La Culture doit-elle être libre et gratuite ?

Une question provocante et un débat très intéressant sur la culture, le droit d’auteur, le financement. Nouvel article par Lionel Maurel (aka Calimaq), juriste, bibliothécaire et spécialiste du droit d’auteur et des biens communs et qui apporte ici des arguments intéressant pour une culture accessible à tous.

 

La Culture doit-elle être libre et gratuite ?

Mardi soir,  le magazine Usbek et Rica organisait une conférence à la Gaîté Lyrique sur le thème de « La Culture doit-elle être libre et gratuite ?« . Il s’agissait de la cinquième édition duTribunal pour les générations futures, dont voici le pitch :

Parce que l’avenir n’est pas encore mort, nous avons plus que jamais besoin de l’explorer ! Chaque trimestre, accusé, procureur, avocat, témoins et jury populaire statuent sur un enjeu d’avenir… pour identifier les bouleversements d’aujourd’hui et les défis de demain.

La culture doit-elle être libre et gratuite ? La philosophie hacker dessine une nouvelle société du partage, dans laquelle la culture doit trouver un modèle économique à la fois stable et ouvert. Militants du libre et représentants des industries culturelles seront là pour en débattre, dans ce nouveau Tribunal pour les générations futures.

Le principe de ces soirées est qu’un jury, composé de personnes choisies au hasard dans la salle, est invité à se prononcer sur une question à l’issue du réquisitoire d’un procureur, de la plaidoirie d’un avocat et de la déposition des témoins.

J’ai eu le grand honneur d’être invité à participer comme avocat à cette séance,  tandis qu’Eric Walter, secrétaire général de l’Hadopi, s’est exprimé en qualité de témoin.

Voici ci-dessous la plaidoirie que j’ai prononcée à cette occasion, en faveur de la Culture libre.

A vous de juger à présent, sachant qu’à la question posée à la fin par le président du Tribunal –  « Faut-il punir les internautes qui copient, partagent et diffusent librement sur Internet ? » -,  les jurés ont répondu non, par 3 voix contre 2.

 

***

Le prix de la liberté

Mesdames, messieurs les jurés. Vous qui représentez ici les générations futures.

Vous vous souvenez sans doute de la campagne de spots vidéo, lancée l’été dernier par Hadopi pour promouvoir son label PUR. On y voyait notamment la chanteuse Emma Leprince, cartonnant avec son tube « I prefer your clone » dans les années 2020. Un flashback nous ramenait au temps présent et nous montrait Emma Leprince petite fille, chantant dans sa chambre. Une voix off énonçait alors que sans Hadopi, la fillette ne pourrait jamais devenir artiste. Suivait ce slogan : « Hadopi : la création de demain se défend aujourd’hui ».

C’est donc vous, générations futures, qui étaient invoquées et utilisées pour promouvoir le système de protection des oeuvres mis oeuvre par Hadopi.

Le raisonnement sous-jacent était le suivant : le téléchargement illégal et les autres formes de piratage représentent un mode d’accès gratuit à la culture qui lèse les artistes en les privant des revenus liés à la vente de leurs oeuvres. En les privant des moyens de subsister, cette gratuité met en danger les créateurs et l’avenir de la création. Avec le risque à terme que la création culturelle disparaisse et qu’il n’y ait plus ni livres, ni films, ni musique.

Je ne suis pas d’accord avec cette conception et je vais essayer de vous le montrer, mais je reconnais que cette question de l’avenir de la création mérite d’être posée. C’est même sans doute la question la plus importante à laquelle nous ayons à faire face dans le débat actuel sur le droit d’auteur et le partage des oeuvres en ligne.

Car c’est sur elle que les générations futures nous jugeront.

La culture doit-elle dès lors être libre et gratuite ? Je reformulerai plutôt la question ainsi : si la culture était libre et gratuite, aboutirait-on à une mise en danger et à une mort de la création ?

Je vais répondre en juriste, mais avant tout, il est nécessaire de clarifier les termes du débat, à cause de l’ambiguïté des mots libre et gratuit. En anglais, le terme free peut renvoyer à ces deux termes indistinctement, alors qu’en français, ils recouvrent deux réalités profondément différentes.

