Charly lance ses concerts à la maison (la votre!)

Artiste indépendant, bricoleur, passionné et innovant, Charly Et sa drole de Dame lance ses concerts à la maison. Si vous avez une maison ou un appartement, invitez vos amis et Charly viendra jouer chez vous pour un moment de musique mais aussi de rencontres et de discussion. A la fin un chapeau tourne et des CDs sont en vente pour soutenir l’artiste.

Charly résume ainsi sa démarche:

 

Gertrude, Mr Cigar Box et moi en avions assez de démarcher les salles, les programmateurs, de relancer sans cesse pour  « avoir la chance » de jouer dans des lieux… qui, il faut l’avouer, sont  souvent inadaptés; où il est difficile de créer un lien réel avec un public nouveau et de garder contact avec lui.

Rares sont les lieux de concerts destinés à la découverte pure et qui ont leurs propres aficionados. Dans 95% des cas, c’est aux groupes d’amener leur public. Normal pour les artistes déjà établis; handicapant pour les artistes indés qui ne peuvent faire exister leur projet sans  nouvelles oreilles.

Communiquer, devoir convaincre pour remplir soi-même un lieu qui payera les musiciens au lance pierre, au black ou à coups de « 2 boissons par musicien, pas plus j’ai dit!!! », tel est le combat quotidien d’un groupe en développement. C’est le serpent qui se mord la queue… Gérant de salles ET musiciens  qui acceptons ces conditions sommes responsables de cette absurdité.

C’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé de me concentrer ces prochains mois uniquement sur les « concerts en appartement ». J’aimerais redonner un souffle à la notion de concert, qualifier l’échange, avoir un partage plus direct, vivre des moments avant et après et … boire des coups et parler  !  Ne pas vivre un évènement musical mais un moment de vie.

 

Voici le teaser:

Pour le meilleur et pour le pire, la musique n’est pas un métier comme les autres.

Plutôt que de seulement subir les contraintes, pourquoi ne pas aussi ne pas tirer parti des possibilités uniques à ce métier ?

C’est ce qu’a bien compris Charly. Parce qu’il est passionné et qu’il n’a pas peur de se jeter à l’eau, je lui prédis du succès et de belles aventures.

S’il faut bien gagner sa vie, l’argent n’est pas tout et le voyage, les rencontres, les découvertes sont aussi des choses enrichissantes.

Mieux la fortune prend des chemins détournés et évite parfois ceux qui la cherchent et trouve ceux qui ne la cherche pas.

 

Playlists et Remix: le futur de la musique

Dopé par la culture web et du partage de musique, les playlists semblent devenir un nouveau format musical standard qui pourrait devenir plus important que l’album traditionnel. Dans ce contexte la diffusion de playlists va devenir un nouveau mode de découverte essentiel pour les artistes.

Derrière la playlist, le remix s’impose lui aussi comme un nouveau standard dans la création culturelle.

Loin d’être marginaux, ces usages sont en train de devenir des phénomènes majeurs et incontournables de la musique avec des conséquences qui vont bien au dela du web.

 

Le nouveau contexte de la musique en ligne

Une tendance importance dans le contexte actuel du web est l’abondance de contenus. La où avant sur un étal de magasin de musique il y a avait quelques centaines de CDs, il y a maintenant des millions de contenus en ligne.

Il y a maintenant un tel excès de contenus sur internet, que chacun est en compétition pour l’attention des gens. Le problème des artistes n’est donc pas le piratage, mais l’obscurité.

Conséquence de cette abondance, une autre tendance grandissante est la curation de contenu qui consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus les plus pertinents du Web pour un sujet donné.

Curation et diffusion prescriptive

J’argumente depuis longtemps qu’une forme de curation, la diffusion prescriptive va devenir le moteur le plus important de découverte musicale et que les artistes devraient tenter de favoriser ces formes de curations et diffusion car il s’agit de promotion ciblée et gratuite.

Même si les investisseurs californiens qui financent les Facebook, Spotify ou Pandora sont persuadés que l’avenir de la musique ce sont des services logiciels de recommandation musicale, je crois plus à la curation humaine plutot que celle faite par des algorithmes.

Parce qu’ils se basent sur mes habitudes existantes ou celles de personnes comme moi, ces programmes ont du mal à prendre compte que mes habitudes changent ou à me faire découvrir quelque chose de radicalement nouveau par rapport à ce que j’écoute déja.

