Réflexion: Citer ses sources d’inspiration en tant qu’artiste

Alors que chez les scientifiques la citation des sources est encouragée (et même obligatoire), chez les artistes, il est inhabituel et parfois même risqué de citer ses sources d’inspiration. Dans une courte vidéo de 5 minutes, l’artiste-peintre Gwenn Seemel lance un débat très intéressant sur le sujet.

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Nouvelles interfaces: Faire de la musique avec des gouttes d’eau ou des bananes

Avec les progrès de la technologie, de nouvelles choses sont possibles et une idée un peu folle peut devenir un nouvel instrument créatif. Illustration avec cette machine qui utilise des gouttes d’eau pour générer de la musique ou ces systèmes électroniques qui se branche sur des objets et permet de piloter un instrument virtuel.

 

 

Si les bricoleurs et créateurs n’ont pas attendu l’existence d’Internet pour inventer nouvelles interfaces, le partage et le remix à grande échelle démultiplient les possibilités.

Mieux, la tendance de l’open hardware (matériel libre) qui consiste à créer des machines où objets dont la documentation est partagée et réutilisable (comme pour le logiciel libre) va transformer la création et promet une futur incroyablement riche.

Même si un instrument de musique « organique » et non électronique reste mon favori, je guette avec intérêt l’apparition de nouveaux instruments combinant des sons électroniques avec des interfaces nouvelles qui permettent une nouvelle façon de jouer et de créer.

Que se passerait il si on ajoutait dans une guitare un accéléromètre comme ceux des smartphones pour piloter des effets de wha wha en bougeant son instrument au lieu d’utiliser une pédale au pied ?

Si vous avez des exemples d’interface musicales particulièrement innovantes, laissez un commentaire avec le lien et je les ajouterai 😉

Charly & Sa Drôle de Dame, le musicien DIY qui sort des sentiers battus.

Retour sur le parcours de Charly & Sa Drôle de Dame, musicien DIY qui trace sa voie hors des sentiers battus. Je vous avais déja parlé de Charly et de ses concerts à la maison. Suite à son dernier clip, qui en musique revient sur sa démarche non conventionnelle, je voulais revenir sur son parcours. Coup de chance, Numérama a déjà fait un bon travail, que je republie ici:

 

 

Article initialement publié par Numérama  sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Charly & Sa Drôle De Dame : Artiste ? Mieux, artisan

Il confectionne lui-même, à la main, les pochettes des différents volumes de son album qui, ensemble, forment un sémaphore. Il ne se produit jamais dans les bars mais directement chez ses fans qui veulent bien l’accueillir. Charly & Sa Drôle de Dame, qui a décidé de se passer de maisons de disques, a choisi d’assumer son statut d’artisan. Et de le défendre avec fierté, et talent.

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Il s’appelle Charly, et il ne se sépare jamais de sa « drôle de dame », une guitare née à Boston en 1890. Charly & Sa Drôle de Dame sort aujourd’hui le troisième volume de son album L’ART-IF-ICE, qui est au moins autant un projet musical qu’une déclaration d’indépendance à l’égard des maisons de disques, y compris des labels indépendants.

« Faire de la musique son métier est un réel choix de vie. C’est accepter d’être sur le fil constamment et de parfois tomber. Et la meilleure façon de ne pas trop tomber, c’est de trouver son propre équilibre, son propre modèle« , explique-t-il à Numerama. « La maison de disques aura forcément plus de facilité sur de nombreux domaines (communication, promo, réseaux, attaché de presses, radios, etc…) par rapport à l’artiste indé. C’est pour ça que ça me parait toujours aberrant de voir des indés bosser leurs projets comme des majors… ça ne sert à rien de se caler sur leurs stratégies« .

Alors, au moment où les producteurs luttent pour continuer à exister dans une nouvelle ère où il devient impossible de vivre de la seule musique enregistrée, Charly a fait le pari du Do It Yourself (DIY), de l’artisanat au plus proche de son public, de ses clients. Il fait tout lui-même, de l’interprétation au mixage, en passant par la promotion de son album ou la réalisation du coffret. « L’avantage de l’artiste DIY, c’est justement la polyvalence, la flexibilité. Ce n’est pas plus facile mais différent. On communique autrement, on rencontre différemment. Notre communication fait partie de notre création. C’est un peu comme les hypermarchés et les maraîchers« .

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« Cassons les codes ! »

Pour redonner du sens artisanal à l’objet dans un monde où la musique est dématérialisée, les trois pochettes de L’ART-IF-ICE, finement confectionnées à la main, peuvent être réunies pour former un sémaphore. Ceux qui souhaitent l’acheter devront payer 30 euros. Les autres peuvent se contenter de payer ce qu’ils veulent pour télécharger les chansons, même zéro euro.

« Je préfère que les gens se procurent mes chansons gratuitement que pas du tout. Et puis il y a cette idée de participation active qui me plait. Le fait de choisir son prix est plus engageant que de se contenter de mettre un produit étiqueté dans un caddie« , explique Charly.

Plus radical encore, Charly & sa Drôle de Dame ne se produisent jamais dans les salles de concert ou les bars. « Communiquer, devoir convaincre pour remplir soi-même un lieu qui payera les musiciens au lance   pierre, au black ou à coups de « 2 boissons par musicien, pas plus j’ai dit!!! », tel est le combat quotidien d’un groupe en développement. C’est le serpent qui se mord la queue… Gérant de salles ET musiciens qui acceptons ces conditions sommes responsables de cette absurdité« , dénonce-t-il. A la place, Charly propose des concerts en appartement. « Petit, grand ? peu importe la taille. Une dizaine d’amis ? Invitez-les et je   viendrai jouer chez vous ! Une petite heure d’apéro et de discussion, puis le concert commence puis on retrinque, on regrignotte et on rediscute !« . Là encore, pas de tarif fixé à l’avance. Un chapeau circule à la fin du concert, pour remercier l’artiste. Pour récompenser l’artisan.

« Soyons curieux. Inspirons-nous de tous les domaines (musique, arts plastiques, cinéma, pubs, marques, artisans) pour nous enrichir et trouver notre propre modèle. Cassons les codes« .

C’est tout cela ce que raconte son nouveau clip, qui est en réalité un documentaire sur son expérience de DIY, qui a débuté en 2011 sur Ulule, avec la levée de 560 euros de dons auprès des internautes :

Article initialement publié par Numérama  sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

 

Pouhiou l’écrivain qui renonce à son droit d’auteur et libère ses romans

Présentation d’un romancier à la démarche atypique et qui a choisi de « libérer » ses écrits, c’est a dire de renoncer à son droit d’auteur et de les mettre dans le domaine public dès leur production ce qui permet à n’importe qui de les réutiliser, remixer, et même de les vendre sans autorisation.

Mieux il a organisé une collecte de financement participatif pour produire des livres et les distribuer gratuitement ! Pourquoi un auteur choisit il délibérément de renoncer à son droit ? Pourquoi donner son livre ? A travers deux article que je republie ici,  vous en saurez plus sur sa démarche et ses expériences originales.

Note: je parle de plus en plus régulièrement de culture libre (voir La Culture libre : un chemin pour la réussite ?La Culture doit-elle être libre et gratuite ?).

Après une présentation de la démarche de Pouhiou dans le premier article, le deuxième article part dans une discussion très pointue sur la propriété intellectuelle et les licences libres.

Pour ceux qui ne connaissent pas les licences libres et leur importance, je vous conseille donc de lire tout d’abord ces 2 articles qui expliquent ça rapidement sous forme de BD afin de mieux comprendre les enjeux à la fois pour la création et pour le modèle économique.

 

C’est l’histoire d’un roman qui veut être gratuit (et qui a besoin de vous !)

