Modèles économiques pour les artistes: quels modèles pour la culture libre ?

Comment est il possible de financer la création culturelle tout en autorisant le partage ? Lionel Maurel (aka Calimaq), juriste, bibliothécaire et spécialiste du droit d’auteur et des biens communs étudie depuis longtemps les modèles ouverts. Dans cet article il revient sur son travail en cours de documentation des modèles économiques des projets sous licences libres. Point intéressant il s’attache a essayer d’identifier les particularités liées à chaque domaine (musique, cinéma, photos, livre, …) ou les problématiques sont différentes et les modèles ne peuvent pas être exactement les mêmes.

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7 modèles économiques pour l’Open dans l’Art et la Culture

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Des modèles économiques ouverts dans l’art, pari impossible ?

Je me souviens clairement d’une discussion que j’ai eue avec un producteur de films qui soutenait que les licences libres ne pouvaient réellement fonctionner que dans le domaine des logiciels et des encyclopédies en ligne. En dehors des logiciels libres et de Wikipédia, la création culturelle, qu’il s’agisse de livres, de films, de musique ou de jeux vidéo, présentait  selon lui de trop fortes spécificités pour autoriser la mise en place de modèles économiques viables, capables d’assurer une diffusion de l’oeuvre au public et de rémunérer les créateurs.

C’est sans doute en partie à cause de cette conversation que j’ai accepté de me joindre au projet Open Experience, initié par Louis-David Benyayer dans le cadre de Without Model en partenariat avec Mutinerie à Paris. L’idée consiste à organiser des soirées thématiques pour réfléchir collectivement sur la question des modèles économiques de l’Open, dans différents secteurs (Logiciel, Science, Manufacturing, Data, etc). La première soirée aura lieu le 21 janvier prochain et sera consacrée à l’Art et à la Culture.

Une cartographie et 7 modèles économiques

Cet événement est pour moi l’occasion d’essayer de dresser une cartographie détaillée des différents modèles économiques repérables dans les multiples champs de la création : films/vidéo, musique, livres, photographie, jeux vidéo, télévision, presse. Sous le terme d’ »Open », je me suis concentré sur des projets qui placent les créations sous des licences libres ou des licences de libre diffusion, notamment les licences Creative Commons qui sont les plus répandues.

Ce panorama est le résultat de la veille que je conduis en matière d’usage des licences ouvertes depuis plusieurs années :

Create your own mind maps at MindMeister

A la lumière de cette cartographie, on peut constater que de nombreux expériences ouvertes existent en matière de création culturelle, bien au-delà des seuls domaines du logiciel libre et des encyclopédies, avec toute une palette de modèles économiques.

Chaque champ de la création (musique, cinéma, édition, jeux vidéos, etc) possède ses propres spécificités, mais on peut repérer quelques modèles récurrents :

  • Le recours au crowdfunding (financement participatif), qui permet aux créateurs de faire financer leur projet en amont de leur réalisation directement par le public, en contrepartie de quoi ils s’engagent à libérer leurs oeuvres sous licence ouverte. Cette formule passe par l’intermédiaire de plateformes comme Kickstarter aux États-Unis, Ulule ou KissKissBankBank en France.
  • Le recours au crowdsourcing dans lequel le public est invité cette fois à produire des contributions au niveau du contenu, généralement rassemblées sur une plateforme ou un site (Exemple : Flickr pour la photographie).
  • Des modèles de désintermédiation qui permettent de raccourcir la chaîne de diffusion des oeuvres afin que les créateurs puissent entrer en relation directe avec leur public, sans passer par les intermédiaires classiques de la création (éditeurs, producteurs, diffuseurs, etc). (Exemple : Bandcamp pour la musique).
  • Des modèles de double diffusion dans lesquels les versions numériques des oeuvres sont offertes gratuitement sous licences libres, tandis que des supports physiques continuent à être commercialisés (Exemple : l’auteur de romans Cory Doctorow).
  • Différentes formules de « Freemium » dans lesquels l’oeuvre « brute » est mise en partage gratuitement par le biais d’une licence ouverte, tandis que des versions enrichies ou des services liées à l’oeuvre sont proposés contre rémunération (Exemple : le modèle économique hybride du film Le Cosmonaute).
  • Des modèles jouant sur la réservation de l’usage commercial. Ici, on s’écarte de l’approche du « libre », puisque les licences autorisent la circulation des oeuvres, mais pas leur usage commercial et c’est la monétisation auprès d’acteurs économiques qui assure un modèle économique, tandis que les particuliers sont autorisés à partager l’oeuvre (Exemple : le photographe Trey Ratcliffe).
  • Différents modèles de dons, soit directement effectués par le public au profit des créateurs, soit versés à une structure comme une association ou une fondation, sans but lucratif, organisant la création des contenus (Exemple : la plateforme Humble Bundle pour le jeu vidéo).

 

La carte heuristique ci-dessus contient de nombreux exemples concrets, avec des liens pour explorer les diverses branches.

Elle vous est proposée en mode wiki afin que vous puissiez y contribuer d’ici au 21 janvier. N’hésitez pas à suggérer d’autres exemples et à participer à l’élaboration de ce panorama !

Les limites de l’open dans l’art et la culture

Au-delà de ce travail de repérage et de classification, un des aspects qui m’a aussi intéressé consiste à repérer les limites ou les blocages rencontrés par la démarche de l’Open en matière de création culturelle. Et là aussi, on se rend compte que ces limites varient grandement selon les secteurs de la création.

Dans la musique par exemple, il pourra s’agir de la difficulté à s’articuler avec les systèmes de gestion collective des droits, qui sont très importants pour les créateurs du secteur. Pour le cinéma, les blocages tiennent plutôt au fait qu’il est difficiles pour les créations sous licence ouverte de bénéficier des aides à la création, essentielles dans ce secteur et d’entrer dans les circuits de distribution classique, notamment la diffusion en salles. Pour le livre, c’est plutôt l’absence de plateformes centralisées permettant aux auteurs de gagner en visibilité qui fait défaut (il n’existe pas encore de Bandcamp du livre, par exemple). D’autres secteurs, comme la presse ou la photographie se heurtent à des difficultés de monétisation qui affectent de manière générale ces filières sur Internet et qui frappent aussi bien les projets classiques que les projets libres.

Plus largement, on peut repérer que les projets « ouverts » commencent à rencontrer la concurrence de démarches initiées par les filières classiques des industries culturelles, articulant le gratuit et le payant. Or tous les modèles économiques de l’Open reposent en dernière analyse sur des déclinaisons du modèle du Freemium : offrir certaines choses gratuitement pour en monétiser d’autres. Mais aujourd’hui, cette « tactique hybride » se retrouve, parfois à très large échelle, mise en oeuvre par la culture « propriétaire ». Par exemple, des sites de streaming musicaux comme Deezer ou Spotify misent largement sur une forme « d’ouverture », qui ne se traduit pas par l’usage de licences libres, mais permettent un usage gratuit très large de contenus. Dans le domaine du jeu vidéo, l’explosion du modèle des Free-to-play repose lui aussi sur une forme d’ouverture, sans pour autant que des jeux très populaires comme League of Legends ou World of Tanks soient en Open Source.

Quelque part, cela montre qu’il existe de l’Open au-delà de l’Open au sens juridique du terme : le chanteur coréen Psy par exemple a crowdsourcé le pas de danse du Gangnam Style et il a volontairement laissé circuler le clip de sa chanson sur YouTube pour la faire gagner en popularité et monétiser cette circulation par le biais de la publicité. Il y a bien ici une forme d’ouverture, alors que l’on reste dans un système classique de « Copyright : tous droits réservés ».

L’Open dans le secteur culturel subit donc aujourd’hui une forme de « concurrence » par l’évolution des industries culturelles, qui s’adaptent peu à peu à l’environnement numérique en récupérant sa logique. Sans doute pour trouver un second souffle, l’Open en matière d’art et de culture doit-il aujourd’hui miser sur l’adhésion à des valeurs et notamment le fait de pouvoir tisser grâce à l’ouverture juridique des relations privilégier entre les créateurs et le public ?

C’est ce type de questions que nous voulons creuser avec vous à l’occasion de la soirée du 21 janvier. Au-delà de la présentation de cette cartographie, nous organiserons une table-ronde avec l’auteur de nouvelles Neil Jomunsi, porteur du projet Bradbury et Camille Domange du Ministère de la Culture. Without Model proposera également des ateliers collaboratifs pour inventer des modèles économiques autour de créations ouvertes.

Et il y aura également une surprise, très particulière, autour d’un invité de marque… Je ne vous en dis pas plus que ce tweet !

[tweet https://twitter.com/WithoutModel/status/421357467881058304]

Illustration de couverture : TipJar par Brij

 

A propos de l’auteur:

Lionel Maurel, Juriste & bibliothécaire lionel

Par thesupermath. CC-BY-SA. Source : Wikimedia Commons, remix by Guénaël Boutouillet)

  • Décrypte et analyse les transformations du droit à l’heure du numérique : #PropriétéIntellectuelle #Droitd’Auteur#Droitdel’Internet #Droitdel’Information, #DroitdelaCulture#CultureLibre #LicencesLibres #LibertésNumériques #EditionNumérique
  • Traque et essaie de faire sauter (y compris chez lui) le DRM mental qui empêche de penser le droit autrement
  • Engagé pour la défense et la promotion des biens communs, de la culture libre et du domaine public
  • Veut rendre à l’intelligence collective tout ce qu’elle lui donne, notamment ici :twitter.com/Calimaq /http://fr-fr.facebook.com/Calimaq
  • Co-fondateur du collectif SavoirsCom1, politique des biens communs de la connaissance
  • Administrateur de La Quadrature du Net, organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet
  • A eu le grand honneur de tenir une chronique hebdomadaire sur le site d’information OWNI, durant l’année 2012
  • Conservateur des bibliothèques, en poste à la Bibliothèque d’Histoire Internationale Contemporaine (BDIC) – Université Paris X Nanterre : http://www.bdic.fr/

Le Bibliothécaire. Par Arcimboldo. Domaine public.

Le Bibliothécaire. Par Arcimboldo. Domaine public.

Je suis également formateur sur les questions juridiques et numériques, pour divers organismes de formation professionnelles (ENSSIB, Mediadix, CNFPT,  etc). Voyez mes supports de formation sur Slideshare.

http://scinfolex.com

Donner sa musique reste le meilleur moyen de la vendre

La plateforme de marketing musical Topspin vient de livrer des données sur ce ce que rapporte un fan en moyenne à un groupe. Cela semble confirmer que la mailing list reste un bon moyen de vendre sa musique et au dela, que donner sa musique reste le meilleur moyen de pouvoir la vendre.

