Vers des expériences artistiques interactives avec le public grâce aux smartphones

mobile-synhcronisation-artisteLors de ses concerts, Dan Deacon utilise une application mobile pour synchroniser les smartphones des fans et créer des jeux de sons et de lumières dans le public pendant l’évènement.

En pratique les fans doivent télécharger au préalable une application (disponible pour android ou iphone) sur leur smartphone. Quand les fans se rendent au concert de Dan Deacon, l’application lui permet de synchroniser les téléphones avec la musique pour faire changer la couleur de l’écran ou leur faire émettre des flash lumineux. Mieux l’application permet de piloter l’émission de sons par les téléphones ce qui pourrait être utilisé par l’artiste pour jouer d’un nouvel « instrument » de musique distribué.

D’après ce que j’ai compris le système n’utilise pas de wifi ou le réseau mobile pour faire cela, mais des signaux sonores inaudibles qui font réagir les smartphones. Mieux selonvotre emplacement dans la salle, votre téléphone ne réagira pas pareil que ceux des autres personnes éloignées de vous, ce qui offre des possibilités de mise en scène plutôt élaborée.

Voici le teaser de l’application. Bien que je trouve la musique et la vidéo pas bien terribles, cela donne beaucoup d’idées d’expériences visuelles et sonores interactives.

 

Vivement que des hackers s’emparent de l’idée pour proposer une appli open source réutilisables par n’importe quel artiste !

 

via Springwise

Compte rendu de concert: Comment nous avons gagné un salaire minimum de musiciens pour 9 jours

Suite de la série sur le groupe Uniform motion et ses initiatives innovantes pour promouvoir et vendre sa musique.

Je vous présente ici une traduction de l’article: Tour Report: how we earned minimum wage as musicians for 9 days où Andy de Uniform Motion raconte sa tournée en Allemagne qui a démarré par un financement participatif qui n’a pas marché, mais a déclenché l’organisation d’une tournée alternants dates dans des cafés et concerts à la maison. Au final entre les cachets et les ventes le groupe a réussi à se payer convenablement. 

Je trouve intéressant ce compte rendu, car il donne à voir de manière concrète la difficulté de gagner sa vie comme musicien, mais aussi ce qu’il est possible de faire en travaillant avec ses fans.

Compte rendu de concert: comment nous avons gagné un salaire minimum de musiciens pour 9 jours

Nous avions lancé un site de financement participatif de concert (gigstarter) appellé OneCityPerSecond.com il y a quelques mois.

L’idée était de voir si nous pouvions pré-financer quelques concerts pour réduire le risque financier des tournées.

Après une campagne réussie pour un concert unique à Gothenbourg en Suède et 2 concerts avec le groupe complet à Saragosse en Espagne, qui étaient des conséquences indirectes de la mise en place du site, nous avons décidé d’essayer d’organiser une tournée en Allemagne.

La campagne elle même n’a pas été si réussie, mais elle nous a aidée à communiquer le fait que nous avions envie et que nous étions prêt à jouer, ce qui a incité des amis et des fans à nous aider.

Jour 1: Dikkenek Café, Lyon

Nous démarrons notre voyage avec 6 heures de route de Toulouse à Lyon.

Le Dikkenek Café est un café belge assez récent dans un quartier populaire de la ville. Quand nous regardons le site web du bar sur Google, le premier résultat est un blog qui a été mis en place par des voisins en colère et qui donne des instructions pour faire fermer le bar. Nous avions mis un lien vers le site en pensant que les belges avaient un sens de l’humour assez particulier.

Nous avons appris plus tard que le blog avait été crée 6 semaines avant même que le bar soit ouvert ! Ils ont des voisins sympas.

Nous arrivons à trouver un concert la via des vieux amis d’Olivier (notre batteur, qui habitait Lyon). Ils s’appellent Paloma à l’orange et ils sont un groupe de première partie vraiment sympa. Nous répétons rapidemment avec eux une reprise de Deus pendant les balances et nous les rejoignons sur scène le soir juste pour chanter. On s’est bien amusé.

 

Il n’y a pas eu beaucoup de public, mais nous n’attendions pas tant de monde que ca, car nous n’avons pas beaucoup de fans sur Lyon et personne n’a avait vraiment fait de promo pour le concert.

Nous finissons par vendre un vinyle et nous récuperons assez de dons pour mettre un peu d’essence dans la voiture. Nous avons aussi eu de la bonne nourriture saine avant le conert (pizza). 🙂

Distance parcourue: 600km.
Finances après le concert: – 141€

Jour 2: Hafen2, Offenbach

Hafen2 est une salle assez grande juste à la sortie de Francfort.

Renaud et moi avions joué là il y a 2 ans et le concert s’étant très bien passé, nous pensions avoir du monde. Nous avions tort !

Cependant les gens de Hafen2 ont bien pris soin des groupes et nous ont préparé un repas végétalien délicieux (sérieux, c’était délicieux!). Il y a de la bière en quantité et un endroit propre et sympa pour dormir. Le paiement était pas terrible, mais c’etait un bon spot car nous partions pour Leipzig le lendemain.

Nous avons joué avec les Hungry Kids of Hungary, un groupe australien en tournée européenne. Ils ont fait un super concert, malgré le public peu nombreux.

Nous espérions qu’ils nous montreraient ce que font les vrais groupes de rock après les concerts (faire la fête jusqu’à 5h du matin, boire comme des trous, jeter la télé par la fenêtre), mais grosse déception, non seulement ils se sont très bien comportés, mais se sont aussi révélés être des gars très sympas.

Nous avons vendu quelques CD et vinyles ce soir la. Nous avons aussi eu la deuxième demande de dessin la plus bizarre de la tournée. Quelqu’un nous a demandé un dessin de Angela Merkel avec l’ex president Sarkozy a sa gauche, et le nouveau président Hollande à sa droite. Bizarre!