Alors qu’écouter une compilation faite par un ami a une valeur différente, justement parce que c’est un ami qui l’a faite.

De la compilation à la playlist

Le phénomène de « playlisting » est ancien. De même qu’avant on enregistrait sur nos cassettes audio des compilations que l’on pouvait aussi échanger, de nos jours, la playlist web se développe aujourd’hui a grande vitesse.

Depuis la révolution du iPod et des baladeurs numériques, on voit ainsi de plus en plus d’échanges de playlists entre amis.

On voit maintenant aussi des outils dédiés pour mieux gérer ces partages de playlists.

Un lecteur musical de playlists

Tomahawk est un lecteur multimédia de playlists. Le principe est simple, vous et vos amis partagez des playlists, sans envoyer les fichiers. Tomahawk lit ces fichiers playlist et cherche la musique correspondante.

Si la musique correspondante se trouve sur votre ordinateur, il la lit directement, sinon il recherche sur des services en ligne comme SpotifySoundCloud, Jamendo ou Youtube, Last FM… mieux, il est capable de lire de la musique stockées dans les répertoires partagés par les autres internautes connectés au logiciel.

Il ne recopie pas la musique, (ce n’est pas du P2P !!), il la lit à partir des autres plateformes et centralise la lecture sur son interface sans téléchargement.

Le projet open data lawn expérimente ce nouvel usage en proposant des playlists téléchargeables et écoutable via Tomahawk. Ces playlists sont mise à disposition sous .xspf, un format de fichier qui stocke une liste de fichiers multimédia (ici de l’audio) ou plutôt une liste de chemins d’accès à ces fichiers.

Des playlists illustrées

Autre signe que la playlist gagne son statut d’oeuvre à part entière, Decorated playlist est un projet explorant le lien entre musique et design en proposant des playlists illustrées graphiquement, se rapprochant de plus en plus d’un format d’album en ligne.

Un nouveau standard ?

Dans ce contexte, il est interessant de regarder la playlist comme un nouveau format musical à part entière au même titre que l’album avant lui.

Soyons clair, la compilation existe depuis longtemps et nous avons tous achetés des compilations de rock, jazz, classique sur CDs.

La nouveauté c’est que la compilation devient « 2.0 », c’est à dire que les auditeurs, ne sont plus seulement acteurs, mais producteurs.

La où avant quelques majors sortaient quelques compilations par an, ce sont maintenant des milliers de personnes qui créent et diffusent leur playlists.

Et chacun étant capable de créer une playlist, il y a plus de créateurs de playlists que de créateurs d’albums. Et donc potentiellement que l’on aura peut être bientôt plus « d’oeuvres » de type playlists que « d’ oeuvres » de types albums.

Ainsi il faut s’attendre à ce que certains bloggueurs et autres musicophiles influents deviennent des producteurs de musiques majeurs.

Un nouveau mode de découverte ?

Un Quentin Tarantino qui sélectionne des musiques pour ses films a probablement fait vendre beaucoup plus de musique à certains des artistes sélectionnés que leur propres albums.

Verra t-on le meme phénomène grâce aux playlists ? Je pense que oui et que dans le futur la découverte sera de plus en plus via des partages de playlists que par des partages d’albums.

Au dela de la playlist: le remix

Que ce soit dans le développement logiciel ou la musique. le remix est une autre tendance majeure du web.

Le remix est un hybride plus ou moins poussé entre les morceaux, à tel point que ceci posent un problème juridique l’oeuvre étant à la fois nouvelle mais aussi composée de morceaux de matériels anciens souvent soumis au droit d’auteur.

Comme j’en parlais dans l’article nouvelle tendance: les remix et mashup de vidéos musicales, cette forme de création grandit très vite et va devenir un usage majeur très bientôt.

Pour entrevoir à quoi va ressembler le futur de la musique, il est interessant de voir ce qui existe déja dans des secteur qui ont déja été bouleversés par le web.

Le monde du logiciel comme indice du futur de la musique

Dans le monde du logiciel en ligne il y a déjà un usage de remix courant que l’on appelle « mashup » (littérallement « purée »).

Un mashup consiste a un assemblage de différent logiciels distinct pour créer une nouvelle application. Google maps est un exemple de logiciel qui a été très utilisé pour des mashups. On trouve ainsi des googles maps de délinquance, de maisons a vendre, d’évènements

Encore une fois ces mashup ne sont pas l’apanage de quelques grosses entreprises, mais plus souvent viennent d’individus qui créent quelque chose qui répond à leur propre besoin, mais une fois mis en ligne peut intéresser beaucoup de monde.