 

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De la préhistoire au streaming, tour d’horizon de la distribution de musique

Dans cette présentation très complète, Andy du groupe Uniform Motion retrace l’histoire de la distribution de la musique, afin de mieux comprendre le contexte actuel du streaming et du téléchargement.

Outre l’historique qui remet bien les choses en contexte, on y trouve beaucoup de chiffres très interessant sur les différentes sources de revenus issues du streaming (Spotify, Deezer, mais aussi Youtube), le role et l’attitude des sociétés de collecte de droits, …

La présentation est en CC-BY-SA, qui permet sa réutilisation, à condition bien sur de citer la source et d’écouter sa musique 😉

15 bonnes idées d’Uniform motion que vous devriez copier

Uniform motion dont je vous ai déja parlé pour ses nombreuses innovations revient avec un nouvel album et encore plein d’idées inspirantes. La encore, le groupe a pas mal innové et j’ai noté 15 idées que vous devriez songer à copier et adapter pour votre stratégie. 

Un jeu multimédia et participatif

Il y a quelque mois Uniform Motion avait demandé a ses fans d’envoyer des sons qu’il réutiliseraient dans l’album. C’est chose faite ! Mieux le groupe a imaginé une chasse au trésor auditive, en cachant ces sons dans ses morceaux et en demandant aux fans d’essayer de les retrouver.

Pour faire durer le suspense et permettre a tous de participer (et aussi faire vivre le buzz), le groupe sort un morceau par jour. La première personne à dire exactement à quel endroit démarre le son dans la chanson, gagne un CD ou un vinyle (au choix). Pour brouiller les pistes certains sons ont été très modifiés et certaines chansons en contiennent plusieurs.

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Uniform motion fait ici un bel usages de services en ligne puisqu’il utilisent une image interactive Thinglink pour faire afficher les morceaux sur l’image de la carte et utilise la possibilité qu’offre Soundcloud de commenter dans les morceaux pour que les fans notent ou sont cachés les sons.

Notez que ce n’est pas le premier jeu que Uniform motion fait pour ses fans (voir plus bas)

Un site web WordPress

WordPress, c’est le couteau suisse de gestionnaire de site web.

Le nouveau site WordPress a été utilisé par le groupe pour regrouper en un seul lieu plein de choses éparses (notamment l’actu qui était auparavant publié sur un tumblr) et ça été l’occasion de faire le ménage et de remettre en valeur les contenus publiés précédemment en les réorganisant.

En utilisant WordPress, il est possible de créer un site très puissant et de rajouter des fonctionnalités très spécifique, vous le verrez plus bas.

Une ergonomie soignée

L’ergonomie c’est un discipline qui consiste a rendre un système ou un appareil fonctionnel et facile à utiliser intuitivement. Uniform motion a soigné son ergonomie. Regardez le site, tout est rangé à sa place, pas de confusion.

Notez que le groupe a pris la peine de faire le tour de tout ce qu’il avaient accumulé depuis des années  et organisé le site pour réutiliser mettre en valeur de choses éparpillées auparavant.

Un graphisme simple et beau

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Bien sur cela aide qu’un des membres du groupe soit graphiste. Mais même si ce n’est pas votre cas, pensez y ! le graphisme c’est une des première choses que vous projetez. Mais c’est aussi un éléments qui donne envie de revenir voir votre site… ou pas!

Un graphisme adapté pour les appareils mobiles

De plus en plus de gens accèdent au web via des interfaces mobiles (smartphones, tablettes). Or, naviguer sur Internet avec ces petits écrans n’est pas évident. Depuis quelque années est apparue une nouvelle tendance appelée « responsive design » et consistant à concevoir des sites web qui vont apparaitre de façon élégante sur des écrans de diverses tailles.

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Uniform motion a conçu son site en utilisant de tels principes. Pour voir l’effet aller sur le site et réduisez la largeur de votre fenêtre pour la rendre très étroite.

Sachez qu’en utilisant WordPress, vous pouvez vous aussi créer un site adapté au mobiles en quelques clics (je vous en reparlerai).

Un « call to action » clair

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Sur internet faire passer un message est difficile, les gens sont pressés et saturés d’infos. Il est important d’optimiser un « call to action » un message qui demande à l’utilisateur d’agir avec un message clair (c’est très utilisé en e-commerce).

Ici sur la page d’accueil le groupe appelle les fans les soutenir. On le fait ou on ne le fait pas, mais au moins le message est clair.

Des goodies

Le groupe offre aussi des bonus comme ces BD de Reuno, l’illustrateur qui a avait été crées pour le tout premier album :

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Il y a aussi plusieurs jeux vidéos musicaux:

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Mis en valeur ces contenus anciens reprennent une deuxième vie.

Intégration parfaite avec Bandcamp

Bandcamp est le service préféré des musiciens DIY, je n’ai jamais eu l’occasion d’en parler (j’attendai une hypothétique traduction en français avant de le reocmmander), mais c’est l’un des meilleurs services pour les musiciens qui veulent créer une boutique pour vendre leur musique.

Uniform motion a parfaitement intégré son site web et la page Bandcamp et la navigation entre les deux se fait sans que l’on se rende compte que l’on passe d’un site à l’autre.

Un aspect autre intéressant de Bandcamp, outre la facilité de vendre de la musique, c’est la possibilité de collecter des adresses mails pour batir sa mailing list.

Une licence creative commons pour faciliter le partage et le remix

Toutes musiques et les sons du site sont sous licence Creative Commons, ce qui permet aux fans de diffuser librement les musiques, mais aussi de les remixer (le groupe avait mis à disposition des « remix-kits » à une époque).

Ecouter les fans

Lors du dernier album, des fans avaient demandé s’il était possible de faire un vinyl. Le groupe a écouté et a pris le risque de suivre ses fans (même si beaucoup avaient manifestés leur intéret, ca restait un investissement et un pari).

Au final le format vinyl s’est révélé être un grand succès auprès de fans et a permis au groupe de générer des bonnes ventes en concert.

Aider les autres musiciens

Le groupe publiait depuis longtemps un compte rendu de ses expériences. Un transparence pour les fans mais aussi un contenu intéressant pour les autres musiciens et les analystes de tout poil. Ceci leur a permis d’être repris par Mike Masnick (TechDirt), Hypebot, MTV et d’autres grands noms internationaux de la musique en ligne.

A l’occasion du lancement du nouvel album et du nouveau site, ce contenu a été rapatrié de son tumblr d’origine et mis en valeur dans une section dédiée aux musiciens DIY (note: j’ai déja traduit certains de ces articles en francais, d’autres viendront prochainement).

Autre idée simple et intéressante, le groupe propose une section qui accueillera des tablatures de ses morceaux. En attendant il y a déja un vidéo tutoriel et il est possible de leur en demander d’autres.

De beaux produits pour donner une raison d’acheter

si vous vous rappellez l’équation magique pour vendre sa musique il y a « give a reason to buy », c’est à dire « donner une raison d’acheter ». Uniform motion soigne le look de ses produits (mais aussi les photos les présentant) pour en faire quelque chose de beau qui donne envie d’être acheté.

 

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Utiliser l’aide des fans

Uniform Motion veut aider les fans mais n’hésites pas aussi à demander de l’aide aussi. Ils avaient  déjà utilisé l’aide d’amis et de fans pour organiser leur tournée en Allemagne et avait réussit à se verser un salaire décent. Aujourd’hui, ils lancent un campagne de crowdfunding (financement participatif) pour vendre leur album sous différentes formes et rembourser leurs frais.

L’utilisation de WordPress leur a permis de créer leur propre plateforme de crowdfunding sans intermédiaires (voir le détail dans cet article)

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Même si l’album a déja été financé par le groupe, cette campagne sert à montrer aux fans l’investissement en leur demandant de filer un coup de main. Pour que les fans se voient à quoi ils participent et leur donner des raisons de soutenir le groupe, la vidéo résume bien le cheminement et le travail qui a abouti à la fabrication de l’album.

Autre bénéfice pour les fans, l’album étant déja produit et pressé, pas de risque que le projet échoue et qu’on ne reçoivent rien (chose qui peut arriver quand on on investit dans un projet en financement participatif).

Créez plus de valeur que vous ne capturez

Tim O Reilly, un des gurus de la silicon valley a popularisé cette notion:

Créez plus de valeur que vous ne capturez.

D’après son analyse ce qui réussissent le mieux dans un monde connecté ne sont ceux qui mettent toute leur énergie pour tout verrouiller en cherchant à maximiser le profit immédiat, mais ceux qui ceux qui cherchent d’abord à créer beaucoup de valeur pour les autres pour ensuite prendre une fraction des bénéfices engendrés.

Sur le long terme, en nourrissant et en faisant grandir un écosystème autour d’eux ils réussissent mieux.

Cela peut semble un pari risqué, mais c’est ce qu’ont fait Trent Reznor, Google, Amazon, Automattic (la société qui porte WordPress) Linux, et de nombreux autres…

C’est aussi ce que fait Uniform motion quand ils créent des jeux pour leur fans, des webconcerts, des concerts à la maison,  qu’ils mettent la musique à disposition, écoutent les commentaires, cherchent, partagent, … ils cherchent d’abord à apporter de la valeur à ceux qui les suivent avant de chercher à maximiser le profit et je pense que dans notre monde en réseau cela va être de plus en plus important pour réussir .

Avoir la volonté de travailler, d’expérimenter et de s’amuser

Si vous regardez tout ce que je vous ai décrit rappelez vous que derrière il ne sont pas nombreux, mais tout est fait maison. Je ne sais pas si vous rendez compte de la masse de travail et du souci du détail: que ce se soit l’album auto-produit, les visuels, le site, la stratégie, … tout a été fait avec grand soin.

Il y a énormément de travail derrière mais il y aussi une envie de faire quelque chose de différent, de chercher, d’expérimenter, mais aussi de prendre du temps pour jouer et inventer des choses nouvelles avec les fans.

Plus que tout le reste, je crois que c’est cette attitude, à la fois travail et fun, être sérieux sans se prendre trop au sérieux, qui est essentielle pour réussir.

 

Je vous laisse méditer ça avec de la musique.

