Les vidéos crées par les fans et les mashups rapportent plus aux labels que les vidéos officielles

Selon le patron de la section digital de Universal Music, les contenus générés par les utilisateurs, qui incluent les vidéos produites par les fans et les mashups, rapportent souvent plus d’argent aux labels de musique que les vidéos produites officiellement.

Ceci est en parti du à l’amélioration de la monétisation des vidéos par Youtube et sa publicité, mais aussi et surtout au fait que les internautes sont de plus en plus créatifs et créent de plus en plus de contenus en ligne (et donc élargissent la visibilité des l’artiste et les recettes associées).

(Information rapporté par Hypebot: Fan Videos Make Labels More Money Than Official Music Videos, Says Universal Exec)

Ce genre d’annonce et le succès de Gangnam style (la aussi du en grande partie au contenus produits par les internautes) font que l’industrie de la musique va maintenant commencer à s’intéresser très sérieusement aux contenus générés par les fans.

Bref après quelque années de retard et après avoir pourchassé ses clients (« pirates ») qui remixaient leur artistes préférés, il y a peut être une chance qu’ils arrêtent de regarder les fans comme de simple consommateurs et réfléchissent à faciliter l’appropriation des oeuvres par ces co-créateurs et co-diffuseurs.

Il y a plusieurs années déja, je vous parlai de la créativité des fans et de l’importance de collaborer avec eux, je vous montrai des exemples comme Radiohead qui recrutait ses fans pour réaliser son prochain vidéo (2008), des fans qui réalisaient des clips vidéos pour leur groupe préféré (2009), ou un clip mashup de Radiohead réalisé par un fan à partir de 36 vidéos Youtube (2011).

Je vous parlai de cette nouvelle tendance très importante qui étaient en train d’arriver: les remix et mashup de vidéos musicales (2011).

Bien sur, tous les contenus générés par les utilisateurs (UGC) ne sont pas toujours très créatifs et, comme le pointe un commentateur de hypebot, « contenus générés par les utilisateurs » signifie parfois simplement un visuel servant de support à un album complet mis en ligne.

Mais même dans ce cas il ne faut pas oublier aussi l’importance des fans qui en publiant et diffusant spontanément les œuvres sur de multiples canaux et supports, deviennent des diffuseurs et prescripteurs bénévoles qui étendent la surface de diffusion au delà de ce que l’artiste et les professionnels autour de lui auraient pu faire.

C’est ce que j’entrevoyais quand je vous disais que ces diffuseur 2.0 seraient l’avenir des l’artistes (2008).

Alors content de voir que l’industrie commence a comprendre l’intéret de travailler avec les fans, mais je crois qu’elle a encore un train de retard.

Cela m’a donné envie de vous proposer une réflexion sur les tendances emergentes que j’entrevoit aujourd’hui et dans un prochain article je me risquerai à lancer quelques prédictions.

 

Modèles économiques pour les artistes: quels modèles pour la culture libre ?

Comment est il possible de financer la création culturelle tout en autorisant le partage ? Lionel Maurel (aka Calimaq), juriste, bibliothécaire et spécialiste du droit d’auteur et des biens communs étudie depuis longtemps les modèles ouverts. Dans cet article il revient sur son travail en cours de documentation des modèles économiques des projets sous licences libres. Point intéressant il s’attache a essayer d’identifier les particularités liées à chaque domaine (musique, cinéma, photos, livre, …) ou les problématiques sont différentes et les modèles ne peuvent pas être exactement les mêmes.

Cet article initialement a été publié le par sous Licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé

7 modèles économiques pour l’Open dans l’Art et la Culture

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Des modèles économiques ouverts dans l’art, pari impossible ?

Je me souviens clairement d’une discussion que j’ai eue avec un producteur de films qui soutenait que les licences libres ne pouvaient réellement fonctionner que dans le domaine des logiciels et des encyclopédies en ligne. En dehors des logiciels libres et de Wikipédia, la création culturelle, qu’il s’agisse de livres, de films, de musique ou de jeux vidéo, présentait  selon lui de trop fortes spécificités pour autoriser la mise en place de modèles économiques viables, capables d’assurer une diffusion de l’oeuvre au public et de rémunérer les créateurs.

C’est sans doute en partie à cause de cette conversation que j’ai accepté de me joindre au projet Open Experience, initié par Louis-David Benyayer dans le cadre de Without Model en partenariat avec Mutinerie à Paris. L’idée consiste à organiser des soirées thématiques pour réfléchir collectivement sur la question des modèles économiques de l’Open, dans différents secteurs (Logiciel, Science, Manufacturing, Data, etc). La première soirée aura lieu le 21 janvier prochain et sera consacrée à l’Art et à la Culture.

Une cartographie et 7 modèles économiques

Cet événement est pour moi l’occasion d’essayer de dresser une cartographie détaillée des différents modèles économiques repérables dans les multiples champs de la création : films/vidéo, musique, livres, photographie, jeux vidéo, télévision, presse. Sous le terme d’ »Open », je me suis concentré sur des projets qui placent les créations sous des licences libres ou des licences de libre diffusion, notamment les licences Creative Commons qui sont les plus répandues.

Ce panorama est le résultat de la veille que je conduis en matière d’usage des licences ouvertes depuis plusieurs années :

Create your own mind maps at MindMeister

A la lumière de cette cartographie, on peut constater que de nombreux expériences ouvertes existent en matière de création culturelle, bien au-delà des seuls domaines du logiciel libre et des encyclopédies, avec toute une palette de modèles économiques.

Chaque champ de la création (musique, cinéma, édition, jeux vidéos, etc) possède ses propres spécificités, mais on peut repérer quelques modèles récurrents :

  • Le recours au crowdfunding (financement participatif), qui permet aux créateurs de faire financer leur projet en amont de leur réalisation directement par le public, en contrepartie de quoi ils s’engagent à libérer leurs oeuvres sous licence ouverte. Cette formule passe par l’intermédiaire de plateformes comme Kickstarter aux États-Unis, Ulule ou KissKissBankBank en France.
  • Le recours au crowdsourcing dans lequel le public est invité cette fois à produire des contributions au niveau du contenu, généralement rassemblées sur une plateforme ou un site (Exemple : Flickr pour la photographie).
  • Des modèles de désintermédiation qui permettent de raccourcir la chaîne de diffusion des oeuvres afin que les créateurs puissent entrer en relation directe avec leur public, sans passer par les intermédiaires classiques de la création (éditeurs, producteurs, diffuseurs, etc). (Exemple : Bandcamp pour la musique).
  • Des modèles de double diffusion dans lesquels les versions numériques des oeuvres sont offertes gratuitement sous licences libres, tandis que des supports physiques continuent à être commercialisés (Exemple : l’auteur de romans Cory Doctorow).
  • Différentes formules de « Freemium » dans lesquels l’oeuvre « brute » est mise en partage gratuitement par le biais d’une licence ouverte, tandis que des versions enrichies ou des services liées à l’oeuvre sont proposés contre rémunération (Exemple : le modèle économique hybride du film Le Cosmonaute).
  • Des modèles jouant sur la réservation de l’usage commercial. Ici, on s’écarte de l’approche du « libre », puisque les licences autorisent la circulation des oeuvres, mais pas leur usage commercial et c’est la monétisation auprès d’acteurs économiques qui assure un modèle économique, tandis que les particuliers sont autorisés à partager l’oeuvre (Exemple : le photographe Trey Ratcliffe).
  • Différents modèles de dons, soit directement effectués par le public au profit des créateurs, soit versés à une structure comme une association ou une fondation, sans but lucratif, organisant la création des contenus (Exemple : la plateforme Humble Bundle pour le jeu vidéo).

 

La carte heuristique ci-dessus contient de nombreux exemples concrets, avec des liens pour explorer les diverses branches.

Elle vous est proposée en mode wiki afin que vous puissiez y contribuer d’ici au 21 janvier. N’hésitez pas à suggérer d’autres exemples et à participer à l’élaboration de ce panorama !

Les limites de l’open dans l’art et la culture

Au-delà de ce travail de repérage et de classification, un des aspects qui m’a aussi intéressé consiste à repérer les limites ou les blocages rencontrés par la démarche de l’Open en matière de création culturelle. Et là aussi, on se rend compte que ces limites varient grandement selon les secteurs de la création.

Dans la musique par exemple, il pourra s’agir de la difficulté à s’articuler avec les systèmes de gestion collective des droits, qui sont très importants pour les créateurs du secteur. Pour le cinéma, les blocages tiennent plutôt au fait qu’il est difficiles pour les créations sous licence ouverte de bénéficier des aides à la création, essentielles dans ce secteur et d’entrer dans les circuits de distribution classique, notamment la diffusion en salles. Pour le livre, c’est plutôt l’absence de plateformes centralisées permettant aux auteurs de gagner en visibilité qui fait défaut (il n’existe pas encore de Bandcamp du livre, par exemple). D’autres secteurs, comme la presse ou la photographie se heurtent à des difficultés de monétisation qui affectent de manière générale ces filières sur Internet et qui frappent aussi bien les projets classiques que les projets libres.

Plus largement, on peut repérer que les projets « ouverts » commencent à rencontrer la concurrence de démarches initiées par les filières classiques des industries culturelles, articulant le gratuit et le payant. Or tous les modèles économiques de l’Open reposent en dernière analyse sur des déclinaisons du modèle du Freemium : offrir certaines choses gratuitement pour en monétiser d’autres. Mais aujourd’hui, cette « tactique hybride » se retrouve, parfois à très large échelle, mise en oeuvre par la culture « propriétaire ». Par exemple, des sites de streaming musicaux comme Deezer ou Spotify misent largement sur une forme « d’ouverture », qui ne se traduit pas par l’usage de licences libres, mais permettent un usage gratuit très large de contenus. Dans le domaine du jeu vidéo, l’explosion du modèle des Free-to-play repose lui aussi sur une forme d’ouverture, sans pour autant que des jeux très populaires comme League of Legends ou World of Tanks soient en Open Source.

