Le guide du crowdfunding (financement participatif) pour les artistes

Une synthèse d’informations en français pour financer un projet artistique en utilisant un financement participatif (crowdfunding).

 

C’est quoi le crowdfunding ?

Le “crowdfunding“, littéralement le “financement par la foule », est une approche de financement participatif de projets qui consiste à collecter de petites sommes auprès d’un grand nombre de personnes pour financer un projet.

La multiplication des petites sommes collectées permet à des porteurs de projets de réunir des fonds qu’ils n’auraient pas pu obtenir via des sources de financement classiques et ce sans intermédiaires. C’est une approche particulièrement interessant pour les projets créatifs et artistiques.

Depuis 2009, Kickstarter, le leader anglophone du crowdfunding a permis de financer plus de 20 000 projets !

Comme le rappelle Virginie, il ne faut pas confondre le crowdfunding avec un label participatif, comme MyMajorCompany par exemple.

Dans le crowdfunding, les investisseurs investissent par passion, aides ou toutes autres raisons. Mais il n’y a aucun espoir de retour sauf à des contreparties que décide le porteur de projets.

Le porteur reste le seul détenteur de son projet. Il n’a ni associés, ni producteurs au contraire d’un label participatif et peut donc mener son projet de la manière de son choix.

Démarrer un projet en crowdfunding

Sur la plupart des plateformes, le porteur de projet doit expliquer son projet, détailler à quoi va servir l’argent, et surtout … séduire. Pour convaincre les gens de participer vous devez toucher une corde sensible qui va les convaincre de passer à l’acte.

Pour cela, les visuels, l’humour, la vision, toutes choses qui aident l’internaute à comprendre le projet et à s’y identifier sont utiles. Partagez l’histoire, racontez la sur un blog, prenez des photos, des vidéos, …

Ensuite il vous définir un objectif: le montant de financement à atteindre et la date de cloture de la collecte.

Attention: si le projet atteint son objectif de financement, les montants offerts seront alors débités auprès des donateurs, mais si le projet échoue à atteindre ses objectifs de dons, personne ne sera débité et le projet ne sera pas financé.

Veillez donc à être réaliste et ne pas trop en demander pour réussir à atteindre votre objectif.

A l’inverse, il est courant que les porteur de projets récoltent plus que ce qu’il avaient prévus ! (voir l’exemple d’Amanda Palmer plus bas)

Des astuces pour réussir son financement participatif

Tous les projets ne marchent évidemment pas. D’après les statistiques  publiées par kickstarter le taux de succès est de 44%.

Instructif  aussi pour comprendre ce qui marche, cette infographie présentant les réussites et les échecs de projets Kickstarter. On y découvre notamment que les projets réussis ont une durée de collection plus courte et une demande de financement moindre que les projets qui échouent.

Autres conseils pour réussir son projet donnés par Danae Ringelmann co-fondatrice du site Indiegogo:

  • Avoir un objectif de financement et une date clairs et transparents. Détaillez bien à quoi serviront les fonds et jusqu’où le financement vous aidera dans votre projet.
  • Découper votre projet: essayez de découper votre projet en plusieurs phases de financement plus petites. Il est plus facile de récolter une petite somme qu’une grosse et plus facile d’exécuter un petit projet qu’un gros. En réalisant vos objectifs promis vous montrez que vous êtes digne de confiance et augmenter les chances pour vos campagnes suivantes.
  • Filmer une bonne vidéo: les campagnes qui ont une vidéo récoltent plus en moyenne que cells qui n’en ont pas. Racontez une histoire personnelle. NE parlez pas juste de votre projet ou votre produit, mais pourquoi il est important et pourquoi vous êtes la bonne personne pour le faire
  • Offrez une bonne contrepartie: offrez des contreparties segmentées (voir plus loin). Entre 3 et 8 est un bon nombre (ni trop, ni trop peu). Offrez quelque chose d’exclusif et unique. Amusez vous !
  • Communiquer constamment, même si quelque chose va mal: les participants financent parce qu’ils ont confiance. Tenez les informés régulièrement, particulièrement si quelque chose ne va pas, si vous avez du retard ou un autre problème. Dans certains cas, vos soutiens pourront même vous aider d’une façon ou d’une autre s’ils sont au courant du problème.
  • Focaliser d’abord sur vos contacts proches: les gens qui vous connaissent ont plus de chance de miser sur vous que ceux qui ne vous connaissent pas. Et ceux qui ne vous connaissent pas ont plus de chance de miser sur vous si un de leur amis de confiance à d’abord misé sur vous.

Le système de contreparties

Généralement pour inciter les internautes à financer leur projet, les porteurs de projet proposent des contreparties originales dont la valeur est proportionnelle au montant du don.

  • Pour un petit financement (entre 0-10€) ce sera souvent une copie électronique du projet (livre ou BD au format ebook, musique au format wave ou MP3 …). Jetez un oeil à ces exemples à 1$ sur Kickstarter (en anglais).
  • Pour un financement plus important (de 10 à 30€) ce sera une copie physique du projet (livre papier, album au format CD, …)
  • Pour un financement plus conséquent (de 30 à 100€) cela pourra être une édition limitée (livret spécial dédicacé et tiré a quelques exemplaire seulement, coffret avec des bonus, formats originaux, vinyles, clés USB, merchandising spécial, …)
  • Au delà, on voit souvent des expériences personnalisées (accès backstages, diner avec l’artistes, chanson, poème, dessin écrit spécialement pour l’internaute financeur. Celui ci peut même être invité à participer à une partie de la création du projet). Ici l’originalité est reine. A vous de savoir ce qui peut intéresser vos fans et leur faire plaisir. Certains artistes s’amusent aussi à mettre des contreparties fantaisiste pour des prix improbables, … et ca marche !