Le matin, nous avons passé une heure dans une grande pièce (très haute de plafond) derrière la scène où nous pris quelques vidéos. Les gens de la salle de concert ne savaient pas que nous étions la et nous enfermés ! Et ce qui est génial avec des portes insonorisées, c’est qu’on n’entends pas les gens frapper dessus !

Nous avons réussis a nous échapper après avoir frappé à la porte sans espoir pendant plusieurs minutes puis nous avons pris des nouvelles photos de presse à la sortie de la salle. Nos photos presse actuelles sont de 2008 !

Au final, c’était pas si mal pour un début de tournée.

Distance parcourue: 1300 km
Finances après le concert: – 132€

Jour 3: Essential Existence Gallery, Leipzig

1er juin, nous jouons dans une ancienne usine qui a été convertie en gallerie d’art dans la 2eme plus grosse ville d’Allemagne de l’est, Leipzig.

Le concert a été organisé par le netlabel qui a sorti notre premier album en 2009 (Aaahh Records) et nous avons joué avec Entertainment for the Braindead (alias Julia) qui a fait un super set, créant des boucles avec beaucoup d’instruments différents (guitare, banjo, flute, etc…) et disant beaucoup de choses en allemand que j’étais incapable de comprendre.

Ils avaient un vidéo projecteur bien cool et un énorme mur blanc derrière la scène et les visuels étaient géniaux ce soir là. Nous étions un peu inquiets que l’écho dans le batiment soit un problème, mais c’était agréable d’entendre toute cette reverb naturelle sur la batterie et le chant.

Le paiement n’était pas trop mal non plus et nous avons vendu un peu de merch. Nous avons même réussi à équilibrer les comptes ce soir là.

Le lendemain matin, nous avons eu un super petit déjeuner anglais dans le Cantona Café avec notre ami Patrick.

Après avoir écouté presque tous les CDs que nous avions dans la voiture, nous avons demandé à Patrick de nous indiquer un magasin de musique. Nous avons fini dans un endroit étrange juste à coté de Cantonna café et pris quelques albums de Beach House (excellent), Spain (pas mal) et Poliça (pas terrible). Nous ne savions pas que la musique de BeachHouse allait être nous suivre toute la tournée.

Distance parcourue: 1750 km
Finances après le concert: + 16 €

Jour 4: Aaltra Vox Festival, Chemnitz

Renaud et moi avions joué au Aaltra bar en 2009 et avions passé de très bon moments, et nous étions impatient de jouer à Aaltra Vox 2012 (un petit festival en plein air avec 4 groupes), particulièrement parce que nous avions du annuler un concert là bas en 2011.

Jörg, le propriétaire, avait loué un gros vidéo projecteur professionnel pour l’évènement, donc nous avions de nouveau un grand écran.

Nous avons joué un assez bon concert, même s’il faisait un temps glacial ce soir la. Nous avons aussi eu pas mal de succès à la table de merch, vendant beaucoup de CDs et de vinyles (avec des dessins personnalisés dessus).

Le cachet pour le concert était plutôt bien aussi, donc après Chemnitz, nous avions de l’argent en poche et commencions à nous sentir bien content de la tournée.

Jörg a de très bon gout musicaux et nous a donné quelques pistes. Fenster et Wooden Peak (2 groupes de Berlin, tout 2 géniaux).

Distance parcourue: 1865 km
Finances après le concert: + 530 €

Jour 5: Zukunftvisionen2012, Görlitz

Le dimanche 2 juin, nous partond pour Görlitz à la frontière Pologne-Allemagne. Robert, le gars qui organise le concert est un ami de Jörg d’Aaltra. Il nous a contacté quand il a appris que nous jouions à Chemnitz et a réussi à organiser quelque chose.

Le concert a eu lieu dans une maison abandonné (il y en a quelques unes à Görlitz apparement) transformée en galerie d’art.

La reverb naturelle et les planchers en bois nous ont donné un son organique vraiment agréable, ce qui nous a fait vraiment apprécier le concert, même si le sonorisateur m’a forcé a utiliser un micro auquel je n’était pas du tout habitué. Il a eu raison d’insister, car c’était un micro très funky.

Nous avons de nouveau pas mal réussi avec nos CDs et vinyles. Le fait que les gens puissent acheter un CD/Vinyle et avoir un dessin unique fait spécialement pour eux, devant leur yeux, semble vraiment bien passer et nous commencions a suspecter qu’il y a avait un espèce d’effet viral en marche. Une fois que quelque gens commencaient à montrer leur leur CD/Vinyles personnalisés à leur amis, la queue s’est allongée et le pauvre Renaud a du passer des heures au stand de merch à dessiner des petits chevaliers, des princesses et même parfois des politiciens !

Notre récompense pour avoir joué un bon concert ? De la malbouffe, ouais !

Nous avons eu une longue discussion avec Robert chez lui après le concert. Vu que Görlitz était très près de la Pologne, nous avons décidé de traverser la frontière pour une visite rapide.

Distance parcourue: 2045 km
Finances après le concert: + 808 €

Jour 6: Morph Club, Bamberg

Comme la plupart de musiciens le savent, ce n’est pas facile de manger correctement quand vous êtes en tournée? Nous avons fait de notre mieux pour trouver de la nourriture saine chaque fois que nous avons pu. Pas d’exception pour le 6eme jour.

Quand nous avons su que nous allions jouer quelque concerts en Allemagne, nous avons posté un message ou deux sur Facebook demandant de l’aide pour trouver quelque dates. Armin le programmateur du Morph club nous a contacté via un type sympa appelé Daniel, qui était un ami avec un des gens qui ont organisé pour nous le concert à Freibourg.