Quelque part, cela montre qu’il existe de l’Open au-delà de l’Open au sens juridique du terme : le chanteur coréen Psy par exemple a crowdsourcé le pas de danse du Gangnam Style et il a volontairement laissé circuler le clip de sa chanson sur YouTube pour la faire gagner en popularité et monétiser cette circulation par le biais de la publicité. Il y a bien ici une forme d’ouverture, alors que l’on reste dans un système classique de « Copyright : tous droits réservés ».

L’Open dans le secteur culturel subit donc aujourd’hui une forme de « concurrence » par l’évolution des industries culturelles, qui s’adaptent peu à peu à l’environnement numérique en récupérant sa logique. Sans doute pour trouver un second souffle, l’Open en matière d’art et de culture doit-il aujourd’hui miser sur l’adhésion à des valeurs et notamment le fait de pouvoir tisser grâce à l’ouverture juridique des relations privilégier entre les créateurs et le public ?

C’est ce type de questions que nous voulons creuser avec vous à l’occasion de la soirée du 21 janvier. Au-delà de la présentation de cette cartographie, nous organiserons une table-ronde avec l’auteur de nouvelles Neil Jomunsi, porteur du projet Bradbury et Camille Domange du Ministère de la Culture. Without Model proposera également des ateliers collaboratifs pour inventer des modèles économiques autour de créations ouvertes.

Et il y aura également une surprise, très particulière, autour d’un invité de marque… Je ne vous en dis pas plus que ce tweet !

[tweet https://twitter.com/WithoutModel/status/421357467881058304]

Illustration de couverture : TipJar par Brij

 

A propos de l’auteur:

Lionel Maurel, Juriste & bibliothécaire lionel

Par thesupermath. CC-BY-SA. Source : Wikimedia Commons, remix by Guénaël Boutouillet)

  • Décrypte et analyse les transformations du droit à l’heure du numérique : #PropriétéIntellectuelle #Droitd’Auteur#Droitdel’Internet #Droitdel’Information, #DroitdelaCulture#CultureLibre #LicencesLibres #LibertésNumériques #EditionNumérique
  • Traque et essaie de faire sauter (y compris chez lui) le DRM mental qui empêche de penser le droit autrement
  • Engagé pour la défense et la promotion des biens communs, de la culture libre et du domaine public
  • Veut rendre à l’intelligence collective tout ce qu’elle lui donne, notamment ici :twitter.com/Calimaq /http://fr-fr.facebook.com/Calimaq
  • Co-fondateur du collectif SavoirsCom1, politique des biens communs de la connaissance
  • Administrateur de La Quadrature du Net, organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet
  • A eu le grand honneur de tenir une chronique hebdomadaire sur le site d’information OWNI, durant l’année 2012
  • Conservateur des bibliothèques, en poste à la Bibliothèque d’Histoire Internationale Contemporaine (BDIC) – Université Paris X Nanterre : http://www.bdic.fr/

Le Bibliothécaire. Par Arcimboldo. Domaine public.

Le Bibliothécaire. Par Arcimboldo. Domaine public.

Je suis également formateur sur les questions juridiques et numériques, pour divers organismes de formation professionnelles (ENSSIB, Mediadix, CNFPT,  etc). Voyez mes supports de formation sur Slideshare.

http://scinfolex.com

Donner sa musique reste le meilleur moyen de la vendre

La plateforme de marketing musical Topspin vient de livrer des données sur ce ce que rapporte un fan en moyenne à un groupe. Cela semble confirmer que la mailing list reste un bon moyen de vendre sa musique et au dela, que donner sa musique reste le meilleur moyen de pouvoir la vendre.

 

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Pouhiou l’écrivain qui renonce à son droit d’auteur et libère ses romans

Présentation d’un romancier à la démarche atypique et qui a choisi de « libérer » ses écrits, c’est a dire de renoncer à son droit d’auteur et de les mettre dans le domaine public dès leur production ce qui permet à n’importe qui de les réutiliser, remixer, et même de les vendre sans autorisation.

Mieux il a organisé une collecte de financement participatif pour produire des livres et les distribuer gratuitement ! Pourquoi un auteur choisit il délibérément de renoncer à son droit ? Pourquoi donner son livre ? A travers deux article que je republie ici,  vous en saurez plus sur sa démarche et ses expériences originales.

Note: je parle de plus en plus régulièrement de culture libre (voir La Culture libre : un chemin pour la réussite ?La Culture doit-elle être libre et gratuite ?).

Après une présentation de la démarche de Pouhiou dans le premier article, le deuxième article part dans une discussion très pointue sur la propriété intellectuelle et les licences libres.

Pour ceux qui ne connaissent pas les licences libres et leur importance, je vous conseille donc de lire tout d’abord ces 2 articles qui expliquent ça rapidement sous forme de BD afin de mieux comprendre les enjeux à la fois pour la création et pour le modèle économique.

 

C’est l’histoire d’un roman qui veut être gratuit (et qui a besoin de vous !)

Article initialement publié par Calimaq sous licence Creative Commons 0

J’ai déjà à plusieurs reprises parlé sur S.I.Lex de l’aventure des Noénautes (ici ou ). Lancée il y a un an par l’auteur Pouhiou, elle a consisté pour lui à écrire un roman feuilleton sur un blog, au rythme de quatre épisodes par semaine durant quatre mois. De ce marathon d’écriture à ciel ouvert est né un premier roman, #Smartarded,  puis un second ,#MonOrchide, que l’auteur a choisi de diffuser gratuitement en ligne.

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Pour aller plus loin dans cette dynamique de partage, indissociable de sa démarche d’écriture, Pouhiou a décidé de placer volontairement ses écrits dans le domaine public, en optant pour la licence CC0 (Creative Commons Zéro). L’éditeur Framabook lui a ensuite proposé d’éditer son premier roman sous la forme d’un livre papier et si l’aventure s’était arrêtée là, on aurait déjà pu considérer qu’il s’agissait d’une belle histoire de Culture Libre.

Mais à l’occasion du premier anniversaire de son projet, Pouhiou se lance – et nous lance à tous – un nouveau défi pour faire en sorte que son roman devienne non seulement libre, mais gratuit… jusqu’au papier !

 

J’ai pour habitude de dire que « Mon roman est gratuit. Ce qu’on achète, c’est un objet fait de papier sur lequel l’histoire a été imprimée. »

J’ai envie qu’on me fasse mentir. Que le livre papier puisse devenir « gratuit » à son tour. J’ai envie de voir le regard surpris des gens à qui j’offrirai les 217 pages de #Smartarded en leur disant.

C’est gratuit. Ce qui veut dire que ça a déjà été payé.

Il a fallu les efforts d’un auteur, d’un éditeur et d’une foule de lecteurs pour que cet exemplaire vous soit offert… C’est dire combien on a eu envie de le partager avec vous…

Concrètement, Pouhiou a lancé une opération de crowdfunding sur la plateforme Ulule, dont les dons seront utilisés pour imprimer de nouveaux exemplaires de son premier roman #Smartarded, afin qu’ils puissent être distribués gratuitement, à l’occasion de conférences, de rencontres, de salons.

Pouhiou avait déjà initié un jeu de cache-cache génial avec la notion d’auteur, par le biais de la licence CC0. Voilà qu’il se joue à présent des notions de gratuit et de payant et nous entraîne jusqu’au bout de la logique du don. La gratuité est souvent attaquée, comme si elle dévalorisait les oeuvres, mais Pouhiou nous invite à secouer un peu ces préjugés.

Il nous montre aussi paradoxalement que la gratuité a toujours un prix et qu’il faut bien mettre en place un modèle économique pour que des choses soient gratuites. Certains de ces modèles économiques sont rapaces et instrumentalisent la gratuité pour en faire un piège à contenus. Mais d’autres peuvent être vertueux et comme Pouhiou a fait voeu de « non-violence légale » avec la licence CC0, il nous propose d’explorer les potentialités de cette économie du don et du contre-don, en nous offrant une chose très précieuse : la liberté de payer.

Bien sûr, comme dans toute opération de crowdfunding, les donateurs sont récompensés pour leurs dons par des gratifications. Les premières vous permettront par exemple de recevoir l’eBook du second roman #MonOrchide en avant première sur votre boîte mail, d’obtenir des clés USB ou des livres papier dédicacés. Mais des dons un peu plus importants vous ouvriront droit à des récompenses plus originales !

La récompense « Ceci n’est pas qu’un partage » (c’est celle que j’ai choisie of course) vous donne par exemple le grand privilège de… renoncer à votre récompense  ! Au lieu de recevoir un exemplaire papier, vous acceptez qu’il soit donné gratuitement par Pouhiou en votre nom. Excellente mise en abime du concept ! Less is more !

Pour 150 euros, avec la récompense « Ceci n’est pas qu’une question d’ego« , un des personnages du troisième roman à venir portera carrément votre nom ou votre pseudo. Une façon pour Pouhiou de prolonger les jeux d’écriture interactifs avec les lecteurs, qu’il a déjà mis en oeuvre dans les romans précédents, en leur demandant par exemple de lui offrir des phrases à insérer dans son texte.

