A Herret, le concert est dans le pré…

Ou presque ! Petit hameau situé au milieu de la campagne gersoise, Herret accueille depuis plusieurs années Tous lez Arts, un festival eclectique et sympathique.

Depuis le début Toc-Arts existe pour soutenir  les “petits” acteurs (assos, bénévoles, artistes) de la scène artistique et culturelle afin de developper les scènes artistiques et leur diversité, favoriser les rencontres et la créativité.

Si je parle souvent d’artistes, j’ai peu parlé d’organisateurs (à part le Courant d’Art café qui m’avais beaucoup inspiré).

Pour réparer cela et montrer des exemples positifs, je voudrai vous présenter l’association Gersoise Original Toboz Style qui organise depuis plus de 5 ans un petit festival d’été à Herret dans le Gers.

Ce festival baptisé Tous Lez Arts mélange expositions de peinture et de dessin, théatre, jonglage, scène ouvertes, concerts, bons repas … on peut en profiter en rester assis dans l’herbe et sous les étoiles ou bien dans des canapés mis a disposition sous un des chapitaux décorés.

Contrairement à la plupart des évènements où on vous fourre n’importe quoi en guise de nourriture, ici le classique sandwich saucisse vient avec ses petits legumes grillés à la plancha. Ce n’est pas grand chose mais ca fait plaisir et ce n’est qu’une partie des efforts déployés par les bénévoles pour que vous vous sentiez bien.

Et on se sent bien ! et ca se ressent dans la bonne humeur générale du festi. Volontairement accessible à tous les ages et tous les styles, le festival accueille un public très éclectique.

Le public est d’ailleurs encouragé à ne pas être seulement consommateur, mais aussi acteur du festival, via des scènes ouvertes ou un marché aux initiatives pour favoriser les rencontres et initiatives locales entre artistes, assos, ….

Ce week end aura lieu la 6eme édition (voir le programme). Si vous êtes dans le sud ouest, je ne saurai trop vous conseiller d’y faire un tour (moi j’y serai!)

Depuis quelques années l’entrée n’est plus « gratuite », mais à « prix libre », manière de soutenir le festival tout en le gardant accessible.

je vous laisse avec l’affiche et une présentation de l’asso:

Présentation de l’association Original Toboz Style:

Nous avons pour objectif de promouvoir des valeurs de partage et de découverte, principalement en milieu rural et à travers toutes les formes d’expressions artistiques dans un festival :« Tous Léz’arts ». Ce festival occupe depuis cinq ans Herret, un petit village de la commune de Condom, plus connue pour sa feria.

Ce festival se veut être le fil conducteur de rencontre et de partage des personnes qui aiment jouer, dessiner, partager, animer et oeuvrer autour d’une grande fête. C’est l’occasion pour chacun de venir écouter ce que les jeunes et les moins jeunes jouent dans leur garage, de découvrir des inconnus qui ont du talent pour la peinture ou pour la littérature, de se surprendre devant la nouvelle pièce de théâtre d’une troupe dynamique, d’être au contact de la réelle scène alternative.

Un festival pour tous les âges et toutes les bourses dans un lieu atypique où les Toboz rassemblent bénévolement des gens qui ont tant de choses à dire, à exprimer, à faire valoir ou à faire tout court… à chacun son affaire! Notre action s’étend aussi en ville avec l’organisation d’un week-end musical intitulé « Les pieds dans la paille » en mai 2009 dans les jardins de Compans- Caffarelli au centre-ville de Toulouse. Tout est en effet fondé sur le bénévolat, le recyclage, la création, les dons ou prêts d’autrui qui permettent à notre organisation de mener une marche paisible à travers des rires d’enfants, des chansons, de la musique, des couleurs, des odeurs, des sensations…..des émotions !

C’est en voulant fuir le vent lucratif actuel et un individualisme omniprésent dans notre société que nous offrons à un public de passage et le plus large possible, l’opportunité de passer du bon temps en famille pour un festival convivial, plein de conviction et de chaleur. Un peu comme une renaissance des fêtes populaires sous les fanions et les guirlandes lumineuses, c’est toutes les générations qui se manifestent sous tous Léz’arts. Le public participe à la fonction de ce festival dont il est lui-même acteur, c’est ça le Toboz Style !

En savoir plus: http://originaltobozstyle.blogspot.fr/

 

En espérant que beaucoup d’assos comme celle ci continuent à se créer et a exister. Car ce sont elles qui maintiennent la culture vivante et permettent aux artistes de partager leur talents.