Compte rendu de concert: Comment nous avons gagné un salaire minimum de musiciens pour 9 jours

Suite de la série sur le groupe Uniform motion et ses initiatives innovantes pour promouvoir et vendre sa musique.

Je vous présente ici une traduction de l’article: Tour Report: how we earned minimum wage as musicians for 9 days où Andy de Uniform Motion raconte sa tournée en Allemagne qui a démarré par un financement participatif qui n’a pas marché, mais a déclenché l’organisation d’une tournée alternants dates dans des cafés et concerts à la maison. Au final entre les cachets et les ventes le groupe a réussi à se payer convenablement. 

Je trouve intéressant ce compte rendu, car il donne à voir de manière concrète la difficulté de gagner sa vie comme musicien, mais aussi ce qu’il est possible de faire en travaillant avec ses fans.

Compte rendu de concert: comment nous avons gagné un salaire minimum de musiciens pour 9 jours

Nous avions lancé un site de financement participatif de concert (gigstarter) appellé OneCityPerSecond.com il y a quelques mois.

L’idée était de voir si nous pouvions pré-financer quelques concerts pour réduire le risque financier des tournées.

Après une campagne réussie pour un concert unique à Gothenbourg en Suède et 2 concerts avec le groupe complet à Saragosse en Espagne, qui étaient des conséquences indirectes de la mise en place du site, nous avons décidé d’essayer d’organiser une tournée en Allemagne.

La campagne elle même n’a pas été si réussie, mais elle nous a aidée à communiquer le fait que nous avions envie et que nous étions prêt à jouer, ce qui a incité des amis et des fans à nous aider.

Jour 1: Dikkenek Café, Lyon

Nous démarrons notre voyage avec 6 heures de route de Toulouse à Lyon.

Le Dikkenek Café est un café belge assez récent dans un quartier populaire de la ville. Quand nous regardons le site web du bar sur Google, le premier résultat est un blog qui a été mis en place par des voisins en colère et qui donne des instructions pour faire fermer le bar. Nous avions mis un lien vers le site en pensant que les belges avaient un sens de l’humour assez particulier.

Nous avons appris plus tard que le blog avait été crée 6 semaines avant même que le bar soit ouvert ! Ils ont des voisins sympas.

Nous arrivons à trouver un concert la via des vieux amis d’Olivier (notre batteur, qui habitait Lyon). Ils s’appellent Paloma à l’orange et ils sont un groupe de première partie vraiment sympa. Nous répétons rapidemment avec eux une reprise de Deus pendant les balances et nous les rejoignons sur scène le soir juste pour chanter. On s’est bien amusé.

 

Il n’y a pas eu beaucoup de public, mais nous n’attendions pas tant de monde que ca, car nous n’avons pas beaucoup de fans sur Lyon et personne n’a avait vraiment fait de promo pour le concert.

Nous finissons par vendre un vinyle et nous récuperons assez de dons pour mettre un peu d’essence dans la voiture. Nous avons aussi eu de la bonne nourriture saine avant le conert (pizza). 🙂

Distance parcourue: 600km.
Finances après le concert: – 141€

Jour 2: Hafen2, Offenbach

Hafen2 est une salle assez grande juste à la sortie de Francfort.

Renaud et moi avions joué là il y a 2 ans et le concert s’étant très bien passé, nous pensions avoir du monde. Nous avions tort !

Cependant les gens de Hafen2 ont bien pris soin des groupes et nous ont préparé un repas végétalien délicieux (sérieux, c’était délicieux!). Il y a de la bière en quantité et un endroit propre et sympa pour dormir. Le paiement était pas terrible, mais c’etait un bon spot car nous partions pour Leipzig le lendemain.

Nous avons joué avec les Hungry Kids of Hungary, un groupe australien en tournée européenne. Ils ont fait un super concert, malgré le public peu nombreux.

Nous espérions qu’ils nous montreraient ce que font les vrais groupes de rock après les concerts (faire la fête jusqu’à 5h du matin, boire comme des trous, jeter la télé par la fenêtre), mais grosse déception, non seulement ils se sont très bien comportés, mais se sont aussi révélés être des gars très sympas.

Nous avons vendu quelques CD et vinyles ce soir la. Nous avons aussi eu la deuxième demande de dessin la plus bizarre de la tournée. Quelqu’un nous a demandé un dessin de Angela Merkel avec l’ex president Sarkozy a sa gauche, et le nouveau président Hollande à sa droite. Bizarre!

Le matin, nous avons passé une heure dans une grande pièce (très haute de plafond) derrière la scène où nous pris quelques vidéos. Les gens de la salle de concert ne savaient pas que nous étions la et nous enfermés ! Et ce qui est génial avec des portes insonorisées, c’est qu’on n’entends pas les gens frapper dessus !

Nous avons réussis a nous échapper après avoir frappé à la porte sans espoir pendant plusieurs minutes puis nous avons pris des nouvelles photos de presse à la sortie de la salle. Nos photos presse actuelles sont de 2008 !

Au final, c’était pas si mal pour un début de tournée.

Distance parcourue: 1300 km
Finances après le concert: – 132€

Jour 3: Essential Existence Gallery, Leipzig

1er juin, nous jouons dans une ancienne usine qui a été convertie en gallerie d’art dans la 2eme plus grosse ville d’Allemagne de l’est, Leipzig.

Le concert a été organisé par le netlabel qui a sorti notre premier album en 2009 (Aaahh Records) et nous avons joué avec Entertainment for the Braindead (alias Julia) qui a fait un super set, créant des boucles avec beaucoup d’instruments différents (guitare, banjo, flute, etc…) et disant beaucoup de choses en allemand que j’étais incapable de comprendre.

Ils avaient un vidéo projecteur bien cool et un énorme mur blanc derrière la scène et les visuels étaient géniaux ce soir là. Nous étions un peu inquiets que l’écho dans le batiment soit un problème, mais c’était agréable d’entendre toute cette reverb naturelle sur la batterie et le chant.

Le paiement n’était pas trop mal non plus et nous avons vendu un peu de merch. Nous avons même réussi à équilibrer les comptes ce soir là.

Le lendemain matin, nous avons eu un super petit déjeuner anglais dans le Cantona Café avec notre ami Patrick.

Après avoir écouté presque tous les CDs que nous avions dans la voiture, nous avons demandé à Patrick de nous indiquer un magasin de musique. Nous avons fini dans un endroit étrange juste à coté de Cantonna café et pris quelques albums de Beach House (excellent), Spain (pas mal) et Poliça (pas terrible). Nous ne savions pas que la musique de BeachHouse allait être nous suivre toute la tournée.

Distance parcourue: 1750 km
Finances après le concert: + 16 €

Jour 4: Aaltra Vox Festival, Chemnitz

Renaud et moi avions joué au Aaltra bar en 2009 et avions passé de très bon moments, et nous étions impatient de jouer à Aaltra Vox 2012 (un petit festival en plein air avec 4 groupes), particulièrement parce que nous avions du annuler un concert là bas en 2011.

Jörg, le propriétaire, avait loué un gros vidéo projecteur professionnel pour l’évènement, donc nous avions de nouveau un grand écran.

Nous avons joué un assez bon concert, même s’il faisait un temps glacial ce soir la. Nous avons aussi eu pas mal de succès à la table de merch, vendant beaucoup de CDs et de vinyles (avec des dessins personnalisés dessus).

Le cachet pour le concert était plutôt bien aussi, donc après Chemnitz, nous avions de l’argent en poche et commencions à nous sentir bien content de la tournée.

Jörg a de très bon gout musicaux et nous a donné quelques pistes. Fenster et Wooden Peak (2 groupes de Berlin, tout 2 géniaux).

Distance parcourue: 1865 km
Finances après le concert: + 530 €

Jour 5: Zukunftvisionen2012, Görlitz

Le dimanche 2 juin, nous partond pour Görlitz à la frontière Pologne-Allemagne. Robert, le gars qui organise le concert est un ami de Jörg d’Aaltra. Il nous a contacté quand il a appris que nous jouions à Chemnitz et a réussi à organiser quelque chose.

Le concert a eu lieu dans une maison abandonné (il y en a quelques unes à Görlitz apparement) transformée en galerie d’art.

La reverb naturelle et les planchers en bois nous ont donné un son organique vraiment agréable, ce qui nous a fait vraiment apprécier le concert, même si le sonorisateur m’a forcé a utiliser un micro auquel je n’était pas du tout habitué. Il a eu raison d’insister, car c’était un micro très funky.

Nous avons de nouveau pas mal réussi avec nos CDs et vinyles. Le fait que les gens puissent acheter un CD/Vinyle et avoir un dessin unique fait spécialement pour eux, devant leur yeux, semble vraiment bien passer et nous commencions a suspecter qu’il y a avait un espèce d’effet viral en marche. Une fois que quelque gens commencaient à montrer leur leur CD/Vinyles personnalisés à leur amis, la queue s’est allongée et le pauvre Renaud a du passer des heures au stand de merch à dessiner des petits chevaliers, des princesses et même parfois des politiciens !

Notre récompense pour avoir joué un bon concert ? De la malbouffe, ouais !

Nous avons eu une longue discussion avec Robert chez lui après le concert. Vu que Görlitz était très près de la Pologne, nous avons décidé de traverser la frontière pour une visite rapide.

Distance parcourue: 2045 km
Finances après le concert: + 808 €

Jour 6: Morph Club, Bamberg

Comme la plupart de musiciens le savent, ce n’est pas facile de manger correctement quand vous êtes en tournée? Nous avons fait de notre mieux pour trouver de la nourriture saine chaque fois que nous avons pu. Pas d’exception pour le 6eme jour.

Quand nous avons su que nous allions jouer quelque concerts en Allemagne, nous avons posté un message ou deux sur Facebook demandant de l’aide pour trouver quelque dates. Armin le programmateur du Morph club nous a contacté via un type sympa appelé Daniel, qui était un ami avec un des gens qui ont organisé pour nous le concert à Freibourg.

Morph club était une salle de concert / boite de nuit très correct avec des lumières très clinquantes.

Il n’y a pas eu énormément de monde (c’était un lundi soir et nous avions très peu de fans dans la région) mais c’était un super concert concert et nous avons passé un bon moment. Nous avions fait une sorte de pari entre nous ce soir la pour savoir si nous pouvions faire rouler quelqu’un au sol pendant la chanson « Roll Over ». Ce soir la notre voeux a été exaucée quand non pas un mais deux personnes ont fait des roulades magnifiquement synchronisées pendant la chanson. Génial ! J’aurai aimé vous montrer une photo, mais j’avais les 2 mains occupées quand c’est arrivé.