Avis à mes collègues bibliothécaires, la récompense ultime « Ceci n’est pas qu’une rencontre » est faite pour vous ! Pour 200 euros, Pouhiou en personne se déplacera dans votre établissement pour une conférence, une lecture publique, un atelier d’écriture ou tout autre proposition indécente que vous lui feriez. Et il viendra les bras chargés d’exemplaires de son roman, que vous pourrez ainsi faire entrer dans vos collections. J’avais déjà écrit un billetpour inciter les bibliothécaires à intégrer les eBooks libres de Pouhiou dans leur offre, voilà une excellente occasion d’augmenter encore l’expérience.

D’autres soutiennent déjà cette initiative, comme Antoine Viry sur @Diffuser.net, qui vient de lancer un vrai-faux concours de remix pour emmener les mots de Pouhiou « là où il ne l’aurait même pas imaginé« . C’est aussi ce genre de choses que permet la licence CC0 !

Sur son site Noénaute, Pouhiou a inscrit cette phrase : « Il n’y a pas de marketing, il n’y a que toi« . A nous donc de faire en sorte que cette aventure continue et il reste encore plus d’un mois pour que la campagne de Pouhiou atteigne son objectif ! Quelque chose me dit qu’il va réussir, mais plus les dons seront importants et plus ce succès permettra à sa démarche de rebondir plus loin encore.

PS : allez, moi aussi, je mets quelque chose dans la balance. Si Pouhiou réussit son pari, je passe S.I.lex en CC0. Ceci n’est pas une parole en l’air !

Article initialement publié par Calimaq sous licence Creative Commons 0

 

 

Dialogue Pouhiou Calimaq sur le domaine public et plus parce qu’affinités

Article initialement publié chez Framasoft sous licence Creative Commons-BY-SA

Pouhiou est notre joyeux et émérite premier romancier chez Framabook. À l’occasion de la sortie prochaine du livre II du cycle des NoéNautes, il a lancé une originale campagne de crowdfunding sur Ulule qui a fait réagir le blogueur influent (parce que brillant) Calimaq.

Ce dernier s’est en effet aventuré à parier que si cette campagne aboutissait alors il élèverait lui aussi son blog dans le domaine public via la licence Creative Commons CC-0. Bien mal lui en a pris puisque la campagne vient déjà de dépasser la barre escomptée (Pouhiou vous en remercie en vidéo ici) et se poursuit d’ailleurs…

Chose promise, chose due donc, et prétexte surtout à un passionnant entretien dialogue entre deux personnalités fortes du « Libre » francophone.

Je cède la parole à Pouhiou, et ça tombe bien car il adore la prendre 😉

 

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En lançant le blog de mon roman feuilleton, j’ai eu d’instinct l’envie que cette histoire appartienne à ses lecteurs. Qu’ils s’en emparent. C’était une certitude que je ne savais pas comment appliquer dans les faits. M’intéressant au livre et au droit d’auteur, je suivais déjà le blog S.I.Lex écrit par un certain Calimaq. Ce mec, passionné et passionnant, arrive à transformer un sujet à priori lourd et chiant (la propriété intellectuelle) en une épopée rocambolesque. A force d’exemples, de décryptages, de coups de sang et de coup de cœur, il nous plonge dans les eaux du copy-right-left-up&down, on baigne en Absurdie et l’on ressort de son blog plus juriste qu’on y est rentré… sans même s’en apercevoir.

Un de ses billets m’a fait prendre conscience que la place de mes œuvres était dans le domaine public. J’ai donc passé tous mes écrits sous la licence CC0 et l’ai chaudement remercié dans cet article.

Il est né de cet échange une amitié intellectuelle. Calimaq s’est mis à défendre et mon œuvre, et la démarche qui l’accompagnait. Je me suis engagé dans SavoirsCom1, un collectif qu’il a co-fondé pour la défense des biens communs informationnels. Je ne compte plus les fois où l’on s’est dit « merci », tant chacun semble admirer et être complice de ce que fait l’autre. C’est ce genre d’émulation où la réflexion de l’autre nourrit la tienne, et te mène un poil plus vite, un poil plus loin que là où tu te serais rendu tout seul.

Quand, avec Framasoft, on a initié ce crowdfunding fou (toujours en cours sur Ulule) pour que le lancement de #MonOrchide (livre II des NoéNautes) puisse financer la distribution gratuite d’exemplaires de #Smartarded (le livre I), Calimaq a répondu présent. Il a fait un bel article pour promouvoir cette expérience . Mais, chose inattendue, il a ajouté ce post-scriptum explosif :

PS : allez, moi aussi, je mets quelque chose dans la balance. Si Pouhiou réussit son pari, je passe S.I.lex en CC0. Ceci n’est pas une parole en l’air !

Le pari est réussi. En 22 jours, on a atteint les 2200 € qui nous permettront de distribuer au moins 32 exemplaires de #Smartarded. Grâce à une mobilisation peu commune il ne nous a fallu que la moitié des 45 jours prévus (ce qui veut dire qu’il reste trois semaines pour battre tous les records et accroître le nombre de livres à distribuer !)

Le pari est réussi, et S.I.Lex devient un dommage collatéral : Calimaq tient sa part du contrat, élevant son blog dans le Domaine Public Vivant. Je sais que, le connaissant, ce n’est pas un geste anodin. Une belle occasion de discuter avec lui de licences, d’écriture, et de qu’est-ce que ça veut bien dire, toutes ces choses-là…

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Pouhiou : Tu m’as fait un super article sur ton blog S.I.Lex, qui a été repris par ActuaLitté. Cela m’a beaucoup aidé à faire connaitre le projet. C’était déjà énorme (merci ^^). Pourquoi avoir en plus ajouté la licence de ton blog dans la balance ?

Calimaq : Cela fait un moment que je m’intéresse à ce que tu fais autour du cycle des Noenautes et d’après ce que tu as écrit sur ton blog, un des billets que j’avais écrit sur S.I.Lex t’avait influencé dans ta décision d’adopter la licence CC0 pour ton premier roman #Smartarded.

Quand j’ai vu que tu lançais cette opération de crowdfunding, j’ai voulu la soutenir et la faire connaître, parce que je trouve qu’elle bouscule la manière dont nous avons l’habitude d’appréhender des notions fondamentales, comme celles du gratuit et du payant. Avec la licence CC0, tu as renoncé à tes droits d’auteur pour que tes œuvres soient complètement libres, tout en réussissant à faire paraître ton roman chez Framabook. C’est déjà en soi assez perturbant pour les schémas habituels. Mais tu ne t’es pas arrêté là et par le financement collaboratif, tu as cherché à faire en sorte qu’un maximum de livres en papier deviennent gratuits afin de pouvoir les offrir.

Le plus intéressant dans ta démarche, je trouve, c’est que derrière ces décisions, il y a un modèle économique bien pensé, qui utilise le crowdfunding pour raccourcir la chaîne de l’auteur au lecteur, dans le but de diminuer les coûts. Tu démontres de manière paradoxale que la gratuité a toujours un coût. C’est typiquement le genre d’approches alternatives qui retiennent mon attention, parce que je trouve qu’elles font avancer la réflexion. Dans le contexte actuel de crispations autour des questions de droit d’auteur, qui sont particulièrement vives dans le secteur du livre, je pense que des initiatives comme les tiennes sont importantes. J’ai aussi beaucoup apprécié la lecture de ton premier roman #Smartarded et j’ai commencé à lire la suite #MonOrchide par petites touches sur ton blog. Tout cela a fait que j’ai voulu te soutenir en écrivant un billet sur S.I.lex et je me réjouis de ta réussite.


Merci ! Mais là tu parles plus de moi que de toi, hein… J’ai bien saisi que ce billet a été un élément déclencheur, mais est-ce qu’il s’agit d’un coup de tête ou est-ce que ça fait partie d’une réflexion personnelle plus… ancienne ?


Au-delà du billet, pourquoi avoir promis de changer la licence de mon blog si ton pari réussissait ? Peut-être d’abord un peu par superstition, pour porter chance à ton projet, en engageant quelque chose qui me tenait vraiment à cœur. Par ailleurs, je me posais des questions à propos de la licence de S.I.Lex depuis un certain temps. À vrai dire depuis le moment où j’ai écrit le billet Rien n’est à nous : grandeur et misère du domaine public volontaire. J’y montrais comment un certain nombre de créateurs dans le passé avaient choisi pour diverses raisons de renoncer aux droits sur leurs œuvres pour se placer en dehors de la logique de la propriété intellectuelle : Léon Tolstoï, Romain Rolland, Jean Giono, les affichistes de mai 68, les situationnistes, le musicien folk Woodie Guthrie.

Le domaine public est une notion qui a un grande importance pour moi et pour laquelle j’essaie de me battre. Il m’a semblé que le moment était venu de franchir le pas et de placer ma propre création, S.I.Lex, dans le domaine public volontaire.

Ton blog était en licence CC-BY (la seule condition de partage est de citer l’auteur). Là tu le passes en CC0. C’est quoi, au fond, la différence ?

Juridiquement dans le cadre du droit français, il n’y a pas tellement de différences. En effet, le Code de Propriété Intellectuelle ne permet pas dans notre pays de renoncer valablement à son droit moral, ce qui signifie qu’on doit théoriquement interpréter la CC0 comme une CC-BY. Je n’ai pas la possibilité légale de renoncer à mon droit à la paternité. Ce caractère inaliénable du droit moral a été voulu pour protéger l’auteur dans le cadre des contrats d’édition. Même dans le cas des « nègres » (ou, plus joliment dit, Ghostwriters en anglais), il reste possible pour eux de réclamer devant un juge la paternité d’un texte écrit pour quelqu’un d’autre, quand bien même ils se seraient engagés par contrat à ne pas révéler leur identité (on a des jurisprudences intéressantes à ce sujet dès le 19ème siècle, notamment dans l’affaire qui opposa Alexandre Dumas à l’un de ses collaborateurs, Auguste Maquet.