Les concerts « silencieux » des Bubblies

Expérience intéressante du groupe Toulousain Les Bubblies qui ont conçu un caisson pour pouvoir jouer des concerts silencieux dans l’espace public et les rendre écoutables via les fréquences FM.

Le but: questionner sur la place de l’artiste dans l’espace public et entre le public et les oeuvres.

Ce même caisson pourrait être utilisé pour jouer des concerts à la maison ou tout autre endroit où il n’est pas possible de faire du « bruit ».

Regardez la vidéo pour en savoir plus sur ce concept original:

Le premier concert aura lieu à Toulouse pour la fête de la musique. Détails:

le 21 juin 2012, à partir de 16h30, sous l’arche de la médiathèque (métro Marengo – SNCF) ! Venez avec vos récepteurs FM et / ou smartphones et casques / kit oreillettes ! Devenez acteur de cette performance !

Ca tombe bien je suis de passage sur Toulouse où je dois présenter quelques portraits d’artistes 2.0 à la rencontre Déjeuner sur Web consacré à la musique 2.0 et  j’en profiterai pour aller voir ce « concert silencieux ».

Pour ceux qui ne sont pas sur Toulouse, le concert sera diffusé sur Internet sur le site des Bubblies.

Organiser des concerts en collaboration avec vos fans… et plus encore !

Lever des fonds, pre-vendre des places de concerts, sous traiter une partie de la promotion aux fans, faire des concert chez eux, et même y dormir, l’avenir appartient aux audacieux qui sauront collaborer avec leurs fans.

Fermeture de cafés concerts, baisse des subventions aux associations, les temps sont durs et trouver des dates est de plus en plus difficiles pour les groupes. Pourtant grâce aux nouveaux outils du web les groupes peuvent maintenant collaborer avec leur fans de façon inédite, court-circuiter les routes classiques et réaliser des choses impensables avant.

Retour sur ces nouveaux modèles innovants qui commencent à apparaitrent. Notez que je focalise ici sur les concerts, mais que c’est aussi valable pour d’autres types d’évènements.

Organiser des concerts participatifs avec Plemi

Plemi est un nouveau service qui permet aux organisateurs de concert de pre-réserver (pre-booking)des places de concerts ou au fans de demander leur groupe favoris près de chez eux.

Intérêt: si on est assez nombreux on a le budget en avance et le concert peut être organisé.

C’est dans le même esprit que nous avions mis en place une fonction « request for a repeat » sur les pages artistes du site de la salle de concert blueFROG afin que les fans puissent demander à un artiste de revenir tout en étant pour nous un moyen d’avoir une baromètre de la popularité des artistes.

Mais Plemi est plus interessant puisque n’importe quel artiste ou fan peut organiser une collecte pour n’importe quel évenement. Si l’argent collecté grâce aux pré-ventes est suffisant il sera alors possible d’organiser l’évenement et de faire venir le(s) groupe(s).

Comment ca marche en pratique ?

 La création d’un concert participatif « sous-réserve », conditionné à l’obtention d’un nombre suffisant de pré-réservations.

  1. Les organisateurs s’occordent sur une date avec une salle pour monter un projet de concert participatif en fixant par avance un nombre minimum de places à vendre
  2. Le concert est proposé sur Plemi : les spectateurs pré-réservent en ligne
  3. Si le nombre de pré-réservations est suffisant, les organisateurs valident le concert
  4. Les souscripteurs ne sont débités que si le concert a lieu

Pour moi l’intérêt est double:

  • les artistes peuvent pré-vendre et donc venir en sachant que ce sera rentable ou avoir un baromètre et savoir que ce ne sera pas suffisant.
  • les fans eux mêmes peuvent être moteur de l’organisation de l’évenement. Je pense notamment a de petits associations ou des groupes de passionnés qui veulent faire venir un artiste qu’ils adorent.

Ainsi grâce à cet outil, il est plus facile d’organiser un évènement en sachant qu’on rentrera dans ses frais. Pour avoir vécu le problème lorsque nous organisions des concerts avec l’association culturelle la Mandragore, je peux vous dire que c’est un sacré soulagement pour l’organisateur.

D’habitude je n’aime pas parler de services trop récents et qui n’ont pas fait leurs preuves, mais la j’ai été séduit. En plus du bon concept, le site de Plemi a un joli graphisme, simple et efficace, comme j’aime.

Si vous tester, je serai content d’avoir des retours.