Tous les internautes n’ont pas le même budget ou la même passion. Pour réussir ce qui compte c’est de trouver des contreparties qui intéresseront les différents types de public.

Ne négligez pas la réflexion ici, une offre interessante pour vos fans aidera à votre succès. Même à un dollar on peut offrir une contrepartie interessante.

J’aime bien l’exemple de la peintre Molly Crabapple: pour son projet « une semaine en enfer » elle va s’enfermer dans une chambre d’hotel pendant 5 jours pour peindre sur les murs couverts de papier et propose aux fans qui ont misé un dollar un accès privé pour la suivre en livestream vidéo tout au long de sa session de peinture. Les fans ayant misé plus recevant une partie de la toile finale dédicacée, ceux ayant misé encore plus pouvant choisir la partie de la toile qu’ils veulent.

D’autres exemples d’offres segmentées

John Freese le batteur de Nine Inch Nails avait une offre particulièrement mémorable (ce n’était pas du crowdfunding, mais son offre peut être copiée) où certains prix permettaient à des internautes de se ballader en ville avec lui, de prendre une de ses batteries au choix ou encore d’obtenir un massage de pieds (mais il espérait que personne ne choisirait cette offre la !).

Pour 75 000$ il proposait de devenir batteur pour votre groupe pendant un mois et si vous n’aviez pas de groupe, de devenir votre assistant personnel!

🙂

Le système d’offre segmentée avec des contreparties variables a été popularisé par le pionnier Trent Reznor qui avait lancé son album Ghost avec différentes offres correspondant aux différents public, des fans occasionnels aux fans purs et durs:

  •  À la base, il y avait un téléchargement gratuit. L’album comptait 36 morceaux. On pouvait télécharger gratuitement les 9 premiers, et les 36 étaient sous licence Creative Commons, donc il était possible de les partager légalement. Bref, quand on voulait les télécharger gratuitement sur le site de NIN, on n’avait que les neuf premiers.
  • Pour 5 $, on recevait les 36 morceaux et un fichier PDF de 40 pages.
  • Pour 10$, vous receviez une boîte avec deux CDs et un livret de 16 pages.
  • Pour 75 $ on recevait un coffret édition deluxe à 75 dollars, qui contenait tout un tas de choses (dvd et un disque blu-ray, un beau livret, le tout fourni dans une boîte sympa).
  • Pour 300 $ on recevait un coffret ultra deluxe édition limitée tirée uniquement à 2500 exemplaires, et tous dédicacés par Trent Reznor.

Ce n’étaient pas du crowdfunding (Reznor avait autoproduit son album), mais le principe des différentes contreparties proportionnelles aux différents prix est le même et peut être imité.

Exemples d’artistes utilisant le crowdfunding

Cas d’école, l’exemple de financement participatif du projet de l’artiste américaine Amanda Palmer qui a récolté 100 000 $ en 6 heures sur Kickstarter, pour un total de 1 192 793 $ sur les 27 jours restants avec presque 25 000 donateurs, alors qu’elle avait prévu initialement de lever 100 000$ en 32 jours.

Notez que comme le remarque Hypebot, Amanda a non seulement financé son album, un livret d’art avec des oeuvres graphique, mais aussi pre-vendu des places pour des concerts privés (25% des gains).

De plus il semble qu’elle est volontairement sous estimé ses demandes en demandant « seulement » 100 000$ (elle en avait récolté plus de 200 000 lors d’une campagne précédente) pour augmenter l’apparence de succès et donc le buzz.

Notez aussi que ce succès n’est pas arrivé du jour au lendemain et c’est une artiste qui a bien compris comment interagir avec ses fans pour leur donner une raison d’acheter (voir la stratégie de Ian Rogers pour promouvoir et vendre sa musique comme une rock star)

Le financement participatif peut être utilisé pour différents domaines: BD, matériel educatifs, vidéo, voici d’autres exemples d’artistes qui ont utilisé le crowdfunding avec succès et des retours d’expérience d’utilisation de financement participatif pour des projets de cinéma.

Plateformes de crowdfunding francophones

Si Kickstarter reste la référence en matière de plateforme de financement participatif, il est plutôt destiné a un public anglophone. Mais depuis peu on voit des clones francophones apparaitre. Voici une liste de services que vous pouvez explorer et tester:

Un logiciel Open source pour créer votre propre site de Crowdfunding

Selfstarter est un logiciel open source basé sur la technologie Ruby on Rails et qui permet de créer son propre site de crowdfunding:

Des plugin WordPress pour créer votre propre site de Crowdfunding

Si vous utilisez WordPress pour votre site web, il existe un module complémentaire (plugin) qui permet de créer votre propre clone de Kickstarter.
Baptisé IgnitionDeck ce module WordPress coûte 59$.
Autre solution, le plugin Crowdfunding par Astoundinfy qui s’intègre avec un autre plugin WordPress pour permet de gérer une campagne de financement participatif. Les developpeurs proposent des thèmes premium qui fonctionnent avec pour créer un clone de Kickstarter.

Avantages:

  • vous pouvez proposer directement n’importe quel projet à vos fans (pas de risque de voir un projet refusé si vous ne respectez pas certains critères imposé par la plateforme de financement)
  • le système de collecte de fonds est intégré directement sur votre site et utilise les réglages de votre thème,
  •  évite d’envoyer les fans sur un autre site externe avec un aspect different ou les force à s’inscrire à un autre service.
  • vous pouvez faire autant de campagnes de levée de fonds que vous le souhaitez (Voir l’exemple de Uniform Motion ci dessous).
  • les fonds sont récoltés via votre compte Paypal
  • il est possible d’avoir des widgets exportables sur d’autres sites afin de collecter des fonds ailleurs que sur votre site et avec l’aide vos fans les plus actifs
  • intégration avec des services de mailing comme Mailchimp pour ajouter directement vos acheteurs à votre mailing liste
  • intégration avec les réseaux sociaux pour passer le message
  • stats sur les campagnes en cours

Inconvénients:

  • en anglais
  • même si ce n’est pas difficile, il vous faudra un minimum de connaissance de WordPress (installation et paramétrage de plugin) ou au moins de motivation pour mettre ce système en place. Ou bien embaucher un developpeur WordPress pour l’occasion.
  • il se peut que vous ayiez moins de visibilité que si vous étiez sur une plateforme déja établi et qui voit passer du traffic (encore que la aussi rien ne dit que vous serez visible). Mais ce n’est pas un problème si vous avez déjà une communauté de fans importante.

