Joss Stone : « le piratage, c’est brillant »

De plus en plus d’artistes prennent partie pour la libre diffusion des œuvres sur internet. Aujourd’hui un article de Numérama qui présente le point de vue de la chanteuse Joss Stone.

La chanteuse Joss Stone, qui a gagné l’an dernier un Grammy Award, n’a aucun rapport conflictuel avec le piratage. Bien au contraire. Interrogée lors d’une interview sur son sentiment à l’égard du piratage et des gens qui téléchargent ses chansons sur Internet, Stone a abasourdi son interlocuteur : « Je trouve que c’est génial« . « Génial ?« , insiste le journaliste interloqué.

« Oui, j’adore ça. Je trouve que c’est brillant et je vais vous dire pourquoi. La musique devrait être partagée. La seule chose que je n’aime pas c’est le business qui y est attaché. Mais, si la musique est gratuite, il n’y a plus de business, il n’y a plus que la musique. Donc, oui, j’aime ça, je pense que nous devrions partager« , a expliqué la chanteuse.

« C’est bon, si une personne achète [mon disque], ça me va très bien, gravez-le, partagez-le avec vos amis, je m’en fiche. Je me fiche de la manière dont vous l’écoutez à partir du moment où vous l’écoutez. Tant que vous venez à mon concert, et que vous prenez du bon temps à écouter le concert, c’est cool. Je m’en fiche. Je suis content qu’ils l’écoutent« .

Pour Joss Stone, la plupart des artistes qui s’opposent aux fans qui téléchargent leur musique sont subissent un « lavage de cerveau » de la part de leur maison de disques. Juré craché, c’est pas le cas des 52 artistes français qui se sont engagés courageusement pour la riposte graduée…

La chanteuse, visiblement agacée par l’industrie du disque, a entamé une bataille juridique contre sa maison de disques EMI pour obtenir le droit de rompre son contrat qui doit couvrir trois albums.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Je ne les qualifierai pas de voleurs sauf s’ils me traitent de pirate

Auteur de L’Anarchisme triomphant : Le logiciel libre et la mort du copyright, et du Manifeste du Point-Communiste, Eben Moglen est considéré comme l’un des penseurs les plus radicaux, mais aussi les plus pertinents, de la société de l’information. Internet Actu revient sur ses positions sur le copyright et l’industrie de la musique.

Je vous invite à prendre le temps de lire cet article d’Internet Actu, sur Eben Moglen, un personnage peu ordinaire. Jetez un œil en particulier aux extraits choisis, traduits, compilés et (“librement”) adaptés de ses propos sur l’industrie de la musique. J’en ai copié ici un petit morceau pour vous donner envie d’aller lire la suite:

“Je ne les qualifierai pas de voleurs sauf s’ils me traitent de pirate”

Il faudrait d’ailleurs qu’ils admettent qu’ils (les industriels de la musique) militent pour l’ignorance, pour l’acculturation, qu’ils revendiquent le fait que vous ne devriez avoir accès à la culture que dans la mesure où vous avez assez d’argent pour vous l’offrir, ou plutôt l’acheter. Et plus ils agiront de manière brutale, déraisonnable, disproportionnée, plus ils se discréditeront.

Je ne les qualifierai pas de voleurs sauf s’ils me traitent de pirate. Les artistes n’ont rien à craindre des gens qui aiment ce qu’ils font. Les amateurs de musique ne peuvent pas faire de mal aux artistes qu’ils apprécient, même si les industriels s’acharnent à le leur faire croire.

Car le problème n’est pas tant d’empêcher les gens de “voler” des fichiers que d’empêcher les artistes de découvrir qu’il existe des alternatives, et qu’ils peuvent vivre sans ce genre d’intermédiaires. On assiste en effet à un retournement d’alliance, au détriment de l’industrie, entre ceux que l’on appelait des “consommateurs” et ceux que l’on appelait des “producteurs”.

Et ce qui menace le plus l’industrie du disque, ce n’est pas l’amateur de musique et d’échanges de fichiers, c’est le fait que Madonna, et plein d’autres, commencent à quitter leurs maisons de disque car n’ont plus grand chose à leur apporter, contrairement aux tourneurs et aux organisateurs de concerts.