Ce nouveaux outils peuvent réutilisé voire même remodifiés une nouvelle fois par les utilisateurs.

Les artistes peuvent ils utiliser cette tendance en la favorisant comme le font déja les developpeurs ?

Favoriser le remix en imitant les developpeurs ?

Dans le monde du logiciel en ligne, les developpeurs qui veulent favoriser la réutilisation et le remix de leurs logiciels mettent à disposition des developpeurs tiers ce que l’on appelle une API, c’est a dire une forme d’accès à l’application sous forme de flux réutilisable par les développeurs tiers.

On pourrait imaginer que les musiciens mettent en ligne leur morceaux sur des services assez ouverts comme Soundcloud grâce auxquels les internautes pourront écouter la musique et l’ajouter à des playlists écoutables par leurs amis via un lecteur comme Tomahawk.

Et que les artistes qui comme Trent Reznor veulent promouvoir le remix par leurs fans peuvent placer leur morceaux sous licence Creative commons et autoriser le téléchargement sur Soundcloud.

Le phénomène DJ

Sur scène aussi, cette tendance grandit. Depuis plusieurs années les DJs, dont la plus grande partie du travail consiste à sélectionner et diffuser les meilleures musiques selon l’humeur et le gout du public, ont de plus en plus de succès.

Si les musiciens jouent de leur instrument en mixant les notes, les DJs jouent du leur en mixant les samples et les morceaux.

Ainsi dans la scène musicale contemporaine naissante de Bombay où je travaillais, les DJs avaient souvent plus de succès que les groupes auprès du public (mais aussi des organisateurs pour des raisons de couts).

On voit de plus en plus d’artistes comme Midival Punditz qui samplent des morceaux de musique traditionnelles pour les remixer avec des beats contemporains. Mieux ceci donne lieu ensuite à des collaborations live où DJs et intrumentistes

En France aussi depuis plusieurs années des artistes comme Rubin Steiner innovent, fusionnant les styles et mixant l’électronique et le live avec brio.

 

Conclusion

Vous l’aurez compris on est loin de l’ancien modèle, « je produit des chansons, un album, je presse un CD et je le vends ».

Dans un monde où chacun peut être producteur ou diffuseur et où les contenus musicaux sont disponible en quantité quasi-illimitée, il faut arrêter de regarder sur le passé et focaliser le présent.

Quelque soit le futur de la musique, la production et la diffusion de playlists par les fans et le remix seront des usages majeurs avec lesquels ils faudra compter.

Les changements qui surviennent sont certainement perturbants mais à mon avis nous sommes à la veille d’une explosion de créativité qui ouvrent un nouveau monde d’opportunités pour les artistes.

 

Le crowdfunding pour les artistes

Le « crowdfunding« , littéralement le « financement par la foule » est un système de financement participatif où des individus qui ne se connaissent pas peuvent investir ensemble dans un même projet. La multiplication des petites sommes collectées auprès de nombreuses personnes permet à des porteurs de projets de réunir des fonds qu’il n’aurait pas pu obtenir via des sources de financement classiques et ce sans intermédiaires.  L’apparition de plateformes dédiées ces dernières années a ouvert le développement de ce système à grande échelle et a déjà permis quelques beaux succès.

Cela faisait longtemps que je voulais publier un article sur le sujet, Calimaq a déjà fait un très bon travail, je me permet donc de reproduire son article ici:

 Licences libres et crowdfunding : une combinaison gagnante !

Creative Commons License

Cette article a été initialement publié par par Calimaq est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité 2.0 France.

La question revient souvent à propos des licences libres de savoir si elles sont réellement capables de s’articuler avec des modèles économiques viables pour la production de biens culturels, autrement que par le système de monopole exclusif du droit d’auteur « classique ».

La semaine dernière, j’ai reçu par la Poste une preuve tangible que de tels modèles économiques peuvent exister, en associant licences libres et crowdfunding (financement participatif), ce système dans lequel le créateur demande en amont au public de contribuer à la réalisation d’un projet en donnant une somme d’argent laissée à son appréciation.