Le cachet était pas trop mal ce soir et nous avons vendu nos 5 derniers vinyles (merde, nous aurions du en amener plus avec nous!)

Comme nous n’avions pas nous lever tôt le lendemain et les gens étaient cool, nous sommes resté pour quelque verres. Renaud a aussi pu faire le barman un petit moment.

Et nous avons eu la demande la plus bizarre que nous avions jamais eu ce soir la de la part de Andy notre nouveau pote sonorisateur. Oui c’est une saucisse que vous voyez !

Distance parcourue: 2525 km
Finances après le concert: + 1032 €

Jour 7: Concert à la maison, Berlin

La prochaine étape était un concert à la maison à Berlin, organisé par Julia de Entertainment of the Braindead et diffusé live sur les réseaux par Christian de Aaahh Records.

C’était un peu étrange de jouer dans l’appartement de quelqu’un mais le public était très sympa. Il y avait deux groupes avant nous. Un gars appellé Maxim Vaga, qui jouait du piano et chantait avec une voix qui me rappelleait un chanteur-compositeur appellé Brian Straw. Et puis Phia, venat d’Australie, qui faisait des boucles de Kalimba. Super funky ! allez l’écouter.

Nous avons été payés par donations et vendu quelque CDs.

Un de nos passeports a disparu… Nous avons appellé l’inspecteur Derrick, mais il n’a pas répondu.

Sur une note plus légère, nous avons eu un boeuf vraiment sympa après le concert où nous avons probablement écrit la meilleure chanson jamais écrite au monde, mais nous l’avons oubliée ensuite. Bof!

Distance parcourue: 2990 km
Finances après le concert: + 933 €

Jour 8 Ä, Berlin

Renaud et moi avions joué à Ä en 2009 alors c’était assez facile de rejouer la. Ils avaient des règles très strictes pour les instruments bruyants alors nous avon pas pu jouer avec la batterie malheureusement. Même le cajon était trop bruyant !

Nous étions un peu crevé ce jour la et nos copines/femmes et familles commencaient à nous manquer, mais ca ne se voyait pas …

Pendant les balances, ils n’arrétaient pas de baisser le volume et j’étais incapable d’entendre ce que je jouais. Heureusement le concert s’est vraiment bien passé et même si c’était un peu comme un match de boxe des années 50 dedans (plein de fumée et blindé de monde), l’atmosphère était géniale et nous avons bien réussi avec quelques dons et vente de CDs.

Distance parcourue: 2992 km
Finances après le concert: + 1053 €

Jour 9: Swamp Club, Freiburg

Nous avons du nous lever tôt pour conduire jusqu’à Freiburg et avec l’état de routes allemandes, nous étions vraiment inquiets d’arriver en retard. Nous avons réussi a arriver avec une heure d’avance et à nous relaxer une heure à l’auberge de jeunesse ou nous logions.

Le concert avait été organisé par un groupe de fans qui étaient derrière la campagne Vinyles sur Facebook (celle qui a commencé avec un gars demandant si nous aurions pu presser des vinyles et qui s’est terminé par le financement participatif du pressage de 250 vinyles).

Juste après les balances, nous sortions de la salle et nous allions visiter le centre ville (sous la pluie) quand un groupe de 6 personnes s’est arrêté et nous a demandé si nous parlions français et si nous étions Uniform Motion. Ils avaient fait toute la route depuis Strasbourg pour venir nous voir. Cool !

La salle était relativement petite et le temps que nous soyons rentrés, c’était complet. Ils ont même du refuser du monde et laisser 40 personnes à la porte ce qui est un peu triste pour eux, mais un peu cool en même temps ! 🙂

C’était notre dernier concert et particulièrement spéciale pour Olivier car ses grands-mères étaient toutes deux originaires de Freiburg.

Les gars qui organisaient le concert n’attendaient pas tant de monde et finirent par offrir à nous, l’ingénieur son et le groupe qui ouvrait, plus d’argent que ce qui était prévu à l’origine, ce qui a très gentil de leur part.

Renaud a fait beaucoup de dessins sur CDs ce soir la et a même dessiné une image sur le teeshirt du jeune cousin de Jack Bauer !

La première partie était un gars appelé Godot, musique mellow, vraiment sympa. Je suis sur que les paroles sont géniales, mais je pourrait pas dire car il chantait en allemand.

Distance parcourue: 3832 km
Finances après le concert: + 1513 €

A noter: Les gens la était géniaux et pour la toute première fois, une chose étrange est arrivée. Le public a chanté avec nous ! Bizarre, mais sensation agréable.

Jour 10: Maison !

Distance parcourue: 4852 km
Finances après le concert: + 1258 €

Si nous prenons en compte l’argent que nous avons dépensé durant la tournée (il faut manger où que vous soyez), nous avons gagné 522€ chacun (le salaire minimum en France pour 9 jours de travail est environ de 457€). Bien sur il y a des choses comme l’assurance maladie, la retraite et d’autres bénéfices qui rendent la comparaison difficile, mais ca veut quand même dire que nous avons été capable de tourner pour 9 jours, et non seulement nous n’avons pas perdu d’argent, mais nous avons gagné une salaire décent.

C’est très clair pour nous que nous aurions juste équilibré les comptes si nous n’avions pas vendu de merch durant la tournée. Les CDs et les vinyles ont donc été essentiels pour rendre notre tournée viable financièrement.

La chose importante que nous avons ramené avec nous à la maison, c’est que nous avons vraiment connecté avec le public et qu’ils ont appréciés nos spectacles autant que nous?

C’est une chose sur laquelle Mastercard ne pourra pas mettre ses sales pattes !

 

D’autres lectures

Les autres articles sur les démarches d’Uniform Motion:

Combien gagne un musicien DIY sur les plateformes de streaming et de vente en ligne ?

Voici un témoignage du groupe Uniform motion qui était revenu il y a quelques temps sur ce qu’ils gagnent sur le le streaming et les ventes en ligne  en tant que musiciens DIY.

Je regroupe ici 2 articles originellement publiés en anglais sur le blog d’Uniform Motion et que j’ai traduit. Le premier donne des chiffres des ventes et de stream sur la période 2010 tandis que le deuxième fait une mise à jour des chiffres pour 2011.

Je trouve ces articles intéressants car il donnent à voir une réalité du métier de musicien de nos jours et sur la difficulté de vendre assez de musique pour faire un bénéfice réel.

Si l’abondance de plateformes de vente et la facilité d’utilisation permettent de vendre sur toute la planète, en pratique il faut vendre un certain volume pour que cela devienne rentable de vendre sa musique.

Le streaming, présenté comme une alternative possible, semble lui aussi limité dans sa capacité à soutenir la scène musicale, au moins à l’heure actuelle.

Note: J’ai traduit rapidement et vous m’excuserez s’il reste des fautes ou du franglais (suggestions bienvenues en commentaires)

 Combien gagne un musicien DIY sur ses ventes en ligne

Article original Release day economics écrit par Andy du groupe Uniform Motion.
 
Notre nouvel album est « officiellement » sorti aujourd’hui. Cela veut dire que vous retrouverez une version digitale sur les différents sites de vente en ligne comme iTunes, AmazonMP3 et eMusic, et que vous pourrez les lire en streaming depuis des seevices comme Spotify ou Deezer.

Les versions physiques (CD et vinyles) sont seulement disponibles depuis notre Bandcamp et aux concerts.

Malheureusement, vous ne pourrez trouver notre album dans aucun magasin de musique. La raison: nous n’avons pas de label, ce qui signifie que nous n’avons pas accès à la distribution. Sans distributeur, vous ne pouvez pas vendre votre CD dans les magasins de musiques.

Si vous travailler pour un distributeur et que vous êtes interessé pour distribuer notre CD, vinyle ou les deux, n’hésitez pas à nous contacter !

Si vous acheter notre musique ou utiliser un des services « légaux » de streaming, voici un aperçu de là où va l’argent.

Spotify

Sur Spotify, le ppaiement par stream est en moyenne de 0,003€.
Donc si vous écoutez notre album en entier, nous obtiendrons 0,029€
Si vous écoutez l’album 10 fois sur Spotify, nous obtiendrons 0,29€
Si vous écoutez l’album 100 fois, nous obtiendrons 2,94€
Si vous écoutez l’album 1000 fois (une fois par jour pendant 3 ans!), nous obtiendrons 29,47€ !

Si vous utilisez la version gratuite de spotify, cela ne vous coutera rien. Spotify gagnera de l’argent avec les publicités. Si vous utilisez une des versions payantes, nous ne savons pas du tout comment ils calculent le partage de revenus. Ils livrent seulement cette informations aux majors…

Deezer

Deezer semble payer un peu plus. Nous avons reçu 0,006€ par lecture de leur part. Ca fait 0,052€ par album écouté.

Si vous écoutez l’album 10 fois sur Deezer, nous obtiendrons 0.52€
Si vous écoutez l’album 100 fois, nous obtiendrons 5,2€
Si vous écoutez l’album 1000 fois (une fois par jour pendant 3 ans!), nous obtiendrons 52€ !

Nous ne savons pas non plus comment eux partagent les revenus.
 
 

eMusic

eMusic est un service sur abonnement. Le coût d’un album dépend du plan que vous avez. Nous recevons à peu près 0.29$ par chanson ou 2.60$ par album (9 chansons).
 
 

Amazon MP3

Vous payez 7.11€ pour télécharger les mp3s. Nous recevons 4.97€ la dessus. Cela fait un partage 70/30.
 
 
 

iTunes

L’album vous coutera 8.91€ si vous l’achetez chez Apple. Il y a un partage 70/30 la aussi, nous garderons donc 6.28€ par album. Cela dit, cela nous coute aussi 35€/an pour garder un album sur iTunes, Spotify et Amazon (105€/an pour tout nos 3 albums).

Nous gagnons donc pas d’argent tant que 24 personnes n’ont pas acheté une version digitale de l’album sur iTunes ou 150 chansons, ou si nous obtenons pas des dizaines de milliers d’écoute sur Spotify !

En fait, dans la plupart des cas, ce n’est pas du tout viable économiquement de vendre sa musique [Note du traducteur, c’est un des argument de Ian Roger dans sa stratégie pour vendre sa musique comme une rockstar]

Mais si vous achetez directement chez nous ?