Article initialement publié par Calimaq sous licence Creative Commons 0

J’ai déjà à plusieurs reprises parlé sur S.I.Lex de l’aventure des Noénautes (ici ou ). Lancée il y a un an par l’auteur Pouhiou, elle a consisté pour lui à écrire un roman feuilleton sur un blog, au rythme de quatre épisodes par semaine durant quatre mois. De ce marathon d’écriture à ciel ouvert est né un premier roman, #Smartarded,  puis un second ,#MonOrchide, que l’auteur a choisi de diffuser gratuitement en ligne.

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Pour aller plus loin dans cette dynamique de partage, indissociable de sa démarche d’écriture, Pouhiou a décidé de placer volontairement ses écrits dans le domaine public, en optant pour la licence CC0 (Creative Commons Zéro). L’éditeur Framabook lui a ensuite proposé d’éditer son premier roman sous la forme d’un livre papier et si l’aventure s’était arrêtée là, on aurait déjà pu considérer qu’il s’agissait d’une belle histoire de Culture Libre.

Mais à l’occasion du premier anniversaire de son projet, Pouhiou se lance – et nous lance à tous – un nouveau défi pour faire en sorte que son roman devienne non seulement libre, mais gratuit… jusqu’au papier !

 

J’ai pour habitude de dire que « Mon roman est gratuit. Ce qu’on achète, c’est un objet fait de papier sur lequel l’histoire a été imprimée. »

J’ai envie qu’on me fasse mentir. Que le livre papier puisse devenir « gratuit » à son tour. J’ai envie de voir le regard surpris des gens à qui j’offrirai les 217 pages de #Smartarded en leur disant.

C’est gratuit. Ce qui veut dire que ça a déjà été payé.

Il a fallu les efforts d’un auteur, d’un éditeur et d’une foule de lecteurs pour que cet exemplaire vous soit offert… C’est dire combien on a eu envie de le partager avec vous…

Concrètement, Pouhiou a lancé une opération de crowdfunding sur la plateforme Ulule, dont les dons seront utilisés pour imprimer de nouveaux exemplaires de son premier roman #Smartarded, afin qu’ils puissent être distribués gratuitement, à l’occasion de conférences, de rencontres, de salons.

Pouhiou avait déjà initié un jeu de cache-cache génial avec la notion d’auteur, par le biais de la licence CC0. Voilà qu’il se joue à présent des notions de gratuit et de payant et nous entraîne jusqu’au bout de la logique du don. La gratuité est souvent attaquée, comme si elle dévalorisait les oeuvres, mais Pouhiou nous invite à secouer un peu ces préjugés.

Il nous montre aussi paradoxalement que la gratuité a toujours un prix et qu’il faut bien mettre en place un modèle économique pour que des choses soient gratuites. Certains de ces modèles économiques sont rapaces et instrumentalisent la gratuité pour en faire un piège à contenus. Mais d’autres peuvent être vertueux et comme Pouhiou a fait voeu de « non-violence légale » avec la licence CC0, il nous propose d’explorer les potentialités de cette économie du don et du contre-don, en nous offrant une chose très précieuse : la liberté de payer.

Bien sûr, comme dans toute opération de crowdfunding, les donateurs sont récompensés pour leurs dons par des gratifications. Les premières vous permettront par exemple de recevoir l’eBook du second roman #MonOrchide en avant première sur votre boîte mail, d’obtenir des clés USB ou des livres papier dédicacés. Mais des dons un peu plus importants vous ouvriront droit à des récompenses plus originales !

La récompense « Ceci n’est pas qu’un partage » (c’est celle que j’ai choisie of course) vous donne par exemple le grand privilège de… renoncer à votre récompense  ! Au lieu de recevoir un exemplaire papier, vous acceptez qu’il soit donné gratuitement par Pouhiou en votre nom. Excellente mise en abime du concept ! Less is more !

Pour 150 euros, avec la récompense « Ceci n’est pas qu’une question d’ego« , un des personnages du troisième roman à venir portera carrément votre nom ou votre pseudo. Une façon pour Pouhiou de prolonger les jeux d’écriture interactifs avec les lecteurs, qu’il a déjà mis en oeuvre dans les romans précédents, en leur demandant par exemple de lui offrir des phrases à insérer dans son texte.

Avis à mes collègues bibliothécaires, la récompense ultime « Ceci n’est pas qu’une rencontre » est faite pour vous ! Pour 200 euros, Pouhiou en personne se déplacera dans votre établissement pour une conférence, une lecture publique, un atelier d’écriture ou tout autre proposition indécente que vous lui feriez. Et il viendra les bras chargés d’exemplaires de son roman, que vous pourrez ainsi faire entrer dans vos collections. J’avais déjà écrit un billetpour inciter les bibliothécaires à intégrer les eBooks libres de Pouhiou dans leur offre, voilà une excellente occasion d’augmenter encore l’expérience.

D’autres soutiennent déjà cette initiative, comme Antoine Viry sur @Diffuser.net, qui vient de lancer un vrai-faux concours de remix pour emmener les mots de Pouhiou « là où il ne l’aurait même pas imaginé« . C’est aussi ce genre de choses que permet la licence CC0 !

Sur son site Noénaute, Pouhiou a inscrit cette phrase : « Il n’y a pas de marketing, il n’y a que toi« . A nous donc de faire en sorte que cette aventure continue et il reste encore plus d’un mois pour que la campagne de Pouhiou atteigne son objectif ! Quelque chose me dit qu’il va réussir, mais plus les dons seront importants et plus ce succès permettra à sa démarche de rebondir plus loin encore.

PS : allez, moi aussi, je mets quelque chose dans la balance. Si Pouhiou réussit son pari, je passe S.I.lex en CC0. Ceci n’est pas une parole en l’air !

Article initialement publié par Calimaq sous licence Creative Commons 0

 

 

Dialogue Pouhiou Calimaq sur le domaine public et plus parce qu’affinités

Article initialement publié chez Framasoft sous licence Creative Commons-BY-SA

Pouhiou est notre joyeux et émérite premier romancier chez Framabook. À l’occasion de la sortie prochaine du livre II du cycle des NoéNautes, il a lancé une originale campagne de crowdfunding sur Ulule qui a fait réagir le blogueur influent (parce que brillant) Calimaq.

Ce dernier s’est en effet aventuré à parier que si cette campagne aboutissait alors il élèverait lui aussi son blog dans le domaine public via la licence Creative Commons CC-0. Bien mal lui en a pris puisque la campagne vient déjà de dépasser la barre escomptée (Pouhiou vous en remercie en vidéo ici) et se poursuit d’ailleurs…

Chose promise, chose due donc, et prétexte surtout à un passionnant entretien dialogue entre deux personnalités fortes du « Libre » francophone.

Je cède la parole à Pouhiou, et ça tombe bien car il adore la prendre 😉

 

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En lançant le blog de mon roman feuilleton, j’ai eu d’instinct l’envie que cette histoire appartienne à ses lecteurs. Qu’ils s’en emparent. C’était une certitude que je ne savais pas comment appliquer dans les faits. M’intéressant au livre et au droit d’auteur, je suivais déjà le blog S.I.Lex écrit par un certain Calimaq. Ce mec, passionné et passionnant, arrive à transformer un sujet à priori lourd et chiant (la propriété intellectuelle) en une épopée rocambolesque. A force d’exemples, de décryptages, de coups de sang et de coup de cœur, il nous plonge dans les eaux du copy-right-left-up&down, on baigne en Absurdie et l’on ressort de son blog plus juriste qu’on y est rentré… sans même s’en apercevoir.

Un de ses billets m’a fait prendre conscience que la place de mes œuvres était dans le domaine public. J’ai donc passé tous mes écrits sous la licence CC0 et l’ai chaudement remercié dans cet article.