Vous vous souvenez peut-être qu’en mai dernier, j’avais écrit un billet à propos du projet de la dessinatrice et activiste de la Culture libre, Nina Paley, qui avait utilisé le site de crowdfunding américain Kickstarter pour lancer un appel aux dons en vue de publier des minibooks mettant en scène ses deux personnages de BD, Mimi & Eunice, dans des strips en trois cases traitant de la propriété intellectuelle et de ses excès (Intellectal Pooperty).

L’originalité du projet résidait dans la « licence » retenue par Nina Paley pour ses ouvrages : le Copyheart qui se résume à ceci :

♡ Copying is an act of love. Please copy.

Nina Paley demandait 3000 dollars pour imprimer les minibooks et les envoyer sous forme de récompense à ses contributeurs.

Cet objectif a été atteint en… deux jours (!!!), puis très largement dépassé pour permettre d’imprimer 10 000, puis 20 000 minibooks, avec au total plus de 8000 dollars collectés par le biais des dons de 305 personnes.Visiblement le plus difficile fut d’arriver à expédier les BD à tous les contributeurs partout dans le monde, à cause des facéties de la poste américaine. Bravo Nina pour cette réussite !

Ayant fait un don de 25 dollars pour soutenir ce projet, j’ai eu le plaisir de recevoir la semaine dernière non pas 5 minibooks comme promis mais 15, grâce à l’argent supplémentaire récolté.

Je dois avouer que c’est avec une certaine émotion que j’ai lu ce petit livre, qui prouve qu’une création peut naître et toucher un public en dehors de tout système de protection de la propriété intellectuelle. Mais les choses ne s’arrêtent pas là, car en creusant un peu, je me suis rendu compte que d’autres projets sur la plateforme Kickstarter associent licences libres et crowdfunding, de manière souvent très inventive.

Une page recense en particulier les projets utilisant les licences Creative Commons et je vous invite vivement à la visiter.

Vous y découvrirez par exemple le projet Smarthistory, qui vise à produire des vidéos pédagogiques sur l’histoire de l’art, placées sous licence CC-BY-NC-SA, et rassemblées sur un site qui constitue un véritable manuel éducatif interactif. Cette initiative associe plusieurs musées dans le monde et a été primée aux Etats-Unis.

Plusieurs projets portent sur l’édition de livres, sous forme imprimée et/ou numérique. J’avais déjà évoqué dans un billet précédent le cas de Robert Sloan, qui a réussi à faire financer l’écriture de son premier roman par une communauté de fans, en contrepartie de le placer sous licence libre, ou celui du projet Gluejar, qui me paraît très prometteur.

D’autres exemples de projet d’édition sont particulièrement intéressants. Avec The Wise Roads, deux éducateurs ont utilisé Kickstarter pour rassembler suffisamment d’argent pour organiser un voyage éducatif le long de la côte ouest des Etat-Unis, en testant de nouvelles méthodes d’apprentissage basées sur les échanges avec l’environnement. A l’issue de cette expérience, ils écriront un manuel racontant leur périple et donnant des indications pour permettre à d’autres de mettre en place de nouveaux voyages éducatifs. Ce livre sera mis gratuitement à disposition sous licence CC-BY en version électronique et vendu en format papier.

OpenUtopia est un autre projet éditorial qui vise à produire une nouvelle traduction de l’Utopie de Thomas More, en Open Source, en Open Access, sous de multiples formats et sous la forme d’un site interactif en ligne. C’est une excellente manière de faire revivre une oeuvre du domaine public, sans l’enfermer sous une nouvelle couche de copyright, comme c’est hélas bien trop souvent le cas et je vous conseille de visiter le site, qui comporte même un WikiTopia pour écrire de manière collaborative une nouvelle utopie.

Un peu dans la même idée, transposée dans le domaine de la musique, on trouve plusieurs projets dont le but est de produire des enregistrements libres de droits de morceaux de musique classique. C’est le cas du projet Musopen, qui avait fait parler de lui en 2010, et qui consistait à rassembler suffisamment d’argent pour faire enregistrer par un orchestre de musique classique des oeuvres de Beethoven, Brahms, Sibelius ou Tchaikovsky. Les musiciens ont accepté de renoncer à leurs droits voisins sur leurs interprétations, ce qui permet de les verser dans le domaine public en utilisant la licence Creative Commons Zéro (CC0). Ce projet a connu un succès retentissant sur Kickstarter avec plus de 60 000 dollars récoltés (6 fois plus que la somme initialement escomptée…). Sur le même principe, une suite a été donnée à ce projet pour libérer les Variations Goldberg de Bach et produire à la fois une partition et un enregistrement libres de droits (23 748 dollars).