Beaucoup de choses sont gratuites sur Internet, mais peu sont réellement libres. Je peux lire certains articles gratuitement sur le site du Monde ou de Libé : les contenus sont librement accessibles, mais ils ne sont pas libres. Je peux écouter de la musique en streaming gratuitement sur Deezer ou Spotify, même sans prendre d’abonnement, mais il ne s’agit pas de musique libre. Ces exemples montrent que la gratuité est un modèle économique à part entière, qu’elle serve à dégager des recettes publicitaires ou s’articule avec des formules de freemium. La plupart des géants du Net ont construit leurs empires sur la gratuité. On peut utiliser gratuitement le moteur de recherche de Google et tous les outils que la firme met à notre disposition : Google Maps, Google Docs, Gmail, etc. Les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter, sont gratuits. Mais il s’agit là d’une « fausse gratuité », car les utilisateurs « payent » ces services en leur fournissant des données personnelles ou des contenus, ensuite marchandisés. La gratuité n’est pas toujours synonyme de liberté, loin de là.

En revanche, il existe des choses qui sont réellement libres et gratuites sur Internet, comme par exemple Wikipédia. L’encyclopédie collaborative est gratuite, mais elle est surtout libre et cette liberté provient de la licence libre (Creative Commons CC-BY-SA) sous laquelle elle est placée. En vertu de cette licence, il est possible de modifier et de réutiliser gratuitement les contenus de Wikipédia, y compris à des fins commerciales, à condition de citer la source, de créditer les contributeurs et de partager les contenus sous la même licence.

Cette forme particulière de liberté est d’abord née dans le monde du logiciel libre, pour  être ensuite élargie aux autres champs de la création et à tous les types d’oeuvres pouvant être protégées par le droit d’auteur. Le fonctionnement des licences libres renverse la logique traditionnelle du copyright. Au lieu de poser des interdictions (« Tous droits réservés »), les licences libres permettent aux auteurs de donner a priori des libertés aux utilisateurs pour certains usages, normalement soumis à autorisation : reproduire, représenter, modifier, etc.  Des licences comme les Creative Commons permettent en outre aux auteurs de maintenir certaines interdictions, comme celle de l’usage commercial ou de la modification, afin de conserver un contrôle plus étroit sur leur création.

Mais dans les cas couverts par la licence, l’usage est bien libre et gratuit. C’est le cas pour plus de 200 millions de photographies sur Flickr et plus de 10 millions de fichiers sur Wikimedia Commons.

Ces exemples prouvent que la culture PEUT être libre et gratuite, dès maintenant, si les auteurs font le choix d’utiliser les licences libres. Il existe d’ailleurs tout un pan de la création contemporaine – la Culture libre – qui s’est constitué en utilisant ces licences. C’est le domaine du Remix, du Mashup, de la réutilisation et de la dissémination des oeuvres, qui constitue le propre de la culture Web.

Mais générations futures, je vous entends m’adresser une objection : ces licences conviennent sans doute aux amateurs pour diffuser leurs créations, mais quid des professionnels qui voudraient en tirer revenu. Comment Emma Leprince pourrait-elle devenir une artiste si elle place ses chansons sous licence libre ?

Même si on peut comprendre ce type de réticences, l’argument en réalité ne porte pas, car il existe d’ores et déjà des créateurs qui ont réussi à construire des modèles économiques convaincants en utilisant des licences libres, et ce dans tous les domaines.

C’est le cas pour les livres avec Cory Doctorow, qui offre depuis longtemps ses ouvrages sous licence libre en ligne, mais vend (et fort bien) les même livres en papier. En matière de musique, il existe une Emma Leprince en Australie, nommée Yunyu, qui a réussi à percer en plaçant certains morceaux de ses albums sous licence libre, afin que leur circulation lui assure un marketing viral. C’est le cas également pour le cinéma avec le succès l’an dernier du film d’animation El Cosmonauta du producteur indépendant espagnol Riot Cinéma. Dans la photographie, Jonathan Worth, exposé à la National Portrait Gallery, diffuse ses clichés en ligne sous licence Creative Commons.

La culture peut être libre ; elle peut même être gratuite, mais des modèles économiques viables peuvent être construits, fondés sur la valeur du partage. Car contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, le partage donne de la valeur aux oeuvres, au lieu de les dévaloriser.

Un exemple qui le prouve est celui de Yann Arthus Bertrand, qui a choisi de diffuser gratuitement son film Home sur Internet, ce qui n’a pas empêché de rencontrer le succès pour la projection en salles et pour la vente de DVD. Au contraire, c’est PARCE QUE son oeuvre avait été diffusée gratuitement et partagée qu’elle avait acquis une valeur qui a pu ensuite être monétisée.