La suite sur Internet Actu…

Voir aussi les autres conférences, traduites en français, d’Eben Moglen sur Framablog.

Pourquoi j’ai piraté mon frère et volé les bijoux de famille

Mon frère fait partie de plusieurs groupes de musique pourtant j’ai été obligé trouver une astuce pour télécharger la musique de ses myspace, et de pirater le groupe « les Bijoux de Famille ». Pourquoi ? Pour les aider faire leur promotion internet.

Récit du délit

Mon frère fait partie de plusieurs groupes de musique (Khemeia et les Bijoux de Famille), mais comme nous sommes souvent éloignés géographiquement, comme n’importe quel autre fan je dois me rabattre sur les sites internet et pages myspace pour pouvoir écouter les musiques . Or même avec de la bonne volonté, c’est parfois difficile de pouvoir écouter la musique: le site n’est pas à jour ou ne contient pas de musique (Avouez que c’est ballot pour un groupe de musique…).

Le Myspace me donne toujours des boutons, mais je me force à y aller car je veux récupérer quelques titres pour faire découvrir à des amis. Là je suis content, je peux écouter quelques titres. Malheureusement, la plupart sont juste des extraits et surtout rien n’est téléchargeable. Comment faire écouter à mes amis non connectés à internet ? Et pourquoi faire écouter si la musique se coupe au moment ou ça devient intéressant ? Pour moi ça ne vaut pas le coup de perdre du temps pour faire écouter juste un extrait à un ami.

Voila pour la première partie de l’histoire. La deuxième partie c’est que je devais récemment aider pour la promo internet des Bijoux. Comment faire ma promo ? La promo d’un groupe de musique sans proposer de musique à faire écouter est un non sens. Ils m’ont donc fait passer les codes d’accès au myspace pour que je puisse récupérer du matériel promotionnel. Tout content, je vais donc dans l’espace de gestion pour essayer de récupérer la musique. Las, même avec les codes d’accès impossible de télécharger un titre (ou alors impossible de trouver dans le fouillis myspace) … Retour à la case départ

Je perd patience. Comment récupérer de la musique pour ma/leur promo. Leur demander de me l’envoyer prendrai encore du temps et c’est maintenant que j’ai le temps pour bosser sur la promo. Je pourrai aussi jouer la musique en ligne et utiliser un enregistreur, mais c’est aussi galère.

Après quelques minutes de recherche je trouve enfin une astuce pour télécharger directement la musique depuis myspace. Il s’agit de File2HD, un service qui permet de télécharger n’importe quel type de média, depuis n’importe quelle page web. Son utilisation est très simple: rentrer l’adresse de la page web contenant un média (musique, vidéo, photo, …) et le site génère une liste avec les liens pour télécharger directement ce qui vous intéresse. Ainsi finalement je réussi à pirater et « voler » la musique des Bijoux de Famille.

Libérez le contenu !

Deux leçons à retenir de cette histoire:

  • Verrouiller votre musique empêche vos fans de la diffuser et de vous faire de la promotion (par diffusion prescriptive). C’est dommage car cela freine grandement le bouche à oreille.
  • Verrouiller votre musique n’empêche pas les gens réellement motivés de voler votre œuvre et de la diffuser sous d’autre formats et sans votre autorisation.

A l’inverse:

Proposer votre musique sous différents formats et sur différents sites favorise son exposition et sa diffusion et facilite le bouche à oreille

Conclusion: libérez le contenu et aider vos fans à vous diffuser ! Vous n’êtes pas obligés de mettre l’intégralité de votre œuvre en ligne, mais offrez au moins quelque chose de substantiel pour que vos fans aient quelque chose a se mettre sous la dent et l’envie de le partager.

La suite de la promo des Bijoux de Famille

Dans les prochains articles, je ferai une description de ce que nous faisons pour la promo internet des Bijoux de Famille et de leur nouvel album. Au programme : optimisation du site web pour renforcer les interactions avec les fans et préparation d’un widget.

Ca vous inspire quoi cette histoire ?

Musique 2.0: NiN sort (encore) un nouvel album gratuitement, The Slip !