Le problème, c’est que l’application trop rigide de ce principe aujourd’hui peut conduire à « protéger » l’auteur contre lui-même, alors qu’il manifeste clairement la volonté de renoncer à ses droits. La licence CC0 a d’ailleurs été obligée de prendre en compte cet état de fait, en précisant que l’auteur renonce à ces droits « dans la mesure permise par la loi ». Cela veut dire que l’effet de la CC0 varie selon les pays : aux États-Unis, où le droit moral n’existe pas vraiment, il est total ; en France, il reste juridiquement incomplet, puisque le droit moral persiste. Le seul pays à l’heure actuelle qui reconnaisse explicitement la possibilité de verser ses œuvres dans le domaine public volontaire, c’est le Chili.

Donc passer de CC-BY (licence déjà très ouverte) à CC0 n’a pas beaucoup d’effets pratiques… tant que la propriété intellectuelle n’est pas réformée en France. Malgré tout, je ne t’imagine pas homme à manier ces licences à la légère. Si passer de la CC-BY au Domaine Public Vivant n’est pas un choix pratique, il est de quel ordre ?

Cette décision revêt à mes yeux une valeur symbolique et psychologique importante, en tant qu’auteur. Je ne suis pas comme toi auteur de littérature ou de théâtre, mais j’ai un rapport profond avec l’écriture. J’écris sur S.I.Lex par besoin viscéral d’écrire et quand je décroche de l’écriture, je périclite littéralement. Pour moi, l’écriture a aussi une importance comme trace que l’on laisse de soi au-delà de son existence. Du coup, le BY – la paternité – gardait une vraie importance à mes yeux, comme une sorte de « cordon ombilical » ou de minimum minimorum du droit d’auteur, dont il était difficile de se détourner. Couper ce cordon en adoptant la CC0 n’était pas anodin et il m’a fallu un certain temps – et un coup de pouce de ta part – pour lâcher prise !


Quel est l’intérêt, pour toi, de mettre de son vivant des textes dans le domaine public ?

Pour moi, l’intérêt principal, c’est de sortir en dehors du cadre du droit d’auteur. Avec les licences libres, on passe de la logique du copyright à celle du copyleft, mais on reste encore dans le système du droit d’auteur. Les licences libres ne sont pas une négation du droit d’auteur, mais une autre manière de le faire fonctionner. Avec la licence CC0, on n’est plus dans le copyright, ni même dans le copyleft, mais littéralement dans le copy-out. On décide sciemment que son œuvre n’est plus saisie par le droit d’auteur et ne doit plus être comprise à travers ce filtre. Je ne prétends pas que cette voie doive être suivie par tous les auteurs. Mais au stade où j’en suis, c’est cohérent avec ma démarche.

Tu dis de ton côté que tu n’as pas l’impression que tes textes ne t’appartiennent pas, mais que tu “digères” des éléments extérieurs que tu restitues par tes écrits. De mon côté, j’ai très tôt été sensible aux effets d’intelligence collective sur la Toile, avec le sentiment que je me devais de rendre à l’intelligence collective ce qu’elle me donne. Il n’y a pas un seul de mes billets qui n’ait été déclenché par les conversations et les échanges dans les flux. Dès lors, le meilleur moyen d’être cohérent avec moi-même, c’est d’opter pour le domaine public volontaire.

Par ailleurs, je pense important de montrer que le domaine public n’est pas seulement une chose du passé, mais qu’il peut être vivant aujourd’hui. En tant qu’auteur de son vivant, contribuer à alimenter le domaine public, c’est la meilleure manière de s’en faire l’ambassadeur et d’agrandir le cercle des biens communs de la connaissance.

OK : on a tous les deux ce souci de cohérence. C’est bien beau d’utiliser une licence parce qu’elle te met en adéquation avec ce que tu ressens de ta production intellectuelle… Mais il y a forcément des pragmatiques qui vont nous traiter d’utopistes ! Ils vont nous rappeler qu’on vit dans un monde où les enjeux commerciaux prévalent et où — selon eux — les circonstances font qu’il vaudrait mieux armer et protéger ses œuvres… D’un point de vue pratique, la clause non commerciale (NC) est un outil redoutable quand la CC0 est une passoire ! Du coup, une licence, c’est la conséquence d’un ressenti théorique ou la résultante d’un besoin pratique d’outil légal ?

C’est sans doute assez souvent le résultat d’un compromis entre les deux. Il faut considérer la situation des auteurs dans leur diversité et de multiples stratégies sont envisageables avec les licences. Les choses peuvent varier également selon les domaines de la création. Quand on voit un Cory Doctorow ou un Lawrence Lessig publier leurs ouvrages chez des éditeurs traditionnels et placer les versions numériques sous CC-BY-NC, je trouve que c’est une stratégie compréhensible et qu’ils ont par ce biais contribué à faire avancer la cause, en diffusant leurs idées dans un large cercle.

Beaucoup de créateurs en revanche ne cherchent pas un retour financier pour les œuvres qu’ils produisent. C’est le cas pour la plupart des amateurs qui créent des contenus sur Internet. Dans ce genre de situation, la réservation de l’usage commercial n’est généralement pas justifiée et choisir cette clause impose des contraintes sans réelle nécessité. Mais dans certaines situations, la clause NC peut constituer un élément intéressant pour permettre la circulation des œuvres tout en mettant en place un modèle économique. Il y a un débat assez vif en ce moment sur la légitimité de la clause NC, notamment telle qu’elle figure dans les licences Creative Commons. Je ne fais pas partie de ceux qui condamnent cette clause de manière systématique et j’ai déjà essayé de montrer que ce serait une erreur selon moi de la supprimer.

Malgré cela, tu n’as jamais mis de clause NC sur ton blog S.I.Lex...

Dans mon propre cas, je n’en vois absolument pas l’intérêt… Mon objectif en écrivant de cette manière est d’être lu par un maximum de personnes. Si certains de mes billets sont repris sur d’autres sites, y compris des sites se livrant à des activités commerciales, cela ne peut qu’augmenter l’exposition de mes écrits. J’ai d’ailleurs toujours fonctionné depuis le lancement de S.I.Lex dans un « écosystème » de sites. Très vite, j’ai eu la chance de voir certains de mes billets repris par le regretté OWNI. Cela a grandement contribué à faire connaître S.I.Lex et à développer mon lectorat. D’autres sites me reprennent régulièrement, comme Actualitté ou plus récemment Slate.fr. J’ai toujours considéré que S.I.lex était une sorte de plateforme de tir, où je posais des écrits qui pouvaient ensuite aller faire leur vie ailleurs. Avec une licence NC, les choses auraient été beaucoup plus compliquées.

La licence CC0 est peut-être une passoire, mais dans les conditions particulières qui sont les miennes comme auteur, elle conviendra parfaitement à ce que je veux faire de mes créations. Même si un éditeur vient publier certains de mes billets sous forme de livre dans un recueil, cela ne fera que contribuer encore à leur diffusion.

Du coup, tu n’exiges plus que l’on te cite comme source de tes écrits… de manière légale, c’est ça ? C’est un peu comme moi en fait : tu ne brandis pas d’arme juridique. Plutôt que de les craindre, tu donnes ta confiance aux personnes qui s’inspireront de (ou diffuseront) tes écrits. Confiance en le fait qu’elles soient assez respectueuses pour citer leur source.

La question qui peut se poser est celle du plagiat, quelqu’un qui viendrait s’approprier certains de mes textes en les publiant sous son nom. C’est une chose qui m’est déjà arrivée une fois et j’avoue que cela m’avait laissé une sensation assez désagréable.

Mais une personne comme l’artiste Nina Paley dit des choses très intéressantes sur les rapports entre le copyright et le plagiat. Elle considère en effet que le droit d’auteur paradoxalement favorise davantage le plagiat qu’il ne l’empêche. Elle explique également que le fait de créditer l’auteur relève en fait d’un système de régulation sociale qui n’a pas nécessairement besoin du droit pour fonctionner. Il s’agit en fait davantage de règles éthiques que des communautés se donnent. Nina Paley place d’ailleurs ses créations dans le domaine public volontaire en utilisant la non-licence Copyheart ou la CC0. Elle dit vouloir en cela faire œuvre de « non-violence légale » et je trouve que c’est un discours inspirant.

Un des pivots du libre, c’est sa viralité. On m’affirme que des processus du type la clause SA ont permis au libre de se développer tel qu’il est aujourd’hui. Pour mon compte, la SA est trop paradoxale. Je dis toujours que la première des libertés c’est de ne pas me lire. Dans la même veine, obliger les gens qui adapteront/traduiront/réécriront/diffuseront mes romans à mettre leur production sous licence libre, ça me semble créer de l’enclosure. Ce serait un peu comme forcer les gens à se vacciner au lieu de leur montrer comme on est mieux une fois bien portant… Et du coup j’aperçois que ton blog S.I.Lex n’était même pas sous clause SA ? Pourquoi ?

C’est une question intéressante et là aussi, je m’étais longuement posé la question lorsque j’avais choisi ma licence.

La clause de partage à l’identique est très importante dans beaucoup de domaines, comme celui du logiciel libre qui est fondé sur cette idée qu’il ne doit pas y avoir de possibilité de supprimer les libertés conférées à tous par la licence. Contrairement à ce que tu dis, je soutiendrais que le SA garantit au contraire qu’il ne puisse jamais y avoir d’enclosure sur une œuvre. Personne ne peut plus s’approprier de manière définitive un contenu placé sous Share-Alike. C’est pourquoi il me semble que c’est un type de licence adapté pour les biens communs que des communautés veulent protéger des risques d’enclosure. Si l’on prend le cas de Wikipédia, la licence CC-BY-SA est parfaitement adaptée, à la fois au travail collaboratif et aux réutilisations des contenus. Elle garantit que cela puisse se faire, même à titre commercial, mais sans réappropriation.