La culture peut donc être libre et gratuite, grâce aux licences libres. Ce n’est pas exclusif de la mise en place de modèles économiques innovants et rémunérateurs et il vous appartiendra, générations futures, de vous emparer de ces outils pour construire la culture libre de demain.

Mais la question qui nous était posée n’était pas la culture PEUT-elle être libre et gratuite, mais la Culture DOIT-elle être libre et gratuite, ce qui est différent. Elle implique que la gratuité soit appliquée comme un principe général, au-delà du cercle des artistes décidant d’utiliser les licences libres.

Cette généralisation peut paraître problématique, mais à cause du discours ambiant qui culpabilise la gratuité et le partage, on a tendance à oublier que la culture EST déjà dans de nombreuses hypothèses libre et gratuite. C’est la loi elle-même qui l’impose, y compris aux titulaires de droits, et c’est absolument essentiel pour préserver nos libertés.

Le premier exemple de gratuité et de liberté consacrées par la loi, c’est celui du domaine public. Car le droit d’auteur n’est pas une propriété comme les autres : elle est limitée dans le temps et 70 ans après la mort de l’auteur, l’oeuvre entre dans le domaine public. Il est alors possible de la reproduire, de la représenter et de l’exploiter, gratuitement et librement (moyennant le respect du droit moral).

Le domaine public est un moteur essentiel pour la création, car bien souvent, on créée en s’appuyant sur ce qui existe déjà : Bach empruntait des airs populaires traditionnels pour composer ses morceaux ; que serait Picasso sans Titien, Vélasquez ou Ingres ? ; Led Zeppelin a révolutionné le rock en réinterprétant des standards du blues, etc.

La création de demain se protège aujourd’hui, nous dit Hadopi. Mais il est tout aussi important de protéger le domaine public pour défendre la création de demain, afin de permettre aux générations futures de s’appuyer sur la création d’hier et d’y puiser leur inspiration.

Or pourtant, le domaine public est sans cesse menacé par le lobbying des industries culturelles qui réclament et obtiennent du législateur une extension de la durée des droits. Le Parlement européen vient d’accepter que les droits voisins des interprètes et des producteurs de 50 à 70 ans.

Nous venons de fêter les 100 ans de la naissance de Robert Doisneau, mais son oeuvre va rester protégée jusqu’en… 2065, l’auteur étant mort en 1994. Cela signifie que de mon vivant, je ne verrai jamais entrer dans le domaine public le Baiser de l’Hôtel de Ville, pourtant réalisé en 1950, il y a plus de 60 ans. Et peut-être vous aussi, générations futures, ne le verrez-vous jamais entrer dans le domaine public, si la durée des droits est encore allongée, comme on peut le craindre !

La culture EST-elle libre et gratuite ? Oui, grâce au domaine public, mais aussi grâce aux exceptions au droit d’auteur.

Nous pouvons par exemple heureusement faire gratuitement de courtes citations d’oeuvres, mais ce n’est possible qu’en vertu d’une exception au monopole de l’auteur. Nous pouvons écouter les CD et DVD que nous achetons chez nous (encore heureux !), mais là encore, ce n’est possible que parce qu’existe une exception pour les représentations dans le cadre du cercle de famille. Les handicapés visuels peuvent obtenir en France gratuitement des oeuvres adaptées, en gros caractères ou en braille, parce qu’une exception le leur permet.

Un monde dans lequel ces exceptions n’existeraient pas serait une dystopie digne d’Orwell ou de Bradbury. Combien nos libertés seraient fragilisées s’il nous fallait payer pour faire de simples citations ou pour chaque écoute de musique en privé ! Et pour supprimer la gratuité de l’exception handicapés, faudrait-il instaurer une taxe sur les cannes blanches et les lunettes noires !

Grâce aux exceptions au droit d’auteur, la culture EST donc libre et gratuite, et il est essentiel qu’il en soit ainsi.

Un dernier exemple va nous permettre de revenir à l’environnement numérique.

Dans le monde physique, je peux tout à fait librement et gratuitement donner un livre qui m’appartient à la personne de mon choix. Comme cet acte n’implique aucune copie, ni aucune représentation, le droit d’auteur n’a absolument rien à dire à ce sujet et les titulaires de droit ne peuvent en aucune mesure s’y opposer.

Cette forme de partage gratuite de la Culture joue un rôle essentiel. Combien de livres avez-vous découvert grâce à un ami ou à un conjoint qui vous les ont prêtés ou donnés ?