Morph club était une salle de concert / boite de nuit très correct avec des lumières très clinquantes.

Il n’y a pas eu énormément de monde (c’était un lundi soir et nous avions très peu de fans dans la région) mais c’était un super concert concert et nous avons passé un bon moment. Nous avions fait une sorte de pari entre nous ce soir la pour savoir si nous pouvions faire rouler quelqu’un au sol pendant la chanson « Roll Over ». Ce soir la notre voeux a été exaucée quand non pas un mais deux personnes ont fait des roulades magnifiquement synchronisées pendant la chanson. Génial ! J’aurai aimé vous montrer une photo, mais j’avais les 2 mains occupées quand c’est arrivé.

Le cachet était pas trop mal ce soir et nous avons vendu nos 5 derniers vinyles (merde, nous aurions du en amener plus avec nous!)

Comme nous n’avions pas nous lever tôt le lendemain et les gens étaient cool, nous sommes resté pour quelque verres. Renaud a aussi pu faire le barman un petit moment.

Et nous avons eu la demande la plus bizarre que nous avions jamais eu ce soir la de la part de Andy notre nouveau pote sonorisateur. Oui c’est une saucisse que vous voyez !

Distance parcourue: 2525 km
Finances après le concert: + 1032 €

Jour 7: Concert à la maison, Berlin

La prochaine étape était un concert à la maison à Berlin, organisé par Julia de Entertainment of the Braindead et diffusé live sur les réseaux par Christian de Aaahh Records.

C’était un peu étrange de jouer dans l’appartement de quelqu’un mais le public était très sympa. Il y avait deux groupes avant nous. Un gars appellé Maxim Vaga, qui jouait du piano et chantait avec une voix qui me rappelleait un chanteur-compositeur appellé Brian Straw. Et puis Phia, venat d’Australie, qui faisait des boucles de Kalimba. Super funky ! allez l’écouter.

Nous avons été payés par donations et vendu quelque CDs.

Un de nos passeports a disparu… Nous avons appellé l’inspecteur Derrick, mais il n’a pas répondu.

Sur une note plus légère, nous avons eu un boeuf vraiment sympa après le concert où nous avons probablement écrit la meilleure chanson jamais écrite au monde, mais nous l’avons oubliée ensuite. Bof!

Distance parcourue: 2990 km
Finances après le concert: + 933 €

Jour 8 Ä, Berlin

Renaud et moi avions joué à Ä en 2009 alors c’était assez facile de rejouer la. Ils avaient des règles très strictes pour les instruments bruyants alors nous avon pas pu jouer avec la batterie malheureusement. Même le cajon était trop bruyant !

Nous étions un peu crevé ce jour la et nos copines/femmes et familles commencaient à nous manquer, mais ca ne se voyait pas …

Pendant les balances, ils n’arrétaient pas de baisser le volume et j’étais incapable d’entendre ce que je jouais. Heureusement le concert s’est vraiment bien passé et même si c’était un peu comme un match de boxe des années 50 dedans (plein de fumée et blindé de monde), l’atmosphère était géniale et nous avons bien réussi avec quelques dons et vente de CDs.

Distance parcourue: 2992 km
Finances après le concert: + 1053 €

Jour 9: Swamp Club, Freiburg

Nous avons du nous lever tôt pour conduire jusqu’à Freiburg et avec l’état de routes allemandes, nous étions vraiment inquiets d’arriver en retard. Nous avons réussi a arriver avec une heure d’avance et à nous relaxer une heure à l’auberge de jeunesse ou nous logions.

Le concert avait été organisé par un groupe de fans qui étaient derrière la campagne Vinyles sur Facebook (celle qui a commencé avec un gars demandant si nous aurions pu presser des vinyles et qui s’est terminé par le financement participatif du pressage de 250 vinyles).

Juste après les balances, nous sortions de la salle et nous allions visiter le centre ville (sous la pluie) quand un groupe de 6 personnes s’est arrêté et nous a demandé si nous parlions français et si nous étions Uniform Motion. Ils avaient fait toute la route depuis Strasbourg pour venir nous voir. Cool !

La salle était relativement petite et le temps que nous soyons rentrés, c’était complet. Ils ont même du refuser du monde et laisser 40 personnes à la porte ce qui est un peu triste pour eux, mais un peu cool en même temps ! 🙂

C’était notre dernier concert et particulièrement spéciale pour Olivier car ses grands-mères étaient toutes deux originaires de Freiburg.

Les gars qui organisaient le concert n’attendaient pas tant de monde et finirent par offrir à nous, l’ingénieur son et le groupe qui ouvrait, plus d’argent que ce qui était prévu à l’origine, ce qui a très gentil de leur part.

Renaud a fait beaucoup de dessins sur CDs ce soir la et a même dessiné une image sur le teeshirt du jeune cousin de Jack Bauer !

La première partie était un gars appelé Godot, musique mellow, vraiment sympa. Je suis sur que les paroles sont géniales, mais je pourrait pas dire car il chantait en allemand.

Distance parcourue: 3832 km
Finances après le concert: + 1513 €

A noter: Les gens la était géniaux et pour la toute première fois, une chose étrange est arrivée. Le public a chanté avec nous ! Bizarre, mais sensation agréable.

Jour 10: Maison !

Distance parcourue: 4852 km
Finances après le concert: + 1258 €

Si nous prenons en compte l’argent que nous avons dépensé durant la tournée (il faut manger où que vous soyez), nous avons gagné 522€ chacun (le salaire minimum en France pour 9 jours de travail est environ de 457€). Bien sur il y a des choses comme l’assurance maladie, la retraite et d’autres bénéfices qui rendent la comparaison difficile, mais ca veut quand même dire que nous avons été capable de tourner pour 9 jours, et non seulement nous n’avons pas perdu d’argent, mais nous avons gagné une salaire décent.