J’écrivais il y a peu « Nine Ich Nails donne un nouveau morceau et continue à encourager les remix ». Je pourrai maintenant écrire « Nine Ich Nails donne un nouvel album et continue à encourager les remix »… Je laisse plutôt Numérama nous décrire tout ça…

Musique Numérique –

Deux mois après avoir sorti lui-même une partie de son album Ghosts I-IV sur The Pirate Bay et après l’avoir mis en téléchargement gratuit sur son site, Nine Inch Nails remet le couvert. Le groupe dirigé par le militant Trent Reznor sort aujourd’hui un nouvel album de 10 chansons, The Slip, qu’il met à nouveau gratuitement à disposition des internautes sur son site, sans DRM et sous licence Creative Commons.


Alors que le groupe Radiohead a annoncé qu’il ne renouvellera certainement pas l’expérience de la musique proposée à un tarif libre sur son site Internet, le leader de Nine Inch Nails Trent Reznor reste à fond dans son nouveau modèle économique et médiatique. Seulement deux mois tout juste après avoir déjà sorti gratuitement son album Ghosts I-IV sur Internet et sur les sites de liens BitTorrent, NiN remet ça avec un nouvel album baptisé The Slip.
Les fans du groupe peuvent d’ores-et-déjà télécharger l’ensemble des dix chansons que composent l’album sur le site officiel de Nine Inch Nails, en entrant simplement leur adresse e-mail. Un message de confirmation est alors envoyé à l’adresse entrée, avec un lien pour télécharger l’album au format compressé MP3, ou aux formats sans perte FLAC, M4A ou même WAV. Pour ces trois derniers formats, le groupe propose exclusivement des liens BitTorrent pour économiser en bande passante et profiter de celle de leurs fans. Une manière de dire leur respect pour le P2P, et de l’exploiter eux-mêmes.

Trent Reznor, qui avait appelé à voler ses CD alors qu’il était encore sous contrat avec Universal, s’est fait remarquer notamment en défendant de vive voix le site pirate Oink, conspué par l’industrie musicale.

L’ensemble de l’album The Slip est évidemment sans DRM, et encore une fois diffusé sous licence Creative Commons by-nc-sa qui autorise les internautes à redistribuer l’album librement à leurs amis ou sur les réseaux P2P, ou même à les remixer sans avoir à payer quoi que ce soit, à la seule condition que tout cela soit fait sans intérêt commercial. Nine Inch Nails propose d’ailleurs sa propre plateforme de remix.

Avec Ghosts I-IV, Nine Inch Nails avait glané 1,6 millions de dollars en une semaine grâce à une formule tarifaire qui allait de la gratuité au coffret ultra-deluxe à 300 $ en édition limitée. Cette fois, pour le moment, The Slip est proposé uniquement en téléchargement gratuit, ou en streaming sur iLike. « Que ceux qui sont intéressés par des produits physiques se rassurent. Nous prévoyons de rendre une version de cet album disponible sur CD et vinyle en juillet« , prévient Nine Inch Nails qui donnera plus de détails par la suite.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Diffusion prescriptive: Le diffuseur 2.0 est l’avenir des l’artistes

Avec la multiplication des plateformes de diffusion, des médias et des points de vente, comment se faire connaître et se diffuser? Grâce aux diffuseurs 2.0 ! Je reproduis ici un article très intéressant d’Hubert Guillaud qui discute de l’avenir de la diffusion pour les écrivains.

Diffuseurs 2.0

On le comprend de mieux en mieux. Demain, le livre au format électronique sera disponible plus facilement. On pourra acheter le fichier électronique d’un livre (à un prix moins élevé que le livre papier), peut-être le stocker ailleurs que sur sa machine (pour moins le perdre), sur des plates-formes auxquelles nous serons abonnés, membres ou simples passants. Soit. Mais des plateformes, il y en a des dizaines, des centaines, des milliers ! Qui va diffuser mon fichier sur Le Monde en ligne (pour que les gens puissent y avoir accès depuis leur journal), mais aussi sur mon journal local en ligne ou les sites web des magazines culturels ? Qui va me permettre de faire que mon fichier soit accessible sur les plateformes plus puissantes que la mienne ?