Applications aux concerts participatifs

Encore peu connu, ce plugin a été utilisé de façon très intéressante par le groupe Toulousain Uniform Motion pour son projet One city per second.
Le principe: utiliser le financement participatif pour préorganiser des concerts dans différentes villes. Pour cela une campagne est crée pour chaque ville avec un objectif de financement calculé en fonction du prix du trajet et des autres coûts comme la location de la salle ou du matériel.
« Nous fixons une date et une limite pour le financement du concert. Les gens peuvent financer le concert à différents niveaux (en payant juste un ticket ou payant aussi pour du merchandising) et si nous atteignons notre objectif, nous sautons dans voiture, avion, train, jouons le concert et amenons tout le merchandising avec nous. »
Notez que si vous voulez proposez à vos fans de tels concerts à la demande avec un modèle de financement participatif  la plateforme Plemi vous permet d’organiser vos propres concerts participatifs sans installation (j’en reparlerai plus en détail).

Comment déclarer les fond levés ?

Enfin pour rentrer un peu plus dans le coté pratique, voici un article qui vous donne des pistes sur comment déclarer les fonds levés grâce au crowdfunding.

 

Autre ressources francophones sur le financement participatif

  • le site Monartiste qui publie des analyses sur les nouveaux modes de financement de la création avec pas mal d’exemples du monde du cinéma. L’auteur Nicolas Dehorter (@monartiste) a aussi publié un livre sur le crowdfunding.
  • Le site Ouishare dédié à l’économie collaborative a une section d’actualité dédie au crowdfunding, mais propose aussi des actus sur d’autres modèles collaboratifs.
  • La page Wikipédia dédiée à la production communautaire présente des exemples dans plusieurs arts.

Attention au sur-financement

Même si le cas est rare, voici une note d’avertissement sur les risques liés au sur-financement de projet. La plateforme Kickstarter, leader dans ce domaine, s’est ainsi fendue d’un billet expliquant qu’un surplus d’argent peut générer un certain nombre de difficultés. Numérama les détaille dans ce billet.

A suivre…

Je mettrai ce guide à jour au fur et à mesure pour l’enrichir. Si vous avez des exemples ou d’autres astuces, laissez les dans les commentaires et je les ajouterai.

 

Playlists et Remix: le futur de la musique

Dopé par la culture web et du partage de musique, les playlists semblent devenir un nouveau format musical standard qui pourrait devenir plus important que l’album traditionnel. Dans ce contexte la diffusion de playlists va devenir un nouveau mode de découverte essentiel pour les artistes.

Derrière la playlist, le remix s’impose lui aussi comme un nouveau standard dans la création culturelle.

Loin d’être marginaux, ces usages sont en train de devenir des phénomènes majeurs et incontournables de la musique avec des conséquences qui vont bien au dela du web.

 

Le nouveau contexte de la musique en ligne

Une tendance importance dans le contexte actuel du web est l’abondance de contenus. La où avant sur un étal de magasin de musique il y a avait quelques centaines de CDs, il y a maintenant des millions de contenus en ligne.

Il y a maintenant un tel excès de contenus sur internet, que chacun est en compétition pour l’attention des gens. Le problème des artistes n’est donc pas le piratage, mais l’obscurité.

Conséquence de cette abondance, une autre tendance grandissante est la curation de contenu qui consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus les plus pertinents du Web pour un sujet donné.

Curation et diffusion prescriptive

J’argumente depuis longtemps qu’une forme de curation, la diffusion prescriptive va devenir le moteur le plus important de découverte musicale et que les artistes devraient tenter de favoriser ces formes de curations et diffusion car il s’agit de promotion ciblée et gratuite.

Même si les investisseurs californiens qui financent les Facebook, Spotify ou Pandora sont persuadés que l’avenir de la musique ce sont des services logiciels de recommandation musicale, je crois plus à la curation humaine plutot que celle faite par des algorithmes.

Parce qu’ils se basent sur mes habitudes existantes ou celles de personnes comme moi, ces programmes ont du mal à prendre compte que mes habitudes changent ou à me faire découvrir quelque chose de radicalement nouveau par rapport à ce que j’écoute déja.

Alors qu’écouter une compilation faite par un ami a une valeur différente, justement parce que c’est un ami qui l’a faite.

De la compilation à la playlist

Le phénomène de « playlisting » est ancien. De même qu’avant on enregistrait sur nos cassettes audio des compilations que l’on pouvait aussi échanger, de nos jours, la playlist web se développe aujourd’hui a grande vitesse.

Depuis la révolution du iPod et des baladeurs numériques, on voit ainsi de plus en plus d’échanges de playlists entre amis.

On voit maintenant aussi des outils dédiés pour mieux gérer ces partages de playlists.

Un lecteur musical de playlists

Tomahawk est un lecteur multimédia de playlists. Le principe est simple, vous et vos amis partagez des playlists, sans envoyer les fichiers. Tomahawk lit ces fichiers playlist et cherche la musique correspondante.