Il est né de cet échange une amitié intellectuelle. Calimaq s’est mis à défendre et mon œuvre, et la démarche qui l’accompagnait. Je me suis engagé dans SavoirsCom1, un collectif qu’il a co-fondé pour la défense des biens communs informationnels. Je ne compte plus les fois où l’on s’est dit « merci », tant chacun semble admirer et être complice de ce que fait l’autre. C’est ce genre d’émulation où la réflexion de l’autre nourrit la tienne, et te mène un poil plus vite, un poil plus loin que là où tu te serais rendu tout seul.

Quand, avec Framasoft, on a initié ce crowdfunding fou (toujours en cours sur Ulule) pour que le lancement de #MonOrchide (livre II des NoéNautes) puisse financer la distribution gratuite d’exemplaires de #Smartarded (le livre I), Calimaq a répondu présent. Il a fait un bel article pour promouvoir cette expérience . Mais, chose inattendue, il a ajouté ce post-scriptum explosif :

PS : allez, moi aussi, je mets quelque chose dans la balance. Si Pouhiou réussit son pari, je passe S.I.lex en CC0. Ceci n’est pas une parole en l’air !

Le pari est réussi. En 22 jours, on a atteint les 2200 € qui nous permettront de distribuer au moins 32 exemplaires de #Smartarded. Grâce à une mobilisation peu commune il ne nous a fallu que la moitié des 45 jours prévus (ce qui veut dire qu’il reste trois semaines pour battre tous les records et accroître le nombre de livres à distribuer !)

Le pari est réussi, et S.I.Lex devient un dommage collatéral : Calimaq tient sa part du contrat, élevant son blog dans le Domaine Public Vivant. Je sais que, le connaissant, ce n’est pas un geste anodin. Une belle occasion de discuter avec lui de licences, d’écriture, et de qu’est-ce que ça veut bien dire, toutes ces choses-là…

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Pouhiou : Tu m’as fait un super article sur ton blog S.I.Lex, qui a été repris par ActuaLitté. Cela m’a beaucoup aidé à faire connaitre le projet. C’était déjà énorme (merci ^^). Pourquoi avoir en plus ajouté la licence de ton blog dans la balance ?

Calimaq : Cela fait un moment que je m’intéresse à ce que tu fais autour du cycle des Noenautes et d’après ce que tu as écrit sur ton blog, un des billets que j’avais écrit sur S.I.Lex t’avait influencé dans ta décision d’adopter la licence CC0 pour ton premier roman #Smartarded.

Quand j’ai vu que tu lançais cette opération de crowdfunding, j’ai voulu la soutenir et la faire connaître, parce que je trouve qu’elle bouscule la manière dont nous avons l’habitude d’appréhender des notions fondamentales, comme celles du gratuit et du payant. Avec la licence CC0, tu as renoncé à tes droits d’auteur pour que tes œuvres soient complètement libres, tout en réussissant à faire paraître ton roman chez Framabook. C’est déjà en soi assez perturbant pour les schémas habituels. Mais tu ne t’es pas arrêté là et par le financement collaboratif, tu as cherché à faire en sorte qu’un maximum de livres en papier deviennent gratuits afin de pouvoir les offrir.

Le plus intéressant dans ta démarche, je trouve, c’est que derrière ces décisions, il y a un modèle économique bien pensé, qui utilise le crowdfunding pour raccourcir la chaîne de l’auteur au lecteur, dans le but de diminuer les coûts. Tu démontres de manière paradoxale que la gratuité a toujours un coût. C’est typiquement le genre d’approches alternatives qui retiennent mon attention, parce que je trouve qu’elles font avancer la réflexion. Dans le contexte actuel de crispations autour des questions de droit d’auteur, qui sont particulièrement vives dans le secteur du livre, je pense que des initiatives comme les tiennes sont importantes. J’ai aussi beaucoup apprécié la lecture de ton premier roman #Smartarded et j’ai commencé à lire la suite #MonOrchide par petites touches sur ton blog. Tout cela a fait que j’ai voulu te soutenir en écrivant un billet sur S.I.lex et je me réjouis de ta réussite.


Merci ! Mais là tu parles plus de moi que de toi, hein… J’ai bien saisi que ce billet a été un élément déclencheur, mais est-ce qu’il s’agit d’un coup de tête ou est-ce que ça fait partie d’une réflexion personnelle plus… ancienne ?


Au-delà du billet, pourquoi avoir promis de changer la licence de mon blog si ton pari réussissait ? Peut-être d’abord un peu par superstition, pour porter chance à ton projet, en engageant quelque chose qui me tenait vraiment à cœur. Par ailleurs, je me posais des questions à propos de la licence de S.I.Lex depuis un certain temps. À vrai dire depuis le moment où j’ai écrit le billet Rien n’est à nous : grandeur et misère du domaine public volontaire. J’y montrais comment un certain nombre de créateurs dans le passé avaient choisi pour diverses raisons de renoncer aux droits sur leurs œuvres pour se placer en dehors de la logique de la propriété intellectuelle : Léon Tolstoï, Romain Rolland, Jean Giono, les affichistes de mai 68, les situationnistes, le musicien folk Woodie Guthrie.

Le domaine public est une notion qui a un grande importance pour moi et pour laquelle j’essaie de me battre. Il m’a semblé que le moment était venu de franchir le pas et de placer ma propre création, S.I.Lex, dans le domaine public volontaire.

Ton blog était en licence CC-BY (la seule condition de partage est de citer l’auteur). Là tu le passes en CC0. C’est quoi, au fond, la différence ?

Juridiquement dans le cadre du droit français, il n’y a pas tellement de différences. En effet, le Code de Propriété Intellectuelle ne permet pas dans notre pays de renoncer valablement à son droit moral, ce qui signifie qu’on doit théoriquement interpréter la CC0 comme une CC-BY. Je n’ai pas la possibilité légale de renoncer à mon droit à la paternité. Ce caractère inaliénable du droit moral a été voulu pour protéger l’auteur dans le cadre des contrats d’édition. Même dans le cas des « nègres » (ou, plus joliment dit, Ghostwriters en anglais), il reste possible pour eux de réclamer devant un juge la paternité d’un texte écrit pour quelqu’un d’autre, quand bien même ils se seraient engagés par contrat à ne pas révéler leur identité (on a des jurisprudences intéressantes à ce sujet dès le 19ème siècle, notamment dans l’affaire qui opposa Alexandre Dumas à l’un de ses collaborateurs, Auguste Maquet.

Le problème, c’est que l’application trop rigide de ce principe aujourd’hui peut conduire à « protéger » l’auteur contre lui-même, alors qu’il manifeste clairement la volonté de renoncer à ses droits. La licence CC0 a d’ailleurs été obligée de prendre en compte cet état de fait, en précisant que l’auteur renonce à ces droits « dans la mesure permise par la loi ». Cela veut dire que l’effet de la CC0 varie selon les pays : aux États-Unis, où le droit moral n’existe pas vraiment, il est total ; en France, il reste juridiquement incomplet, puisque le droit moral persiste. Le seul pays à l’heure actuelle qui reconnaisse explicitement la possibilité de verser ses œuvres dans le domaine public volontaire, c’est le Chili.

Donc passer de CC-BY (licence déjà très ouverte) à CC0 n’a pas beaucoup d’effets pratiques… tant que la propriété intellectuelle n’est pas réformée en France. Malgré tout, je ne t’imagine pas homme à manier ces licences à la légère. Si passer de la CC-BY au Domaine Public Vivant n’est pas un choix pratique, il est de quel ordre ?