 

Vente directe avec Bandcamp

Digital:

Nous laissons les gens choisir ce qu’il veulent payer pour la version digitale. Si vous choisissez de payer 5€, Paypal prend 0,37€, Bandcamp prends 0.75€. Uniform Motion garde 3.88€. Cela ne nous coûte rien d ‘avoir une page sur Bandcamp.

Si vous décidez de ne rien payer, et bien nous n’avons rien, mais au moins vous n’avez donné aucun argent indirectement à une major, comme cela semble être le cas avec Spotify !

CD:

si vous achetez un CD directement chez nous pour 10€, Paypal prends 0.515€, Bandcamp prends 1.5€. Il y a donc un peu moins de 8€ pour nous. Mais, attendez une seconde, cela coûte un peu plus de faire un CD.

Le CD lui même coute 1.2€, le livret coute environ 50 centimes, le packaging du CD est 1.8€ et le stocker sur le devant coûte 35 centimes. Ca fait un total de 3.65€.

Donc en réalité, il reste 4.34€ pour nous.

Vinyle:

Si vous achetez un vinyle 12 » à 15€ chez nous, Bandcamp prends 2.25€, Paypal prends 0,646€. Il nous reste donc 12€10.

Le coût du vinyle lui même est 3,06€, les étiquettes coutent 1.3€, soit un total de 4.36€.

Il reste donc 7.75€ pour nous. Cependant nous avons du presser 250 copies (commande minimum). Nous devons vendre 72 exemplaires avant de rétablir la balance sur la production de vinyles. Nous en avons vendus 30 jusqu’à présent.

Si nous arrivons à l’équilibre financier, nous baisserons un peu les prix. 🙂

Modification (14/09/2011)
Quelques personnes nous ont posés des questions sur les chiffres des vinyles. Ces chiffres peuvent être un peu confus, alors alors voici des précisions.

Nous avons commandé 250 copies parce que c’est le nombre minimum pour une commande de vinyles (la plus petite quantité que nous avons pu trouver).

Pour garder les coûts le plus bas possible nous avons choisi une pochette blanche sans rien puis nous l’avons personnalisée avec un sticker.

Il y a donc un sticker sur le devant de chaque vinyle. Et nous avons décidé d’en mettre un avec le nom du fan sur le dos de chaque album pour les 50 premières commandes.

250 copies (vinyle noir double face avec pochette blanche) nous ont couté 775€. Soit 3,1€ par copie.
Le sticker du devant coute 0.6€, celui de derrière 0.70€. Les chiffres sont bizarres parceque nous n’avons pas commandés 250 stickers. Nous en commanderons plus si nous vendons assez de copies de l’album, mais si nous n’en vendons que 50 ou 100 pourquoi en acheter plus. Nous n’avons pas eu le choix avec les vinyls, mais nous l’avons eu avec les stickers. Nous avons donc commandé seulement 75 stickers pour le devant et 50 stickers personnalisés pour le derrière, mais mes chiffres sonr basés sur 75 de chaque.

775 + 45 (0.6 X 75) + 52.5 (0.7 X 75) = 872.5 €
872.5 / 12.1 (prix net pour chaque copie) = 72.107

C’est de la que vient le chiffre 72. Ca aurait probablement du être 73 copies pour équilibrer les comptes, mais hé, je suis un musicien pas un comptable ! 🙂

Combien gagne un musicien DIY sur ses ventes en ligne ? La suite…

Article original Update to Release day economics écrit par Andy de Uniform Motion.
 

Mise à jour de l’article Release day economics

Les données for iTunes, eMusic, etc n’ont pas changé depuis que nous avons publié Release day economics en septembre 2011, mais les paiement de services de streaming comme Spotify et Deezer ont augmentés de facon significative alors nous avons pensé vous donner une mise à jour des chiffres.

Spotify

Les paiements de Spotify ont augmentés de 56% en 2011 comparé à 2010. Le paiement par stream etait en moyenne 0,003€ en 2010. En 2011 la moyenne est monté à 0,0047€ par lecture.

Donc si vous écoutez notre album en entier, nous obtiendrons 0,042€
Si vous écoutez l’album 10 fois sur Spotify, nous obtiendrons 0,42€
Si vous écoutez l’album 100 fois, nous obtiendrons 4,23€
Si vous écoutez l’album 1000 fois (une fois par jour pendant 3 ans!), nous obtiendrons 42,30€

 

Deezer

Les paiements de Deezer ont augmentés de 116% en 2011 comparé à 2010. Récemment, nous avons reçu 0,0127€ par lecture.
Ca fait 0,11€ par album écouté.

Si vous écoutez l’album 10 fois sur Deezer, nous obtiendrons 1,14€
Si vous écoutez l’album 100 fois, nous obtiendrons 10,14€
Si vous écoutez l’album 1000 fois (une fois par jour pendant 3 ans!), nous obtiendrons 100,14€ !

A suivre

Je vous laisse découvrir leur musique, et maintenant que vous avez où va l’argent, n’hésitez pas à acheter.

Comment faire connaitre sa musique: les expériences d’Uniform Motion

Comment se faire connaitre quand on est un « petit » groupe inconnu ? Les expériences de Trent Reznor ou de Radiohead qui collaborent avec leurs fans sont très instructives, mais ces groupes avaient déjà une base de fans conséquente. Comment faire connaitre sa musique quand on débute un nouveau projet musical et que, par définition, on n’a pas ou peu de fans ? Pour tenter de répondre à ces questions, les expériences de Uniform Motionsont particulièrement intéressantes.

J’avais déjà parlé de Uniform Motion groupe toulousain de « folk illustrée » très innovant ( ici et icila et la). J’ai eu la chance de rencontrer récemment Andy, guitariste et chanteur du groupe mais aussi particulièrement actif dans la promotion. Outre que Andy connait très bien le monde de la musique sur internet, il aime beaucoup expérimenter et travailler avec ses fans et partage beaucoup de retours d’expériences sur le blog du groupe.

Depuis 4 ans il ainsi a testé beaucoup d’outils en ligne (Tumblr, Bandcamp, Mailchimp, Facebook, Twitter, Spotify, Deezer, Grooveshark, …)  mais aussi de nombreuses manières de collaborer avec ses fans, du financement participatif aux Hangout parties (des webconcerts diffusés en direct), en passant par les remix kits et clips participatifs…

Coup de chance, Andy avait préparé une présentation résumant ses diverses expériences pour la rencontre Sudweb et me l’a transmise. Regardez la c’est très très intéressant.


 

Je vous avais déja encouragé à lire leur blog, qui revient dans le détail sur ces initiatives. Mais comme les articles sont en anglais et que je sais que ça peut rebuter certains,  j’ai décidé de vous faciliter la tache et de traduire plusieurs articles particulièrement pertinents pour approfondir ce que Andy décrit dans sa présentation.

J’ai déjà fait quelques traductions que je publierai dans les semaines qui viennent.

En attendant, jetez une oreille sur la musique qui vaut elle aussi le détour.

Le guide du crowdfunding (financement participatif) pour les artistes

Une synthèse d’informations en français pour financer un projet artistique en utilisant un financement participatif (crowdfunding).

 

C’est quoi le crowdfunding ?

Le “crowdfunding“, littéralement le “financement par la foule », est une approche de financement participatif de projets qui consiste à collecter de petites sommes auprès d’un grand nombre de personnes pour financer un projet.

La multiplication des petites sommes collectées permet à des porteurs de projets de réunir des fonds qu’ils n’auraient pas pu obtenir via des sources de financement classiques et ce sans intermédiaires. C’est une approche particulièrement interessant pour les projets créatifs et artistiques.

Depuis 2009, Kickstarter, le leader anglophone du crowdfunding a permis de financer plus de 20 000 projets !

Comme le rappelle Virginie, il ne faut pas confondre le crowdfunding avec un label participatif, comme MyMajorCompany par exemple.

Dans le crowdfunding, les investisseurs investissent par passion, aides ou toutes autres raisons. Mais il n’y a aucun espoir de retour sauf à des contreparties que décide le porteur de projets.

Le porteur reste le seul détenteur de son projet. Il n’a ni associés, ni producteurs au contraire d’un label participatif et peut donc mener son projet de la manière de son choix.

Démarrer un projet en crowdfunding

Sur la plupart des plateformes, le porteur de projet doit expliquer son projet, détailler à quoi va servir l’argent, et surtout … séduire. Pour convaincre les gens de participer vous devez toucher une corde sensible qui va les convaincre de passer à l’acte.

Pour cela, les visuels, l’humour, la vision, toutes choses qui aident l’internaute à comprendre le projet et à s’y identifier sont utiles. Partagez l’histoire, racontez la sur un blog, prenez des photos, des vidéos, …

Ensuite il vous définir un objectif: le montant de financement à atteindre et la date de cloture de la collecte.

Attention: si le projet atteint son objectif de financement, les montants offerts seront alors débités auprès des donateurs, mais si le projet échoue à atteindre ses objectifs de dons, personne ne sera débité et le projet ne sera pas financé.

Veillez donc à être réaliste et ne pas trop en demander pour réussir à atteindre votre objectif.

A l’inverse, il est courant que les porteur de projets récoltent plus que ce qu’il avaient prévus ! (voir l’exemple d’Amanda Palmer plus bas)

Des astuces pour réussir son financement participatif

Tous les projets ne marchent évidemment pas. D’après les statistiques  publiées par kickstarter le taux de succès est de 44%.

Instructif  aussi pour comprendre ce qui marche, cette infographie présentant les réussites et les échecs de projets Kickstarter. On y découvre notamment que les projets réussis ont une durée de collection plus courte et une demande de financement moindre que les projets qui échouent.