C’est très clair pour nous que nous aurions juste équilibré les comptes si nous n’avions pas vendu de merch durant la tournée. Les CDs et les vinyles ont donc été essentiels pour rendre notre tournée viable financièrement.

La chose importante que nous avons ramené avec nous à la maison, c’est que nous avons vraiment connecté avec le public et qu’ils ont appréciés nos spectacles autant que nous?

C’est une chose sur laquelle Mastercard ne pourra pas mettre ses sales pattes !

 

D’autres lectures

Les autres articles sur les démarches d’Uniform Motion:

Le jeu comme outil de storytelling transmédia: l’exemple de Guillaume Barraband

Pour faire connaitre et vendre sa musique, il ne suffit pas d’avoir une boutique en ligne et de faire de la publicité sur Facebook. Le storytelling transmédia, c’est à dire raconter une histoire autour de votre univers musical via plusieurs supports multimédia, est un moyen de faire rentrer les auditeurs dans votre univers. Dans ce contexte, le jeu est un outil intéressant. Illustration avec un livre jeu musical interactif proposé par l’artiste toulousain Guillaume Barraband.

 

 

Un monde de musique jetable

Aujourd’hui la musique est un produit de consommation courante. Que ce soit Youtube, les sites de streaming ou les réseaux de téléchargement, on trouve toute la musique du monde sur Internet.

Paradoxalement, on écoute moins qu’avant. Si dans le passé, on se devait de choisir un album, on l’écoutait dans les rayons quand on pouvait ou bien on faisait le pari de l’acheter uniquement par rapport à sa couverture, et on rentrait chez soi pour l’écouter.

Parfois on regrettait son choix. Parfois on devait passer plusieurs écoutes avant d’accrocher. Mais souvent ceux la mêmes que l’on avait du mal à apprécier aux premières écoutes devenaient ceux qui restaient ensuite longtemps avec nous.

Aujourd’hui le choix est est infini, on peut passer d’une musique à l’autre en un clic. A tout moment, on peut choisir la musique qui correspond à notre humeur présente.

On n’accroche pas au bout de quelques secondes ? On zappe !

Conséquence pour les artistes ? Quand on a un univers musical un peu complexe ou original, ca peut être dur de faire rentrer les auditeurs dans la musique.

Doit on écrire uniquement des chansons dont les 5 premières secondes sont spécialement travaillées pour accrocher les youtubers qui souffrent de déficit chronique de l’attention ?

Cela peut marcher pour certaines musiques, mais pas pour toutes.

Le jeu comme outil de storytelling transmédia

Pour faire connaitre et vendre sa musique, il ne s’agit pas donc juste d’avoir une boutique en ligne et de faire de la publicité sur Facebook. Il faut arriver à faire prendre le temps aux gens de rentrer votre univers musical et si possible de les y faire rester le temps de les faire accrocher.

Raconter des histoires multimédias/transmédia (lire: c’est quoi le storytelling transmédia ?), c’est à dire des histoires racontées via différents supports (blog, réseaux sociaux, images, sons, vidéos) en tirant partis des spécificités de chaque support  mais en jouant sur les complémentarités pour créer une expérience unifiée, globale et originale, est un moyen de faire découvrir un album ou un projet musical mais aussi de faire vivre la musique au dela du concert ou de l’album.

Dans une stratégie de storytelling transmédia, le jeu est un outil très puissant et qui peut être décliné sous de nombreuses formes.

Voici un exemple intéressant de jeu interactif proposé par l’artiste toulousain Guillaume Barraband.

Le livre-jeu dont vous êtes le héros

Pour offrir un autre moyen de découvrir sa musique et son nouvel album, Guillaume Barraband propose un jeu interactif original et centré autour de l’univers musical de son nouvel album L’Épopée Rustre.

Voici une description par Guillaume:

(…) ce livre-jeu est né de l’envie de vous faire découvrir l’album en vous amusant et de manière interactive. Fini la navigation passive ou vous cliquez sur un média pour entendre, lire ou voir quelque chose en rapport avec un disque que vous voulez découvrir…

L’idée a donc été d’imaginer un scénario aux multiples facettes, des petites histoires, une aventure, différente de celle du spectacle mais avec le même matériau de base : les 13 chansons de l’album l’Épopée Rustre.

Ainsi, chaque chapitre de ce livre-jeu, lié aux plages du disque, vous immergera dans l’imaginaire des différents titres qui le composent. Vous aurez par ailleurs la possibilité d’entendre la BO du livre-jeu tirée de l’album, en laissant le son de votre ordinateur allumé.

(…)

Oui, L’Épopée Rustre, ce n’est plus seulement un album et un spectacle, c’est aussi un livre-jeu dont vous pouvez être le héros, en vous glissant dans la peau d’un personnage aux troubles mémoriels légèrement handicapants : moi! En effet, il se trouve que « J’ai des absences » et en m’incarnant, tel un ongle de pied contrariant et vigoureux, vous entrerez au cœur des chansons de ce disque et de mon esprit sinueux…

Vous serez en quête de ma mémoire perdue et d’une demoiselle, la douce « Alice », susceptible de permettre de la retrouver. Il vous faudra être attentif aux indices, bien lire toute l’histoire pour pouvoir déjouer les pièges ou les absurdités de certains chapitres. Ce périple sera semé d’embuches, de détournements, de décalages et de contrepieds. Il y aura des méchants bien sûr, mais vous ne serez pas forcément le gentil vous-même ! Certains « mondes » ne vous seront accessibles qu’à partir d’un nombre de points minimum réalisés dans le chapitre précédent. Dextérité, réflexes et perspicacité vous seront indispensables pour arriver au bout d’une histoire que vous construirez vous-même en fonction de vos choix et de vos performances.