Créer votre propre site de Crowdfunding sous WordPress pour collecter des fonds pour un concert

Une alternative sur le même principe, créer votre propre site de collecte de fond pour l’organisation de vos concerts.

C’est ce qu’a fait le groupe Toulousain Uniform Motion pour son projet One city per second pour organiser des concerts en Allemagne.

Le principe: utiliser le financement participatif pour préorganiser des concerts dans différentes villes. Pour cela une campagne est crée pour chaque ville avec un objectif de financement calculé en fonction du prix du trajet et des autres coûts comme la location de la salle ou du matériel.

“Nous fixons une date et une limite pour le financement du concert. Les gens peuvent financer le concert à différents niveaux (en payant juste un ticket ou payant aussi pour du merchandising) et si nous atteignons notre objectif, nous sautons dans voiture, avion, train, jouons le concert et amenons tout le merchandising avec nous.”

Pour cela il ont simplement ajouté un module complementaire sur un site WordPress ce qui leur permet de créer leur propre système de collecte de fonds (Pour en savoir plus, lire le guide du crowdfunding – financement participatif pour les artistes).

La aussi on pourrait imaginer qu’un groupe de fans audacieux s’organisent avec un tel système pour récolter des fonds et faire venir leur artiste préféré.

Faire promouvoir un évènement par les fans

Avec la multiplication des plateformes de diffusion, des réseaux sociaux, et du nombre de groupes et d’évènements déja présent sur internet comment se faire connaître et se diffuser?

En s’appuyant sur votre communauté.

Depuis que le « 2.0 » et les réseaux sociaux sont à la mode, tout le monde veut faire du « social media marketing » (promotion sur les réseaux sociaux). Et tous de continuer avec les vielles méthodes « 1.0 », c’est à dire d’essayer pousser son message pour faire le plus de bruit possible.

Mais sur Internet où il y a une quantité phénoménale d’informations et sur les réseaux sociaux en particulier, cette technique marche de moins en moins car l’attention des gens est limitée et tout le monde est en compétition pour être visible.

Bien peu ont compris que la vrai révolution du « 2.0 », c’est que les usagers (ici les fans) peuvent être des diffuseurs et des promoteurs au service d’une organisation, d’un produit ou d’un artiste.

En étant des moteurs de promotion il permettent de démultiplier la visibilité de l’artiste sur Internet et autour d’eux dans la vie réelle.

Pour bénéficier de l’aide vos fans, quelques conseils:

  • créer des contenus intéressants que vos fans auront envie de voir et de partager
  • mettez les sur votre site dans un format qu’ils pourront partager et diffuser facilement: vidéos ou chansons téléchargeables ou partageables sous forme de widgets,
  • proposez différents supports promotionnels faciles à récupérer (photos, logos, affiches, fly, bio, presskit, widgets etc…) pour que chacun puisse choisir le format qu’ils préfèrent.
  • DEMANDEZ LEUR de vous aider ! s’ils vous aiment, ils le feront avec plaisir. Remercier les s’ils le font, valorisez vos supporters les plus actifs auprès de la communauté ou donnez leur des cadeaux ou des exclusivités.

Cela ne garantit par qu’il le feront, mais avec quelques quelques encouragements les plus motivés pourront vous donner un sérieux coup de main.

Sur le sujet, lisez cette réflexion: Le diffuseur 2.0 est l’avenir des l’artistes

Allez jouer chez les fans (concerts à la maison)

Amanda Palmer qui a fait récemment parler d’elle en collectant plus d’un million de dollars directement auprès de ses fans a ainsi pré-vendu 25 concerts accoustiques privés chez des fans pour 5000$ ou plus.

Plus près de chez nous des artistes commes Charly et sa drole de Dame, Domenico Curcio ou Exxon Valdes expériment ce nouveau mode de concerts à la maison.

Moins coûteux et plus proches des fans, il permet de s’enrichir de rencontres, mais la proximité et l’intimité crée aide aussi à vendre des CDs ou du merchandising.

Allez dormir chez les fans (Tournée de canapés)

J’avais déja parlé précédemment, de la possibilité d’utiliser Couchsurfing.org. Ce réseau met en contact des gens qui souhaitent offrir ou demander l’hospitalité.

Dans l’article Faire une tournée de canapés, je décrivais la possibilité d’utiliser une nouvelle fonctionnalité de ce service d’hébergement de personnes pour partir en tournée en économisant l’hôtel et favoriser les rencontres.

Comme je le disais précédemment, je ne sais pas si ce modèle est réaliste, mais je trouve cette idée rafraichissante et vivifiante.