De manière peut-être plus inattendue, on trouve également sur Kickstarter des projets citoyens d’Open Data combinant licences libres et crowdfunding. Une initiative propose par exemple de créer une carte libre des transports en commun de Cincinnati pour inciter les citoyens de la ville à utiliser davantage et mieux ces infrastructures (ça ne vous rappelle rien ? ;-). Un autre projet, RDTN.org (Radiation Detection Hardware Network) proposait de rassembler des fonds pour acheter du matériel permettant de procéder à des relevés des taux de radiation au Japon, de manière à pouvoir critiquer les chiffres avancés par le gouvernement, toutes les données collectées étant placées sous licence CC0. Il a rassemblé plus de 36 000 dollars et propose d’évoluer vers une sorte d’Open Street Maps de vigilance citoyenne sur la radioactivité.

Encore plus surprenants, ce sont les projets qui proposent de placer des objets physiques sous licences libres, comme des puces électroniques ou des fraiseuses de salon, permettant de réaliser soi-même toutes sortes d’objets dans l’esprit de l’impression 3D ! Dans le projet de fraiseuse Open Source DIYLILCNC 2.0, les contributeurs à partir d’un certain niveau de dons peuvent aussi voter pour faire évoluer le projet dans tel ou tel sens, ce qui renforce la dimension collaborative.

On le voit, les possibilités sont vastes pour créer des modèles économiques avec des licences libres. Certains projets placent leurs produits sous des licences très ouvertes, en assurant le financement en amont par le biais du crowdfunding. D’autres conservent la restriction NC (pas d’usage commercial) pour pouvoir mettre en œuvre des formes d’exploitation commerciale des produits créés, tout en garantissant des usages ouverts par le biais des licences Creative Commons.

Cette page ne recense pas tous les projets utilisant les licences Creative Commons sur Kickstater, loin de là et je vous laisse continuer l’exploration des possibles, si ce sujet vous intéresse.

Évidemment, je ne prétends pas que cette combinaison du crowdfunding et des licences libres a pour vocation de remplacer entièrement les formes traditionnelles de financement, mais elle ouvre des pistes intéressantes et présente l’intérêt de mettre directement en relation les créateurs et leurs publics, plutôt que de les dresser les uns contre les autres et de perpétuer la rente de situation d’intermédiaires dont l’utilité devient de moins en moins évidente.

 

Creative Commons License

Cette article a été initialement publié par par Calimaq est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité 2.0 France.

Reflexion: Quel avenir pour le business de la musique ?

Le monde de la musique en ligne se cherche toujours. Labels participatifs, sites de streaming à la Spotify, Deezer, financés par la pub ou le premium, licence globale, vente directe aux fans, sponsoring… quel avenir pour l’industrie de la musique à l’heure d’internet ?

Après l’annonce de la fermeture du label participatif francais Spidart, le modèle des labels participatifs montre il ses limites ? C’est la question que pose Bidibule sur son blog. Le même se demande si le modèle des sites de streaming de musique va péter ou pas ?.  Chez Yozik on ne croit pas trop au modèle du streaming non plus mais plus à la vente directe.

Il y a bien aussi la piste de la licence globale qui pourrait permettre aux musiciens de monétiser leur œuvres, mais mieux vaut ne pas trop compter dessus pour l’instant.

Moi de mon coté, je crois plutôt au live et à la puissance du contact direct avec les fans (voir la formule magique pour les nouveaux modèles économiques de la musique) même si je pense que pour certains artistes la collaboration directe avec des entreprises (sponsoring, production de musique pour des vidéos virales, …) peut aussi être une piste intéressante de financement.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Réflexion: Sortir un album ou des singles ?

A l’heure de la digitalisation de la musique, du téléchargement de titres à l’unité, des ipods et des playlists, faut il encore sortir sa musique sous un format album ? Le single a beaucoup d’avantages: plus facile à produire, plus rapide à sortir, et donc permet de diffuser rapidement ses dernières créations vers les fans. Radiohead a annoncé récemment vouloir sortir ses prochains titres sous forme de singles.

D’un autre coté l’album donne une certaine légitimité et d’un point de vue artistique le résultat n’est pas le même…

Alors album ou singles pour les musiciens 2.0 ? Une réflexion à poursuivre chez Bidibule avec un article et un podcast sur le sujet.