Voila qui repose d’autant plus cruellement la question de la diffusion au format numérique. Qu’un éditeur propose un de ses livres au format numérique sur son site, c’est normal. Mais on le voit à l’aune de l’expérience de ceux qui s’y sont déjà lancés… Comment rendre ces fichiers accessibles depuis d’autres sites, d’autres boutiques, dans d’autres réseaux ? Comment assurer leur diffusion ? Quels partenaires vont me permettre cela ? Est-ce que moi, auteur ou éditeur, je vais devoir démultiplier des partenariats (exclusifs, ou pire, excluants) pour que mon fichier soit disponible sur d’autres sites que le mien ?

Car l’enjeu est bien là finalement. Le problème, n’est pas de rendre son texte disponible au format numérique, mais de le diffuser, de faire qu’il soit accessible, dans ma boutique, mais aussi dans toutes celles des autres – SmartLinks est un piste, mais est-ce la seule ? Comment demain vais-je pouvoir rendre mon fichier disponible chez Amazon, Lulu, Numilog, Google, Galica, Place des libraires, dans les boutiques de confrères, sur les sites web d’autres éditeurs, sur les sites marchands quelconques (Chez Carrefour, Leclerc, Cultura, Ooshop…), mais aussi sur les sites communautaires comme Zazieweb, LlibraryThing, Babelio… Mais aussi sur Facebook ou MySpace…

Je peux être demain l’éditeur de mon propre texte numérique. C’est facile. C’est simple. Je peux le vendre sur une ou deux, voire trois plateformes, facilement. Mais est-ce suffisant ? Est-ce que cela me permet de toucher suffisamment de public, d’être suffisamment accessible ? Comment puis-je le diffuser mieux que je ne sais le faire, et ne pas être cantonné depuis mon propre site, mon propre réseau ? Comment mon fichier peut-il être accessible sur d’autres sites, depuis d’autres réseaux ? Ce n’est pas l’URL de mon fichier qui est important à diffuser, mais le fichier en tant que tel ? Et comment, sur toutes ces plateformes, je saurais ce qui doit m’être crédité, à moi éditeur et à mes auteurs ?

Je pense que nous allons avoir besoin de diffuseurs 2.0. De gens capables de prendre votre fichier et de le diffuser pour vous dans d’autres réseaux que les vôtres. De vous assurer de ses ventes, de vous faire parvenir les décomptes de vente. Comment peut-on imaginer que les éditeurs sauront faire tout ce travail là, autrement qu’en ne passant que par le biais d’une poignée de gros sites marchands – ce qui n’est pas envisageable à terme ? J’avais la même interrogation sur les libraires : comment mon libraire de quartier sera-t-il accessible depuis GoogleBookSearch, pour que je puisse commander mon exemplaire numérique chez lui, si je le veux ? Comment sera-t-il accessible depuis le site de FranceCulture, de Télérama ou de Bibliobs, de Zazieweb, Babelio, etc. ?

L’enjeu est d’autant plus important que le libraire ou l’éditeur est petit. Un gros groupe pourra gérer des partenariats multiples avec des centaines de plateformes. Mais cela ne pourra pas être le cas, pour de petites structures. Or mon problème, demain, à moi éditeur, auteur ou libraire notamment, c’est de pouvoir toucher avec mon exemplaire en vente, d’autres structures que la mienne ou que les plus grosses.

C’est ce que disait O’Reilly : si je veux vendre plus d’exemplaires en .pdf de mon bouquin, il faut qu’il soit disponible sur d’autres boutiques que la mienne. Il faut que moi, petit éditeur, je puisse accéder à XXX boutiques, qu’un intermédiaire le fasse pour moi. Développe les partenariats, les API, qui rendront cela possible. Développer et multiplier les canaux de ventes. On voit bien qu’il y a là, un vrai métier à venir. Et que pour pouvoir être partout, il va nous falloir des gens dont c’est le métier, qui permettront de porter vos ouvrages numériques sur des plateformes toujours plus variés.