Il est probable que vous croisiez souvent le spectre de Charles Baudelaire en atterrissant malgré vous au chapitre de la « Charogne ». Cela ne devra pas vous décourager…

 

Ainsi tout à tour au cours de différents chapitres, vous aurez à répondre à des quizz, tirer sur des personnages en mouvement, jouer à la roulette, voir des stip teases ou attraper des canapés au vol ! Le tout évidemment en rapport avec la musique, l’univers de l’album et l’humour de Guillaume.

 

 

 

Plutôt bien fait et amusant, le jeu vous permet de gagner des points qui vous permettent d’accéder à différents chapitres et si vous êtes parmi les meilleurs scores, de gagner l’album et des goodies.

Pour finir…

Je vous laisse découvrir le jeu interactif de Guillaume, l’Épopée Rustre.

Et ce clip sympa que je vous avais déja fait voir:

Combien gagne un musicien DIY sur les plateformes de streaming et de vente en ligne ?

Voici un témoignage du groupe Uniform motion qui était revenu il y a quelques temps sur ce qu’ils gagnent sur le le streaming et les ventes en ligne  en tant que musiciens DIY.

Je regroupe ici 2 articles originellement publiés en anglais sur le blog d’Uniform Motion et que j’ai traduit. Le premier donne des chiffres des ventes et de stream sur la période 2010 tandis que le deuxième fait une mise à jour des chiffres pour 2011.

Je trouve ces articles intéressants car il donnent à voir une réalité du métier de musicien de nos jours et sur la difficulté de vendre assez de musique pour faire un bénéfice réel.

Si l’abondance de plateformes de vente et la facilité d’utilisation permettent de vendre sur toute la planète, en pratique il faut vendre un certain volume pour que cela devienne rentable de vendre sa musique.

Le streaming, présenté comme une alternative possible, semble lui aussi limité dans sa capacité à soutenir la scène musicale, au moins à l’heure actuelle.

Note: J’ai traduit rapidement et vous m’excuserez s’il reste des fautes ou du franglais (suggestions bienvenues en commentaires)

 Combien gagne un musicien DIY sur ses ventes en ligne

Article original Release day economics écrit par Andy du groupe Uniform Motion.
 
Notre nouvel album est « officiellement » sorti aujourd’hui. Cela veut dire que vous retrouverez une version digitale sur les différents sites de vente en ligne comme iTunes, AmazonMP3 et eMusic, et que vous pourrez les lire en streaming depuis des seevices comme Spotify ou Deezer.

Les versions physiques (CD et vinyles) sont seulement disponibles depuis notre Bandcamp et aux concerts.

Malheureusement, vous ne pourrez trouver notre album dans aucun magasin de musique. La raison: nous n’avons pas de label, ce qui signifie que nous n’avons pas accès à la distribution. Sans distributeur, vous ne pouvez pas vendre votre CD dans les magasins de musiques.

Si vous travailler pour un distributeur et que vous êtes interessé pour distribuer notre CD, vinyle ou les deux, n’hésitez pas à nous contacter !

Si vous acheter notre musique ou utiliser un des services « légaux » de streaming, voici un aperçu de là où va l’argent.

Spotify

Sur Spotify, le ppaiement par stream est en moyenne de 0,003€.
Donc si vous écoutez notre album en entier, nous obtiendrons 0,029€
Si vous écoutez l’album 10 fois sur Spotify, nous obtiendrons 0,29€
Si vous écoutez l’album 100 fois, nous obtiendrons 2,94€
Si vous écoutez l’album 1000 fois (une fois par jour pendant 3 ans!), nous obtiendrons 29,47€ !

Si vous utilisez la version gratuite de spotify, cela ne vous coutera rien. Spotify gagnera de l’argent avec les publicités. Si vous utilisez une des versions payantes, nous ne savons pas du tout comment ils calculent le partage de revenus. Ils livrent seulement cette informations aux majors…

Deezer

Deezer semble payer un peu plus. Nous avons reçu 0,006€ par lecture de leur part. Ca fait 0,052€ par album écouté.

Si vous écoutez l’album 10 fois sur Deezer, nous obtiendrons 0.52€
Si vous écoutez l’album 100 fois, nous obtiendrons 5,2€
Si vous écoutez l’album 1000 fois (une fois par jour pendant 3 ans!), nous obtiendrons 52€ !

Nous ne savons pas non plus comment eux partagent les revenus.
 
 

eMusic

eMusic est un service sur abonnement. Le coût d’un album dépend du plan que vous avez. Nous recevons à peu près 0.29$ par chanson ou 2.60$ par album (9 chansons).
 
 

Amazon MP3

Vous payez 7.11€ pour télécharger les mp3s. Nous recevons 4.97€ la dessus. Cela fait un partage 70/30.
 
 
 

iTunes

L’album vous coutera 8.91€ si vous l’achetez chez Apple. Il y a un partage 70/30 la aussi, nous garderons donc 6.28€ par album. Cela dit, cela nous coute aussi 35€/an pour garder un album sur iTunes, Spotify et Amazon (105€/an pour tout nos 3 albums).

Nous gagnons donc pas d’argent tant que 24 personnes n’ont pas acheté une version digitale de l’album sur iTunes ou 150 chansons, ou si nous obtenons pas des dizaines de milliers d’écoute sur Spotify !

En fait, dans la plupart des cas, ce n’est pas du tout viable économiquement de vendre sa musique [Note du traducteur, c’est un des argument de Ian Roger dans sa stratégie pour vendre sa musique comme une rockstar]

Mais si vous achetez directement chez nous ?