Dans l’environnement numérique cependant, cette faculté de partage est réduite à néant. Le même ouvrage sous forme numérique ne peut être envoyé par mail à un ami, car cet acte implique nécessairement une copie et une représentation. Il est donc contraire au droit d’auteur et c’est ainsi que le partage est devenu piratage.

Or pour vous, générations futures, il arrivera sans doute un moment où les livres papier disparaitront, ainsi que tous les autres supports physiques, et où toute la culture prendra une forme numérique. Peut-on accepter que ce passage au numérique ait pour conséquence une réduction tragique de la liberté de partager la culture ?

La culture Doit-elle être libre et gratuite ? La vraie question est de savoir comment nous pouvons préserver pour les générations futures la liberté de partager la culture en toute légalité qui était la notre dans l’environnement physique ?

Et là, je dis que cette liberté a nécessairement un prix et que le partage sous forme numérique ne pourra rester entièrement gratuit, si l’on veut qu’il soit reconnu comme un droit.

Plusieurs modèles ont été imaginés qui permettraient de consacrer le droit au partage dans l’environnement numérique. Ils peuvent prendre des noms et des formes différentes, qu’il s’agisse de la licence globale, de la contribution créative ou du mécénat global.

Tous reposent sur l’idée qu’en échange d’une contribution de quelques euros, prélevée sur l’abonnement Internet, les individus se verraient reconnaître un droit au partage des oeuvres, pour des échanges hors marchés, sans finalité commerciale. Le modèle est celui des échanges décentralisés du P2P ou celui de la diffusion en ligne par le biais des blogs ou des sites personnels. Il ne s’agit en aucun cas des systèmes centralisés à la MegaUpload, qui impliquent nécessairement une transaction commerciale, sous une forme ou une autre.

Ce système consacre une liberté d’échanger la culture et permet de récompenser les créateurs, en fonction du nombre de partages de leurs oeuvres, en leur reversant une part des sommes collectées à partir du surcoût à l’abonnement Internet. L’échange est alors libre tant qu’il s’effectue dans un cadre non commercial, mais même s’il n’est pas payant à l’acte, il n’est pas gratuit, puisque l’internaute doit s’acquitter de ce prélèvement mensuel.

Vous pourriez préférer, générations futures, de continuer à accéder illégalement aux oeuvres, sans avoir rien à payer pour cela. Mais vous devez prendre en considération que cette gratuité a un coût, pour chacun de vous et pour la société toute entière.

Car pour lutter contre le partage des oeuvres, le législateur s’est engagé dans une spirale répressive, qui augmente sans cesse le niveau de la violence d’Etat et fait peser une grave menace sur nos libertés et sur l’intégrité d’Internet. Depuis 20 ans, les textes répressifs s’enchaînent à un rythme alarmant : Traité OMPI sur les DRM, DMCA américain, DADVSI en europe et en France, Hadopi et la riposte graduée, SOPA/PIPA bloqués aux Etats-Unis mais aussitôt remplacés par CISPA, ACTA liberticide négocié dans le secret, mais arrivé aux portes du Parlement européen…

Cette fuite en avant du droit et ces agressions continuelles contre les libertés sont le prix à payer de la gratuité, pour nous et pour les générations futures.

Si l’on veut que le partage devienne un droit reconnu et consacré par la loi, alors il faut être prêt à en payer le prix, qui est celui de la contribution créative. Pour les individus, c’est une somme modeste de quelques euros par mois ; pour les créateurs, c’est une nouvelle manne de plusieurs centaines de millions par an. Pour la société toute entière, c’est le prix d’une paix retrouvée.

Pour qu’il devienne à l’avenir aussi simple de donner un fichier avec un ami que cela l’est avec un livre aujourd’hui.

La question n’est hélas plus de savoir si la culture doit être libre, mais si nous voulons le rester.

Nous et les générations futures.

 

Article publié sous licence Creative Commons Zéro (CC0) le 20 avril 2012 par 

MashUp Film Festival: Collaboration, partage, remix et vidéo

mashup-film-festivalLes 15 et 16 juin 2013 aura lieu à Paris le MashUp Film Festival, un événement  consacré a ce nouveau mode d’expression artistique qu’est le mashup. Organisé par le Forum des images, le festival est en entrée libre.

Culture libre, collaboration, partage, remix video musical, outils de création 3D, logiciels libres de montage, réalisation de film d’animation ou de flipbook avec un téléphone portable, crowdfunding, DIY, le tout dans des formats divers et variés, l’évènement promet d’être très très riche.