Vers des nouveaux modèles collaboratifs artistes-fans

Après le grand chamboulement apporté au monde de la création culturelle qui a cassé les vieux modèles économiques de l’industrie, on a vu d’abord arriver des modèles de vente en « direct-to-fan », c’est à dire de vente directe de l’artiste aux fans sans intermédiaires.

Il est intéressant de noter que l’on voit maintenant se profiler d’autres modèles basés sur la collaboration entre artistes et fans.

Dans tous ces modèles, les fans ne sont pas de simples acheteurs/consommateurs de l’artistes, mais deviennent des partenaires qui travaillent avec les artistes.

Il y a de plus en plus de cas décrits où des amateurs passionnés ont réalisé un travail incroyable, passant des heures à bosser bénévolement pour un artiste qu’il aiment.

Quelques exemples:

De nombreuses clips musicaux sur Youtube n’ont pas été créé par les artistes, mais par des fans.

Parfois sommaires comme ce clip utilisant des images de jeux vidéos pour illustrer une chanson de Space Jahourt, parfois élaborés comme ce clip crée par un fan pour Radiohead à partir de vidéos Youtube.

Les fans peuvent aussi être acteurs du clip, comme dans ce clip de Amanda Palmer lui même tourné et édité par un fan ou ce clip tourné avec des fans par Charly et sa Drole de Dame.

Pour finir un exemple extrème: Un DVD live réalisé par des fans.

En 2008, Trent Reznor met sur le réseau de partage Bittorrent 400gb de vidéos HD non éditées de concerts de son groupe Nine Inch Nails.

Un an plus tard, après « douze mois de labeur, un noyau dur d’une dizaine d’individus reliés à un réseau de fans sur trois continents, quatre langues « de travail », cinq équipes de spécialistes et d’innombrables nuits blanches » ont produit un DVD live de Nine Inch Nails téléchargeable gratuitement et disponible sous de nombreux formats vidéos.

Lisez l’article de Numérama pour en savoir plus sur ce fascinant exemple de crowdsourcing (traduisible par externalisation ouverte ou ma version »foule-traitance »).

Conclusion

Si l’on en croit les indices que je vous décrivais plus haut nous sommes au tout début d’une nouvelle ère plein de potentiel pour les artistes. Aujourd’hui pour l’artiste qui galère avec des petits boulot pour survivre, ces modèles collaboratifs artistes-fans peuvent sembler encore utopistes ou irréalistes.

Mais de même, personne n’aurait parié sur Linux ou Wikipédia à leurs débuts. Pourtant grâce à un modèle de développement collaboratif distribué, ces projets ont réussi à rassembler le travail de milliers de contributeurs et à devenir très aboutis. Il sont aujourd’hui utilisés par des millions de personnes et concurrencent des projets portés par de très grosses entreprises.

Si tous les artistes ne peuvent pas espérer devenir Trent Reznor, il y a quand même des possibilités dans ce domaine pour ceux qui les chercheront.

Le défi majeur pour les artistes audacieux qui essaieront de se lancer dans de tels projets collaboratifs sera de trouver les conditions qui permettront de canaliser les énergies créatives des fans autour de leurs projets.

Charly lance ses concerts à la maison (la votre!)

Artiste indépendant, bricoleur, passionné et innovant, Charly Et sa drole de Dame lance ses concerts à la maison. Si vous avez une maison ou un appartement, invitez vos amis et Charly viendra jouer chez vous pour un moment de musique mais aussi de rencontres et de discussion. A la fin un chapeau tourne et des CDs sont en vente pour soutenir l’artiste.

Charly résume ainsi sa démarche:

 

Gertrude, Mr Cigar Box et moi en avions assez de démarcher les salles, les programmateurs, de relancer sans cesse pour  « avoir la chance » de jouer dans des lieux… qui, il faut l’avouer, sont  souvent inadaptés; où il est difficile de créer un lien réel avec un public nouveau et de garder contact avec lui.

Rares sont les lieux de concerts destinés à la découverte pure et qui ont leurs propres aficionados. Dans 95% des cas, c’est aux groupes d’amener leur public. Normal pour les artistes déjà établis; handicapant pour les artistes indés qui ne peuvent faire exister leur projet sans  nouvelles oreilles.

Communiquer, devoir convaincre pour remplir soi-même un lieu qui payera les musiciens au lance pierre, au black ou à coups de « 2 boissons par musicien, pas plus j’ai dit!!! », tel est le combat quotidien d’un groupe en développement. C’est le serpent qui se mord la queue… Gérant de salles ET musiciens  qui acceptons ces conditions sommes responsables de cette absurdité.