Si la musique correspondante se trouve sur votre ordinateur, il la lit directement, sinon il recherche sur des services en ligne comme SpotifySoundCloud, Jamendo ou Youtube, Last FM… mieux, il est capable de lire de la musique stockées dans les répertoires partagés par les autres internautes connectés au logiciel.

Il ne recopie pas la musique, (ce n’est pas du P2P !!), il la lit à partir des autres plateformes et centralise la lecture sur son interface sans téléchargement.

Le projet open data lawn expérimente ce nouvel usage en proposant des playlists téléchargeables et écoutable via Tomahawk. Ces playlists sont mise à disposition sous .xspf, un format de fichier qui stocke une liste de fichiers multimédia (ici de l’audio) ou plutôt une liste de chemins d’accès à ces fichiers.

Des playlists illustrées

Autre signe que la playlist gagne son statut d’oeuvre à part entière, Decorated playlist est un projet explorant le lien entre musique et design en proposant des playlists illustrées graphiquement, se rapprochant de plus en plus d’un format d’album en ligne.

Un nouveau standard ?

Dans ce contexte, il est interessant de regarder la playlist comme un nouveau format musical à part entière au même titre que l’album avant lui.

Soyons clair, la compilation existe depuis longtemps et nous avons tous achetés des compilations de rock, jazz, classique sur CDs.

La nouveauté c’est que la compilation devient « 2.0 », c’est à dire que les auditeurs, ne sont plus seulement acteurs, mais producteurs.

La où avant quelques majors sortaient quelques compilations par an, ce sont maintenant des milliers de personnes qui créent et diffusent leur playlists.

Et chacun étant capable de créer une playlist, il y a plus de créateurs de playlists que de créateurs d’albums. Et donc potentiellement que l’on aura peut être bientôt plus « d’oeuvres » de type playlists que « d’ oeuvres » de types albums.

Ainsi il faut s’attendre à ce que certains bloggueurs et autres musicophiles influents deviennent des producteurs de musiques majeurs.

Un nouveau mode de découverte ?

Un Quentin Tarantino qui sélectionne des musiques pour ses films a probablement fait vendre beaucoup plus de musique à certains des artistes sélectionnés que leur propres albums.

Verra t-on le meme phénomène grâce aux playlists ? Je pense que oui et que dans le futur la découverte sera de plus en plus via des partages de playlists que par des partages d’albums.

Au dela de la playlist: le remix

Que ce soit dans le développement logiciel ou la musique. le remix est une autre tendance majeure du web.

Le remix est un hybride plus ou moins poussé entre les morceaux, à tel point que ceci posent un problème juridique l’oeuvre étant à la fois nouvelle mais aussi composée de morceaux de matériels anciens souvent soumis au droit d’auteur.

Comme j’en parlais dans l’article nouvelle tendance: les remix et mashup de vidéos musicales, cette forme de création grandit très vite et va devenir un usage majeur très bientôt.

Pour entrevoir à quoi va ressembler le futur de la musique, il est interessant de voir ce qui existe déja dans des secteur qui ont déja été bouleversés par le web.

Le monde du logiciel comme indice du futur de la musique

Dans le monde du logiciel en ligne il y a déjà un usage de remix courant que l’on appelle « mashup » (littérallement « purée »).

Un mashup consiste a un assemblage de différent logiciels distinct pour créer une nouvelle application. Google maps est un exemple de logiciel qui a été très utilisé pour des mashups. On trouve ainsi des googles maps de délinquance, de maisons a vendre, d’évènements

Encore une fois ces mashup ne sont pas l’apanage de quelques grosses entreprises, mais plus souvent viennent d’individus qui créent quelque chose qui répond à leur propre besoin, mais une fois mis en ligne peut intéresser beaucoup de monde.

Ce nouveaux outils peuvent réutilisé voire même remodifiés une nouvelle fois par les utilisateurs.

Les artistes peuvent ils utiliser cette tendance en la favorisant comme le font déja les developpeurs ?

Favoriser le remix en imitant les developpeurs ?

Dans le monde du logiciel en ligne, les developpeurs qui veulent favoriser la réutilisation et le remix de leurs logiciels mettent à disposition des developpeurs tiers ce que l’on appelle une API, c’est a dire une forme d’accès à l’application sous forme de flux réutilisable par les développeurs tiers.

On pourrait imaginer que les musiciens mettent en ligne leur morceaux sur des services assez ouverts comme Soundcloud grâce auxquels les internautes pourront écouter la musique et l’ajouter à des playlists écoutables par leurs amis via un lecteur comme Tomahawk.

Et que les artistes qui comme Trent Reznor veulent promouvoir le remix par leurs fans peuvent placer leur morceaux sous licence Creative commons et autoriser le téléchargement sur Soundcloud.

Le phénomène DJ

Sur scène aussi, cette tendance grandit. Depuis plusieurs années les DJs, dont la plus grande partie du travail consiste à sélectionner et diffuser les meilleures musiques selon l’humeur et le gout du public, ont de plus en plus de succès.

Si les musiciens jouent de leur instrument en mixant les notes, les DJs jouent du leur en mixant les samples et les morceaux.

Ainsi dans la scène musicale contemporaine naissante de Bombay où je travaillais, les DJs avaient souvent plus de succès que les groupes auprès du public (mais aussi des organisateurs pour des raisons de couts).

On voit de plus en plus d’artistes comme Midival Punditz qui samplent des morceaux de musique traditionnelles pour les remixer avec des beats contemporains. Mieux ceci donne lieu ensuite à des collaborations live où DJs et intrumentistes

En France aussi depuis plusieurs années des artistes comme Rubin Steiner innovent, fusionnant les styles et mixant l’électronique et le live avec brio.

 

Conclusion

Vous l’aurez compris on est loin de l’ancien modèle, « je produit des chansons, un album, je presse un CD et je le vends ».