Cependant, je peux comprendre que tu ne veuilles pas placer tes écrits sous le régime du partage à l’identique, et c’est aussi la conclusion à laquelle j’étais arrivé pour S.I.Lex. Si je prends le cas des billets que reprenait OWNI par exemple, les choses auraient été trop compliquées avec une CC-BY-SA. En effet, OWNI reprenait mes billets, mais en les modifiant légèrement. Les journalistes de la plate-forme changeaient généralement le titre, ajoutaient des intertitres, inséraient des illustrations, des vidéos et parfois même des infographies. Il arrivait également que certains de mes billets soient traduits en anglais pour alimenter OWNI.eu. Tout cet apport éditorial était à mes yeux excellents, mais d’un point de vue juridique, il s’agissait d’adaptations de mes créations, ce qui aurait déclenché la clause de partage à l’identique, si j’avais choisi une CC-BY-SA. Or OWNI était sous CC-BY-NC-SA et il n’aurait pas été simple pour eux d’intégrer mes billets si je n’avais pas laissé une grande ouverture avec la CC-BY.

De plus, la CC-BY-SA n’est pas toujours simple à appliquer, comme l’avait prouvé l’affaire qui avait opposé Michel Houellebecq à Wikimedia, lorsque qu’il avait intégré dans son roman La Carte et le Territoire des extraits d’articles de Wikipédia sans mention de la source, ni crédits des auteurs.

Le domaine public et le libre ne sont pas exactement superposables. Le propre du domaine public, c’est de constituer un réservoir complètement ouvert dans lequel on peut venir puiser pour alimenter sa création sans contraintes. Les deux approches sont importantes et complémentaires.

Mais attends, de nous jours, entre les CopyrightMadness, les guerres de brevets, ceux qui s’approprient mon grain de maïs ou ton rectangle à bords arrondis… Avec tous ces abus du côté de la propriété intellectuelle et des biens communs… Y’a pas plus important ou plus urgent que de s’occuper du domaine public ?

Oui, c’est certain qu’il existe des sujets alarmants sur lesquels il devient urgent d’agir. Je ne suis pas seulement engagé pour la défense du domaine public, mais plus globalement pour la promotion des biens communs de la connaissance, ce que je fais au sein du collectif SavoirsCom1. Je milite également aux côtés de la Quadrature du Net pour la légalisation des échanges non-marchands et la mise en place de solutions de financement mutualisées pour la création, comme la contribution créative ou le revenu de base.

Néanmoins, je pense que le domaine public peut constituer un bon angle d’attaque pour s’engager dans une réforme positive de la propriété intellectuelle. On a un peu l’impression d’être aujourd’hui face à une forteresse imprenable et on n’arrive pas à sortir des débats autour de la répression du partage des œuvres, qui continuent à monopoliser l’attention du législateur comme on le voit bien avec les travaux de la mission Lescure. C’est pourquoi il me paraît intéressant d’ouvrir de nouveaux fronts qui permettront de défendre l’idée que nous possédons des droits positifs sur la culture. Le domaine public peut être une piste en ce sens et j’ai fait des propositions de réforme législative pour consacrer et renforcer cette notion dans le Code de Propriété Intellectuelle.

Par ailleurs, tu évoques le Copyright Madness, mais le domaine public pourrait aussi être un moyen de lutter contre les pires dérapages de la propriété intellectuelle. On a vu par exemple récemment des laboratoires pharmaceutiques déposer valablement des brevets en Australie sur les gènes responsables du cancer du sein, ce qui est absolument terrifiant puisque cela signifie que tout chercheur qui voudra mettre au point un remède devra leur verser des royalties. Aux États-Unis, Monsanto a relancé une offensive en justice pour empêcher des agriculteurs de replanter des semences de variétés brevetées et l’entreprise semble en passe de l’emporter. Cela peut avoir des conséquences dramatiques au niveau mondial.

Ces dérives ont un lien avec le domaine public, parce que celui-ci ne contient pas seulement les œuvres anciennes, mais aussi tout ce qui ne devrait pas pouvoir faire l’objet d’une appropriation exclusive. Cela vaut pour certains éléments de la Culture, mais aussi pour des choses aussi essentielles que le génome humain ou les semences.

Le domaine public devrait être le bouclier qui protège tous ces éléments fondamentaux de la folie de l’appropriation, mais c’est à nous de le promouvoir et de le faire vivre pour qu’il puisse remplir ce rôle.

Je crois qu’on ne peut pas trouver de meilleure conclusion ! Merci à toi, Calimaq.

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Article initialement publié chez Framasoft sous licence Creative Commons-BY-SA

De la préhistoire au streaming, tour d’horizon de la distribution de musique

Dans cette présentation très complète, Andy du groupe Uniform Motion retrace l’histoire de la distribution de la musique, afin de mieux comprendre le contexte actuel du streaming et du téléchargement.

Outre l’historique qui remet bien les choses en contexte, on y trouve beaucoup de chiffres très interessant sur les différentes sources de revenus issues du streaming (Spotify, Deezer, mais aussi Youtube), le role et l’attitude des sociétés de collecte de droits, …

La présentation est en CC-BY-SA, qui permet sa réutilisation, à condition bien sur de citer la source et d’écouter sa musique 😉

La Culture libre : un chemin pour la réussite ?

Peut on concilier partage et financement de la création artistique ? Dans cet article Lionel Maurel (aka Calimaq), juriste, bibliothécaire et spécialiste du droit d’auteur et des biens communs montrent des exemples d’artistes ayant utilisé avec succès les licences libres.

Cet article initialement a été publié le 17 mai 2012 par  sous licence Creative Commons Zéro (CC0),

Dans les débats concernant le droit d’auteur et l’avenir de la création, la question du financement revient de manière lancinante et l’on remet souvent en cause la capacité des pistes alternatives à assurer aux artistes les moyens de créer, de diffuser leurs productions auprès d’un public et d’en tirer un revenu.

Voici pourtant quatre exemples de  créateurs, ayant fait le choix de la Culture libre, qui démontrent que le système classique du droit d’auteur n’est pas la seule voie pour atteindre le succès à l’heure du numérique.

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Quelques bourgeons d’espoir dans cet interminable hiver de la propriété intellectuelle que nous subissons (Just Hanging With Some Buds. Par Sea Turtle. CC-BY-NC-SA. Source : Flickr)

Du domaine public volontaire aux licences de libre diffusion en passant par le Copyleft, les moyens juridiques mis en oeuvre par ces expérimentateurs sont variés, mais ils mettent tous à profit l’ouverture offerte par les licences libres pour maximiser la diffusion de leurs créations sur les réseaux et entrer dans de nouvelles formes de relations avec leur public.

Ces quatre exemples sont tirés de champs différents de la création : la musique, la peinture, le livre et le cinéma d’animation. Et vous allez voir que contrairement à une autre idée reçue, la qualité est au rendez-vous !

Enjoy, Share, Remix et surtout inspirez-vous !

 

Sharing is caring de Dan Bull : une musique sous CC0 à l’assaut des charts en Angleterre

Le musicien Dan Bull a réussi la prouesse la semaine dernière de parvenir à faire entrer son morceau Sharing is Caring à la 9ème place des charts en Angleterre dans la catégorie Indie et à la 35ème place dans la catégorie RnB.

Pour diffuser ce morceau de hip-hop en faveur du partage, Dan Bull a fait le choix d’utiliser l’instrument le plus ouvert parmi ceux proposés par Creative Commons, à savoir le waiverCC0 qui permet de verser par anticipation une oeuvre au domaine public, en renonçant à toutes formes de droit sur sa création. En cela, il rejoint la démarche de ces « Artistes contre le droit d’auteur » dont j’avais eu déjà l’occasion de parler sur OWNI.

Dans une interview accordée à Creative Commons UK, Dan Bull explique utiliser le sens de sa démarche :

J’ai choisi d’utiliser CC0 parce que je ne crois pas à la validité de la propriété intellectuelle. Un morceau de musique est une idée. Sous forme numérique, c’est une suite de 1 et de 0. Qui suis-je pour dire à une autre personne qu’il est interdit d’avoir une idée ou de manipuler une certaine séquence de 1 et de 0, simplement parce que j’ai eu cette idée avant elle ? Cette manière de penser me paraît perverse. La première personne qui a eu une idée n’est pas forcément la mieux placée pour l’utiliser, et c’est pourquoi le fondement même des lois sur le droit d’auteur est contestable.

Dan Bull possède déjà un lourd passé d’activisme musical dans le domaine de la culture libre, puisque c’est déjà à lui que l’on devait déjà ce rap vengeur Death of ACTA , écrit en réaction au traité liberticide, dont on espère que le titre sera prémonitoire !

 

Avec Sharing is Caring, Dan Bull a voulu prendre le système à son propre jeu : bien qu’il n’accorde aucune valeur particulière aux classements des charts, il voulait démontrer qu’une musique créée en dehors du système classique du droit d’auteur et sans le soutien des industries culturelles pouvaient se hisser dans le top des ventes.

Dan Bull a donc mis son morceau en partage  gratuitement en torrent sur Pirate Bay, mais dans le même temps,  il a choisi une diffusion multi-canaux et multiforme pour en maximiser la dissémination et l’audience. Le fichier était parallèlement proposé à la vente sur iTunes, Play.com et Amazon, et dans le même temps, il était largement partagé sur les réseaux sociaux et les plateformes de diffusion comme Youtube. Trois versions différentes du même morceau ont même été réalisées spécialement pour Facebook, Twitter et Google +. Au delà de cette première trilogie, Dan Bull a diffusé 10 versions de Sharing is Caringavec notamment des versions a capella et instrumentales, pour encourager les remix et les mashups. Pour pousser les ventes, l’artiste promettait aux fans qui achèteraient les dix versions toutes d’être cités dans une vidéo de remerciement.