C’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé de me concentrer ces prochains mois uniquement sur les « concerts en appartement ». J’aimerais redonner un souffle à la notion de concert, qualifier l’échange, avoir un partage plus direct, vivre des moments avant et après et … boire des coups et parler  !  Ne pas vivre un évènement musical mais un moment de vie.

 

Voici le teaser:

Pour le meilleur et pour le pire, la musique n’est pas un métier comme les autres.

Plutôt que de seulement subir les contraintes, pourquoi ne pas aussi ne pas tirer parti des possibilités uniques à ce métier ?

C’est ce qu’a bien compris Charly. Parce qu’il est passionné et qu’il n’a pas peur de se jeter à l’eau, je lui prédis du succès et de belles aventures.

S’il faut bien gagner sa vie, l’argent n’est pas tout et le voyage, les rencontres, les découvertes sont aussi des choses enrichissantes.

Mieux la fortune prend des chemins détournés et évite parfois ceux qui la cherchent et trouve ceux qui ne la cherche pas.

 

Faire une tournée de canapés

Couchsurfing.org, le service d’hébergement de personnes offre maintenant la possibilité aux musiciens et groupes d’utiliser le réseau pour partir en tournée en économisant l’hôtel et favoriser les rencontres.

Le couchsurfing

Vous connaissez le principe du couchsurfing ? Littéralement « surfer sur les canapés », Couchsurfing.org est un réseau qui met en contact des gens pour offrir ou demander l’hospitalité.

Wikipedia résume bien le concept:

La participation au projet CouchSurfing est libre et gratuite, même si une donation, d’un montant libre, est acceptée. Chaque membre peut dialoguer et demander l’hospitalité aux autres membres, et chacun reste libre de ses engagements vis à vis des autres participants. Les utilisateurs du service ont à leur disposition une interface qui permet d’exposer largement sur leur profil personnel leurs goûts, préférences, orientations, intérêts… Il est aussi possible d’illustrer son profil par des photos personnelles. Chacun peut émettre des références (positives/neutres/négatives) au sujet de leurs hôtes, invités ou connaissances. Les conditions du séjour (hébergement, rencontres, activités…) sont déterminées d’un commun accord entre les utilisateurs préalablement à leur séjour. L’intérêt de ce service va au-delà du simple hébergement : c’est une possibilité de rencontres culturelles cosmopolites, à moindre coût, et sécurisées grâce à différents systèmes de suivi et de recommandation.

Avec plus de 2 960 000 membres en juillet 2011, CouchSurfing est le service d’hébergement en ligne regroupant le plus d’adhérents.

Le couchsurfing pour les musiciens

La nouveauté c’est que le site couchsurfing propose maintenant d’aider les musiciens en tournée à trouver des hébergements adaptés à leurs besoins. Pour devenir un TBM (Traveling Bands and Musicians) et être retenu, vous devez être un musicien en tournée actuellement et contacter le site en faisant part de vos besoins.

Votre profil sera ensuite publié sur le site et si il attire l’intérêt des membres du réseau, vous pourrez alors trouver des hébergements sur votre route (des bons lits douillet, pas seulement des canapés 🙂 ).

Il y a déjà pas mal de musiciens sur la carte si j’en crois cette liste.

Un modèle réaliste ?

Ce modèle ne conviendra évidemment pas à tous les artistes, mais pour moi il est interessant à plusieurs points de vues: au delà de pouvoir bénéficier d’un hébergement gratuit, il y a les rencontres possibles avec des nouveaux musicophiles, qui sont autant de fans potentiels.

Certains artistes ont déjà expérimenté les concerts à la maison (Virginie cite dans son livre le groupe Exxon Valdes qui a ainsi fait plus de 40 concerts en appartement en plus de leur tournée, augmentant par la même occasion leur nombre de fans et leurs ventes de merchandising).

Je serai curieux de voir un artiste combinant avec succès couchsurfing et concert en appartement. J’imagine que si cela peut être compliqué pour un groupe en revanche cela peut être un bon modèle pour un artiste solo.

Rêvons un peu, demain les artistes pourront tourner à peu de frais grâce à un hébergement gratuit, trouver des fans de façon ciblé, vendre des produits dérivés pour remplir la marmite et les fans pourront avoir des concerts gratuits dans leur salon.