 

Vente directe avec Bandcamp

Digital:

Nous laissons les gens choisir ce qu’il veulent payer pour la version digitale. Si vous choisissez de payer 5€, Paypal prend 0,37€, Bandcamp prends 0.75€. Uniform Motion garde 3.88€. Cela ne nous coûte rien d ‘avoir une page sur Bandcamp.

Si vous décidez de ne rien payer, et bien nous n’avons rien, mais au moins vous n’avez donné aucun argent indirectement à une major, comme cela semble être le cas avec Spotify !

CD:

si vous achetez un CD directement chez nous pour 10€, Paypal prends 0.515€, Bandcamp prends 1.5€. Il y a donc un peu moins de 8€ pour nous. Mais, attendez une seconde, cela coûte un peu plus de faire un CD.

Le CD lui même coute 1.2€, le livret coute environ 50 centimes, le packaging du CD est 1.8€ et le stocker sur le devant coûte 35 centimes. Ca fait un total de 3.65€.

Donc en réalité, il reste 4.34€ pour nous.

Vinyle:

Si vous achetez un vinyle 12 » à 15€ chez nous, Bandcamp prends 2.25€, Paypal prends 0,646€. Il nous reste donc 12€10.

Le coût du vinyle lui même est 3,06€, les étiquettes coutent 1.3€, soit un total de 4.36€.

Il reste donc 7.75€ pour nous. Cependant nous avons du presser 250 copies (commande minimum). Nous devons vendre 72 exemplaires avant de rétablir la balance sur la production de vinyles. Nous en avons vendus 30 jusqu’à présent.

Si nous arrivons à l’équilibre financier, nous baisserons un peu les prix. 🙂

Modification (14/09/2011)
Quelques personnes nous ont posés des questions sur les chiffres des vinyles. Ces chiffres peuvent être un peu confus, alors alors voici des précisions.

Nous avons commandé 250 copies parce que c’est le nombre minimum pour une commande de vinyles (la plus petite quantité que nous avons pu trouver).

Pour garder les coûts le plus bas possible nous avons choisi une pochette blanche sans rien puis nous l’avons personnalisée avec un sticker.

Il y a donc un sticker sur le devant de chaque vinyle. Et nous avons décidé d’en mettre un avec le nom du fan sur le dos de chaque album pour les 50 premières commandes.

250 copies (vinyle noir double face avec pochette blanche) nous ont couté 775€. Soit 3,1€ par copie.
Le sticker du devant coute 0.6€, celui de derrière 0.70€. Les chiffres sont bizarres parceque nous n’avons pas commandés 250 stickers. Nous en commanderons plus si nous vendons assez de copies de l’album, mais si nous n’en vendons que 50 ou 100 pourquoi en acheter plus. Nous n’avons pas eu le choix avec les vinyls, mais nous l’avons eu avec les stickers. Nous avons donc commandé seulement 75 stickers pour le devant et 50 stickers personnalisés pour le derrière, mais mes chiffres sonr basés sur 75 de chaque.

775 + 45 (0.6 X 75) + 52.5 (0.7 X 75) = 872.5 €
872.5 / 12.1 (prix net pour chaque copie) = 72.107

C’est de la que vient le chiffre 72. Ca aurait probablement du être 73 copies pour équilibrer les comptes, mais hé, je suis un musicien pas un comptable ! 🙂

Combien gagne un musicien DIY sur ses ventes en ligne ? La suite…

Article original Update to Release day economics écrit par Andy de Uniform Motion.
 

Mise à jour de l’article Release day economics

Les données for iTunes, eMusic, etc n’ont pas changé depuis que nous avons publié Release day economics en septembre 2011, mais les paiement de services de streaming comme Spotify et Deezer ont augmentés de facon significative alors nous avons pensé vous donner une mise à jour des chiffres.

Spotify

Les paiements de Spotify ont augmentés de 56% en 2011 comparé à 2010. Le paiement par stream etait en moyenne 0,003€ en 2010. En 2011 la moyenne est monté à 0,0047€ par lecture.

Donc si vous écoutez notre album en entier, nous obtiendrons 0,042€
Si vous écoutez l’album 10 fois sur Spotify, nous obtiendrons 0,42€
Si vous écoutez l’album 100 fois, nous obtiendrons 4,23€
Si vous écoutez l’album 1000 fois (une fois par jour pendant 3 ans!), nous obtiendrons 42,30€

 

Deezer

Les paiements de Deezer ont augmentés de 116% en 2011 comparé à 2010. Récemment, nous avons reçu 0,0127€ par lecture.
Ca fait 0,11€ par album écouté.

Si vous écoutez l’album 10 fois sur Deezer, nous obtiendrons 1,14€
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A suivre

Je vous laisse découvrir leur musique, et maintenant que vous avez où va l’argent, n’hésitez pas à acheter.

Comment faire connaitre sa musique: les expériences d’Uniform Motion

Comment se faire connaitre quand on est un « petit » groupe inconnu ? Les expériences de Trent Reznor ou de Radiohead qui collaborent avec leurs fans sont très instructives, mais ces groupes avaient déjà une base de fans conséquente. Comment faire connaitre sa musique quand on débute un nouveau projet musical et que, par définition, on n’a pas ou peu de fans ? Pour tenter de répondre à ces questions, les expériences de Uniform Motionsont particulièrement intéressantes.

J’avais déjà parlé de Uniform Motion groupe toulousain de « folk illustrée » très innovant ( ici et icila et la). J’ai eu la chance de rencontrer récemment Andy, guitariste et chanteur du groupe mais aussi particulièrement actif dans la promotion. Outre que Andy connait très bien le monde de la musique sur internet, il aime beaucoup expérimenter et travailler avec ses fans et partage beaucoup de retours d’expériences sur le blog du groupe.