Cette décision revêt à mes yeux une valeur symbolique et psychologique importante, en tant qu’auteur. Je ne suis pas comme toi auteur de littérature ou de théâtre, mais j’ai un rapport profond avec l’écriture. J’écris sur S.I.Lex par besoin viscéral d’écrire et quand je décroche de l’écriture, je périclite littéralement. Pour moi, l’écriture a aussi une importance comme trace que l’on laisse de soi au-delà de son existence. Du coup, le BY – la paternité – gardait une vraie importance à mes yeux, comme une sorte de « cordon ombilical » ou de minimum minimorum du droit d’auteur, dont il était difficile de se détourner. Couper ce cordon en adoptant la CC0 n’était pas anodin et il m’a fallu un certain temps – et un coup de pouce de ta part – pour lâcher prise !


Quel est l’intérêt, pour toi, de mettre de son vivant des textes dans le domaine public ?

Pour moi, l’intérêt principal, c’est de sortir en dehors du cadre du droit d’auteur. Avec les licences libres, on passe de la logique du copyright à celle du copyleft, mais on reste encore dans le système du droit d’auteur. Les licences libres ne sont pas une négation du droit d’auteur, mais une autre manière de le faire fonctionner. Avec la licence CC0, on n’est plus dans le copyright, ni même dans le copyleft, mais littéralement dans le copy-out. On décide sciemment que son œuvre n’est plus saisie par le droit d’auteur et ne doit plus être comprise à travers ce filtre. Je ne prétends pas que cette voie doive être suivie par tous les auteurs. Mais au stade où j’en suis, c’est cohérent avec ma démarche.

Tu dis de ton côté que tu n’as pas l’impression que tes textes ne t’appartiennent pas, mais que tu “digères” des éléments extérieurs que tu restitues par tes écrits. De mon côté, j’ai très tôt été sensible aux effets d’intelligence collective sur la Toile, avec le sentiment que je me devais de rendre à l’intelligence collective ce qu’elle me donne. Il n’y a pas un seul de mes billets qui n’ait été déclenché par les conversations et les échanges dans les flux. Dès lors, le meilleur moyen d’être cohérent avec moi-même, c’est d’opter pour le domaine public volontaire.

Par ailleurs, je pense important de montrer que le domaine public n’est pas seulement une chose du passé, mais qu’il peut être vivant aujourd’hui. En tant qu’auteur de son vivant, contribuer à alimenter le domaine public, c’est la meilleure manière de s’en faire l’ambassadeur et d’agrandir le cercle des biens communs de la connaissance.

OK : on a tous les deux ce souci de cohérence. C’est bien beau d’utiliser une licence parce qu’elle te met en adéquation avec ce que tu ressens de ta production intellectuelle… Mais il y a forcément des pragmatiques qui vont nous traiter d’utopistes ! Ils vont nous rappeler qu’on vit dans un monde où les enjeux commerciaux prévalent et où — selon eux — les circonstances font qu’il vaudrait mieux armer et protéger ses œuvres… D’un point de vue pratique, la clause non commerciale (NC) est un outil redoutable quand la CC0 est une passoire ! Du coup, une licence, c’est la conséquence d’un ressenti théorique ou la résultante d’un besoin pratique d’outil légal ?

C’est sans doute assez souvent le résultat d’un compromis entre les deux. Il faut considérer la situation des auteurs dans leur diversité et de multiples stratégies sont envisageables avec les licences. Les choses peuvent varier également selon les domaines de la création. Quand on voit un Cory Doctorow ou un Lawrence Lessig publier leurs ouvrages chez des éditeurs traditionnels et placer les versions numériques sous CC-BY-NC, je trouve que c’est une stratégie compréhensible et qu’ils ont par ce biais contribué à faire avancer la cause, en diffusant leurs idées dans un large cercle.

Beaucoup de créateurs en revanche ne cherchent pas un retour financier pour les œuvres qu’ils produisent. C’est le cas pour la plupart des amateurs qui créent des contenus sur Internet. Dans ce genre de situation, la réservation de l’usage commercial n’est généralement pas justifiée et choisir cette clause impose des contraintes sans réelle nécessité. Mais dans certaines situations, la clause NC peut constituer un élément intéressant pour permettre la circulation des œuvres tout en mettant en place un modèle économique. Il y a un débat assez vif en ce moment sur la légitimité de la clause NC, notamment telle qu’elle figure dans les licences Creative Commons. Je ne fais pas partie de ceux qui condamnent cette clause de manière systématique et j’ai déjà essayé de montrer que ce serait une erreur selon moi de la supprimer.

Malgré cela, tu n’as jamais mis de clause NC sur ton blog S.I.Lex...

Dans mon propre cas, je n’en vois absolument pas l’intérêt… Mon objectif en écrivant de cette manière est d’être lu par un maximum de personnes. Si certains de mes billets sont repris sur d’autres sites, y compris des sites se livrant à des activités commerciales, cela ne peut qu’augmenter l’exposition de mes écrits. J’ai d’ailleurs toujours fonctionné depuis le lancement de S.I.Lex dans un « écosystème » de sites. Très vite, j’ai eu la chance de voir certains de mes billets repris par le regretté OWNI. Cela a grandement contribué à faire connaître S.I.Lex et à développer mon lectorat. D’autres sites me reprennent régulièrement, comme Actualitté ou plus récemment Slate.fr. J’ai toujours considéré que S.I.lex était une sorte de plateforme de tir, où je posais des écrits qui pouvaient ensuite aller faire leur vie ailleurs. Avec une licence NC, les choses auraient été beaucoup plus compliquées.

La licence CC0 est peut-être une passoire, mais dans les conditions particulières qui sont les miennes comme auteur, elle conviendra parfaitement à ce que je veux faire de mes créations. Même si un éditeur vient publier certains de mes billets sous forme de livre dans un recueil, cela ne fera que contribuer encore à leur diffusion.

Du coup, tu n’exiges plus que l’on te cite comme source de tes écrits… de manière légale, c’est ça ? C’est un peu comme moi en fait : tu ne brandis pas d’arme juridique. Plutôt que de les craindre, tu donnes ta confiance aux personnes qui s’inspireront de (ou diffuseront) tes écrits. Confiance en le fait qu’elles soient assez respectueuses pour citer leur source.

La question qui peut se poser est celle du plagiat, quelqu’un qui viendrait s’approprier certains de mes textes en les publiant sous son nom. C’est une chose qui m’est déjà arrivée une fois et j’avoue que cela m’avait laissé une sensation assez désagréable.

Mais une personne comme l’artiste Nina Paley dit des choses très intéressantes sur les rapports entre le copyright et le plagiat. Elle considère en effet que le droit d’auteur paradoxalement favorise davantage le plagiat qu’il ne l’empêche. Elle explique également que le fait de créditer l’auteur relève en fait d’un système de régulation sociale qui n’a pas nécessairement besoin du droit pour fonctionner. Il s’agit en fait davantage de règles éthiques que des communautés se donnent. Nina Paley place d’ailleurs ses créations dans le domaine public volontaire en utilisant la non-licence Copyheart ou la CC0. Elle dit vouloir en cela faire œuvre de « non-violence légale » et je trouve que c’est un discours inspirant.

Un des pivots du libre, c’est sa viralité. On m’affirme que des processus du type la clause SA ont permis au libre de se développer tel qu’il est aujourd’hui. Pour mon compte, la SA est trop paradoxale. Je dis toujours que la première des libertés c’est de ne pas me lire. Dans la même veine, obliger les gens qui adapteront/traduiront/réécriront/diffuseront mes romans à mettre leur production sous licence libre, ça me semble créer de l’enclosure. Ce serait un peu comme forcer les gens à se vacciner au lieu de leur montrer comme on est mieux une fois bien portant… Et du coup j’aperçois que ton blog S.I.Lex n’était même pas sous clause SA ? Pourquoi ?

C’est une question intéressante et là aussi, je m’étais longuement posé la question lorsque j’avais choisi ma licence.