Article écrit par Hubert Guillaud (La feuille) et publié sous licence Créative Commons

Conclusion

Le diffuseur 2.0 est l’avenir de l’écrivain 2.0 et plus généralement de l’artiste 2.0. Celui qui a du talent et qui donne à son public (du plaisir, du contenu gratuit, …), qui fidélise ce public qui, en retour, fait de la diffusion prescriptive (”j’aime donc je diffuse”) de l’artiste. Contrairement à Hubert Guillaud, je pense que même si avoir des diffuseurs 2.0 professionnels sera utile, ce ne sera pas suffisant. Il y a aura toujours de nouvelles plateformes et même pour un diffuseur 2.0 professionnel, cela sera impossible à suivre. Je crois plus au recrutement des « consom’acteurs », ces fans très impliqués qui diffuserons le travail de l’artiste, mais aussi pourront héberger des boutiques en ligne (via des widgets) pour devenir un point de vente de leur(s) artiste(s) fétiche(s) et aussi acheter ses œuvres ou les financer. Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières (et les longues traînes…) des milliers de diffuseurs/prescripteurs faisant une diffusion cible pourront être plus puissants qu’un média centralisé faisant de la publicité. Qu’en pensez vous ?


Ecrivain 2.0: interview de Paulo Coelho sur le téléchargement et le futur du livre

Le site Pirate Coelho proposait depuis l’an dernier des liens torrents pour télécharger les œuvres de l’écrivain Paulo Coelho. Surprise, le pirate n’est autre que Coelho lui même ! Une idée de la propriété intellectuelle à l’opposé de la vision conventionnelle…

L’écrivain brésilien Paulo Coelho, l’auteur de « L’alchimiste » dont les livres ont été traduit dans 67 langues et qui a vendu plus de 100 millions d’ouvrages dans le monde entier, a démarré l’an dernier un blog anonyme (Pirate Coelho, tout un programme…) où il propose des liens bit torrents vers des versions complètes de ses œuvres disponibles sur internet. La plupart de ces copies en ligne n’étaient pas autorisées, mais l’écrivain a réussi à convaincre ses éditeurs que ceci ne réduirait pas les ventes.

Interview de Paulo Coelho

Voici une traduction d’une interview de Coelho (je l’ai traduite à partir de l’anglais lui même traduit à partir du portugais; j’ai essayé de respecter le sens, mais il peut y avoir des erreurs…)

(journaliste) – Pourquoi créer un site pour diriger les internautes vers des endroits où ils peuvent télécharger vos livres gratuitement ?

(Coelho) – Je crois qu’offrir des livres gratuits en ligne stimule les ventes dans le monde « réel ». Vers la fin des années 90 , j’ai eu une expérience en Russie qui m’a ouvert les yeux. Nous avions des problèmes avec les ventes et l’explication qui revenait tout le temps était que la distribution était difficile dans cette partie du monde. En 1996, nous avions seulement vendu 1000 livres. Fin 1997, une traduction de « Brida » est apparue sur certains réseaux peer-to-peer et les ventes ont commencé à décoller. En 1998, nous avons vendus 10 000 copies. En 1999, 100 000 copies. En 2000, le chiffre a dépassé le million de copies ! Ce n’était pas un hasard: l’internet a favorisé le bouche à oreille; résultat, les lecteurs ont commencé a faire pression sur les libraires qui, d’eux-mêmes, ont commencé à commander plus de copies….

(journaliste) – Comment en êtes vous venus à créer Pirate Coelho ? Vous aviez conscience que le téléchargement doperait les ventes ou cela a t-il été une surprise pour vous ?

(Coelho) – Après mon expérience russe, l’idée a mûrie. J’ai décidé de lancer le site Pirate Coelho en 2006. Il est à noter que le site recense simplement des liens vers les fichiers torrents. Il ne stocke rien, il montre juste le chemin aux internautes.

(journaliste) – Est ce que les ventes ont augmentées depuis que vous avez commencé le partage de livres gratuits ?

(Coelho) – Je n’ai pas de chiffres, mais je vois les effets avec mon dernier livre, « la sorcière de Portebello », cette stratégie a porté ses fruits. Aux Etats-Unis par exemple le livre est entré dans dans la liste des ouvrages les plus vendus de la semaine, une performance que seul « L’alchimiste » avait réussi à faire jusqu’à présent.

(journaliste) – Le téléchargement sur internet provoque une baisse des ventes et c’est un problème majeur de l’industrie de la musique. Pourquoi est ce que ça n’arrive pas avec les livres papier et les éditeurs ?

(Coelho) – Je ne peux pas prévoir comment le le piratage de livres va influencer les ventes à l’avenir. Ce que nous observons pour l’instant c’est une dissémination plus importante des travaux.