Depuis 4 ans il ainsi a testé beaucoup d’outils en ligne (Tumblr, Bandcamp, Mailchimp, Facebook, Twitter, Spotify, Deezer, Grooveshark, …)  mais aussi de nombreuses manières de collaborer avec ses fans, du financement participatif aux Hangout parties (des webconcerts diffusés en direct), en passant par les remix kits et clips participatifs…

Coup de chance, Andy avait préparé une présentation résumant ses diverses expériences pour la rencontre Sudweb et me l’a transmise. Regardez la c’est très très intéressant.


 

Je vous avais déja encouragé à lire leur blog, qui revient dans le détail sur ces initiatives. Mais comme les articles sont en anglais et que je sais que ça peut rebuter certains,  j’ai décidé de vous faciliter la tache et de traduire plusieurs articles particulièrement pertinents pour approfondir ce que Andy décrit dans sa présentation.

J’ai déjà fait quelques traductions que je publierai dans les semaines qui viennent.

En attendant, jetez une oreille sur la musique qui vaut elle aussi le détour.

Un artiste remixe les interprétations d’une de ses chansons publiées par ses fans sur youtube

On connaissait les fans qui font de reprises de leur artistes préférés. On connaissait les artistes qui remixent les chansons d’autres artistes. On avait aussi vu un fan faire un clip pour Radiohead en mixant des vidéos publiées par d’autres fans sur Youtube.

Et bien dans la même lignée, voici un artiste dont les chansons ont été reprises par de nombreux fans et qui, plutôt que de bloquer leur diffusion comme beaucoup d’ayant-droits l’auraient fait, a choisi de remixer ces versions « pirates » pour en faire une nouvelle oeuvre.

Je reprends ici un article de Guillaume Champeau publié sur Numérama qui décrit mieux le contexte:

On savait que Gotye faisait de belles chansons. On saura maintenant qu’il les fait avec coeur et intelligence. Le musicien a mis en ligne dimanche un clip, repéré par Nikopik, qui est un remix de nombreuses reprises de son hit « Somebody that I used to know » publiées sur YouTube. « Je n’ai pas pu résister à l’énorme remixabilité que m’offrait un tel ensemble de matière première, variée et connectée à la fois« , explique l’auteur sur YouTube.

Gotye a réutilisé les chansons sans y ajouter le moindre son. Il a simplement joué sur le mixage pour réaliser cette unification, au résultat franchement très réussi. Sur son blog, l’artiste publie les adresses de l’ensemble des créations utilisées, en donnant à la fois l’URL de la vidéo, et celle de l’internaute. Une belle manière de les remercier d’avoir choisi de réinterpréter et de diffuser leur version de Somebody that I used to know, même sans en avoir demandé l’autorisation ou sans avoir versé de royalties, comme la loi américaine l’exige.

Par ailleurs, l’oeuvre de remix de l’artiste démontre le danger des DRM à outrance, s’ils étaient efficaces. Gotye explique en effet qu’il a utilisé KeepVid.com pour pouvoir télécharger les vidéos de YouTube, et les importer ensuite dans Ableton Live et After Effects. Or le fait de télécharger les vidéos est interdit par le contrat de YouTube, et Google est récemment parti en chasse contre les outils de téléchargement et de conversion pour YouTube. Si l’on vivait dans un monde où les volontés contractuelles étaient respectées et incontournables, Gotye n’aurait pas pu réaliser son hommage.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

 

Si vous êtes curieux vous pouvez voir le détail des (nombreuses !) vidéos youtube utilisées sur le site de Nikopic qui a reperé l’info en premier.

Un autre exemple de l’évolution de la culture d’un modèle basé sur un droit d’auteur fermé vers un modèle ouvert qui favorise les collaborations, les remix et la créativité.

Les concerts « silencieux » des Bubblies

Expérience intéressante du groupe Toulousain Les Bubblies qui ont conçu un caisson pour pouvoir jouer des concerts silencieux dans l’espace public et les rendre écoutables via les fréquences FM.

Le but: questionner sur la place de l’artiste dans l’espace public et entre le public et les oeuvres.

Ce même caisson pourrait être utilisé pour jouer des concerts à la maison ou tout autre endroit où il n’est pas possible de faire du « bruit ».

Regardez la vidéo pour en savoir plus sur ce concept original:

Le premier concert aura lieu à Toulouse pour la fête de la musique. Détails:

le 21 juin 2012, à partir de 16h30, sous l’arche de la médiathèque (métro Marengo – SNCF) ! Venez avec vos récepteurs FM et / ou smartphones et casques / kit oreillettes ! Devenez acteur de cette performance !

Ca tombe bien je suis de passage sur Toulouse où je dois présenter quelques portraits d’artistes 2.0 à la rencontre Déjeuner sur Web consacré à la musique 2.0 et  j’en profiterai pour aller voir ce « concert silencieux ».

Pour ceux qui ne sont pas sur Toulouse, le concert sera diffusé sur Internet sur le site des Bubblies.

Charly lance ses concerts à la maison (la votre!)

Artiste indépendant, bricoleur, passionné et innovant, Charly Et sa drole de Dame lance ses concerts à la maison. Si vous avez une maison ou un appartement, invitez vos amis et Charly viendra jouer chez vous pour un moment de musique mais aussi de rencontres et de discussion. A la fin un chapeau tourne et des CDs sont en vente pour soutenir l’artiste.

Charly résume ainsi sa démarche:

 

Gertrude, Mr Cigar Box et moi en avions assez de démarcher les salles, les programmateurs, de relancer sans cesse pour  « avoir la chance » de jouer dans des lieux… qui, il faut l’avouer, sont  souvent inadaptés; où il est difficile de créer un lien réel avec un public nouveau et de garder contact avec lui.