Faut il encore faire des albums ?

Quand donner un CD gratuit fait vendre de la musique

Voici une expérience intéressante rapportée par Terry McBride lors d’une conférence:

Une groupe qu’il manage vendait ses CDs à 15$ de la façon habituelle. Ils en parlent une ou deux fois sur scène et vendent en moyenne pour 300$.

Il leur a demandé d’utiliser une approche différente:

Dites au public: « C’est très important pour nous que vous ayez notre CD. Nous avons travaillé si dur dessus et nous en sommes si fier que nous voulons que vous l’ayez quoiqu’il arrive. Payez ce que vous voulez, mais même si vous n’avez pas d’argent, prenez en un ce soir s’il vous plaît. »

Répétez la même chose avant la fin du concert et ajoutez: « S’il vous plaît, personne ne doit partir d’ici sans une copie de notre CD. Nous avons passé une super soirée ensemble et ça nous toucherait beaucoup si vous en preniez un. »

Cela change la demande d’une requête commerciale à une connexion émotionnelle. Leur donner un CD sans payer renforce cela.

Terry McBride dit que le groupe a fait ça pendant un moment et que très vite ils vendaient pour 1200$ par soirée en moyenne, même en comptant les gens qui prenaient un CD gratuitement. Le prix moyen de vente était autour de 10$.

Mais le plus important:

Comme à chaque spectacle, chaque personne partait avec un CD, ils avaient plus de chances de se rappeler qui ils avaient vus, d’en parler à leurs amis, de l’écouter plus tard, et de devenir encore plus fan ensuite.

Puis quand le groupe revenait dans une ville ou ils avaient insisté pour chaque personne prenne un CD, la fréquentation des concerts doublait ! Les personnes qui avaient pris des CDs sont devenus des fans et ont amené des amis aux concerts suivants.

Traduit à partir de l’article de Music Think Tank : Experiment: Everyone must have a CD, even if free.

Réflexion

Ce genre d’expérience ne marcherait pas à mon avis avec tous les groupes et/ou publics, mais l’approche est intéressante, car en passant d’une démarche commerciale (« achetez mes CDs ») à une démarche de connections émotionnelle avec les gens (« je veux partager ma musique avec vous »), on change la complètement la donne.

A 15$ le CD et une vente classique, seuls les fans purs vont acheter.

Ceux qui ont plutôt aimés, mais ne sont pas prêts à mettre autant d’argent sont perdus pour le groupe. Ils n’achètent pas, et sans le CD,  ils n’entendrons probablement plus la musique par la suite, n’en parleront pas autour d’eux autant que ceux qui ont le CD. au final ils risquent d’oublier rapidement le nom du groupe.

En laissant chacun choisir son prix et en permettant même à ceux qui n’ont pas d’argent d’emporter le CD, le groupe élargit son public au delà du cercle des fans purs et durs et gagne des chances de capter les hésitants. En outre le fait de donner au lieu de vendre crée une relation différente entre le groupe et ses fans, plus proche de la relation entre 2 amis que de la relation vendeur-acheteur.

Conclusion

Ce qu’il y a d’intéressant dans cette expérience, ce que l’on retrouve aussi la formule magique pour les nouveaux modèles économiques de la musique:

connecter avec les fans + donner une raison d’acheter = $$$

Connecter avec les fans:

  • outre le lien direct du concert, il y a une relation plus personnelle et moins commerciale par le fait de donner le CD
  • en emportant la musique avec eux, les « hésitants » ceux qui bien aimés sans être forcement prêts à acheter ont plus de chances de connecter avec l’univers musical du groupe et de devenir de « purs fans » plus tard.

Les raisons d’acheter sont multiples:

  • on a vu le groupe et on l’a apprécié
  • on peut choisir le prix que l’on veut donner en fonction de son intérêt pour la musique et de son budget. On a moins peur de prendre le CD et d’être déçu plus tard.
  • on est plus tenté d’acheter car on est dans cette relation plus personnelle et moins commerciale. En fait on est plus proche du don ou de l’échange que de l’acte achat/vente.

Au final au lieu de toucher seul les fans purs et durs, on crée une relation avec tout le public où on permet à chacun de participer à son niveau et d’y trouver son compte.

Ça vous inspire quoi tout ça ?