Autres conseils pour réussir son projet donnés par Danae Ringelmann co-fondatrice du site Indiegogo:

  • Avoir un objectif de financement et une date clairs et transparents. Détaillez bien à quoi serviront les fonds et jusqu’où le financement vous aidera dans votre projet.
  • Découper votre projet: essayez de découper votre projet en plusieurs phases de financement plus petites. Il est plus facile de récolter une petite somme qu’une grosse et plus facile d’exécuter un petit projet qu’un gros. En réalisant vos objectifs promis vous montrez que vous êtes digne de confiance et augmenter les chances pour vos campagnes suivantes.
  • Filmer une bonne vidéo: les campagnes qui ont une vidéo récoltent plus en moyenne que cells qui n’en ont pas. Racontez une histoire personnelle. NE parlez pas juste de votre projet ou votre produit, mais pourquoi il est important et pourquoi vous êtes la bonne personne pour le faire
  • Offrez une bonne contrepartie: offrez des contreparties segmentées (voir plus loin). Entre 3 et 8 est un bon nombre (ni trop, ni trop peu). Offrez quelque chose d’exclusif et unique. Amusez vous !
  • Communiquer constamment, même si quelque chose va mal: les participants financent parce qu’ils ont confiance. Tenez les informés régulièrement, particulièrement si quelque chose ne va pas, si vous avez du retard ou un autre problème. Dans certains cas, vos soutiens pourront même vous aider d’une façon ou d’une autre s’ils sont au courant du problème.
  • Focaliser d’abord sur vos contacts proches: les gens qui vous connaissent ont plus de chance de miser sur vous que ceux qui ne vous connaissent pas. Et ceux qui ne vous connaissent pas ont plus de chance de miser sur vous si un de leur amis de confiance à d’abord misé sur vous.

Le système de contreparties

Généralement pour inciter les internautes à financer leur projet, les porteurs de projet proposent des contreparties originales dont la valeur est proportionnelle au montant du don.

  • Pour un petit financement (entre 0-10€) ce sera souvent une copie électronique du projet (livre ou BD au format ebook, musique au format wave ou MP3 …). Jetez un oeil à ces exemples à 1$ sur Kickstarter (en anglais).
  • Pour un financement plus important (de 10 à 30€) ce sera une copie physique du projet (livre papier, album au format CD, …)
  • Pour un financement plus conséquent (de 30 à 100€) cela pourra être une édition limitée (livret spécial dédicacé et tiré a quelques exemplaire seulement, coffret avec des bonus, formats originaux, vinyles, clés USB, merchandising spécial, …)
  • Au delà, on voit souvent des expériences personnalisées (accès backstages, diner avec l’artistes, chanson, poème, dessin écrit spécialement pour l’internaute financeur. Celui ci peut même être invité à participer à une partie de la création du projet). Ici l’originalité est reine. A vous de savoir ce qui peut intéresser vos fans et leur faire plaisir. Certains artistes s’amusent aussi à mettre des contreparties fantaisiste pour des prix improbables, … et ca marche !

Tous les internautes n’ont pas le même budget ou la même passion. Pour réussir ce qui compte c’est de trouver des contreparties qui intéresseront les différents types de public.

Ne négligez pas la réflexion ici, une offre interessante pour vos fans aidera à votre succès. Même à un dollar on peut offrir une contrepartie interessante.

J’aime bien l’exemple de la peintre Molly Crabapple: pour son projet « une semaine en enfer » elle va s’enfermer dans une chambre d’hotel pendant 5 jours pour peindre sur les murs couverts de papier et propose aux fans qui ont misé un dollar un accès privé pour la suivre en livestream vidéo tout au long de sa session de peinture. Les fans ayant misé plus recevant une partie de la toile finale dédicacée, ceux ayant misé encore plus pouvant choisir la partie de la toile qu’ils veulent.

D’autres exemples d’offres segmentées

John Freese le batteur de Nine Inch Nails avait une offre particulièrement mémorable (ce n’était pas du crowdfunding, mais son offre peut être copiée) où certains prix permettaient à des internautes de se ballader en ville avec lui, de prendre une de ses batteries au choix ou encore d’obtenir un massage de pieds (mais il espérait que personne ne choisirait cette offre la !).

Pour 75 000$ il proposait de devenir batteur pour votre groupe pendant un mois et si vous n’aviez pas de groupe, de devenir votre assistant personnel!

🙂

Le système d’offre segmentée avec des contreparties variables a été popularisé par le pionnier Trent Reznor qui avait lancé son album Ghost avec différentes offres correspondant aux différents public, des fans occasionnels aux fans purs et durs:

  •  À la base, il y avait un téléchargement gratuit. L’album comptait 36 morceaux. On pouvait télécharger gratuitement les 9 premiers, et les 36 étaient sous licence Creative Commons, donc il était possible de les partager légalement. Bref, quand on voulait les télécharger gratuitement sur le site de NIN, on n’avait que les neuf premiers.
  • Pour 5 $, on recevait les 36 morceaux et un fichier PDF de 40 pages.
  • Pour 10$, vous receviez une boîte avec deux CDs et un livret de 16 pages.
  • Pour 75 $ on recevait un coffret édition deluxe à 75 dollars, qui contenait tout un tas de choses (dvd et un disque blu-ray, un beau livret, le tout fourni dans une boîte sympa).
  • Pour 300 $ on recevait un coffret ultra deluxe édition limitée tirée uniquement à 2500 exemplaires, et tous dédicacés par Trent Reznor.

Ce n’étaient pas du crowdfunding (Reznor avait autoproduit son album), mais le principe des différentes contreparties proportionnelles aux différents prix est le même et peut être imité.

Exemples d’artistes utilisant le crowdfunding

Cas d’école, l’exemple de financement participatif du projet de l’artiste américaine Amanda Palmer qui a récolté 100 000 $ en 6 heures sur Kickstarter, pour un total de 1 192 793 $ sur les 27 jours restants avec presque 25 000 donateurs, alors qu’elle avait prévu initialement de lever 100 000$ en 32 jours.

Notez que comme le remarque Hypebot, Amanda a non seulement financé son album, un livret d’art avec des oeuvres graphique, mais aussi pre-vendu des places pour des concerts privés (25% des gains).

De plus il semble qu’elle est volontairement sous estimé ses demandes en demandant « seulement » 100 000$ (elle en avait récolté plus de 200 000 lors d’une campagne précédente) pour augmenter l’apparence de succès et donc le buzz.

Notez aussi que ce succès n’est pas arrivé du jour au lendemain et c’est une artiste qui a bien compris comment interagir avec ses fans pour leur donner une raison d’acheter (voir la stratégie de Ian Rogers pour promouvoir et vendre sa musique comme une rock star)

Le financement participatif peut être utilisé pour différents domaines: BD, matériel educatifs, vidéo, voici d’autres exemples d’artistes qui ont utilisé le crowdfunding avec succès et des retours d’expérience d’utilisation de financement participatif pour des projets de cinéma.

Plateformes de crowdfunding francophones

Si Kickstarter reste la référence en matière de plateforme de financement participatif, il est plutôt destiné a un public anglophone. Mais depuis peu on voit des clones francophones apparaitre. Voici une liste de services que vous pouvez explorer et tester:

Un logiciel Open source pour créer votre propre site de Crowdfunding

Selfstarter est un logiciel open source basé sur la technologie Ruby on Rails et qui permet de créer son propre site de crowdfunding:

Des plugin WordPress pour créer votre propre site de Crowdfunding

Si vous utilisez WordPress pour votre site web, il existe un module complémentaire (plugin) qui permet de créer votre propre clone de Kickstarter.
Baptisé IgnitionDeck ce module WordPress coûte 59$.
Autre solution, le plugin Crowdfunding par Astoundinfy qui s’intègre avec un autre plugin WordPress pour permet de gérer une campagne de financement participatif. Les developpeurs proposent des thèmes premium qui fonctionnent avec pour créer un clone de Kickstarter.

Avantages:

  • vous pouvez proposer directement n’importe quel projet à vos fans (pas de risque de voir un projet refusé si vous ne respectez pas certains critères imposé par la plateforme de financement)
  • le système de collecte de fonds est intégré directement sur votre site et utilise les réglages de votre thème,
  •  évite d’envoyer les fans sur un autre site externe avec un aspect different ou les force à s’inscrire à un autre service.
  • vous pouvez faire autant de campagnes de levée de fonds que vous le souhaitez (Voir l’exemple de Uniform Motion ci dessous).
  • les fonds sont récoltés via votre compte Paypal
  • il est possible d’avoir des widgets exportables sur d’autres sites afin de collecter des fonds ailleurs que sur votre site et avec l’aide vos fans les plus actifs
  • intégration avec des services de mailing comme Mailchimp pour ajouter directement vos acheteurs à votre mailing liste
  • intégration avec les réseaux sociaux pour passer le message
  • stats sur les campagnes en cours

Inconvénients:

  • en anglais
  • même si ce n’est pas difficile, il vous faudra un minimum de connaissance de WordPress (installation et paramétrage de plugin) ou au moins de motivation pour mettre ce système en place. Ou bien embaucher un developpeur WordPress pour l’occasion.
  • il se peut que vous ayiez moins de visibilité que si vous étiez sur une plateforme déja établi et qui voit passer du traffic (encore que la aussi rien ne dit que vous serez visible). Mais ce n’est pas un problème si vous avez déjà une communauté de fans importante.

Applications aux concerts participatifs

Encore peu connu, ce plugin a été utilisé de façon très intéressante par le groupe Toulousain Uniform Motion pour son projet One city per second.
Le principe: utiliser le financement participatif pour préorganiser des concerts dans différentes villes. Pour cela une campagne est crée pour chaque ville avec un objectif de financement calculé en fonction du prix du trajet et des autres coûts comme la location de la salle ou du matériel.
« Nous fixons une date et une limite pour le financement du concert. Les gens peuvent financer le concert à différents niveaux (en payant juste un ticket ou payant aussi pour du merchandising) et si nous atteignons notre objectif, nous sautons dans voiture, avion, train, jouons le concert et amenons tout le merchandising avec nous. »
Notez que si vous voulez proposez à vos fans de tels concerts à la demande avec un modèle de financement participatif  la plateforme Plemi vous permet d’organiser vos propres concerts participatifs sans installation (j’en reparlerai plus en détail).

Comment déclarer les fond levés ?

Enfin pour rentrer un peu plus dans le coté pratique, voici un article qui vous donne des pistes sur comment déclarer les fonds levés grâce au crowdfunding.

 

Autre ressources francophones sur le financement participatif

  • le site Monartiste qui publie des analyses sur les nouveaux modes de financement de la création avec pas mal d’exemples du monde du cinéma. L’auteur Nicolas Dehorter (@monartiste) a aussi publié un livre sur le crowdfunding.
  • Le site Ouishare dédié à l’économie collaborative a une section d’actualité dédie au crowdfunding, mais propose aussi des actus sur d’autres modèles collaboratifs.
  • La page Wikipédia dédiée à la production communautaire présente des exemples dans plusieurs arts.

Attention au sur-financement

Même si le cas est rare, voici une note d’avertissement sur les risques liés au sur-financement de projet. La plateforme Kickstarter, leader dans ce domaine, s’est ainsi fendue d’un billet expliquant qu’un surplus d’argent peut générer un certain nombre de difficultés. Numérama les détaille dans ce billet.