Rares sont les lieux de concerts destinés à la découverte pure et qui ont leurs propres aficionados. Dans 95% des cas, c’est aux groupes d’amener leur public. Normal pour les artistes déjà établis; handicapant pour les artistes indés qui ne peuvent faire exister leur projet sans  nouvelles oreilles.

Communiquer, devoir convaincre pour remplir soi-même un lieu qui payera les musiciens au lance pierre, au black ou à coups de « 2 boissons par musicien, pas plus j’ai dit!!! », tel est le combat quotidien d’un groupe en développement. C’est le serpent qui se mord la queue… Gérant de salles ET musiciens  qui acceptons ces conditions sommes responsables de cette absurdité.

C’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé de me concentrer ces prochains mois uniquement sur les « concerts en appartement ». J’aimerais redonner un souffle à la notion de concert, qualifier l’échange, avoir un partage plus direct, vivre des moments avant et après et … boire des coups et parler  !  Ne pas vivre un évènement musical mais un moment de vie.

 

Voici le teaser:

Pour le meilleur et pour le pire, la musique n’est pas un métier comme les autres.

Plutôt que de seulement subir les contraintes, pourquoi ne pas aussi ne pas tirer parti des possibilités uniques à ce métier ?

C’est ce qu’a bien compris Charly. Parce qu’il est passionné et qu’il n’a pas peur de se jeter à l’eau, je lui prédis du succès et de belles aventures.

S’il faut bien gagner sa vie, l’argent n’est pas tout et le voyage, les rencontres, les découvertes sont aussi des choses enrichissantes.

Mieux la fortune prend des chemins détournés et évite parfois ceux qui la cherchent et trouve ceux qui ne la cherche pas.

 

Les expériences de Uniform Motion, groupe innovant

J’avais déja parlé de Uniform motion qui mélangeait graphisme et musique. Le groupe continu à innover, testant le financement participatif avec Kickstarter, faisant un sondage auprès de leurs fans pour savoir comment ils ont découvert leur musique, et comment ils on choisis d’acheter, et surtout partagent leur compte rendus d’expériences.

C’est écrit en anglais, mais si vous êtes curieux, ca va le coup de jeter un oeil à leur tumblr pour suivre leur démarche et leur progression (et écouter leur musique !)

les expériences de Uniform Motion – groupe innovant

 

Nouvelles techniques photos pour de magnifiques vidéos

Voici une compilation de techniques photos innovantes, mais néanmoins accessibles pour concevoir des vidéos magnifiques sans un budget hollywoodien.

Le numérique ne révolutionne pas seulement la musique, mais aussi la photo. Comme les musiciens qui peuvent maintenant avoir accès a un home studio de qualité professionnelle pour un prix abordable, les photographes ont maintenant accès à des appareils d’une qualité incroyable.

Mieux la frontière entre photos et vidéos devient de plus en floue et les artistes s’en amusent.

Voici donc une petite compilation de techniques photos particulièrement intéressantes pour créer des vidéos.

Pour chaque technique je vous ai mis un ou deux exemples vidéos et le liens vers l’article wikipédia en francais et en anglais (souvent plus complet).

Stop motion / animation en volume

Le stop motion est une technique d’animation permettant de créer un mouvement à partir d’objets immobiles déplacés légèrement entre chaque prise. Je vous avais déjà montré cette vidéo précédemment:

 

Notez les variantes qui utilisent une nombre plus ou moins élevés d’images pour créer une effet d’accélération ou de ralentissement:

Time lapse / accéléré

 Slow motion / ralenti

HDR / Imagerie à grande gamme dynamique

Une technique qui permet représenter de nombreux niveaux d’intensité lumineuse dans une image et donne des effets suréalistes.

Des extraits d’une vidéo musicale réalisé en HDR:

Je n’ai pas trop aimé la musique de l’originale mais pouvez néanmoins la voir ici

Une HDR avec different traitements, vous pouvez voir la diversité des résultats que l’on peut obtenir.

 

Steadycam

Le glidecam ou steady cam est un système de stabilisateur qui permet d’obtenir un effet de survol, comme si la caméra était sur un rail ou un hélicoptère.

 

Voici une vidéo montrant comment ça marche:

Grand angle filmé avec Reflex

Une objectif grand angle permet un cadrage large d’objets rapprochés dont on ne peut pas s’éloigner.

 

D’après l’ami Victor, ces séquences ont été filmé avec un appareil photo Reflex numérique et un grand angle ce qui donne des superbes effet, parfait pour les grands espaces de ces fous du vide. Cette séquence est un trailer, mais vous pouvez télécharger le fim complet qu’ils ont autoproduit pour 5€.

Décentrement

Une technique originale qui consiste à prendre une partie latérale de l’image photographiée et qui donne du coup des effets très intéressants.

Dans l’exemple ci dessous l’artiste utilise du décentrement combiné à du time-lapse pour donner une illusion de miniature. Les décors, les gens, les voitures, tout a l’air de jouets, de fourmis. Fascinant !

 

Une vidéo musicale moins riche mais sympa aussi:

Et un bonus: comment faire des scènes de miniatures avec photoshop

 

Remix, Collaboration, …

Toutes les techniques décrites peuvent être combinées pour créer des effets encore plus spectaculaires.

Mieux, avec la démocratisation des technologies professionnelles pour les amateurs de photo, vidéos ou musique le potentiel pour des collaborations entre artistes de différentes disciplines augmente et avec lui la créativité artistique.

Que vous soyez musiciens, photographes ou vidéaste, ne restez pas tout seul et cherchez des collaborateurs pour compléter votre talent !

 

D’autres techniques ?

Je ne suis pas photographe moi même et j’en ai surement oublié. si vous en connaissez, merci de me donner des vidéos d’exemples dans les commentaires et je les ajouterai à l’article.

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