Je publie ci dessous le communiqué de presse, mais jetez aussi un oeil au site du festival, vous trouverez le programme complet, mais aussi plein d’infos sympas, notamment une section bien fournie sur l’histoire du Mashup.

 

Bienvenue au festival de la vidéo web créative, participative et collaborative !

Remix, remontages, détournements, mashup : les internautes s’approprient les images. Avec des moyens réduits, en autoproduction, ils en inventent de nouvelles. Ils créent des œuvres jamais vues, explorent des territoires jamais découverts, imaginent des processus de création jamais tentés. Le festival interroge cette pratique à travers plusieurs temps forts :

  • Conférence-manifeste « Demain, l’art sera libre et généreux ! » présentée sous forme de mashup. Une suite de rencontres, débats, projections, performances en présence d’artistes et de penseurs…
  • Grande soirée VJ « Remixons le domaine public ! » avec Matt Black (Coldcut), DJ Oof, Ouananiche et Olivier Blaecke.
  •  « Salon des arts partagés » : ateliers, installations interactives, stands… pour expérimenter concrètement et collectivement les libertés créatives les plus diverses (outils, projets, collectifs…).
  • Projections dont l’avant-première parisienne de THE FINAL CUT, LADIES AND GENTLEMEN de György PálfiUn chef-d’œuvre du mashup, présenté au Festival de Cannes 2012 (Cannes Classics).

Programmation complète sur www.mashupfilmfestival.fr
Toute l’actualité sur www.facebook.com/MashUpFilmFest

 

 

 

La BD-tek, une bibliothèque partagée de BDs

Courte présentation d’un projet original, la BD-tek une bibliothèque partagée et ambulante de BDs.

La BD-TEK fonctionne comme une bibliothèque, on peut emprunter jusqu’à 10 BD pour un mois.

Le principe est d’une inscription annuelle payante mais qui diminue quand on met des BDs en partage. Plus on mets de BD en partage et moins on paye.

La BD-TEK tient des permanences dans des lieux associatifs et publics mais intervient aussi sur des manifestations culturelles ponctuelles, en proposant un espace de consultation sur place des ouvrages et des animations.

Les BDs sont stockées dans des caisses spécialement fabriquées pour être facilement transportées et exposées.

BD-tek-caisses-transport

Une méthode originale pour diffuser la culture et créer du lien et du partage dans les territoires.

Ce projet est porté par l’ association Tout Azimut à Cordes sur Ciel (81) qui organise aussi notamment des « cadavres exquis de BDs » où une personne commence à dessiner quelques cases d’une BD qui est complétée par d’autres.

Pour en savoir plus, jetez un oeil à ce web-documentaire (7 min):


laVoieduPeuple – Guilaume Pelletier, BDtek Tout… par LaVoieDuPeupleWebdoc

Note cette vidéo est tirée de la « La voie du peuple« , une intéressante série de Webdocs qui présente des portraits de citoyens qui agissent (habitat solidaire, logement social, agriculture urbaine, troc,…)

 

Guide: comment créer un site web gratuit avec WordPress.com

wordpressCe guide vous explique comment créer un site web d’aspect professionnel sans connaissances techniques, gratuitement et en quelques minutes, et  grâce au service WordPress.com. Je vous montre l’exemple d’Artistes Podor, un petit site WordPress que j’ai crée en moins d’une heure lors de mon passage à Podor au Sénégal,  pour mettre en valeur les artistes locaux.

C’est quoi WordPress ?

WordPress est un outil de publication de contenu  sur Internet (en anglais Content Management System). En gros c’est un kit qui vous permet de créer un site web et de poster ou mettre à jour du contenu en quelques secondes sans avoir d’être webmaster. WordPress est à la fois un logiciel libre (WordPress.org) que vous pouvez installer sur votre propre serveur pour créer votre site internet mais c’est aussi un service d’hébergement utilisant ce même logiciel (WordPress.com).

WordPress.com ou WordPress.org ?

Si l’installation de WordPress sur votre serveur vous permet de tout contrôler (graphisme, fonctionnalités…) en profondeur, cela demande quelques compétences techniques (ou alors un peu de patience et une envie d’apprendre). D’un autre coté la société Automattic qui pilote et accompagne la développement de WordPress et de sa communauté propose un service d’hébergement de site WordPress qui permet à n’importe qui de créer un site web d’aspect professionnel en quelque minutes. Dans cet article je vous présente comment créer rapidement et facilement un site web avec WordPress.com. Je présenterai comment créer un site web auto-hébergé plus complexe avec le logiciel libre disponible sur WordPress.org dans un prochain article. WordPress permet d’importer ou d’exporter du contenu très facilement et il donc possible de démarrer sur WordPress.com et de migrer plus tard facilement sur votre propre hébergement.