Et voilà comment on obtient un succès commercial, en misant sur la dissémination virale à l’oeuvre sur les réseaux et en associant le public à sa propre création. Là où Dan Bull est parvenu à faire la parfaite démonstration de son propos, c’est que finalement  l’un des remix,une version reagge réalisée par Animal Circus, a terminé plus haut encore dans les charts que le morceau original, à la première place de la catégorie Reggae et à la seconde place de la catégorie World Music.

Qui a dit qu’on ne pouvait plus vendre de la musique ! Et cette démarche préfigure sans doute très bien ce qui se passerait pour les artistes si un système de licence globale, légalisant le partage était consacré par la loi…

Gwen Seemen : portrait d’artiste en Culture libre

La Culture libre comptait déjà certains artistes emblématiques, comme le romancier Cory Doctorow ou la dessinatrice Nina Paley, qui incarnent l’esprit d’ouverture et d’innovation que promeuvent les licences libres.

Mais j’ai été particulièrement heureux de découvrir ces derniers temps l’oeuvre de la portraitiste américaine Gwen Seemel, dont la démarche globale est particulièrement exemplaire et stimulante.

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Un autoportrait de Gwen Seemel ( Second Face, par Gwen Seemel. 2009)

Tout comme Nina Paley avait pu le faire, Gwen Seemel n’a pas choisi d’utiliser les licences libres, mais plutôt de se placer littéralement en dehors du droit. Au pied de son son site, on ne trouve pas un symbole ©, mais un petit visage souriant conduisant le visiteur vers cette mention :

I am happy for you to copy and display my work, and you are welcome to create derivative works using my images. I would love it if you gave me credit when you do so.

Je me réjouirais si vous copiez et diffusez mon oeuvre et je vous encourage à créer des oeuvres dérivées en utilisant mes images. Je serais heureuse si vous me créditez à cette occasion.

Dans le domaine de la peinture, où la culture libre n’est pas si répandue, Gwen Seemel impressionne par la façon dont elle intègre l’ouverture à sa démarche créative. Spécialisée dans le portrait, elle réalise également des peintures animalières, des séries conceptuelles à thèmes, des livres illustrés, ou encore des sacs en toile peints !

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2011. Par Gwen Seemel

Mais c’est surtout sur son blog que Gwen Seemel montre les différentes facettes de son art et la manière dont il s’imbrique et s’inspire de son engagement pour la Culture libre. Je vous recommande vivement de vous y abonner, surtout que Gwen est bilingue et rédige une bonne proportion de ses articles à la fois en français et en anglais.

Elle y montre sa création en train de se faire, mais aborde aussi de manière incisive et décapante des questions liées à la propriété intellectuelle comme l’imitationl’originalitéla protection contre la copie ou l’appropriation de la culture.

Elle réalise également des vidéos pour illustrer ces billets, en anglais et en français, dont j’avais particulièrement apprécié celle-ci, intitulée « le droit d’auteur, c’est pour les peureux » :

Dans un autre de ces billets, elle expose un modèle d’affaire pour les artistes qui renoncent au droit d’auteur (ce qui est son cas), particulièrement convaincant, qui montre que des modèles économiques peuvent émerger sans s’ancrer dans la culture du contrôle et de la restriction inhérente au copyright. Gwen Seemel sait d’ailleurs mettre à contribution avec succès les formes innovantes de financement de la création comme le crowdfunding, pour faire participer le public en amont au financement de projets ambitieux, comme la réalisation de séries de peintures.

Chapeau bas, Gwen Seemel, pour incarner à ce point l’idéal de la Culture libre !

Cities of You par Brian Foo :  sur les traces d’Italo Calvino

Ce projet a également utilisé la voie du crowdfunding (financement participatif) pour être mené à bien par son auteur, Brian Foo.

Cities of You est un projet de livre illustré, mêlant textes et peintures, inspiré par le romanLes Villes invisibles d’Italo Calvino. Il s’agit d’inviter le lecteur à un voyage imaginaire vers plusieurs cités fantastiques, chacune possédant une identité forte inspirée par une personne réelle rencontrée par Brian Foo, et de découvrir la manière dont la ville est construite, la façon de vivre des habitants, son histoire, sa culture et sa destinée.

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Fraboo, par Brian Foo. La première des villes imaginaires de Cities of You. CC-BY-NC-SA

Pour financer son projet, Brian Foo a lancé un appel à contributions via la plateforme américaine Kickstarter, en présentant le concept de son livre et quelques planches déjà réalisées. Alors qu’il demandait 2000 dollars pour son projet, Brian est parvenu à rassembler 11 000 dollars au final en quelques semaines, grâce à 141 donateurs. Et ce avant même d’avoir terminé son ouvrage !

Une fois réalisé et comme annoncé dès l’origine sur Kickstarter, Cities of You, comportant au final les descriptions de 41 villes imaginaires, a été mis en ligne en accès gratuit sur un site Internet et les éléments de l’ouvrage, textes et images, sont placés sous licence libre Creative Commons CC-BY-NC-SA. Le livre auto-édité par Brain peut être acheté en version papier, ainsi que les superbes peintures originales qui  ont servi à sa réalisation.

Ce type de projet est intéressant dans la mesure où il démontre que le recours aux licences libres est compatible à la fois avec un financement en amont, par le biais du crowdfunding et un financement en aval, la version gratuite en ligne ne constituant pas une concurrence pour la version papier et les peintures.

Et réjouissons-nous, car un volume II de Cities of You est déjà annoncé !

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Sheeshani. Par Bian Foo. Cities of You. CC-BY-NC-SA

 Tube : nouvelle perle du cinéma d’animation en Open Source

Le dernier projet que je voudrais vous présentez est le film d’animation Open Source Tube,  à propos duquel le site Mashable a consacré cet article au titre éloquent « Will This Open-Source Animated Film Change the Movie Industy Forever« .

L’histoire de Tube parle de quête de l’immortalité et s’inspire de l’épopée de Gilgamesh. Tous les éléments du film seront réalisés avec des logiciels libres et des formats ouverts et ils seront diffusés sous licence copyleft CC-BY-SA, permettant la copie, la diffusion, la modification des contenus, y compris à des fins commerciales.

Le financement passe ici encore par la plateforme américaine Kickstarter où la campagne de soutien a rencontré un succès impressionnant. Le but initial  de 22 000 dollars a été atteint cette semaine et largement dépassé, avec plus de 36 000 dollars rassemblés.

Ce succès rencontré par le cinéma Open Source n’est pas le premier. En 2006, une équipe s’était déjà illustrée en produisant le premier film d’animation de ce genre, le remarquable Elephant Dream, disponible en ligne gratuitement sous licence CC-BY. Plus récemment, le film espagnol El Cosmonauta, du producteur indépendant Riot Cinéma, s’était également fait remarquer, en recourant au crowdfunding et aux licences libres de manière particulièrement inventive.

***

Tous ces artistes sont engagés à divers degrés pour l’évolution de la propriété intellectuelle et contre les projets liberticides qui se multiplient dans ce domaine. Ils apportent la preuve que même si l’évolution législative reste en panne, il est déjà possible – ici et maintenant – de créer autrement, en liberté.

La Culture libre : un chemin pour la réussite ?

Article initialement publié le 17 mai 2012 par  sous licence Creative Commons Zéro (CC0),

L’explosion du visuel dans les médias sociaux

Les usages des médias sociaux évoluent. Après les blogs, les micro-blogs, les réseaux sociaux basés sur le visuel explosent. Facile à consommer, facile à partager, les images sont en train de devenir un élement clés d’une stratégie de contenu.

Une évolution majeure des médias sociaux

Au début des médias sociaux il y a eu les blogs qui permettaient d’écrire des articles, puis sont venus les mises à jour Facebook et Tumblr dont l’usage consistait à publier plus régulièrement des informations plus courtes, puis le contenu s’est encore réduit pour arriver à 140 caractères dans les messages Twitter (les tweets)

Depuis quelque temps on observe une tendance grandissante: l’attrait massif des images et élements visuels comme éléments de partage et la croissance explosive de réseaux sociaux très récents basés sur le visuel, comme Instagram, un service qui permet de partager des photos depuis son smartphone ou Pinterest, un réseau social vedette de sélection et de partage d’images (voir le guide Pinterest pour les artistes).

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En fait cet attrait pour les images n’est pas un phénomène complétement nouveau, ce n’est pas un hasard si 4chan le forum où est né le mouvement Anonymous était à l’origine (et c’est toujours le cas) un site de partage d’images autour desquelles se font les discussions.

La nouveauté c’est que les contenus visuels deviennent un élement central des contenus postés, consommés et surtout diffusés.

Le règne des infographies

Vous avez du voir depuis un petit moment que de plus en plus d’infographie circulent. Les infographies sont de plus en plus populaires car elles permettent de visualiser et de comprendre de grandes quantités de données très rapidement.

Regardez par exemple l’infographie ci dessous qui synthetise beaucoup d’informations sur le « piratage ».