Je ne sais pas si ce modèle est réaliste, mais je trouve cette idée rafraichissante et vivifiante 🙂

En tant que musicien vous seriez prêts à faire une tournée comme ça ?

Une bien belle histoire: R.I.P. Courant d’Art café

C’est l’histoire d’un petit café concert, au milieu des collines de Provence, un lieu de musique, de bonne humeur et de passion. Une bien belle histoire, mais qui finit mal à la fin…

Une bien belle histoire…

C’était il y a quelque années de cela, j’étais jeune et insouciant et je gambadais allègrement dans les collines de Provence, quand un jour je l’ai trouvé. Il était logé dans un ancien restau de routiers au bord d’une route nationale un peu déserté depuis la construction de l’autoroute. Ne payant pas de mine de l’extérieur, il était la et attendait ma visite. Sur le mur, une enseigne disait: « Courant d’Art café ».

Un regard à l’intérieur et on sentait que le lieu était habité par des passionnés.

En face de l’entrée, le bar, décoré avec des objets improbables issus d’une fouille méticuleuse des brocantes de la région. Sur le coté vers le fond, une scène de concert, bien équipée avec sono, lumière, batterie et amplis. Au mur, des tableaux exposé et remplacés tous les mois par les œuvres d’un autre artiste. Sur le mur des toilettes un manifeste révolutionno-rigolo invitait gentiment à la subversion. Enfin quand on passait dans la journée, une bonne énergie sortait du lecteur CD jouant aussi bien les classiques Têtes Raides, Noir Désir, Pixies que des petits groupes inconnus mais géniaux…

Un lieu de musique…

Chaque semaine le vendredi et samedi c’était soirée concert. La programmation était éclectique et il y en avait pour tous les goûts: rock, jazz, fusion, chanson française …

C’est la que j’ai découvert pour la première fois que la musique africaine ce n’était pas que des percussions et que je suis tombé amoureux du son de la Kora et de la paix que transmets la musique africaine (eh oui, à l’époque je commençais tout juste à entrevoir qu’il y avait une vie au delà du rock… 😉 )

Le dimanche après midi c’était le thé dansant avec pâtisseries pour les mamies. Et puis au hasard des dates on trouvait des concours de cartes, de jeu de société, des lotos et d’autres jeux pour tous les publics.

Le mardi, mercredi et le jeudi soir étaient généralement réservé aux groupes amateurs. Le deal en gros c’était « vous venez répéter, la salle et le matériel sont à vous. En échange essayez juste de ramener quelques potes et de faire un peu tourner le bar… ». Plutôt sympa comme salle de répet, surtout quand on est jeune et un peu fauché…

Pour le public il y avait bien le risque de tomber sur un groupe de jeunes metalleux essayant de copier maladroitement Sepultura, mais ça restait bon esprit et même les réfractaires aux sons saturés se mettaient de l’autre coté de la salle et s’en accommodaient.

Un lieu de rencontre et de découvertes…

Coté public d’ailleurs c’était aussi éclectique, allant des jeunes étudiants aux vieux piliers de bistrot en passant par les cadres trentenaires et les bobos-écolos de tout ages…

L’atmosphère était toujours conviviale, on pouvait rentrer et commencer à discuter sans façons avec n’importe qui.

J’avais pris l’habitude d’amener des amis en leur disant que chaque visite recelait une surprise. Ca ne ratait jamais et c’était toujours différent. Un jour on tombait sur un joueur d’orgue de barbarie, un autre jour le proprio nous sortait un carom (le billard indien), ou un tour de magie, un DVD de Woodstock passait sur le vidéo projecteur ou un bien c’était un consommateur qui nous racontait une histoire fascinante…

A chaque fois on ressortait enrichi par les nouvelles rencontres et les découvertes.

Mais soudain le drame…

Ça a commencé avec une plainte pour nuisances sonores de la seule voisine des alentours. Peu importe qu’elle habite à presque 100 m de la, dans l’ancienne gare située entre une nationale et une voie ferrée bien plus bruyantes. Peu importe que même du parking du café on entende à peine le son, elle s’est plainte du bruit.

Ce qui a entraîné la visite des forces de l’ordre chargé de vérifier la conformité des installations et les nuisances… Bonjour Monsieur, vos papiers, bla bla bla, etc

Au début, rien de grave.

Bien que n’étant pas obligé de le faire, le gérant plein de bonne volonté pris les devant, investit pour améliorer l’isolation phonique du café et couper toute nuisance sonore.