Dans un monde où chacun peut être producteur ou diffuseur et où les contenus musicaux sont disponible en quantité quasi-illimitée, il faut arrêter de regarder sur le passé et focaliser le présent.

Quelque soit le futur de la musique, la production et la diffusion de playlists par les fans et le remix seront des usages majeurs avec lesquels ils faudra compter.

Les changements qui surviennent sont certainement perturbants mais à mon avis nous sommes à la veille d’une explosion de créativité qui ouvrent un nouveau monde d’opportunités pour les artistes.

 

Nouvelles techniques photos pour de magnifiques vidéos

Voici une compilation de techniques photos innovantes, mais néanmoins accessibles pour concevoir des vidéos magnifiques sans un budget hollywoodien.

Le numérique ne révolutionne pas seulement la musique, mais aussi la photo. Comme les musiciens qui peuvent maintenant avoir accès a un home studio de qualité professionnelle pour un prix abordable, les photographes ont maintenant accès à des appareils d’une qualité incroyable.

Mieux la frontière entre photos et vidéos devient de plus en floue et les artistes s’en amusent.

Voici donc une petite compilation de techniques photos particulièrement intéressantes pour créer des vidéos.

Pour chaque technique je vous ai mis un ou deux exemples vidéos et le liens vers l’article wikipédia en francais et en anglais (souvent plus complet).

Stop motion / animation en volume

Le stop motion est une technique d’animation permettant de créer un mouvement à partir d’objets immobiles déplacés légèrement entre chaque prise. Je vous avais déjà montré cette vidéo précédemment:

 

Notez les variantes qui utilisent une nombre plus ou moins élevés d’images pour créer une effet d’accélération ou de ralentissement:

Time lapse / accéléré

 Slow motion / ralenti

HDR / Imagerie à grande gamme dynamique

Une technique qui permet représenter de nombreux niveaux d’intensité lumineuse dans une image et donne des effets suréalistes.

Des extraits d’une vidéo musicale réalisé en HDR:

Je n’ai pas trop aimé la musique de l’originale mais pouvez néanmoins la voir ici

Une HDR avec different traitements, vous pouvez voir la diversité des résultats que l’on peut obtenir.

 

Steadycam

Le glidecam ou steady cam est un système de stabilisateur qui permet d’obtenir un effet de survol, comme si la caméra était sur un rail ou un hélicoptère.

 

Voici une vidéo montrant comment ça marche:

Grand angle filmé avec Reflex

Une objectif grand angle permet un cadrage large d’objets rapprochés dont on ne peut pas s’éloigner.

 

D’après l’ami Victor, ces séquences ont été filmé avec un appareil photo Reflex numérique et un grand angle ce qui donne des superbes effet, parfait pour les grands espaces de ces fous du vide. Cette séquence est un trailer, mais vous pouvez télécharger le fim complet qu’ils ont autoproduit pour 5€.

Décentrement

Une technique originale qui consiste à prendre une partie latérale de l’image photographiée et qui donne du coup des effets très intéressants.

Dans l’exemple ci dessous l’artiste utilise du décentrement combiné à du time-lapse pour donner une illusion de miniature. Les décors, les gens, les voitures, tout a l’air de jouets, de fourmis. Fascinant !

 

Une vidéo musicale moins riche mais sympa aussi:

Et un bonus: comment faire des scènes de miniatures avec photoshop

 

Remix, Collaboration, …

Toutes les techniques décrites peuvent être combinées pour créer des effets encore plus spectaculaires.

Mieux, avec la démocratisation des technologies professionnelles pour les amateurs de photo, vidéos ou musique le potentiel pour des collaborations entre artistes de différentes disciplines augmente et avec lui la créativité artistique.

Que vous soyez musiciens, photographes ou vidéaste, ne restez pas tout seul et cherchez des collaborateurs pour compléter votre talent !

 

D’autres techniques ?

Je ne suis pas photographe moi même et j’en ai surement oublié. si vous en connaissez, merci de me donner des vidéos d’exemples dans les commentaires et je les ajouterai à l’article.

Une fête à la copie pour repenser le droit d’auteur

La bibliothèque de la Roche-sur-Yon organise une rencontre originale pour faire réfléchir sur le droit d’auteur.

Des débuts de la musique enregistrée à l’apparition d’internet, le droit d’auteur a été ces dernières années un pilier de la rémunération des artistes et des industriels de la culture. Mais aujourd’hui le paysage a changé.

L’internet est une gigantesque machine à copier et le public à les moyens et l’envie de partager de nombreuses œuvres . On peut le regretter et voir ce que l’on perd, comme les industriels qui se battent contre leurs clients pour sauver leur modèle économique ou voir le positif, la promotion des artistes par les fans, le financement de projets artistique par les fans, de nouveaux modèles économiques basés sur la gratuité et le partage qui commencent à se dessiner ou encore la culture du remix qui invente de nouveaux genres.

Dans ce contexte, il est souhaitable d’avoir une réflexion sur le rôle que doit jouer le droit d’auteur. D’où l’initiative originale de la bibliothèque de la Roche-sur-Yon, qui organise une Copy Party, la première « Fête à la Copie » !

Résumé par Lionel Maurel, l’un des organisateurs:

la Copy Party  une manifestation qui aura lieu le 7 mars prochain, à la Bibliothèque Universitaire de la Roche Sur Yon, et au cours de laquelle les lecteurs seront invités à copier, avec leur propre matériel (scanners, ordinateurs portables, appareils photos, smartphones, etc) des documents issus des collections de l’établissement. Ce sera l’occasion de sensibiliser les participants à la problématique du droit d’auteur à l’heure du numérique et de réfléchir aux enjeux de la circulation et du partage des savoirs. D’un point de vue juridique, la Copy Party s’inscrit complètement dans un cadre légal, car elle s’appuie sur l’exception de copie privée, telle qu’elle a été modifiée à la fin de l’année dernière.