 

Instagram: le réseau social d’images sur mobile

Instagram est un service qui permet aux utilisateurs de prendre des photos sur leur mobile, de les enjoliver en quelques secondes en choisissant des effets parmi les filtres proposés par l’application (effets type sépia, etc…), puis de diffuser l’images auprès de ses contacts sur Instagram et via d’autres réseaux sociaux (twitter, facebook, …)

Les utilisateurs partagent ainsi en quelque secondes des moments de leur vie, payasages, concerts, repas, …

A la différence de ses prédecesseurs cette entreprise rachetée récemment par Facebook est née sur mobile, c’est a dire que si l’on peut voir des photos sur le web, l’essentiel de l’utilisation se fait sur un smartphone.

Apparu très récemment ce réseau a eu une croissance explosive (100 millions d’inscrits en septembre 2012!) au point que Facebook l’a racheté récemment au prix fort pour neutraliser un concurrent qui aurait pu se révéler dangereux.

Pinterest

Pinterest c’est un outil hybride à mi-chemin entre l’hébergeur d’images Flickr, le réseau d’information Twitter, et le gestionnaire de favoris collaboratif Delicious.

Pinterest permet de sauvegarder ses images favorites issues du web et de les épingler (“pin” en anglais) sur un tableau en ligne ( les “boards” classés par catégorie) et ainsi de les partager de manière visuellement attractive.

Dans le guide Pinterest pour les artistes je vous expliquai que au dela du site lui même, l’intérêt de Pinterest résidait dans sa communauté de passionnés d’images très impliqués dans la promotion et la valorisation des plus beaux contenus, ce qui représente une grande opportunité pour les artistes.

 

Facebook et les images

Comme je vous l’expliquai dans l’article Facebook Edgerank filtre les contenus que vous voyez parmi ceux postés par vos contacts, or:

 tous les contenus ne génèrent pas le même intérêt et n’ont donc pas le même poids pour Facebook

D’après ce qui est connu, voici l’ordre d’importance relatif des contenus:

  1. Photo/Vidéo
  2. Links
  3. Status updates (simple message texte de mise à jour)

Il semble que Facebook attribue plus de poids aux interactions avec les contenus images et vidéos, probablement car ceux ci générent beaucoup de clics et attirent et retiennent bien les internautes.

Plus d’infos sur le filtre Edgrank de Facebook

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Twitter

Historiquement Twitter était centré autour de messages textes de 140 caractères maximum. Mais depuis peu Twitter se transforme pour intégrer directement du contenu multimédia dans ses pages ou ses applications (comme Tweetdeck).

Les images postées sont ainsi souvent visibles directement dans le flux Twitter, où elle peuvent être repostées (retweets) ou commentées.

 

Mise à jour 25/01/13: encore plus vrai depuis quelque jours, puisque Twitter vient de lancer Vine, qui permet de « tweeter »  des clips vidéo très courts (6 secondes max).

Youtube et l’explosion de la vidéo

Dans le domaine visuel, la vidéo est elle aussi de plus en plus omniprésente et la consommation de vidéos sur le web, mais aussi sur mobile explose. Lisez ces articles pour mieux comprendre l’importance que la vidéo en ligne et Youtube vont avoir sur le web.

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Le visuel: élement clé d’une stratégie de contenu

Comme le dit Fast company, avant le dicton en vogue c’était: « le contenu est roi », aujourd’hui c’est « une image vaut mieux que 1000 mots ».

De plus la combinaison d’élement visuels ajoutés a du texte peut avoir un impact plus fort. Voyez par exemple cette image dans l’esprit du mouvement Occupy Wall street et qui permet de faire passer facilement un message.

 

 

Avec la fragmentation de l’attention des internautes, la quantité incroyable de contenus publiés, l’attention des internautes baisse et est de plus en plus dure à obtenir. Il faut beaucoup de temps pour lire des textes et pour l’internaute saturé d’info, une image est plus attractive et plus facile à consommer.

La tendance est aussi influencée par les innovations technologiques, notamment la démocratisation des smartphones et des connexions mobiles de plus en plus rapides. De plus en plus de personnes utilisent maintenant les médias sociaux via leur smartphones.

C’est plus facile de prendre une photo avec son téléphone et de la poster que de taper une mise à jour sur le clavier minuscule de son téléphone.

Les images sont devenus un moyen de communiquer beaucoup d’information rapidement et succintement. Dans un monde où le contenu est infini et l’attention des gens limitée, c’est un avantage clé.

Quelques idées pour les artistes

L’image est et va être de plus en plus importante, alors soignez vos images !!!

Pour être visible sur les médias sociaux, il faudra créer des contenus qui attirent et intéressent vos fans et que ceux ci auront envie de diffuser.

Pour tout ceux qui n’ont pas le temps ni l’envie de bloguer, vous pouvez utiliser les images pour partager des informations avec vos fans.

Pas besoin de raconter votre vie, mais une image peut en dire beaucoup, vous n’êtes pas obligé de tout montrer non plus.

Si vous avez un site web ou tout autre page en ligne, soignez l’esthétique, cela va compter de plus en plus. Pas besoin de quelque chose de complexe, mais agréable visuellement (ou à l’inverse désagréable pour sortir du lot ?).

Les images peuvent aussi agir comme une bande annonce (trailer) pour un contenu écrit, et donner une idée à l’internaute de ce qu’il va trouver et de décider si cela va l’interesser. Cela peut être un bon moyen de générer de l’intérêt.

Attention à un point cependant:  rappelez vous que si mettez du texte dans une image Google ne peut pas le lire (donc pas d’utilité pour le référencement) et les malvoyants non plus. Si votre image contient un texte destiné a être lu, pensez à proposer une version texte quelque part.

Si vous êtes musicien, collaborez avec autres artistes (photographes, illustrateurs, …). Il y a aussi peut être des formats inventer comme les concert de dessins ou ce que fait Uniform Motion qui combine musique et dessin.

Enfin, dernier point la vidéo va elle aussi être de plus en plus importante, surtout à mesure que les connexions mobiles sont plus puissantes et moins chères.

La guerre pour l’attention du public va être de plus en plus dure. Plus que jamais il faudra proposer des contenus de qualité.

Préparez vous !

Comment faire connaitre sa musique: les expériences d’Uniform Motion

Comment se faire connaitre quand on est un « petit » groupe inconnu ? Les expériences de Trent Reznor ou de Radiohead qui collaborent avec leurs fans sont très instructives, mais ces groupes avaient déjà une base de fans conséquente. Comment faire connaitre sa musique quand on débute un nouveau projet musical et que, par définition, on n’a pas ou peu de fans ? Pour tenter de répondre à ces questions, les expériences de Uniform Motionsont particulièrement intéressantes.

J’avais déjà parlé de Uniform Motion groupe toulousain de « folk illustrée » très innovant ( ici et icila et la). J’ai eu la chance de rencontrer récemment Andy, guitariste et chanteur du groupe mais aussi particulièrement actif dans la promotion. Outre que Andy connait très bien le monde de la musique sur internet, il aime beaucoup expérimenter et travailler avec ses fans et partage beaucoup de retours d’expériences sur le blog du groupe.

Depuis 4 ans il ainsi a testé beaucoup d’outils en ligne (Tumblr, Bandcamp, Mailchimp, Facebook, Twitter, Spotify, Deezer, Grooveshark, …)  mais aussi de nombreuses manières de collaborer avec ses fans, du financement participatif aux Hangout parties (des webconcerts diffusés en direct), en passant par les remix kits et clips participatifs…

Coup de chance, Andy avait préparé une présentation résumant ses diverses expériences pour la rencontre Sudweb et me l’a transmise. Regardez la c’est très très intéressant.


 

Je vous avais déja encouragé à lire leur blog, qui revient dans le détail sur ces initiatives. Mais comme les articles sont en anglais et que je sais que ça peut rebuter certains,  j’ai décidé de vous faciliter la tache et de traduire plusieurs articles particulièrement pertinents pour approfondir ce que Andy décrit dans sa présentation.

J’ai déjà fait quelques traductions que je publierai dans les semaines qui viennent.

En attendant, jetez une oreille sur la musique qui vaut elle aussi le détour.

Organiser des concerts en collaboration avec vos fans… et plus encore !

Lever des fonds, pre-vendre des places de concerts, sous traiter une partie de la promotion aux fans, faire des concert chez eux, et même y dormir, l’avenir appartient aux audacieux qui sauront collaborer avec leurs fans.

Fermeture de cafés concerts, baisse des subventions aux associations, les temps sont durs et trouver des dates est de plus en plus difficiles pour les groupes. Pourtant grâce aux nouveaux outils du web les groupes peuvent maintenant collaborer avec leur fans de façon inédite, court-circuiter les routes classiques et réaliser des choses impensables avant.

Retour sur ces nouveaux modèles innovants qui commencent à apparaitrent. Notez que je focalise ici sur les concerts, mais que c’est aussi valable pour d’autres types d’évènements.

Organiser des concerts participatifs avec Plemi

Plemi est un nouveau service qui permet aux organisateurs de concert de pre-réserver (pre-booking)des places de concerts ou au fans de demander leur groupe favoris près de chez eux.

Intérêt: si on est assez nombreux on a le budget en avance et le concert peut être organisé.

C’est dans le même esprit que nous avions mis en place une fonction « request for a repeat » sur les pages artistes du site de la salle de concert blueFROG afin que les fans puissent demander à un artiste de revenir tout en étant pour nous un moyen d’avoir une baromètre de la popularité des artistes.

Mais Plemi est plus interessant puisque n’importe quel artiste ou fan peut organiser une collecte pour n’importe quel évenement. Si l’argent collecté grâce aux pré-ventes est suffisant il sera alors possible d’organiser l’évenement et de faire venir le(s) groupe(s).

Comment ca marche en pratique ?

 La création d’un concert participatif « sous-réserve », conditionné à l’obtention d’un nombre suffisant de pré-réservations.