La clause de partage à l’identique est très importante dans beaucoup de domaines, comme celui du logiciel libre qui est fondé sur cette idée qu’il ne doit pas y avoir de possibilité de supprimer les libertés conférées à tous par la licence. Contrairement à ce que tu dis, je soutiendrais que le SA garantit au contraire qu’il ne puisse jamais y avoir d’enclosure sur une œuvre. Personne ne peut plus s’approprier de manière définitive un contenu placé sous Share-Alike. C’est pourquoi il me semble que c’est un type de licence adapté pour les biens communs que des communautés veulent protéger des risques d’enclosure. Si l’on prend le cas de Wikipédia, la licence CC-BY-SA est parfaitement adaptée, à la fois au travail collaboratif et aux réutilisations des contenus. Elle garantit que cela puisse se faire, même à titre commercial, mais sans réappropriation.

Cependant, je peux comprendre que tu ne veuilles pas placer tes écrits sous le régime du partage à l’identique, et c’est aussi la conclusion à laquelle j’étais arrivé pour S.I.Lex. Si je prends le cas des billets que reprenait OWNI par exemple, les choses auraient été trop compliquées avec une CC-BY-SA. En effet, OWNI reprenait mes billets, mais en les modifiant légèrement. Les journalistes de la plate-forme changeaient généralement le titre, ajoutaient des intertitres, inséraient des illustrations, des vidéos et parfois même des infographies. Il arrivait également que certains de mes billets soient traduits en anglais pour alimenter OWNI.eu. Tout cet apport éditorial était à mes yeux excellents, mais d’un point de vue juridique, il s’agissait d’adaptations de mes créations, ce qui aurait déclenché la clause de partage à l’identique, si j’avais choisi une CC-BY-SA. Or OWNI était sous CC-BY-NC-SA et il n’aurait pas été simple pour eux d’intégrer mes billets si je n’avais pas laissé une grande ouverture avec la CC-BY.

De plus, la CC-BY-SA n’est pas toujours simple à appliquer, comme l’avait prouvé l’affaire qui avait opposé Michel Houellebecq à Wikimedia, lorsque qu’il avait intégré dans son roman La Carte et le Territoire des extraits d’articles de Wikipédia sans mention de la source, ni crédits des auteurs.

Le domaine public et le libre ne sont pas exactement superposables. Le propre du domaine public, c’est de constituer un réservoir complètement ouvert dans lequel on peut venir puiser pour alimenter sa création sans contraintes. Les deux approches sont importantes et complémentaires.

Mais attends, de nous jours, entre les CopyrightMadness, les guerres de brevets, ceux qui s’approprient mon grain de maïs ou ton rectangle à bords arrondis… Avec tous ces abus du côté de la propriété intellectuelle et des biens communs… Y’a pas plus important ou plus urgent que de s’occuper du domaine public ?

Oui, c’est certain qu’il existe des sujets alarmants sur lesquels il devient urgent d’agir. Je ne suis pas seulement engagé pour la défense du domaine public, mais plus globalement pour la promotion des biens communs de la connaissance, ce que je fais au sein du collectif SavoirsCom1. Je milite également aux côtés de la Quadrature du Net pour la légalisation des échanges non-marchands et la mise en place de solutions de financement mutualisées pour la création, comme la contribution créative ou le revenu de base.

Néanmoins, je pense que le domaine public peut constituer un bon angle d’attaque pour s’engager dans une réforme positive de la propriété intellectuelle. On a un peu l’impression d’être aujourd’hui face à une forteresse imprenable et on n’arrive pas à sortir des débats autour de la répression du partage des œuvres, qui continuent à monopoliser l’attention du législateur comme on le voit bien avec les travaux de la mission Lescure. C’est pourquoi il me paraît intéressant d’ouvrir de nouveaux fronts qui permettront de défendre l’idée que nous possédons des droits positifs sur la culture. Le domaine public peut être une piste en ce sens et j’ai fait des propositions de réforme législative pour consacrer et renforcer cette notion dans le Code de Propriété Intellectuelle.

Par ailleurs, tu évoques le Copyright Madness, mais le domaine public pourrait aussi être un moyen de lutter contre les pires dérapages de la propriété intellectuelle. On a vu par exemple récemment des laboratoires pharmaceutiques déposer valablement des brevets en Australie sur les gènes responsables du cancer du sein, ce qui est absolument terrifiant puisque cela signifie que tout chercheur qui voudra mettre au point un remède devra leur verser des royalties. Aux États-Unis, Monsanto a relancé une offensive en justice pour empêcher des agriculteurs de replanter des semences de variétés brevetées et l’entreprise semble en passe de l’emporter. Cela peut avoir des conséquences dramatiques au niveau mondial.

Ces dérives ont un lien avec le domaine public, parce que celui-ci ne contient pas seulement les œuvres anciennes, mais aussi tout ce qui ne devrait pas pouvoir faire l’objet d’une appropriation exclusive. Cela vaut pour certains éléments de la Culture, mais aussi pour des choses aussi essentielles que le génome humain ou les semences.

Le domaine public devrait être le bouclier qui protège tous ces éléments fondamentaux de la folie de l’appropriation, mais c’est à nous de le promouvoir et de le faire vivre pour qu’il puisse remplir ce rôle.

Je crois qu’on ne peut pas trouver de meilleure conclusion ! Merci à toi, Calimaq.

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Article initialement publié chez Framasoft sous licence Creative Commons-BY-SA

La Culture libre : un chemin pour la réussite ?

Peut on concilier partage et financement de la création artistique ? Dans cet article Lionel Maurel (aka Calimaq), juriste, bibliothécaire et spécialiste du droit d’auteur et des biens communs montrent des exemples d’artistes ayant utilisé avec succès les licences libres.

Cet article initialement a été publié le 17 mai 2012 par  sous licence Creative Commons Zéro (CC0),

Dans les débats concernant le droit d’auteur et l’avenir de la création, la question du financement revient de manière lancinante et l’on remet souvent en cause la capacité des pistes alternatives à assurer aux artistes les moyens de créer, de diffuser leurs productions auprès d’un public et d’en tirer un revenu.

Voici pourtant quatre exemples de  créateurs, ayant fait le choix de la Culture libre, qui démontrent que le système classique du droit d’auteur n’est pas la seule voie pour atteindre le succès à l’heure du numérique.

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Quelques bourgeons d’espoir dans cet interminable hiver de la propriété intellectuelle que nous subissons (Just Hanging With Some Buds. Par Sea Turtle. CC-BY-NC-SA. Source : Flickr)

Du domaine public volontaire aux licences de libre diffusion en passant par le Copyleft, les moyens juridiques mis en oeuvre par ces expérimentateurs sont variés, mais ils mettent tous à profit l’ouverture offerte par les licences libres pour maximiser la diffusion de leurs créations sur les réseaux et entrer dans de nouvelles formes de relations avec leur public.

Ces quatre exemples sont tirés de champs différents de la création : la musique, la peinture, le livre et le cinéma d’animation. Et vous allez voir que contrairement à une autre idée reçue, la qualité est au rendez-vous !

Enjoy, Share, Remix et surtout inspirez-vous !

 

Sharing is caring de Dan Bull : une musique sous CC0 à l’assaut des charts en Angleterre

Le musicien Dan Bull a réussi la prouesse la semaine dernière de parvenir à faire entrer son morceau Sharing is Caring à la 9ème place des charts en Angleterre dans la catégorie Indie et à la 35ème place dans la catégorie RnB.

Pour diffuser ce morceau de hip-hop en faveur du partage, Dan Bull a fait le choix d’utiliser l’instrument le plus ouvert parmi ceux proposés par Creative Commons, à savoir le waiverCC0 qui permet de verser par anticipation une oeuvre au domaine public, en renonçant à toutes formes de droit sur sa création. En cela, il rejoint la démarche de ces « Artistes contre le droit d’auteur » dont j’avais eu déjà l’occasion de parler sur OWNI.