(…)

La première intention est de sensibiliser les participants aux questions liées au droit d’auteur et à la diffusion des savoirs, en prenant cette manifestation comme un cas pratique. Nous allons en effet rapidement nous rendre compte que même en accédant à des « sources légales », bénéficier de la copie privée reste une chose compliquée. En effet, les règles sont susceptibles de changer selon les types de documents (livres, CD, DVD, jeux vidéo, logiciels, bases de donnée, etc). Il est aussi possible que nous nous heurtions à des DRM, qui empêcheront la reproduction. Il y a aussi la question de l’usage que l’on peut faire des copies réalisées dans ce cadre, qui reste très restrictif (elles doivent être « réservées à l’usage du copiste et non destinées à une utilisation collective »). Ces difficultés vont certainement nous amener « en creux » à réfléchir sur les justifications de ces restrictions à l’accès au savoir, dans le cadre d’une bibliothèque. Plus largement, l’acte de copie devient de plus en plus problématique, parce que la propriété intellectuelle, ébranlée par l’environnement numérique, ne parvient pas à retrouver ses assises, malgré le durcissement continu du système…

Lire la suite de la présentation sur Framablog…

Moi je reste persuadé que le partage des oeuvres favorise la richesse et la diversité culturelle et qu’une adaptation du droit d’auteur aux nouveaux usages est fondamentale pour bâtir les nouveaux modèles économiques équitable pour les artistes. J’espère donc voir de telles initiatives se multiplier pour que la discussion soit lancée.

Connaissez vous les concerts de dessins ?

Mélange de musique live et de dessin en direct, le principe des concerts de dessin c’est un spectacle de scène qui permet au public d’assister en direct à la création d’une bande dessinée, réalisée par des auteurs au cours d’un concert.

Concrètement une caméra est placée au dessus du dessinateur et filme la réalisation des dessins tandis qu’un vidéo projecteur retransmet en direct l’image au dessus des musiciens.

Voici quelques images et une vidéo pour vous montrer à quoi ça ressemble:

 

Des étapes d’un concert de dessin (j’ai oublié la source)

 Des dessins réalisés par l’amie Marion lors d’un concert de dessin à Bordeaux

 

Extrait vidéo d’un concert de dessin à Angoulème avec Blutch au dessin, Frédéric Deville au violoncelle et Yom à la clarinette.

 

Un nouvel exemple de collaboration fructueuse entres artistes, qui demande peu de matériel mais seulement un peu d’imagination et l’envie de travailler avec d’autres personnes.

Regardez si autour de vous il n’y a pas d’autres artistes, amis qui galèrent et si vous pouvez tirer parti de vos différences et des complémentarités de chacun.

En travaillant ensemble, on est plus fort. Même si ce n’est pas facile (ça demande une envie, de la patience, du respect et de l’écoute de la part de chacun), cela peut apporter beaucoup à tous.

 

Le crowdfunding pour les artistes

Le « crowdfunding« , littéralement le « financement par la foule » est un système de financement participatif où des individus qui ne se connaissent pas peuvent investir ensemble dans un même projet. La multiplication des petites sommes collectées auprès de nombreuses personnes permet à des porteurs de projets de réunir des fonds qu’il n’aurait pas pu obtenir via des sources de financement classiques et ce sans intermédiaires.  L’apparition de plateformes dédiées ces dernières années a ouvert le développement de ce système à grande échelle et a déjà permis quelques beaux succès.

Cela faisait longtemps que je voulais publier un article sur le sujet, Calimaq a déjà fait un très bon travail, je me permet donc de reproduire son article ici:

 Licences libres et crowdfunding : une combinaison gagnante !

Creative Commons License

Cette article a été initialement publié par par Calimaq est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité 2.0 France.

La question revient souvent à propos des licences libres de savoir si elles sont réellement capables de s’articuler avec des modèles économiques viables pour la production de biens culturels, autrement que par le système de monopole exclusif du droit d’auteur « classique ».

La semaine dernière, j’ai reçu par la Poste une preuve tangible que de tels modèles économiques peuvent exister, en associant licences libres et crowdfunding (financement participatif), ce système dans lequel le créateur demande en amont au public de contribuer à la réalisation d’un projet en donnant une somme d’argent laissée à son appréciation.

Vous vous souvenez peut-être qu’en mai dernier, j’avais écrit un billet à propos du projet de la dessinatrice et activiste de la Culture libre, Nina Paley, qui avait utilisé le site de crowdfunding américain Kickstarter pour lancer un appel aux dons en vue de publier des minibooks mettant en scène ses deux personnages de BD, Mimi & Eunice, dans des strips en trois cases traitant de la propriété intellectuelle et de ses excès (Intellectal Pooperty).

L’originalité du projet résidait dans la « licence » retenue par Nina Paley pour ses ouvrages : le Copyheart qui se résume à ceci :

♡ Copying is an act of love. Please copy.

Nina Paley demandait 3000 dollars pour imprimer les minibooks et les envoyer sous forme de récompense à ses contributeurs.

Cet objectif a été atteint en… deux jours (!!!), puis très largement dépassé pour permettre d’imprimer 10 000, puis 20 000 minibooks, avec au total plus de 8000 dollars collectés par le biais des dons de 305 personnes.Visiblement le plus difficile fut d’arriver à expédier les BD à tous les contributeurs partout dans le monde, à cause des facéties de la poste américaine. Bravo Nina pour cette réussite !

Ayant fait un don de 25 dollars pour soutenir ce projet, j’ai eu le plaisir de recevoir la semaine dernière non pas 5 minibooks comme promis mais 15, grâce à l’argent supplémentaire récolté.