(journaliste) – Que pensent vos éditeurs de votre initiative de créer Pirate Coelho ?

(Coelho) – Mes éditeurs acceptent tous mon choix.

(journaliste) – Comment voyez vous le futur du livre ? Pensez vous qu’il est menacé par le Kindle et autres e-books ?

(Coelho) – Quand j’ai donné une conférence à Munich en janvier dernier, je suis tombé sur une idée intéressante: le futur du livre n’est peut être pas dans des objets comme le Kindle ou les e-books, mais dans l’interactivité entre les lecteurs et l’auteur autour du livre. Certains pensent que dans le futur les gens pourraient payer non pour le livre, mais pour les discussions et l’univers associé au livre. Nous voyons cela aujourd’hui dans les jeux vidéo en ligne où le consommateur paye une somme pour entrer dans l’univers du jeu. Peut être est ce la futur du livre.

(journaliste) – Jusqu’à quel point va se développer la relation entre internet, la littérature et l’industrie du livre ? Quelles pistes pourraient encore s’ouvrir grâce a cette relation et quels les bénéfices et les dangers potentiels ?

(Coelho) – Je ne peux pas prévoir comment les nouveaux médias vont influencer la littérature au 21eme siècle. Ce que je peux dire c’est que nous voyons plus d’interactivité entre les lecteurs et les auteurs. L’émergence des blogs permet cet échange que je trouve extrêmement enrichissant. Mais je ne crois pas complètement à un processus de création collective qui conduise à l’écriture d’un livre. J’ai vu des expériences où les lecteurs participent au processus de création et le résultat n’était pas terrible. Je crois en l’interactivité mais après que le travail ait été fait par le créateur, pas avant.

Voir l’article original

Lisez le dernier livre de Paulo Coehlo en ligne

Cette fois c’est son éditeur qui le propose par l’intermédiaire d’un widget que chaque internaute peut placer sur son site, blog, myspace, pour le faire découvrir à ses visiteurs…


Browse Inside this bookGet this for your site

Pour l’instant le livre n’est disponible qu’en anglais, mais on peut espérer avoir bientôt une traduction. Et bien sur si ça vous a plu, n’hésitez pas à acheter le livre pour vous ou vos amis

Paulo Coelho discute internet, copyright et le futur du livre à la Digital, Life, Design conférence de Munich

Voici la vidéo (en anglais).

Link: sevenload.com

Pour finir

Ça fait vraiment plaisir de voir quelqu’un qui observe, s’interroge, cherche à comprendre et expérimente au lieu de refuser en bloc tout changement. J’ai beaucoup apprécié cette attitude du « je ne sais pas, mais nous observons que… ». C’est humble et ouvert, et très rafraîchissant. Je crois que je sais quel sera mon prochain livre de chevet…

Musique 2.0: Nine Ich Nails donne un nouveau morceau et continue à encourager les remix

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Après avoir mis Ghost en téléchargement libre, et montré qu’il gagnait de l’argent, Trent Reznor continue faire des cadeaux à ses fans. Cette fois encore, il remet un nouveau morceau en ligne et encourage ses fans à le copier et à le remixer

Télécharger « Discipline », le dernier titre de Nine Inch Nails (NIN): laissez votre adresse mail et vous recevrez un lien pour le téléchargement du morceau.

Un point particulièrement important, Trent Reznor vous encourage à remixer ses morceaux !!! Mieux, il y a sur le site internet une section entière dédiée à la communauté NIN et au remix. Après inscription, il est possible de récupérer des chansons de NIN en format multipistes, de les remixer et de le mettre en l’ecoute pour la communauté NIN. En fait Trent Reznor fait son myspace perso pour la communauté NIN et le nourrit en arrosant régulièrement avec des nouveautés et des surprises. Ce que je trouve le plus intéressant, c’est que la communauté peut écouter sur un pied d’égalité les morceaux originaux et les remix et choisir le meilleur des deux en créant leur playlist et en notant ces morceaux. Si la dynamique est bonne et la relation entre l’artiste et la communauté sincère je ne serait pas étonné de voir bientôt sortir de la des petits génies de la musique qui font des remix de fou !!! Vive les échanges !