Et la tout s’enchaîne…

Mais les plaintes de la mamie continuent.  Et la un autre problème survient, car une des personnes de force de l’ordre qui avait la réputation d’avoir déjà fait fermer plusieurs établissement de ce type dans sa carrière commence regarder le petit café concert comme sa prochaine proie.

Il essaye de chercher la petite bête au niveau sécurité incendie alors que les pompiers approuvent l’installation…  vient controller ceci ou cela, s’en suit d’autres amabilités du même type…

Et ce n’est pas fini…

Quand on ouvre un café concert, il faut une licence d’entrepreneur de spectacle. Notre gentil organisateur de spectacle l’avait demandé, mais n’a reçu son avis que 10 mois après le dépôt du dossier… Passons, on connaît la bureaucratie française. Donc 10 mois après avoir envoyé le dossier, 3 semaines après que la décision ait été rendue par le bureau des affaires culturelle d’Aix-en-provence, en pleine bataille pour survivre, notre ami organisateur reçoit par courrier la décision finale.

Le couperet tombe: DÉFAVORABLE

C’est la fin. Sans licence pas le droit d’organiser des concerts, ça ne sert à rien de continuer à résister. Le café-concert est condamné à mort. Après un ultime concert, et pas mal de frustration, il ferme.

Fin de l’histoire.

Je quittai la région quelques mois plus tard avec beaucoup de bon souvenirs et beaucoup de tristesse devant ce gâchis.

Quand j’entends le mot culture, je sors mon formulaire

Comment choisit on d’attribuer une licence d’entrepreneur de spectacle ? Il semble que les éléments qui  aient été demandés au propriétaire du café pour le dossier aient été, principalement: chiffre d’affaires, bénéfices, dépenses et passées et prévues…

Et le projet culturel ? Et le développement local ? Et la bonne ambiance ? Le mélange des générations ?

Pas important.

Des chiffres de rentabilité, voila donc les principales données à partir desquelles le « bureau des affaires culturelles » (cherchez l’erreur) s’est basé pour décider si le Courant d’Art pouvait être habilité est devenir un « lieu culturel ».

La morale de cette histoire…

… c’est que voyez vous, il n’y en a pas ! (merci aux Space Jahourt pour la citation).

Je tiens à souligner que je ne suis pas forcement objectif dans ce récit (c’est un peu les gentils contres les méchants 😉 ) et je ne cherche pas à l’être. Je raconte ce que j’ai pu voir et entendre de la situation. Ne prenez donc pas les détails au pied de la lettre, mais regardez plutôt l’histoire dans son ensemble.

J’ai voulu raconter cette histoire car elle illustre bien plusieurs problèmes auxquels sont confrontés ceux qui veulent organiser des spectacles:

  • l’intolérance du voisinage: pour avoir été plusieurs fois dans ce café par soir de concerts, je peux affirmer qu’il n’y avait vraiment pas de problème de bruit du à la musique. Il semble surtout qu’il s’agit plus d’une peur de voir du monde, de bêtise, de mauvaise foi ou de ressentiment mais pas vraiment d’un vrai problème de bruit.
  • l’incompréhension ou l’acharnement des forces de l’ordre. En l’occurrence ici, il s’agit d’une personne en particulier, ça ne suffit pas à jeter le blâme sur la profession. Mais si près de chez moi dans le sud-ouest, j’ai pu personnellement voir des gendarmes compréhensifs, c’est plutôt l’exception qui confirme la règle.
  • la lourdeur et l’absence de souplesse de la réglementation et des normes de sécurité: c’est un point dont j’ai pu discuter avec plusieurs organisateurs de spectacles depuis et un frein majeur à l’organisation de spectacle. Le climat juridique actuel inspiré des Etats-Unis ou on va en justice pour un oui ou pour un non a poussé les politiques à aller dans la surenchère législative et sécuritaire. Peu importe que les lois soient la plupart du temps inapplicables (et inappliquées!), la plupart du temps il y a une tolérance tacite , mais si on se fait repérer pour autre chose, c’est la fin.
  • la bêtise et l’aveuglement de la machine bureaucratique: quand il s’agit de gros événements avec le soutien des élus, les règlements et les formalités sont rarement un problème. Pour les gagne-petits en revanche, il faut se battre pour la moindre chose et personne ne vous aide. Et la machine administrative est un monstre sans cerveau qui peut être très destructeur..

Réflexion(s)

Au delà de la culture et de la musique, les cafés concerts sont des lieux de rencontres. Ils permettent au personnes de tout ages et de toutes origines de se rencontrer, d’apprendre à se connaître et à vivre ensemble. Ils créent du lien social. Ils favorisent la tolérance et réduisent la peur de l’autre.

