Absurde: une artiste de rue censurée…par le gentil maire ump de sa commune
Mercredi, avril 16th, 2008
Goudronner les mots pour faire taire les artistes. C’est la bonne idée qu’a eu le maire UMP de Cuers (Var) en découvrant dans les rues des phrases sans doute un peu trop “subversives” à son gout…
La compagnie Princesses Peluches, était programmée le 29 mars 2008 par Orphéon Théâtre intérieur dans le cadre de la Saison de l’Abattoir, organisée par la Ville de Cuers, pour présenter son spectacle Kristin. Depuis sa création, ce spectacle a été joué plus d’une quarantaine de fois dans de grands festivals, présenté en 2007 par la Ville d’Aubagne et Lieux publics - centre national de création, puis à Chalon dans la rue avec le soutien de la SACD.
Ce spectacle est un déambulatoire au cours duquel des phrases sociales et poétiques sont inscrites dans la ville. La peinture utilisée est prévue pour être effacée à l’eau chaude !
Dans le cadre du spectacle “Kristin”, cinq phrases sont inscrites au sol:
“Kristin, 52 ans, cherche travail”
“Pour vivre sans se soucier de sa propre origine, il faudrait peut-être ne pas cesser de danser”
“Etre précaire, c’est subir la loi qu’un autre édicte mais ne subit pas”
“Je me révolte, donc nous sommes” (phrase d’Albert Camus)
“Je suis une peau-rouge qui jamais ne marchera en file indienne”
Pas de quoi casser trois pattes à un canard.
Mais voilà, Gilbert Perugini, le Maire nouvellement élu à Cuers, fait intervenir les services techniques pour recouvrir les textes inscrits sur la chaussée avec du goudron ! Il porte plainte contre Caroline Amoros, auteure et comédienne de la compagnie Princesses Peluches pour « dégradation de la voie publique » et suspend la Saison de l’Abattoir (plus de 60% de spectacles hors les murs) pourtant labellisée par le Conseil Général du Var.
Le maire ayant donné l’ordre de recouvrir les inscriptions de goudron, Caroline Amoros décide de réécrire, faute de mieux, les cinq phrases sur sa camionnette.

Que dire de plus ? Toute l’histoire est pathétique. Dégradation de la voie publique ? Pour un peu de peinture qui part à l’eau chaude ? Un mauvais prétexte. Il y a ici une vraie intention de causer du tort à ces artistes.
Qui donc croit il être ce petit maire pour s’autoriser à censurer ces artistes ? Le vaillant gardien de l’ordre moral qui protège ses administrés ? A quand une loi contre les escrocs qui abusent de la justice pour leur bénéfice personnel ? Bof, juste un ral le bol de tous ces petits barons qui se croient tout permis parce qu’ils ont des miettes de pouvoir.
Pour en savoir plus et soutenir la compagnie Princesses Peluches, vous pouvez aller sur ce site et signer la pétition en ligne.
Si tous les cons savaient voler, et bien maintenant il ferait nuit… Coluche