A noter la seule restriction: les morceaux remixés ne peuvent contenir aucun son sous copyright à cause des problèmes de droits d’auteurs. On voit ici l’intérêt des licences libres qui en favorisant les échanges musicaux stimule la créativité.

Il y a des fans de NIN qui ont écoutés les remix ? Qu’en pensez vous ? Ca vous dit pas de remixer du NIN ?

Comment faire du buzz: Didier Super pisse sur Universal

Comment faire du buzz avec peu de moyens ? Didier Super comme à son habitude joue l’humour décalé et la provocation. On aime ou on n’aime pas. Moi j’aime et je ne résiste pas au plaisir de republier cet article de Numérama. Pisser sur sa maison de disque, il fallait oser. Au dela de la provoc dont il ets spécialiste, il a aussi une réflexion sur le téléchargement qui pour lui est un moyen de promouvoir le concert.


Pour ceux qui ne connaissent pas le personnage et son humour (spécial), voici d’abord une petite vidéo d’introduction pour vous mettre dans le bain:


Didier Super : Y’en a des biens

Clip réalisé par Kourtajmé
L’article de Numerama:

Il urine sur les bureaux d’Universal Music pour faire sa promo…

On a la promo qu’on peut. Pour son troisième album « Ben Quoi ? » qui doit sortir dans les bacs le 28 avril, Didier Super a choisi d’exploiter à son avantage le courant de révolte contre les maisons de disques. Armé d’une caméra confiée à un complice, il se film en train d’uriner en plein jour sur les murs parisiens d’Universal Music. Effet garanti. « Je pouvais pas deviner que c’était ouvert, c’est une maison de disques, elles sont toutes fermées« , crie-t-il au vigile qui vient l’expédier manu militari.

Derrière la provocation gratuite se cache tout de même, en cherchant bien, un vrai message de fond contre les majors. L’artiste demande aux internautes « un petit geste pour les aider à mourir dignement« , et précisant qu’on ne « les empêchera pas de mourir« .

« En achetant mon disque, vous vous offrez par rapport à quand tu télécharges une boîte en plastique transparent de bonne qualité, et surtout un CD neuf. Alors franchement, pourquoi télécharger ? » demande-t-il avec beaucoup d’ironie, et peut-être de rancoeur à l’encontre de sa propre maison de disques, V2… un label racheté par Universal Music.

« La vie du disque m’importe peu. Je gagne 50 centimes d’euro par disque vendu, alors ça m’est égal que les gens le téléchargent. L’important, c’est le concert. Là, on essaie d’apporter quelque chose en plus, de ne pas être simplement consommé. C’est-à-dire que les gens paient leur place pour danser et recevoir des décibels« , expliquait Didier Super dans une interview publiée en janvier 2007.


Didier Super gère la crise du disque
envoyé par D_Super

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Y’a des chances que cela fasse un peu parler de lui…

Liens

http://www.didiersuper.com/

Interview de Didier Super

Portishead teste la gratuité pour lancer son prochain album


Le nouvel album de Portishead, ‘Third’, attendu depuis si longtemps, sera mis a disposition sur gratuitement sur le site Last.fm et en intégralité à partir du 21 avril, une semaine avant sa sortie officielle.
Nous annonce Sok Borey sur Musique 2.0

Third’ est le premier album du groupe de Bristol en 11 ans, les 11 titres seront disponibles à la demande, gratuitement et en intégralité pendant 7 jours jusqu’à sa sortie officielle le 28 avril.

Intéressante initiative et un bon coup qui devrait nourrir le buzz. Cette annonce peu surprenante arrive juste après que Last.fm ait annoncé que la gratuité était bonne pour les ventes.

A noter que cette initiative ressemble fortement à celle de Radiohead qui avait eux aussi mis leur album en téléchargement libre (les internautes étaient libre de donner ce qu’ils souhaitaient) pour nourrir le buzz.

Ici aussi cette gratuité limitée (l’album sera disponible gratuitement seulement une semaine) est plus utilisée comme un outil de marketing que comme le nouveau business model qu’envisagent Kevin Kelly et de Chris Anderson . Mais bon, c’est un pas de plus vers des modeles alternatifs dans l’industrie de la musique.

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