C’est aussi à ça que sert la culture, pas juste à se distraire ou a engranger des données pour pouvoir étaler sa « culture » en public. Mais en général, les élus favorisent plutôt les gros événements qui rapportent de l’argent et de la visibilité médiatique au détriment des petites initiatives locales.

C’est déjà assez dur de créer un lieu de spectacle de le rendre attractif, mais si on a des bâtons dans les roues dès que l ‘on fait quelque chose qui sort de l’ordinaire c’est mission impossible (« non, les braves gens n’aiment pas que, l’on suivent une autre route qu’eux… »).

Je pense que nous aurions besoin de plus d’une culture vivante pour nous éveiller. Pas une culture des musées pompeuse et arrogante qui a été validé par les institutions, mais une culture ouverte, qui s’adresse à tous mais qui nous laisse faire nos choix. Qui aiguise la curiosité et remette en question. Qui aide à relativiser et à nous prendre moins au sérieux. Qui nous aide à mieux vivre les uns avec les autres et à être plus heureux dans la vie.

J’ai peur que si nous continuons à laisser mourir  les lieux de rencontre comme les cafés-concert et les petites associations, il ne reste de notre société qu’une agglomération d’individus égoïstes et effrayés. Qui s’enferment chez eux, craignant la nouveauté et vivant dans la peur des autres. Que la seule culture accessible à tous soit produites chez tf1.

Nous avons besoin de plus de Courant d’Arts. Besoin de plus de gens qui s’organisent pour faire vivre la culture. Pas pour critiquer et manifester, mais simplement pour aider les artistes et proposer des alternatives à l’industrie de la culture.

Repose en paix Courant d’Art café, et toi son créateur, si tu me lis un jour, sache que ton café était une vraie oeuvre d’art. Tu as été une immense source d’inspiration et je te dois beaucoup.

Le Futur de l’Argent: le futur des artistes ?


Cela fait plusieurs mois que je m’intéresse à ce que l’on appelle les « monnaies libres ». Proche de l’esprit des systèmes d’échanges locaux et des crédits mutuels, ces monnaies encouragent la collaboration et les échanges. Abondantes, produites par les utilisateurs et décentralisées, ces monnaies « 2.0 »pourraient doper les échanges en ligne et dans la vie réelle.

Ce soir Jean-Francois Noubel, chercheur en intelligence collective donnera une conférence à Paris sur le futur de l’argent. Cette conférence sera diffusée en direct sur Internet de 19h30 à 22h (heure francaise).Je vous encourage fortement à la visionner si vous en avez la possibilité.

Voici une courte vidéo présentant le thème de la conférence:

« Le Futur de l’Argent » – Conférence à Mexico from TheTransitioner on Vimeo.

Et voici le lien pour voir la conférence en direct et participer via le chat:

Le futur de l’argent – vidéo streaming

Je reparlerai un peu plus de ces nouvelles monnaies car je pense qu’elles pourraient devenir la solution aux problèmes de monétisation des œuvres artistiques sur internet et plus généralement dans la vie réelle.

MAJ: suite à des problèmes de connexion internet, la diffusion de la conférence a été annulée. La conférence a cependant été filmée et devrait être mise en ligne prochainement.

DU Caf’ Conc’ aux cafés culture – Quelles perspectives pour les cafés-concerts ?

Lieux de vie essentiels à l’émergence artistique, les cafés-concerts éprouvent aujourd’hui de plus en plus de difficultés à exercer leurs activités. Sous l’effet d’un arsenal juridique contraignant (nuisances sonores, pratiques en amateur, horaires de fermeture…), nombreux sont les caf’ conc’ qui ont arrêté la programmation musicale ou fermé boutique.

DU Caf’ Conc’ aux cafés culture – Quelles perspectives pour les cafés-concerts ?

Un problème important et une réflexion intéressante sur les causes et les solutions possibles à ce problème.

Lien: Bruxelles signe la fin du monopole national de la Sacem

« La Commission européenne a rendu le 16 juillet une décision qui casse le monopole territorial des 24 sociétés d’auteurs de l’Union membres de la Cisac (dont la Sacem). En vu de faciliter la gestion des droits sur Internet, Bruxelles établit une concurrence entre SPRD à partir de trois principes : la liberté d’affiliation, la non validité des contrats d’exclusivité et des restrictions nationales. »

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