Dans une interview accordée à Creative Commons UK, Dan Bull explique utiliser le sens de sa démarche :

J’ai choisi d’utiliser CC0 parce que je ne crois pas à la validité de la propriété intellectuelle. Un morceau de musique est une idée. Sous forme numérique, c’est une suite de 1 et de 0. Qui suis-je pour dire à une autre personne qu’il est interdit d’avoir une idée ou de manipuler une certaine séquence de 1 et de 0, simplement parce que j’ai eu cette idée avant elle ? Cette manière de penser me paraît perverse. La première personne qui a eu une idée n’est pas forcément la mieux placée pour l’utiliser, et c’est pourquoi le fondement même des lois sur le droit d’auteur est contestable.

Dan Bull possède déjà un lourd passé d’activisme musical dans le domaine de la culture libre, puisque c’est déjà à lui que l’on devait déjà ce rap vengeur Death of ACTA , écrit en réaction au traité liberticide, dont on espère que le titre sera prémonitoire !

 

Avec Sharing is Caring, Dan Bull a voulu prendre le système à son propre jeu : bien qu’il n’accorde aucune valeur particulière aux classements des charts, il voulait démontrer qu’une musique créée en dehors du système classique du droit d’auteur et sans le soutien des industries culturelles pouvaient se hisser dans le top des ventes.

Dan Bull a donc mis son morceau en partage  gratuitement en torrent sur Pirate Bay, mais dans le même temps,  il a choisi une diffusion multi-canaux et multiforme pour en maximiser la dissémination et l’audience. Le fichier était parallèlement proposé à la vente sur iTunes, Play.com et Amazon, et dans le même temps, il était largement partagé sur les réseaux sociaux et les plateformes de diffusion comme Youtube. Trois versions différentes du même morceau ont même été réalisées spécialement pour Facebook, Twitter et Google +. Au delà de cette première trilogie, Dan Bull a diffusé 10 versions de Sharing is Caringavec notamment des versions a capella et instrumentales, pour encourager les remix et les mashups. Pour pousser les ventes, l’artiste promettait aux fans qui achèteraient les dix versions toutes d’être cités dans une vidéo de remerciement.

Et voilà comment on obtient un succès commercial, en misant sur la dissémination virale à l’oeuvre sur les réseaux et en associant le public à sa propre création. Là où Dan Bull est parvenu à faire la parfaite démonstration de son propos, c’est que finalement  l’un des remix,une version reagge réalisée par Animal Circus, a terminé plus haut encore dans les charts que le morceau original, à la première place de la catégorie Reggae et à la seconde place de la catégorie World Music.

Qui a dit qu’on ne pouvait plus vendre de la musique ! Et cette démarche préfigure sans doute très bien ce qui se passerait pour les artistes si un système de licence globale, légalisant le partage était consacré par la loi…

Gwen Seemen : portrait d’artiste en Culture libre

La Culture libre comptait déjà certains artistes emblématiques, comme le romancier Cory Doctorow ou la dessinatrice Nina Paley, qui incarnent l’esprit d’ouverture et d’innovation que promeuvent les licences libres.

Mais j’ai été particulièrement heureux de découvrir ces derniers temps l’oeuvre de la portraitiste américaine Gwen Seemel, dont la démarche globale est particulièrement exemplaire et stimulante.

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Un autoportrait de Gwen Seemel ( Second Face, par Gwen Seemel. 2009)

Tout comme Nina Paley avait pu le faire, Gwen Seemel n’a pas choisi d’utiliser les licences libres, mais plutôt de se placer littéralement en dehors du droit. Au pied de son son site, on ne trouve pas un symbole ©, mais un petit visage souriant conduisant le visiteur vers cette mention :

I am happy for you to copy and display my work, and you are welcome to create derivative works using my images. I would love it if you gave me credit when you do so.

Je me réjouirais si vous copiez et diffusez mon oeuvre et je vous encourage à créer des oeuvres dérivées en utilisant mes images. Je serais heureuse si vous me créditez à cette occasion.

Dans le domaine de la peinture, où la culture libre n’est pas si répandue, Gwen Seemel impressionne par la façon dont elle intègre l’ouverture à sa démarche créative. Spécialisée dans le portrait, elle réalise également des peintures animalières, des séries conceptuelles à thèmes, des livres illustrés, ou encore des sacs en toile peints !

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2011. Par Gwen Seemel

Mais c’est surtout sur son blog que Gwen Seemel montre les différentes facettes de son art et la manière dont il s’imbrique et s’inspire de son engagement pour la Culture libre. Je vous recommande vivement de vous y abonner, surtout que Gwen est bilingue et rédige une bonne proportion de ses articles à la fois en français et en anglais.

Elle y montre sa création en train de se faire, mais aborde aussi de manière incisive et décapante des questions liées à la propriété intellectuelle comme l’imitationl’originalitéla protection contre la copie ou l’appropriation de la culture.

Elle réalise également des vidéos pour illustrer ces billets, en anglais et en français, dont j’avais particulièrement apprécié celle-ci, intitulée « le droit d’auteur, c’est pour les peureux » :

Dans un autre de ces billets, elle expose un modèle d’affaire pour les artistes qui renoncent au droit d’auteur (ce qui est son cas), particulièrement convaincant, qui montre que des modèles économiques peuvent émerger sans s’ancrer dans la culture du contrôle et de la restriction inhérente au copyright. Gwen Seemel sait d’ailleurs mettre à contribution avec succès les formes innovantes de financement de la création comme le crowdfunding, pour faire participer le public en amont au financement de projets ambitieux, comme la réalisation de séries de peintures.

Chapeau bas, Gwen Seemel, pour incarner à ce point l’idéal de la Culture libre !

Cities of You par Brian Foo :  sur les traces d’Italo Calvino

Ce projet a également utilisé la voie du crowdfunding (financement participatif) pour être mené à bien par son auteur, Brian Foo.

Cities of You est un projet de livre illustré, mêlant textes et peintures, inspiré par le romanLes Villes invisibles d’Italo Calvino. Il s’agit d’inviter le lecteur à un voyage imaginaire vers plusieurs cités fantastiques, chacune possédant une identité forte inspirée par une personne réelle rencontrée par Brian Foo, et de découvrir la manière dont la ville est construite, la façon de vivre des habitants, son histoire, sa culture et sa destinée.

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Fraboo, par Brian Foo. La première des villes imaginaires de Cities of You. CC-BY-NC-SA

Pour financer son projet, Brian Foo a lancé un appel à contributions via la plateforme américaine Kickstarter, en présentant le concept de son livre et quelques planches déjà réalisées. Alors qu’il demandait 2000 dollars pour son projet, Brian est parvenu à rassembler 11 000 dollars au final en quelques semaines, grâce à 141 donateurs. Et ce avant même d’avoir terminé son ouvrage !

Une fois réalisé et comme annoncé dès l’origine sur Kickstarter, Cities of You, comportant au final les descriptions de 41 villes imaginaires, a été mis en ligne en accès gratuit sur un site Internet et les éléments de l’ouvrage, textes et images, sont placés sous licence libre Creative Commons CC-BY-NC-SA. Le livre auto-édité par Brain peut être acheté en version papier, ainsi que les superbes peintures originales qui  ont servi à sa réalisation.

Ce type de projet est intéressant dans la mesure où il démontre que le recours aux licences libres est compatible à la fois avec un financement en amont, par le biais du crowdfunding et un financement en aval, la version gratuite en ligne ne constituant pas une concurrence pour la version papier et les peintures.

Et réjouissons-nous, car un volume II de Cities of You est déjà annoncé !