  1. Les organisateurs s’occordent sur une date avec une salle pour monter un projet de concert participatif en fixant par avance un nombre minimum de places à vendre
  2. Le concert est proposé sur Plemi : les spectateurs pré-réservent en ligne
  3. Si le nombre de pré-réservations est suffisant, les organisateurs valident le concert
  4. Les souscripteurs ne sont débités que si le concert a lieu

Pour moi l’intérêt est double:

  • les artistes peuvent pré-vendre et donc venir en sachant que ce sera rentable ou avoir un baromètre et savoir que ce ne sera pas suffisant.
  • les fans eux mêmes peuvent être moteur de l’organisation de l’évenement. Je pense notamment a de petits associations ou des groupes de passionnés qui veulent faire venir un artiste qu’ils adorent.

Ainsi grâce à cet outil, il est plus facile d’organiser un évènement en sachant qu’on rentrera dans ses frais. Pour avoir vécu le problème lorsque nous organisions des concerts avec l’association culturelle la Mandragore, je peux vous dire que c’est un sacré soulagement pour l’organisateur.

D’habitude je n’aime pas parler de services trop récents et qui n’ont pas fait leurs preuves, mais la j’ai été séduit. En plus du bon concept, le site de Plemi a un joli graphisme, simple et efficace, comme j’aime.

Si vous tester, je serai content d’avoir des retours.

Créer votre propre site de Crowdfunding sous WordPress pour collecter des fonds pour un concert

Une alternative sur le même principe, créer votre propre site de collecte de fond pour l’organisation de vos concerts.

C’est ce qu’a fait le groupe Toulousain Uniform Motion pour son projet One city per second pour organiser des concerts en Allemagne.

Le principe: utiliser le financement participatif pour préorganiser des concerts dans différentes villes. Pour cela une campagne est crée pour chaque ville avec un objectif de financement calculé en fonction du prix du trajet et des autres coûts comme la location de la salle ou du matériel.

“Nous fixons une date et une limite pour le financement du concert. Les gens peuvent financer le concert à différents niveaux (en payant juste un ticket ou payant aussi pour du merchandising) et si nous atteignons notre objectif, nous sautons dans voiture, avion, train, jouons le concert et amenons tout le merchandising avec nous.”

Pour cela il ont simplement ajouté un module complementaire sur un site WordPress ce qui leur permet de créer leur propre système de collecte de fonds (Pour en savoir plus, lire le guide du crowdfunding – financement participatif pour les artistes).

La aussi on pourrait imaginer qu’un groupe de fans audacieux s’organisent avec un tel système pour récolter des fonds et faire venir leur artiste préféré.

Faire promouvoir un évènement par les fans

Avec la multiplication des plateformes de diffusion, des réseaux sociaux, et du nombre de groupes et d’évènements déja présent sur internet comment se faire connaître et se diffuser?

En s’appuyant sur votre communauté.

Depuis que le « 2.0 » et les réseaux sociaux sont à la mode, tout le monde veut faire du « social media marketing » (promotion sur les réseaux sociaux). Et tous de continuer avec les vielles méthodes « 1.0 », c’est à dire d’essayer pousser son message pour faire le plus de bruit possible.

Mais sur Internet où il y a une quantité phénoménale d’informations et sur les réseaux sociaux en particulier, cette technique marche de moins en moins car l’attention des gens est limitée et tout le monde est en compétition pour être visible.

Bien peu ont compris que la vrai révolution du « 2.0 », c’est que les usagers (ici les fans) peuvent être des diffuseurs et des promoteurs au service d’une organisation, d’un produit ou d’un artiste.

En étant des moteurs de promotion il permettent de démultiplier la visibilité de l’artiste sur Internet et autour d’eux dans la vie réelle.

Pour bénéficier de l’aide vos fans, quelques conseils:

  • créer des contenus intéressants que vos fans auront envie de voir et de partager
  • mettez les sur votre site dans un format qu’ils pourront partager et diffuser facilement: vidéos ou chansons téléchargeables ou partageables sous forme de widgets,
  • proposez différents supports promotionnels faciles à récupérer (photos, logos, affiches, fly, bio, presskit, widgets etc…) pour que chacun puisse choisir le format qu’ils préfèrent.
  • DEMANDEZ LEUR de vous aider ! s’ils vous aiment, ils le feront avec plaisir. Remercier les s’ils le font, valorisez vos supporters les plus actifs auprès de la communauté ou donnez leur des cadeaux ou des exclusivités.

Cela ne garantit par qu’il le feront, mais avec quelques quelques encouragements les plus motivés pourront vous donner un sérieux coup de main.

Sur le sujet, lisez cette réflexion: Le diffuseur 2.0 est l’avenir des l’artistes

Allez jouer chez les fans (concerts à la maison)

Amanda Palmer qui a fait récemment parler d’elle en collectant plus d’un million de dollars directement auprès de ses fans a ainsi pré-vendu 25 concerts accoustiques privés chez des fans pour 5000$ ou plus.

Plus près de chez nous des artistes commes Charly et sa drole de Dame, Domenico Curcio ou Exxon Valdes expériment ce nouveau mode de concerts à la maison.

Moins coûteux et plus proches des fans, il permet de s’enrichir de rencontres, mais la proximité et l’intimité crée aide aussi à vendre des CDs ou du merchandising.

Allez dormir chez les fans (Tournée de canapés)

J’avais déja parlé précédemment, de la possibilité d’utiliser Couchsurfing.org. Ce réseau met en contact des gens qui souhaitent offrir ou demander l’hospitalité.

Dans l’article Faire une tournée de canapés, je décrivais la possibilité d’utiliser une nouvelle fonctionnalité de ce service d’hébergement de personnes pour partir en tournée en économisant l’hôtel et favoriser les rencontres.

Comme je le disais précédemment, je ne sais pas si ce modèle est réaliste, mais je trouve cette idée rafraichissante et vivifiante.

Vers des nouveaux modèles collaboratifs artistes-fans

Après le grand chamboulement apporté au monde de la création culturelle qui a cassé les vieux modèles économiques de l’industrie, on a vu d’abord arriver des modèles de vente en « direct-to-fan », c’est à dire de vente directe de l’artiste aux fans sans intermédiaires.

Il est intéressant de noter que l’on voit maintenant se profiler d’autres modèles basés sur la collaboration entre artistes et fans.

Dans tous ces modèles, les fans ne sont pas de simples acheteurs/consommateurs de l’artistes, mais deviennent des partenaires qui travaillent avec les artistes.

Il y a de plus en plus de cas décrits où des amateurs passionnés ont réalisé un travail incroyable, passant des heures à bosser bénévolement pour un artiste qu’il aiment.

Quelques exemples:

De nombreuses clips musicaux sur Youtube n’ont pas été créé par les artistes, mais par des fans.

Parfois sommaires comme ce clip utilisant des images de jeux vidéos pour illustrer une chanson de Space Jahourt, parfois élaborés comme ce clip crée par un fan pour Radiohead à partir de vidéos Youtube.

Les fans peuvent aussi être acteurs du clip, comme dans ce clip de Amanda Palmer lui même tourné et édité par un fan ou ce clip tourné avec des fans par Charly et sa Drole de Dame.

Pour finir un exemple extrème: Un DVD live réalisé par des fans.

En 2008, Trent Reznor met sur le réseau de partage Bittorrent 400gb de vidéos HD non éditées de concerts de son groupe Nine Inch Nails.

Un an plus tard, après « douze mois de labeur, un noyau dur d’une dizaine d’individus reliés à un réseau de fans sur trois continents, quatre langues « de travail », cinq équipes de spécialistes et d’innombrables nuits blanches » ont produit un DVD live de Nine Inch Nails téléchargeable gratuitement et disponible sous de nombreux formats vidéos.

Lisez l’article de Numérama pour en savoir plus sur ce fascinant exemple de crowdsourcing (traduisible par externalisation ouverte ou ma version »foule-traitance »).

Conclusion

Si l’on en croit les indices que je vous décrivais plus haut nous sommes au tout début d’une nouvelle ère plein de potentiel pour les artistes. Aujourd’hui pour l’artiste qui galère avec des petits boulot pour survivre, ces modèles collaboratifs artistes-fans peuvent sembler encore utopistes ou irréalistes.

Mais de même, personne n’aurait parié sur Linux ou Wikipédia à leurs débuts. Pourtant grâce à un modèle de développement collaboratif distribué, ces projets ont réussi à rassembler le travail de milliers de contributeurs et à devenir très aboutis. Il sont aujourd’hui utilisés par des millions de personnes et concurrencent des projets portés par de très grosses entreprises.

Si tous les artistes ne peuvent pas espérer devenir Trent Reznor, il y a quand même des possibilités dans ce domaine pour ceux qui les chercheront.

Le défi majeur pour les artistes audacieux qui essaieront de se lancer dans de tels projets collaboratifs sera de trouver les conditions qui permettront de canaliser les énergies créatives des fans autour de leurs projets.

Racontez des histoires multimédias (c’est quoi le storytelling transmédia ?)

Venu du monde de la publicité, le storytelling consiste à raconter une histoire pour présenter un concept, un produit et séduire. Avec l’avènement d’internet et du multimédia, l’histoire peut maintenant transmédia, c’est à dire être racontée à travers plusieurs supports (blog, réseaux sociaux, images, sons, vidéos) en tirant partis des spécificités de chaque support  mais en jouant sur les complémentarités pour créer une expérience unifiée, globale et originale.

Dans le monde de la musique, Trent Reznor a été un précurseur du storytelling transmédia avec son initiative de jeu mélant expérience en ligne et hors ligne.

Pour en savoir plus sur le concept, lisez cet article intéressant de Chloé Corbelin publié chez Gabriel Halle.

 

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