Je dois avouer que c’est avec une certaine émotion que j’ai lu ce petit livre, qui prouve qu’une création peut naître et toucher un public en dehors de tout système de protection de la propriété intellectuelle. Mais les choses ne s’arrêtent pas là, car en creusant un peu, je me suis rendu compte que d’autres projets sur la plateforme Kickstarter associent licences libres et crowdfunding, de manière souvent très inventive.

Une page recense en particulier les projets utilisant les licences Creative Commons et je vous invite vivement à la visiter.

Vous y découvrirez par exemple le projet Smarthistory, qui vise à produire des vidéos pédagogiques sur l’histoire de l’art, placées sous licence CC-BY-NC-SA, et rassemblées sur un site qui constitue un véritable manuel éducatif interactif. Cette initiative associe plusieurs musées dans le monde et a été primée aux Etats-Unis.

Plusieurs projets portent sur l’édition de livres, sous forme imprimée et/ou numérique. J’avais déjà évoqué dans un billet précédent le cas de Robert Sloan, qui a réussi à faire financer l’écriture de son premier roman par une communauté de fans, en contrepartie de le placer sous licence libre, ou celui du projet Gluejar, qui me paraît très prometteur.

D’autres exemples de projet d’édition sont particulièrement intéressants. Avec The Wise Roads, deux éducateurs ont utilisé Kickstarter pour rassembler suffisamment d’argent pour organiser un voyage éducatif le long de la côte ouest des Etat-Unis, en testant de nouvelles méthodes d’apprentissage basées sur les échanges avec l’environnement. A l’issue de cette expérience, ils écriront un manuel racontant leur périple et donnant des indications pour permettre à d’autres de mettre en place de nouveaux voyages éducatifs. Ce livre sera mis gratuitement à disposition sous licence CC-BY en version électronique et vendu en format papier.

OpenUtopia est un autre projet éditorial qui vise à produire une nouvelle traduction de l’Utopie de Thomas More, en Open Source, en Open Access, sous de multiples formats et sous la forme d’un site interactif en ligne. C’est une excellente manière de faire revivre une oeuvre du domaine public, sans l’enfermer sous une nouvelle couche de copyright, comme c’est hélas bien trop souvent le cas et je vous conseille de visiter le site, qui comporte même un WikiTopia pour écrire de manière collaborative une nouvelle utopie.

Un peu dans la même idée, transposée dans le domaine de la musique, on trouve plusieurs projets dont le but est de produire des enregistrements libres de droits de morceaux de musique classique. C’est le cas du projet Musopen, qui avait fait parler de lui en 2010, et qui consistait à rassembler suffisamment d’argent pour faire enregistrer par un orchestre de musique classique des oeuvres de Beethoven, Brahms, Sibelius ou Tchaikovsky. Les musiciens ont accepté de renoncer à leurs droits voisins sur leurs interprétations, ce qui permet de les verser dans le domaine public en utilisant la licence Creative Commons Zéro (CC0). Ce projet a connu un succès retentissant sur Kickstarter avec plus de 60 000 dollars récoltés (6 fois plus que la somme initialement escomptée…). Sur le même principe, une suite a été donnée à ce projet pour libérer les Variations Goldberg de Bach et produire à la fois une partition et un enregistrement libres de droits (23 748 dollars).

De manière peut-être plus inattendue, on trouve également sur Kickstarter des projets citoyens d’Open Data combinant licences libres et crowdfunding. Une initiative propose par exemple de créer une carte libre des transports en commun de Cincinnati pour inciter les citoyens de la ville à utiliser davantage et mieux ces infrastructures (ça ne vous rappelle rien ? ;-). Un autre projet, RDTN.org (Radiation Detection Hardware Network) proposait de rassembler des fonds pour acheter du matériel permettant de procéder à des relevés des taux de radiation au Japon, de manière à pouvoir critiquer les chiffres avancés par le gouvernement, toutes les données collectées étant placées sous licence CC0. Il a rassemblé plus de 36 000 dollars et propose d’évoluer vers une sorte d’Open Street Maps de vigilance citoyenne sur la radioactivité.

Encore plus surprenants, ce sont les projets qui proposent de placer des objets physiques sous licences libres, comme des puces électroniques ou des fraiseuses de salon, permettant de réaliser soi-même toutes sortes d’objets dans l’esprit de l’impression 3D ! Dans le projet de fraiseuse Open Source DIYLILCNC 2.0, les contributeurs à partir d’un certain niveau de dons peuvent aussi voter pour faire évoluer le projet dans tel ou tel sens, ce qui renforce la dimension collaborative.

On le voit, les possibilités sont vastes pour créer des modèles économiques avec des licences libres. Certains projets placent leurs produits sous des licences très ouvertes, en assurant le financement en amont par le biais du crowdfunding. D’autres conservent la restriction NC (pas d’usage commercial) pour pouvoir mettre en œuvre des formes d’exploitation commerciale des produits créés, tout en garantissant des usages ouverts par le biais des licences Creative Commons.

Cette page ne recense pas tous les projets utilisant les licences Creative Commons sur Kickstater, loin de là et je vous laisse continuer l’exploration des possibles, si ce sujet vous intéresse.

Évidemment, je ne prétends pas que cette combinaison du crowdfunding et des licences libres a pour vocation de remplacer entièrement les formes traditionnelles de financement, mais elle ouvre des pistes intéressantes et présente l’intérêt de mettre directement en relation les créateurs et leurs publics, plutôt que de les dresser les uns contre les autres et de perpétuer la rente de situation d’intermédiaires dont l’utilité devient de moins en moins évidente.

 

Creative Commons License

Cette article a été initialement publié par par Calimaq est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité 2.0 France.

Un fan crée un clip pour Radiohead à partir de vidéos Youtube

La créativité et la patience des fans est sans limites. Je vous parlai récemment d’une nouvelle tendance: les remix et mashup de vidéos musicales. Et bien dans la même genre voici encore une innovation fascinante.