A suivre…

Je mettrai ce guide à jour au fur et à mesure pour l’enrichir. Si vous avez des exemples ou d’autres astuces, laissez les dans les commentaires et je les ajouterai.

 

La stratégie de Ian Rogers pour promouvoir et vendre sa musique comme une rock star

Comment promouvoir sa musique quand on est pas connu comme Trent Reznor ou Radiohead ? Avec une stratégie de Rock Star ! Voici une adaptation en francais de l’excellentissime plan marketing présenté récemment par Ian Rogers, guru du marketing de la musique et innovateur hors pair.

A l’occasion de l’annonce de l’ouverture de sa plateforme marketing Topspin à tous les artistes, Ian Rogers propose un plan simple et pratique pour promouvoir et vendre sa musique. Depuis plusieurs années il expérimente de nouveaux modèles de promotion et de vente avec plusieurs artistes très différents et son point de vue est donc particulièrement intéressant.

Avant de démarrer

Ce plan est une extension et une mise en pratique de la formule magique pour les nouveaux modèles économiques de la musique de Trent Reznor et brillament analysées par Mike Masnik : connecter avec les fans + donner une raison d’acheter = $$$$. Si vous n’avez pas encore lu la thèse de Masnick faites le d’urgence.

J’ai traduit en francais les points importants du plan de promotion présenté par Ian Rogers tout en mélangeant texte des diapos et de sa présentation pour que ca soit cohérent, lisible et éviter de traduire mot à mot. J’ai aussi rajouté mes propres références avec des exemples francophones avec des liens. Même si j’ai essayé rester fidèle à l’esprit, j’ai pris des libertés et adapté le contenu chaque fois que je le jugeai nécessaire. Les anglophones pourront lire l’original avec plus d’exemples ici:

Getting Practical: A Step-By-Step Guide to Building an Online Marketing Plan That Works

Le plan d’action de Ian Rogers comporte 3 étapes principales + auxquelles j’ai rajouté une 4eme étape, l’analyse et optimisation dont il parle régulièrement dans ses publications mais qu’il n’a pas mis pas autant en valeur dans cette présentation. Les étapes sont donc:

  1. Developper votre notoriété: votre premier but doit être de développer votre notoriété, faire savoir aux gens que vous existez et leur faire développer une affinité pour votre musique.
  2. Contacter les fans et discuter: au fur et à mesure que vous batissez votre notoriété, vous devez communiquez avec vos fans pour transformer cette notoriété en relation de confiance.
  3. Convertir les fans en acheteurs: après avoir développé un groupe de fans conséquent et établi une relation de confiance vous pourrez convertir certains d’entre eux en acheteurs.
  4. Analyser et Optimiser: tout au long du processus vous devriez analyser le résultat de vos effort à intervalles reguliers et optimisez pour que cela ne devienne pas un fardeau et que vous puissiez maintenir votre travail sur la durée.

Allons y, c’est très intéressant 🙂

Ian Rogers démarre par casser des idées recues:

Votre modèle économique ce n’est pas vendre des mp3s sur iTunes

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Ian Rogers a une bonne nouvelle pour vous: le nouveau modèle économique de la musique c’est n’est pas vendre des mp3s à 0.99$ (le modèle popularisé par iTunes). En fait il conseille de ne jamais vendre de morceaux à $0.99 sur votre site web.

Un contact avec un fan a beaucoup plus de valeur et mieux vaut convertir un grand nombre de contacts en une relation durable que d’essayer de se faire quelques dollars sur un téléchargement.

Chez les artistes qui ont travaillé avec Topspin, le revenu moyen par fan est 26$. Pour une campagne optimisé, la moyenne est dans les 50-60$. Ajoutez des tickets et vous approchez des 90$. Dans une stratégie de vente direct-to-fan, mieux vaut developper ses contacts et promouvoir des transactions de plus grande valeur que de diriger les gens vers des téléchargements à 0.99$.

Maintenant vendre du premium n’est pas aussi simple que de rajouter des boutons « achetez » sur votre site web. En fait, Ian Roger recommande même de ne pas essayer de vendre vos coffrets deluxe pour commencer .

Il recommande même de commencer par NE RIEN VENDRE du tout. Mais on va y revenir.


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Le diagramme ci dessus décrit la facon dont Ian Roger et Topspin pensent une campagne de promotion. Les gens en haut de l’image représentent un grand nombre de personne qui n’ont jamais entendu votre musique et n’ont jamais entendu parler de vous.

Comme l’a dit l’analyste Tim O’Reilly qui a popularisé le terme Web2.0, « l’ennemi de l’artiste ce n’est pas le piratage, mais l’anonymat » (ou en version francaise comme l’a très bien dit Orbor, célebre artiste « très connu du petit public« ,  » le « pire-ratage » pour les artistes c’est d’être ignoré »).

Votre premier but doit donc être de développer votre notoriété, faire savoir aux gens que vous existez et leur faire développer une affinité pour votre musique. Au fur et à mesure que vous bâtissez votre notoriété, vous devez discutez avec vos fans pour transformer cette notoriété en relation de confiance. Après et seulement après avoir batie une relation de confiance avec vos fans pourrez vous convertir certains d’entre eux en acheteurs.

Voyons donc la première étape.

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Etape 1: Developpez votre notoriété

La première étape c’est de réussir à susciter l’intérêt de gens qui n’ont jamais entendu parler de vous. De les faire passer de l’indifférence à l’attention. Cela part de votre art, rien de ce qui est écrit ici ne marchera si vous votre musique ne plait pas aux gens. Partant du principe que votre musique plait à des gens, la premiere étape c’est d’amener votre musique partout où sont vos fans potentiels.

La bonne nouvelle c’est que vous n’êtes pas dependant de la radio ou de MTV pour faire connaitre votre musique. La mauvaise nouvelle c’est que ce n’est pas parce que vous postez votre musique sur iTunes, YouTube, Soundcloud, Facebook, Official.fm, Rapidshare, Angelfire, ou MySpace que les gens vont l’entendre.

Vous devez placer votre musique aux endroits où les gens viennent chercher leur dose de musique quotidienne.

Ce n’est facile d’etre promu sur les sites à fort traffic, mais fort heureusement il y a des milliers d’endroits ou vous pouvez faire passer votre musique. Cependant innonder les bloggueurs de messages leur demandant de promouvoir votre musique ne marche pas.

Ce qui marche c’est de faire une musique géniale et de faire de concerts localement jusqu’a ce que les gens découvrent et partage naturellement leur enthousiasme pour ce que vous faites.

Evidemment, vous ne devez pas vous attendre à ce que les gens fassent de la promotion pour quelque chose qu’ils n’aiment pas. Par contre vous pouvez faciliter la tache de eux qui vous  aiment et veulent vous promouvoir (utilisez des services comme Soundcloud qui proposent des widgets partageables, mettez des titres en téléchargement, placez des boutons Facebook « J’aime » ou ReTweet sur vos articles de blog, donnez des stickers aux concerts…).

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En bref:

  • Faites de la musique (bonne 😉 )
  • Où vos fans découvrent ils leur musique habituellement ? Dans les cafés ? Sur les campus étudiants, sur twitter ou les forums ? Amener et diffusez la musique partout où sont ils sont susceptibles de la découvrir.
  • Faites des concerts. Internet c’est bien joli, mais rien ne remplace le contact direct. Et si vraiment vous ne trouvez pas de dates, faites des concerts à la maison et/ou diffusez sur internet en direct.
  • Essayer de faire en sorte que ce soit facile et amusant pour les fans de partager leur amour de votre musique

Faire un petit truc chaque semaine et un gros truc chaque mois

Les artistes demandent tout le temps: « Comment dois je sortir mon album ? Dois je sortir 12 singles ou un album ? Comme faire grossir mon audience naturellement ? » Il n’y a pas une réponse unique.

Votre plan de promotion doit etre avant tout une extension de votre art et correspondre à votre image de marque. Ce qui marche pour Trent Reznor et Radiohead ne marchera pas forcement pour Charly et sa drole de Dame ou Misteur Valaire.

Mais il y un principe universel pour développer votre notoriété: faites un petit truc chaque semaine et un gros truc chaque mois.


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Exemples de petits trucs:

  • Ecrire un article de blog
  • Faire une vidéo d’une de vos chansons en acoustique
  • Poster des photos des coulisses d’un enregistrement, d’un concert…
  • contacter un bloggeur qui fait des revues de musique

Exemples de gros trucs:

  • Sortir un single ou un album
  • Lancer une nouvelle vidéo de promo
  • Faire un concert ou démarrer une tournée
  • Lancer un concours pour vos fans

Faites un plan d’action sur la durée

Faites un plan d’action simple pour en vous demandant comment avoir plus de fan demain qu’hier. Sortez un calendrier et commencez noter les choses à faire pour les semaines et mois à venir.

Regardez les 4-8 semaines à venir et commencez à noter des petits trucs que vous pouvez faire chaque semaine pour partager votre art avec vos fans. Partagez un travail en cours. Faites une petite vidéo. Ecrivez un article de blog. Faites un jeu questions/réponses avec vos fans sur Twitter.

Regardez les 12 prochains mois et et commencez à planifier les choses plus importantes que vous pouvez faire. Sortir un single. Sortir un album. Organiser une tournée. Sortir un clip vidéo. Sortir une nouvelle série de merchandising. Lancer une promotion pour les vacances. Faire une collaboration avec -M- ou un hommage à Renaud.

N’envoyez pas un email chaque fois que vous faites un petit truc. Tweetez, poster un message sur Facebook ou blogguez quand vous faites un petit truc.

Postez sur Facebook, Twitter, votre blog ET envoyez un mail quand vous lancez un gros truc.

Si les gens aiment votre talent et votre notoriété grandit, félicitations ! Il est temps de transformer cette notoriété en contacts et de developper une relation de confiance avec ces contacts par la discussion.

Etape 2: Contacter les fans et discuter

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Au début vous avez besoin de fans, pas d’argent

Si vous venez juste de démarrer vous avez besoin de fans, pas d’argent. Voici le conseil de Ian aux artistes: n’essayez pas de vendre quoi que ce soit avant d’avoir au moins plusieurs milliers de contacts sur votre mailing list. Il y a plein d’artistes qui mettent leur musique en vente sur leur site web et qui s’étonnent de ne rien vendre.