Vendre sa musique en recompensant les fans qui la diffuse

Plus de musique, plus de vidéos, plus d’artistes, plus de groupes… Avec internet nous sommes entrés dans une économie de l’abondance et la grosse difficulté pour les artistes c’est d’arriver à gagner de la visibilité et à sortir du lot. Plusieurs analystes prédisent que le partage et les recommandations de proches vont remplacer la publicité. Nous sommes plus susceptible d’acheter quelque chose parce qu’un proche nous l’a recommandé que parce nous l’avons vu dans une publicité.

Une nouvelle tendance dans la musique en ligne est donc de récompenser les fans qui diffusent vos œuvres. On avait déjà vu que les widgets permettaient une diffusion virale et donc un nombre de points de diffusion potentiellement illimités. Nous allons maintenant voir des services de widgets qui proposent des jukebox/boutiques en ligne récompensant les diffuseurs de musique.

Récompensez les diffuseurs

Noisetrade est un service qui propose aux artistes un lecteur musical exportable sur n’importe quelle site et à partir du quel les internautes peuvent acheter un album complet en mp3 a télécharger. La particularité de Noisetrade c’est qu’il propose aux gens 2 façons de payer:

  • soit en choisissant le montant qu’ils veulent payer pour l’album
  • soit en recommandant l’album à trois amis ce qui leur donne le droit de téléchargez l’album gratuitement

Nous avons tous tendance à écouter les recommandations de nos amis, Noisetrade joue sur cela pour favoriser l’écoute et la diffusion de la musique. L’idée étant: plus il y a de monde qui écoute la musique, plus il y aura de gens susceptible de l’aimer et plus il y aura de chances que quelques personnes ayant adoré achètent la musique au prix de leur choix et/ou viennent aux concerts.

Dans une approche similaire BnFlower, un pionnier de la diffusion prescriptive, en propose de tels jukebox, les diffuseurs les plus important gagnant alors des points et étant alors récompensés par une mise en valeur et une meilleure exposition au sein de la communauté BnFlower.

Payez les diffuseurs

Autre système: rémunérez les diffuseurs qui contribuent aux ventes. C’est le modèle de Zaploop et ArtistXite qui visent à partager les revenus avec les internautes qui réalisent des ventes. Ils proposent ainsi des widget faisant office à la fois de jukebox et de boutique en ligne. Le tout est exportable très facilement sur n’importe quel site web, blog, page myspace ou facebook, ce qui permet à n’importe qui de diffuser la musique et de contribuer aux ventes.

Les catalyseurs numériques nous résument le système Zaploop:

Les artistes mettent en ligne  leurs musiques comme dans n’importe quel site.
Côté internaute, l’auditeur s’inscrit et réalise les playlists de ses groupes favoris.Elles sont exportables avec un code embed comme une vidéo youtube ou une playlist Deezer à cette différence près. Pour chaque chanson achetée via ce site, l’auditeur créateur de playlist touche 25% du prix du morceau.

Très similaire, ArtistXite propose lui aussi de rémunérer les diffuseurs qui réalisent des ventes, l’idée étant ici aussi d’encourager les internautes à promouvoir les artistes sur leurs sites. L’artiste décide du prix de vente et touche 70% du montant des ventes, les 30% restant étant partagés entre ArtistXite et les diffuseurs qui ont posté le widget sur leur site et contribué à la vente.

Pourquoi c’est vraiment intéressant

  • l’auditeur/diffuseur choisit ce qu’il veut diffuser (vous vous rappelez, la diffusion prescriptive). Contrairement aux pubs classique qui sont généralement imposées par les régies, ici le diffuseur est le seul maître à bord. Dans le cas de Zaploop et ArtistXite, il peut créer sa playlist personnalisée et diffuser plusieurs artistes différents.
  • l’auditeur/diffuseur fait une recommandation ciblée et personnalisée à son entourage, ce n’est pas du marketing de masse. Le diffuseur choisit ce qu’il aime et sa communauté a plus de chances de prêter intérêt à ses recommandations qu’a un message dans un bandeau publicitaire sur un site quelconque.
  • ces widgets sont très facile à exporter et donc à diffuser. Si il y a encore peu de monde ayant un site web ou un blog, en revanche de plus en plus de gens ont des pages personnelles sur des sites de réseaux sociaux comme MySpace ou Facebook. Dans le futur proche, une grand nombre de gens seront donc des diffuseurs potentiels.