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Sheeshani. Par Bian Foo. Cities of You. CC-BY-NC-SA

 Tube : nouvelle perle du cinéma d’animation en Open Source

Le dernier projet que je voudrais vous présentez est le film d’animation Open Source Tube,  à propos duquel le site Mashable a consacré cet article au titre éloquent « Will This Open-Source Animated Film Change the Movie Industy Forever« .

L’histoire de Tube parle de quête de l’immortalité et s’inspire de l’épopée de Gilgamesh. Tous les éléments du film seront réalisés avec des logiciels libres et des formats ouverts et ils seront diffusés sous licence copyleft CC-BY-SA, permettant la copie, la diffusion, la modification des contenus, y compris à des fins commerciales.

Le financement passe ici encore par la plateforme américaine Kickstarter où la campagne de soutien a rencontré un succès impressionnant. Le but initial  de 22 000 dollars a été atteint cette semaine et largement dépassé, avec plus de 36 000 dollars rassemblés.

Ce succès rencontré par le cinéma Open Source n’est pas le premier. En 2006, une équipe s’était déjà illustrée en produisant le premier film d’animation de ce genre, le remarquable Elephant Dream, disponible en ligne gratuitement sous licence CC-BY. Plus récemment, le film espagnol El Cosmonauta, du producteur indépendant Riot Cinéma, s’était également fait remarquer, en recourant au crowdfunding et aux licences libres de manière particulièrement inventive.

***

Tous ces artistes sont engagés à divers degrés pour l’évolution de la propriété intellectuelle et contre les projets liberticides qui se multiplient dans ce domaine. Ils apportent la preuve que même si l’évolution législative reste en panne, il est déjà possible – ici et maintenant – de créer autrement, en liberté.

La Culture libre : un chemin pour la réussite ?

Article initialement publié le 17 mai 2012 par  sous licence Creative Commons Zéro (CC0),

Follow me: magnifique exposition photo sur Instagram

Une belle mise en scène, des lieux spectaculaires, une belle fille, un peu d’effet graphique pour des couleurs surréalistes, c’est simple, c’est beau et ça buzze sur Internet en ce moment.

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir cette magnifique série de photo faites avec Instagram, l’application mobile qui permet de prendre des photos, d’ajouter un filtre couleur et de les partager en ligne très rapidement.

Intitulée Follow me (suis moi), cette série a été créee par Murad Osmann et sa copine Natalia Zakharova lors de voyages dans des endroits prestigieux autour du monde.

hong kong temple des 1000 buddhas

bali

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écolières sous un banyan

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Vous pouvez voir toutes les photos de la série ainsi que d’autres sur le compte Instagram de Murad.

Pour la petit histoire cette série a démarrée par accident, alors que Natalia et Muras etaient en vacances. Celle ci, ennuyée par le fait qu’il prenait des photos de tout, l’a pris par la main pour essayer de le faire avancer. Cela n’a pas empéché Murad de continuer à prendre des photos et c’est comme ca que la série a démarrée, avec une photo prise par accident dans les rues de Barcelone, celle ci:

 

l'image qui a tout démarrée dans les rues de barcelone

A moins que cela ne soit plutot celle ci, la toute première:

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Autre détail, s’il a commencé avec un iphone et l’application d’Instagram, Murad ne se limite plus a aujourd’hui a un smartphone et utilise d’autres appareils photos, mais en essayant néanmoins d’utiliser le moins d’effets possibles.

Ceux qui me suivent savent que je suis fasciné par la capacités des gens d’utiliser les nouvelles technologie de façon créative.

J’aime surtout comment il a su exploiter cette idée, née par accident, jouant des variations autour du thème pour en faire un concept a part entière.

Au dela de ce projet, d’espere que ca vous montrera que la possibilité d’être créatif et l’inspiration est la en permanence sous votre nez.

Si vous tombez dessus par hasard, Comme Murad, ne passez pas à coté et suivez la…

« Follow Me » – Murad Osmann et Natalia Zakharovade

 

PS: l’envers du décor 🙂

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découvert via business insider (et oui !)

Amanda Palmer: L’art de demander (et de recevoir)

amanda-palmerAmanda Palmer parle de son expérience expliquant comment faire confiance à ses fans et savoir recevoir lui ont permis d’atteindre ses succès.

Amanda Palmer est l’une des artistes DIY qui a le mieux réussie. Lors d’une conférence TED disponible en vidéo, elle revient sur son expérience.

J’ai noté quelques ici quelques points importants de son intervention, mais je vous conseille vraiment de regarder la vidéo en entier car elle apporte un regard vraiment interessant sur la personne et sa démarche.

En écoutant Amanda, on devine comment elle a vraiment travaillé dur mais surtout toujours été prête à expérimenter et à prendre des risques. On voit bien que si elle fait un usage très intelligent des nombreux outils de promotion, il ne s’agit pas seulement de marketing,  mais avant tout d’une vraie volonté de connecter avec les fans et de leur faire confiance.

Autre point interessant, Amanda explique comment ses débuts de carrière difficiles (elle a longtemps travaillée comme « statue vivante », maquillée en blanc et restant figée des heures dans la rue sous les insultes des automobilistes) lui ont appris à demander avec humilité et mais aussi à savoir recevoir, une chose avec laquelle beaucoup d’artistes se sentent mal à l’aise.

Enfin elle conclut en donnant comme conseil aux artistes de ne pas chercher comment faire payer sa musique, mais plutôt comment laisser les gens payer et savoir recevoir. Quand elle compare avec ironie ce que son label considérait comme un échec (« seulement » 25 000 albums vendus) et le nombre de personnes qui ont contribué au succès de son crowdfunding (1 192 793 $ récoltés en un mois grâce à … 25 000 fans!), on ne peut s’empecher de sourire et d’être d’accord.

 

La vidéo est en anglais, mais devrait être prochainement disponible avec sous-titrages français.

Si ça vous inspire je vous conseille de lire ou de relire la stratégie de Ian Rogers pour promouvoir et vendre sa musique comme une rock star.

Autre lien suggéré par Simon cet article de Musically sur Amanda Palmer qui apporte aussi pas mal de reflexion interessantes.

15 bonnes idées d’Uniform motion que vous devriez copier

Uniform motion dont je vous ai déja parlé pour ses nombreuses innovations revient avec un nouvel album et encore plein d’idées inspirantes. La encore, le groupe a pas mal innové et j’ai noté 15 idées que vous devriez songer à copier et adapter pour votre stratégie. 

Un jeu multimédia et participatif

Il y a quelque mois Uniform Motion avait demandé a ses fans d’envoyer des sons qu’il réutiliseraient dans l’album. C’est chose faite ! Mieux le groupe a imaginé une chasse au trésor auditive, en cachant ces sons dans ses morceaux et en demandant aux fans d’essayer de les retrouver.

Pour faire durer le suspense et permettre a tous de participer (et aussi faire vivre le buzz), le groupe sort un morceau par jour. La première personne à dire exactement à quel endroit démarre le son dans la chanson, gagne un CD ou un vinyle (au choix). Pour brouiller les pistes certains sons ont été très modifiés et certaines chansons en contiennent plusieurs.

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Uniform motion fait ici un bel usages de services en ligne puisqu’il utilisent une image interactive Thinglink pour faire afficher les morceaux sur l’image de la carte et utilise la possibilité qu’offre Soundcloud de commenter dans les morceaux pour que les fans notent ou sont cachés les sons.

Notez que ce n’est pas le premier jeu que Uniform motion fait pour ses fans (voir plus bas)

Un site web WordPress

WordPress, c’est le couteau suisse de gestionnaire de site web.

Le nouveau site WordPress a été utilisé par le groupe pour regrouper en un seul lieu plein de choses éparses (notamment l’actu qui était auparavant publié sur un tumblr) et ça été l’occasion de faire le ménage et de remettre en valeur les contenus publiés précédemment en les réorganisant.