Mike Masnik avait raison la formule magique c’est: interagir avec les fans + donner une raison d’acheter = $$$$. Cependant pour beaucoup d’artistes cela ne marche pas car le nombre de contacts est trop faible et/ou le produit n’a pas assez d’intérêt ou de valeur pour les fans.

On reparle de la valeur du produit plus tard, mais en attendant, écoutez attentivement: si vous avez moins de 2500 contacts email, facebook, twitter ou numéros portables, remettez vos projets de vente au placard et concentrez vous à 100% sur l’augmentation du nombre de contacts.

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Développez vos contacts en donnant aux fans quelque chose de valeur en échange de la permission de les contacter.

L’email est un moyen de communication tres puissant et ne coute quasiment rien. Les contacts téléphoniques on souvent un taux de conversion élevé, mais l’envoi de messages coute cher.

Des contacts directs via Twitter et Facebook sont importants, mais plus passifs et n’ont pas un taux de conversion aussi élevé que les contacts mails ou téléphones. Un autre point important est que les contact Facebook ou twitter ne vous appartiennent pas. Si la plateforme ferme votre compte ou disparait, vos contacts aussi.

Prenez part à la discussion et animer votre communauté

Avoir juste un contact n’est pas suffisant. Trop d’artistes qui obtiennent des contacts les négligent ou en abusent.

Rappelez vous que derrière ces contacts il y a des êtres humains avec des vies, des sentiments, des désirs. Traitez les avec respect. Gagnez leur confiance. Par exemple, voici quelques gens qui utilisent bien Twitter pour discuter avec leur communauté:  Mrbidibule, Charly_SDDD, Orbor, Thot.

Observez comment ils communiquent. Il ne vendent pas, ils discutent, ils partagent. C’est sont de vraies personnes qui vous font rire, partagent des choses d’intérêt et deviennent des gens à qui vous faites confiance. Alors quand ils vous recommandent un concert ou un album vous les écoutez. Il les traitent les gens avec respect et les gens le leur rendent bien.

Soyez un catalyseur de la scène musicale. Ensemble on est plus fort. Trouvez des groupes avec des affinités communes et travaillez ensemble pour developper votre notoriété et votre groupe de fans. Essayez de créer des synergies qui tirent tout le monde vers le haut.

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En bref:

  • choissisez un outil pour communiquer en ligne (un blog, une page facebook ou twitter …)
  • démarrez et maintenez la discussion avec vos fans
  • ne parlez pas pour parler, mais ajoutez de la valeur: soyez intéressant, amusant et surtout authentique. Authentique ça veut dire que ne devez pas essayez de trop en faire mais discutez avec les fans comme vous le faites avec vos amis.
  • Soutenez les artistes dans votre communauté. Partagez leur articles, faites suivre leur tweets, parlez de leur musique.
  • Demandez à vos fans de partager et faire suivre vos articles, musiques, vidéos…

Vous avez de la notoriété, vous sortez de l’obscurité et vous avez (au moins) plusieurs milliers de contacts de fans et vous developpez une relation de confiance avec ces fans ? Génial ! Maintenant parlons de vendre quelque chose.

Etape 3: Convertir les fans en acheteurs

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Donnez aux fans une raison d’acheter et ils le feront.

Ian Rogers le répète, Mike Masnick avait raison quand il a énoncé la formule magique pour les nouveaux modèles économiques de la musique de Trent Reznor et brillament analysées par Mike Masnik : connecter avec les fans + donner une raison d’acheter = $$.

Si vous discutez avec vos fans vous savez probablement déja ce qu’ils veulent, mais si vous n’êtes pas sur, demandez leur !  Créer quelque chose qui a de la valeur pour eux. Cela peut être un simple tee-shirt, un vinyle ou un coffret élaboré ou une rencontre en personne. Mais rappellez vous que tout les fans n’ont pas le même niveau d’intérêt ou le meme budget.

Chaque jour, il y a des gens qui viennent sur votre site et qui sont juste en phase de découverte et rien ne les fera payer. Offrez une gamme de prix avec différents produits, du gratuit, des produits dans les 10$, dans les 25$, dans les 50$ et des produits deluxe à des prix plus élevés pour les super fans.

Contrairement a ce qu l’on a cru, Internet ce n’est pas le règne du « tout digital », mais celui du choix du consommateur.

Proposez à vos fans des produits de valeur qui correspondent à leur budget et à leur niveau d’intérêt et ils seront heureux de vous aider.

Commencez des pré-ventes 6-9 semaines avant la sortie de votre album et vendez directement depuis votre site web, page facebook, … facilitez le processus d’achat autant que vous le pouvez pour éviter de perdre des acheteurs potentiels en route.

Bien sur vous pouvez toujours vendre sur iTunes, Amazon et les autres en utilisant un distributeur global et faire en sorte que votre musique soit partout. Votre campagne de vente contact direct avec les fans ne remplace pas ces points de vente, mais la renforce et la complète. Cependant certains produits sont plus adaptés à certains canaux de vente, sélectionnez ce que vous vendez en fonction du lieu.

Misteur Valaire est un bon exemple d’artiste innovant. Depuis leur premier album en 2006 mis sur le marché de façon traditionnelle, comme tous les albums de l’époque (relation de presse, communiqué, distribution physique, positionnement en magasin…) et vendu à seulement 300 exemplaires, ils ont testé le modèle du gratuit pour leur 2eme album sorti en 2007, puis le paiement libre pour leur 3eme album sorti en 2010, arrivant, après plusieurs dizaines de milliers de téléchargements gratuits, à batir une liste de diffusion de 25 000 contacts et à générer 73 000$ de ventes pour leur dernier album.

Lisez cet article pour un exemple inspirant: Petite histoire de la mise en marché de Misteur Valaire.

Voyez aussi comment donner un CD gratuitement peut faire vendre de la musique et comment Trent Reznor a gagné 1.6 millions de dollars en une semaine pour de la musique qu’il offrait gratuitement.

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En bref:

Offrez quelque chose de valeur

Proposez une offre qui a de la valeur pour vos fans: choses rares, exclusives, belles, de grande qualité, et/ou en grande quantité. Soyez créatifs, proposez des objets artisanaux (une occasion de collaborer avec d’autres artistes, peintres, photographes, cinéastes…), des expériences personnelles (répétition avec vous ou entrée dans les coulisses du concert, …).

Créer des offres pour chaque type de fans:

  • nouveaux fans: de la musique gratuite
  • fans occasionels: des téléchargements bas prix
  • super fans: packages deluxe et editions limités (par exemple CD + DVD + livre comme Trent Reznor) à un prix plus élevé.

Une expérience de qualité produit des acheteurs de qualité

Quand vos fans achètent directement auprès de vous, occupez vous bien d’eux. Postez leur commandes rapidement. Envoyez dans des paquets bien protégés pour éviter la casse. Si leur poster a été abimé, remplacez le. Rapidement !

Une mauvaise expérience a un impact tres négatif sur la relation avec les fans. Vous devez être prêts à prendre bien soin de vos acheteurs ou bien travailler avec quelqu’un qui le fera pour vous.

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En bref:

  • le service client est ultra important
  • envoyer vos produits dans les temps et emballer soigneusement pour éviter la casse pendant le transport
  • traitez tous les problèmes de vos clients aussi rapidement que possible (remplacez immediatement objets cassés, colis perdus, …)
  • donnez à vos acheteurs un cadeau inattendu (sticker gratuit, photo avec autographe ou message personnalisé)

Etape 4: Analysez et optimisez

Je rajoute cette étape, car bien qu’il en parle peu dans cette présentation, Ian Roger parle régulièrement de l’importance des données pour réussir dans les nouveaux modèles économique de la musique.

Prenez régulierement du recul pour observer ce que vous faites et mesurez les résultats obtenus:

  • Mesurez les statistiques de visites, nombre de contacts, d’interactions,
  • Qu’est ce qui marche ou ne marche pas, quels articles sont les plus lus, quelles vidéos sont les plus regardées, quelles chansons les plus écoutées, quelles plateforme amène plus de visiteurs, ou d’acheteurs…
  • Qu’est ce qui prends le plus de temps dans votre communication ? Comment pouvez vous réduire le temps passé ? En changeant votre manière de travailler ? En utilisant un autre outil ?

En résumé le plan est…

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Le premier ingrédient est une musique que les gens adorent.

A partir de la vous devez planifier une campagne de promotion qui vous ressemble. Elle doit être une extension de votre art et une représentation de ce que vous êtes (votre « marque »).

Le plan c’est:

  • combattre l’anonymat et developper une notoriété
  • transformer la notoriété en contact avec les fans
  • discutez honnêtement avec vos contacts et developpez une relation de confiance
  • créez des produits de valeurs que vous pourrez vendre.
  • expérimentez, analysez, optimisez.

Pour finir…

Ian Rogers a fait cette presentation à l’occasion de l’ouverture de sa plateform Topspin à tous les artistes, nul doute que je vous en reparlerai à l’avenir.

J’espère que cette présentation sera aussi inspirante pour vous qu’elle l’a été pour moi. Comme le dit Ian Roger pour finir: « Partagez vos découvertes avec les autres. Nous sommes juste au commencement de ces nouveaux modeles de promotion et nous apprenons tous ensemble. »

Promouvoir et vendre sa musique: l’exemple de Misteur Valaire

Comment utiliser internet pour faire sa promotion et réussir à vendre sa musique ? La théorie c’est bien joli, mais rien ne vaut un exemple pratique et concret.

Voici l’histoire de Misteur Valaire (MV) un groupe de musique électro-pop(-rock-jazz) quebecois qui depuis plusieurs années a constamment innové dans sa manière de promouvoir sa musique.

Depuis leur premier album en 2006 mis sur le marché de façon traditionnelle, comme tous les albums de l’époque (relation de presse, communiqué, distribution physique, positionnement en magasin…) et vendu à seulement 300 exemplaires, ils ont testé le modèle du gratuit pour leur 2eme album sorti en 2007, puis le paiement libre pour leur 3eme album sorti en 2010, arrivant, après plusieurs dizaines de milliers de téléchargements gratuits, à batir une liste de diffusion de 25 000 contacts et à générer 73 000$ de ventes pour leur dernier album.

Guillaume Deziel, leur manager quebécois, a écrit un article tres instructif qui montre le parcours fait d’essais, d’erreur et de réussites qui leur a permis de se faire connaitre et d’arriver à un équilibre financier leur permettant de se focaliser sur leur musique.

Via Don’t Believe the Hype

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