Fan de Radiohead, Ohadi Amram a combiné et mixé 36 vidéos Youtube d’autres fans interprétant la chanson Paranoid Android  pour réaliser un clip musical complètement nouveau et dont la musique a été crée entièrement à partir des clips vidéos qu’il a montés.

Sacré boulot et un nouvelle version du morceau sympa.

Un exemple qui montre un fois de plus que les fans ne sont pas juste des consommateurs, mais aussi des passionnés plein de créativité qui sont capables de faire des choses prodigieuses pour un groupe qu’ils aiment.

 

nouvelle tendance: les remix et mashup de vidéos musicales

On connaissait les DJs qui sample les sons et produisent des remix audio, les VJs qui mixent les vidéos. je vous parle aujourd’hui d’une nouvelle tendance que je vois se développer, les mashup vidéos musicaux.

Sample et remix audio

Dans la musique, le sampling et le remix existent depuis longtemps. Je vous avais déjà dit que les remix favorisent la créativité culturelle (regardez cette vidéo pour voir comment le Amen Break, un sample de 5 s a influencé des génération de musiciens et donné naissance à des nouveaux styles musicaux).

Plusieurs artistes utilisent le remix comme technique de création comme:

  • DJ Danger Mouse qui s’etait rendu célèbre avec le grey album, mixant des morceaux du White album des Beatles et des morceaux a cappella du Black Album du rappeur americain Jay-Z.
  • Manu Chao – Bongo Bong (sur l’album Clandestino : paroles de King of The Bongo de son ancien groupe La Mano Negra, sur sa musique de Je ne t’aime plus)
  • DJ Zebra, ancien bassiste de Billy the kick et DJ du milieu rock, compose exclusivement a partir de morceaux d’autres artistes qu’il remixent et chose intéressante a interprété plusieurs de ses créations en concert avec les artistes originaux: Dionysos, Anis, La Phaze, Leeroy

Pour en savoir plus, Wikipedia a un article très complet sur les mashup musicaux.

Comme la plupart des du temps les artistes qui mixent utilisent du matériel dont ils ne possèdent pas les droits, les maisons de disques ou les artistes dont les morceaux sont utilisés combattent les remix.

D’autres artistes au contraire les encouragent. C’est le cas de Trent Reznor qui a une plateforme dédiée au remix sur son site comme j’en avais déjà parlé dans l’article Nine Ich Nails donne un nouveau morceau et continue à encourager les remix.

C’est quoi un Mashup ?

Le mashup (littéralement purée) consiste à mélanger des éléments séparés pour faire quelque chose de nouveau. Sur internet, cette tendance a commencée d’abord avec les logiciels ou des programmeurs combinent différentes applications pour créer des applications composites, par exemple google map combiné avec des petite annonces pour afficher sur une carte les maison à louer.

Les Mashup Musicaux

Il existe plusieurs styles de Mashup vidéos, certains n’ayant pas nécessairement de musique. Les mashup musicaux combinent remix audio ET vidéo. En voici quelques exemples:

DJ Danger Mouse – The grey album music video

Rage Against the Machine Vs. David Guetta ft. Kid Cudi: « Testify Memories » par Andy Hagen

Un mélange inattendu, mais qui marche plutôt bien 🙂

Si vous êtes curieux voici les clips orignaux:

Iggy pop vs The Kinks par DJ le clown

Alors que je rédigeais cet article et comme pour confirmer ce que je disais, mon dernier follower sur Twitter DJ le clown, est un artiste mashup francophone.

Un nouvel art

On connaissait les DJs qui remixent les sons, les VJs qui remixent les vidéos, il faudra maintenant compter avec un nouvel artiste qui remixent les 2 pour créer un nouvelle œuvre. Pour l’instant c’est un genre encore nouveau et la qualité est inégale, mais avec la démocratisation des outils informatiques et l’accès à un nombre illimité d’œuvres sur internet cela devrait continuer à se développer.

La preuve, il y a déjà un un site qui s’occupe de recensé et de classer les meilleurs mashup musicaux : http://www.mashup-charts.com/

Évidemment comme beaucoup de pratiques apparus avec internet, cela pose un certain nombre de problèmes légaux puisque ces mashups utilisent la plupart du temps des œuvres sans posséder les droits.

Pour ma part je crois les remix favorisent la créativité culturelle et je suis content de voir apparaitre des tendances comme celle ci.

Car s’il faut penser aux moyens de financer les artistes et la culture l’avenir est à mon avis de créer des modèles économiques basés sur la gestion de l’abondance et non la gestion de la rareté comme c’était le cas avant. J’en reparlerai.

Le cinéma en pleine réinvention face au web

Two Fists One Heart, un film Australien de Shawn Seet produit par Disney/Buena Vista propose pour sa promotion une opération infiniment plus originale que l’inévitable site web dédié accompagné de la promo habituelle : ses producteurs ont décidé de mettre les scènes tournées et non montés lors du final cut sous licence Creative Commons (avec Attribution, ce qui leur permet d’obtenir un lien en retour vers le site du film).

Le cinéma en pleine réinvention face au web | ReadWriteWeb France

Lien: Minimun Noise, La production musicale en « Crowdsourcing »


Sur cette plateforme communautaire, les utilisateurs peuvent soumettre un projet, décrire leurs besoins et annoncer ce qu’ils sont prêts à payer pour sa réalisation. Ils peuvent être à la recherche d’une participation vocale, d’un joueur de basse,etc… l’idée est que l’un des membres de la communauté de Minimum Noise doit gérer le projet et rassembler les forces disponibles; trouver en ligne les compétences nécessaire à la réalisation du rêve d’un artiste.

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Minimum Noise, La production musicale en « Crowdsourcing »

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