partage gratuite de la Culture joue un rôle essentiel. Combien de livres avez-vous découvert grâce à un ami ou à un conjoint qui vous les ont prêtés ou donnés ?

Dans l’environnement numérique cependant, cette faculté de partage est réduite à néant. Le même ouvrage sous forme numérique ne peut être envoyé par mail à un ami, car cet acte implique nécessairement une copie et une représentation. Il est donc contraire au droit d’auteur et c’est ainsi que le partage est devenu piratage.

Or pour vous, générations futures, il arrivera sans doute un moment où les livres papier disparaitront, ainsi que tous les autres supports physiques, et où toute la culture prendra une forme numérique. Peut-on accepter que ce passage au numérique ait pour conséquence une réduction tragique de la liberté de partager la culture ?

La culture Doit-elle être libre et gratuite ? La vraie question est de savoir comment nous pouvons préserver pour les générations futures la liberté de partager la culture en toute légalité qui était la notre dans l’environnement physique ?

Et là, je dis que cette liberté a nécessairement un prix et que le partage sous forme numérique ne pourra rester entièrement gratuit, si l’on veut qu’il soit reconnu comme un droit.

Plusieurs modèles ont été imaginés qui permettraient de consacrer le droit au partage dans l’environnement numérique. Ils peuvent prendre des noms et des formes différentes, qu’il s’agisse de la licence globale, de la contribution créative ou du mécénat global.

Tous reposent sur l’idée qu’en échange d’une contribution de quelques euros, prélevée sur l’abonnement Internet, les individus se verraient reconnaître un droit au partage des oeuvres, pour des échanges hors marchés, sans finalité commerciale. Le modèle est celui des échanges décentralisés du P2P ou celui de la diffusion en ligne par le biais des blogs ou des sites personnels. Il ne s’agit en aucun cas des systèmes centralisés à la MegaUpload, qui impliquent nécessairement une transaction commerciale, sous une forme ou une autre.

Ce système consacre une liberté d’échanger la culture et permet de récompenser les créateurs, en fonction du nombre de partages de leurs oeuvres, en leur reversant une part des sommes collectées à partir du surcoût à l’abonnement Internet. L’échange est alors libre tant qu’il s’effectue dans un cadre non commercial, mais même s’il n’est pas payant à l’acte, il n’est pas gratuit, puisque l’internaute doit s’acquitter de ce prélèvement mensuel.

Vous pourriez préférer, générations futures, de continuer à accéder illégalement aux oeuvres, sans avoir rien à payer pour cela. Mais vous devez prendre en considération que cette gratuité a un coût, pour chacun de vous et pour la société toute entière.

Car pour lutter contre le partage des oeuvres, le législateur s’est engagé dans une spirale répressive, qui augmente sans cesse le niveau de la violence d’Etat et fait peser une grave menace sur nos libertés et sur l’intégrité d’Internet. Depuis 20 ans, les textes répressifs s’enchaînent à un rythme alarmant : Traité OMPI sur les DRM, DMCA américain, DADVSI en europe et en France, Hadopi et la riposte graduée, SOPA/PIPA bloqués aux Etats-Unis mais aussitôt remplacés par CISPA, ACTA liberticide négocié dans le secret, mais arrivé aux portes du Parlement européen…

Cette fuite en avant du droit et ces agressions continuelles contre les libertés sont le prix à payer de la gratuité, pour nous et pour les générations futures.

Si l’on veut que le partage devienne un droit reconnu et consacré par la loi, alors il faut être prêt à en payer le prix, qui est celui de la contribution créative. Pour les individus, c’est une somme modeste de quelques euros par mois ; pour les créateurs, c’est une nouvelle manne de plusieurs centaines de millions par an. Pour la société toute entière, c’est le prix d’une paix retrouvée.

Pour qu’il devienne à l’avenir aussi simple de donner un fichier avec un ami que cela l’est avec un livre aujourd’hui.

La question n’est hélas plus de savoir si la culture doit être libre, mais si nous voulons le rester.

Nous et les générations futures.

 

Article publié sous licence Creative Commons Zéro (CC0) le 20 avril 2012 par 

MashUp Film Festival: Collaboration, partage, remix et vidéo

mashup-film-festivalLes 15 et 16 juin 2013 aura lieu à Paris le MashUp Film Festival, un événement  consacré a ce nouveau mode d’expression artistique qu’est le mashup. Organisé par le Forum des images, le festival est en entrée libre.

Culture libre, collaboration, partage, remix video musical, outils de création 3D, logiciels libres de montage, réalisation de film d’animation ou de flipbook avec un téléphone portable, crowdfunding, DIY, le tout dans des formats divers et variés, l’évènement promet d’être très très riche.

Je publie ci dessous le communiqué de presse, mais jetez aussi un oeil au site du festival, vous trouverez le programme complet, mais aussi plein d’infos sympas, notamment une section bien fournie sur l’histoire du Mashup.

 

Bienvenue au festival de la vidéo web créative, participative et collaborative !

Remix, remontages, détournements, mashup : les internautes s’approprient les images. Avec des moyens réduits, en autoproduction, ils en inventent de nouvelles. Ils créent des œuvres jamais vues, explorent des territoires jamais découverts, imaginent des processus de création jamais tentés. Le festival interroge cette pratique à travers plusieurs temps forts :

  • Conférence-manifeste « Demain, l’art sera libre et généreux ! » présentée sous forme de mashup. Une suite de rencontres, débats, projections, performances en présence d’artistes et de penseurs…
  • Grande soirée VJ « Remixons le domaine public ! » avec Matt Black (Coldcut), DJ Oof, Ouananiche et Olivier Blaecke.
  •  « Salon des arts partagés » : ateliers, installations interactives, stands… pour expérimenter concrètement et collectivement les libertés créatives les plus diverses (outils, projets, collectifs…).
  • Projections dont l’avant-première parisienne de THE FINAL CUT, LADIES AND GENTLEMEN de György PálfiUn chef-d’œuvre du mashup, présenté au Festival de Cannes 2012 (Cannes Classics).

Programmation complète sur www.mashupfilmfestival.fr
Toute l’actualité sur www.facebook.com/MashUpFilmFest

 

 

 

La BD-tek, une bibliothèque partagée de BDs

Courte présentation d’un projet original, la BD-tek une bibliothèque partagée et ambulante de BDs.

La BD-TEK fonctionne comme une bibliothèque, on peut emprunter jusqu’à 10 BD pour un mois.

Le principe est d’une inscription annuelle payante mais qui diminue quand on met des BDs en partage. Plus on mets de BD en partage et moins on paye.

La BD-TEK tient des permanences dans des lieux associatifs et publics mais intervient aussi sur des manifestations culturelles ponctuelles, en proposant un espace de consultation sur place des ouvrages et des animations.

Les BDs sont stockées dans des caisses spécialement fabriquées pour être facilement transportées et exposées.

BD-tek-caisses-transport

Une méthode originale pour diffuser la culture et créer du lien et du partage dans les territoires.

Ce projet est porté par l’ association Tout Azimut à Cordes sur Ciel (81) qui organise aussi notamment des « cadavres exquis de BDs » où une personne commence à dessiner quelques cases d’une BD qui est complétée par d’autres.

Pour en savoir plus, jetez un oeil à ce web-documentaire (7 min):


laVoieduPeuple – Guilaume Pelletier, BDtek Tout… par LaVoieDuPeupleWebdoc

Note cette vidéo est tirée de la « La voie du peuple« , une intéressante série de Webdocs qui présente des portraits de citoyens qui agissent (habitat solidaire, logement social, agriculture urbaine, troc,…)

 

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