En utilisant WordPress, il est possible de créer un site très puissant et de rajouter des fonctionnalités très spécifique, vous le verrez plus bas.

Une ergonomie soignée

L’ergonomie c’est un discipline qui consiste a rendre un système ou un appareil fonctionnel et facile à utiliser intuitivement. Uniform motion a soigné son ergonomie. Regardez le site, tout est rangé à sa place, pas de confusion.

Notez que le groupe a pris la peine de faire le tour de tout ce qu’il avaient accumulé depuis des années  et organisé le site pour réutiliser mettre en valeur de choses éparpillées auparavant.

Un graphisme simple et beau

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Bien sur cela aide qu’un des membres du groupe soit graphiste. Mais même si ce n’est pas votre cas, pensez y ! le graphisme c’est une des première choses que vous projetez. Mais c’est aussi un éléments qui donne envie de revenir voir votre site… ou pas!

Un graphisme adapté pour les appareils mobiles

De plus en plus de gens accèdent au web via des interfaces mobiles (smartphones, tablettes). Or, naviguer sur Internet avec ces petits écrans n’est pas évident. Depuis quelque années est apparue une nouvelle tendance appelée « responsive design » et consistant à concevoir des sites web qui vont apparaitre de façon élégante sur des écrans de diverses tailles.

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Uniform motion a conçu son site en utilisant de tels principes. Pour voir l’effet aller sur le site et réduisez la largeur de votre fenêtre pour la rendre très étroite.

Sachez qu’en utilisant WordPress, vous pouvez vous aussi créer un site adapté au mobiles en quelques clics (je vous en reparlerai).

Un « call to action » clair

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Sur internet faire passer un message est difficile, les gens sont pressés et saturés d’infos. Il est important d’optimiser un « call to action » un message qui demande à l’utilisateur d’agir avec un message clair (c’est très utilisé en e-commerce).

Ici sur la page d’accueil le groupe appelle les fans les soutenir. On le fait ou on ne le fait pas, mais au moins le message est clair.

Des goodies

Le groupe offre aussi des bonus comme ces BD de Reuno, l’illustrateur qui a avait été crées pour le tout premier album :

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Il y a aussi plusieurs jeux vidéos musicaux:

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Mis en valeur ces contenus anciens reprennent une deuxième vie.

Intégration parfaite avec Bandcamp

Bandcamp est le service préféré des musiciens DIY, je n’ai jamais eu l’occasion d’en parler (j’attendai une hypothétique traduction en français avant de le reocmmander), mais c’est l’un des meilleurs services pour les musiciens qui veulent créer une boutique pour vendre leur musique.

Uniform motion a parfaitement intégré son site web et la page Bandcamp et la navigation entre les deux se fait sans que l’on se rende compte que l’on passe d’un site à l’autre.

Un aspect autre intéressant de Bandcamp, outre la facilité de vendre de la musique, c’est la possibilité de collecter des adresses mails pour batir sa mailing list.

Une licence creative commons pour faciliter le partage et le remix

Toutes musiques et les sons du site sont sous licence Creative Commons, ce qui permet aux fans de diffuser librement les musiques, mais aussi de les remixer (le groupe avait mis à disposition des « remix-kits » à une époque).

Ecouter les fans

Lors du dernier album, des fans avaient demandé s’il était possible de faire un vinyl. Le groupe a écouté et a pris le risque de suivre ses fans (même si beaucoup avaient manifestés leur intéret, ca restait un investissement et un pari).

Au final le format vinyl s’est révélé être un grand succès auprès de fans et a permis au groupe de générer des bonnes ventes en concert.

Aider les autres musiciens

Le groupe publiait depuis longtemps un compte rendu de ses expériences. Un transparence pour les fans mais aussi un contenu intéressant pour les autres musiciens et les analystes de tout poil. Ceci leur a permis d’être repris par Mike Masnick (TechDirt), Hypebot, MTV et d’autres grands noms internationaux de la musique en ligne.

A l’occasion du lancement du nouvel album et du nouveau site, ce contenu a été rapatrié de son tumblr d’origine et mis en valeur dans une section dédiée aux musiciens DIY (note: j’ai déja traduit certains de ces articles en francais, d’autres viendront prochainement).

Autre idée simple et intéressante, le groupe propose une section qui accueillera des tablatures de ses morceaux. En attendant il y a déja un vidéo tutoriel et il est possible de leur en demander d’autres.

De beaux produits pour donner une raison d’acheter

si vous vous rappellez l’équation magique pour vendre sa musique il y a « give a reason to buy », c’est à dire « donner une raison d’acheter ». Uniform motion soigne le look de ses produits (mais aussi les photos les présentant) pour en faire quelque chose de beau qui donne envie d’être acheté.

 

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vinyls

Utiliser l’aide des fans

Uniform Motion veut aider les fans mais n’hésites pas aussi à demander de l’aide aussi. Ils avaient  déjà utilisé l’aide d’amis et de fans pour organiser leur tournée en Allemagne et avait réussit à se verser un salaire décent. Aujourd’hui, ils lancent un campagne de crowdfunding (financement participatif) pour vendre leur album sous différentes formes et rembourser leurs frais.

L’utilisation de WordPress leur a permis de créer leur propre plateforme de crowdfunding sans intermédiaires (voir le détail dans cet article)

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Même si l’album a déja été financé par le groupe, cette campagne sert à montrer aux fans l’investissement en leur demandant de filer un coup de main. Pour que les fans se voient à quoi ils participent et leur donner des raisons de soutenir le groupe, la vidéo résume bien le cheminement et le travail qui a abouti à la fabrication de l’album.

Autre bénéfice pour les fans, l’album étant déja produit et pressé, pas de risque que le projet échoue et qu’on ne reçoivent rien (chose qui peut arriver quand on on investit dans un projet en financement participatif).

Créez plus de valeur que vous ne capturez

Tim O Reilly, un des gurus de la silicon valley a popularisé cette notion:

Créez plus de valeur que vous ne capturez.

D’après son analyse ce qui réussissent le mieux dans un monde connecté ne sont ceux qui mettent toute leur énergie pour tout verrouiller en cherchant à maximiser le profit immédiat, mais ceux qui ceux qui cherchent d’abord à créer beaucoup de valeur pour les autres pour ensuite prendre une fraction des bénéfices engendrés.

Sur le long terme, en nourrissant et en faisant grandir un écosystème autour d’eux ils réussissent mieux.

Cela peut semble un pari risqué, mais c’est ce qu’ont fait Trent Reznor, Google, Amazon, Automattic (la société qui porte WordPress) Linux, et de nombreux autres…

C’est aussi ce que fait Uniform motion quand ils créent des jeux pour leur fans, des webconcerts, des concerts à la maison,  qu’ils mettent la musique à disposition, écoutent les commentaires, cherchent, partagent, … ils cherchent d’abord à apporter de la valeur à ceux qui les suivent avant de chercher à maximiser le profit et je pense que dans notre monde en réseau cela va être de plus en plus important pour réussir .

Avoir la volonté de travailler, d’expérimenter et de s’amuser

Si vous regardez tout ce que je vous ai décrit rappelez vous que derrière il ne sont pas nombreux, mais tout est fait maison. Je ne sais pas si vous rendez compte de la masse de travail et du souci du détail: que ce se soit l’album auto-produit, les visuels, le site, la stratégie, … tout a été fait avec grand soin.

Il y a énormément de travail derrière mais il y aussi une envie de faire quelque chose de différent, de chercher, d’expérimenter, mais aussi de prendre du temps pour jouer et inventer des choses nouvelles avec les fans.

Plus que tout le reste, je crois que c’est cette attitude, à la fois travail et fun, être sérieux sans se prendre trop au sérieux, qui est essentielle pour réussir.

 

Je vous laisse méditer ça avec de la musique.

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