Conclusion

Même si les chances de faire fortune sont encore minces pour les artistes et leur diffuseurs, ces modèles encouragent la diffusion ciblée de musique et favorise la découverte de nouveaux artistes en incluant les fans dans la promotion de ces artistes. Dans l’économie de l’abondance où l’attention est une denrée rare, cette diffusion ciblée est une richesse.

Notez de plus que c’est juste le début. A mesure que les internautes seront plus nombreux, plus connectés et plus à l’aise dans l’utilisation d’internet, ces modèles ont de grandes chances de devenir une pratique courante.

Qu’en pensez vous ? Prêts à essayer ??

La formule magique pour les nouveaux modèles économiques de la musique

Quel seront les futurs modèles économiques de la musique ? Il semble que Trent Reznor ait trouvé une bonne piste. J’ai déjà parlé à de nombreuse reprises de ses initiatives innovantes pour connecter avec sa communauté de fans pour promouvoir et vendre ses œuvres.

Voici un excellent article qui résume toutes les initiatives innovantes de Trent Reznor. Cet article est une traduction d’une conférence donné par Mike Masnick, dont le blog Techdirt décrypte les tendances des nouveaux médias sociaux.

L’auteur a analysé le travail de Trent Reznor et en déduit une équation qu’il pense être le futur de la musique:

Connect With Fans (CwF) + Reason To Buy (RtB) = The Business Model ($$$$)

« il semblerait que Trent Reznor ait découvert le secret d’un modèle économique efficace pour la musique. Ça commence par quelque chose de très simple : CwF, qui signifie « Créer un lien avec les fans ». Ajoutez-y une pincée de RtB : « Une Raison d’acheter ». Associez les deux, et vous obtenez un modèle économique. Ça parait très simple, et beaucoup pensent que ça n’a rien de sorcier. Mais le plus stupéfiant, c’est la difficulté qu’ont d’autres à combiner ces deux ingrédients afin de gagner de l’argent, alors que Trent Reznor, lui, s’en est sorti à merveille, à de nombreuses reprises, et de nombreuses façons. »

Lire l’article: Trent Reznor et l’équation pour de futurs modèles économiques de la musique

Le Futur de l’Argent: le futur des artistes ?


Cela fait plusieurs mois que je m’intéresse à ce que l’on appelle les « monnaies libres ». Proche de l’esprit des systèmes d’échanges locaux et des crédits mutuels, ces monnaies encouragent la collaboration et les échanges. Abondantes, produites par les utilisateurs et décentralisées, ces monnaies « 2.0 »pourraient doper les échanges en ligne et dans la vie réelle.

Ce soir Jean-Francois Noubel, chercheur en intelligence collective donnera une conférence à Paris sur le futur de l’argent. Cette conférence sera diffusée en direct sur Internet de 19h30 à 22h (heure francaise).Je vous encourage fortement à la visionner si vous en avez la possibilité.

Voici une courte vidéo présentant le thème de la conférence:

« Le Futur de l’Argent » – Conférence à Mexico from TheTransitioner on Vimeo.

Et voici le lien pour voir la conférence en direct et participer via le chat:

Le futur de l’argent – vidéo streaming

Je reparlerai un peu plus de ces nouvelles monnaies car je pense qu’elles pourraient devenir la solution aux problèmes de monétisation des œuvres artistiques sur internet et plus généralement dans la vie réelle.

MAJ: suite à des problèmes de connexion internet, la diffusion de la conférence a été annulée. La conférence a cependant été filmée et devrait être mise en ligne prochainement.

Comment vivre de sa musique à l’heure d’internet?

C’est la question que pose et à laquelle essaye de répondre Dominico Curcio, un artiste 2.0. Comment vivre de la musique à l’heure du téléchargement? Les artistes sont-ils vraiment une espèce en voie de disparition? Doit-on avoir peur du Peer-to-peer?

Dans ce premier article il observe avec un regard critique la voie classique par laquelle passent les artistes à l’heure actuelle: la maquette, les droits d’auteurs, la production, la chance, la création de l’album, la vente, qu’est ce qui se passe si ça marche ou si ça ne marche pas…. pour nous préparer à un deuxième article sur sa vision de l’artiste moderne…

Un article très intéressant qui devrait faire réfléchir ceux qui veulent se lancer dans une carrière musicale aujourd’hui.

Comment vivre de sa musique ?

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