Pourquoi utiliser WordPress ?

Il existe aujourd’hui de nombreux outils similaires pour créer des sites Internet facilement. WordPress est mon préféré pour plusieurs raisons:

  • facilité d’utilisation: De ceux que j’ai pu tester WordPress est l’un de ceux qui a le plus travailler sur l’ergonomie de son interface. Tout a été pensé pour être le plus simple à utiliser. Il n’ y a rien de trop et tout est fait pour ne pas vous saturer d’information. Quand vous ne savez pas comment faire quelque chose, regardez bien les options disponibles et lisez bien les intitulés. Vous verrez vous devriez trouver rapidement.
  • riche communauté de développeurs et d’utilisateurs: De plus, la communauté de WordPress est très riche et si vous avez d’autres besoins il existe quantité des tutoriels, guides ou forums d’aide.
  • facile de rentrer ou de sortir: l’expérience m’ a appris qu’un artiste devrait prisonnier d’un service comme ça peut être le cas avec MySpace, Facebook ou un autre outil de création de site. Si ce service ferme ou clos votre compte il difficile de récupérer vos données pour les transférer ailleurs. Avec WordPress il est ultra facile de passer de la version hébergée chez Automattic et votre propre hébergement, ce qui vous laisse une grande liberté. Par exemple vous pouvez démarrer gratuitement et rapidemment maintenant, prendre des options payantes demain puis dans quelques années décider de basculer sur votre propre hébergement avec un developpeur qui vous aidera a créer votre propre boutique en ligne sur votre site WordPress auto-hébergé.
  • éthique de l’entreprise: Contrairement à Myspace ou Facebook où les choix de l’entreprise montrent clairement que leurs vrais clients sont les publicitaires et que l’entreprise est prète à trahir ses utilisateurs pour gagner de l’argent, Automattic (la société qui gère WordPress.com) a un modèle économique plus intelligent avec une philosophie « create more value than you can capture » (« créez plus de valeur que celle que vous pouvez monétiser/capturer »), proposant différentes options et prix pour différents usages et un service de qualité avec une vrai valeur ajoutée.

WordPress.com: démarrer

Comme je l’indiquai plus haut, WordPress.com vous permet de créer un site web. Pour cela, il vous faut d’abord vous inscrire pour créer un compte WordPress. Il existe une version gratuite et des versions payantes. Prenez la version gratuite pour commencer, je reviendrai sur les options payantes plus tard.

wordpress-com-inscription

  Remplissez votre nom, adresse email, choisissez un mot de passe et l’adresse de votre site et vous êtes prèts à démarrer. Pour mon site j’ai choisi l’adresse artistespodor.wordpress.com Après validation c’est fini, le site est créé et il est en ligne ! Vous disposez d’un compte utilisateur pour gérer vos sites (vous pouvez en créer plusieurs!)

wordpress-com-compte-utilisateur

Maintenant il va vous falloir le remplir. Pour chaque site vous disposez d’un tableau de bord dans lequel se trouve toutes les options que vous avez besoin pour ajouter des pages et du contenu.

wordpress-com-tableau-de-bord

le tableau de bord qui vous accueille lorsque vous commencez a gérer votre site

Même si il reste quelques mots anglais non traduits, ne vous laissez pas arreter par cela, l’interface est très facile à utiliser. Le menu situé dans la partie de gauche contient toutes les options pour gerer votre site. Ici vous allez pouvoir ajouter des pages, des images, des actualités, changer l’apprence de votre site, gérer les commentaires, …

wordpress-com-menu-admin

le menu contient toutes les options importantes pour gérer votre site et publier

 

Créer des pages et ajouter du contenu dans WordPress

Pour ajouter des pages dans votre site, il suffit simplement de cliquer sur l’option « Page ». Vous pourrez alors choisir d’ajouter une page nouvelle ou bien de voir les pages existantes et de les modifier.

wordpress-com-page

le menu page permet d’ajouter une nouvelle page ou de gérer les pages existantes

Lorsque vous choisissez d’ajouter une page vous vous retrouver dans une interface d’écriture très simple:

wordpress-com-ajouter-page

l’interface de publication de pages

Ajoutez un titre, ajoutez du texte et cliquer sur le bouton publier (en bleu a droite du champ principal) et votre première page sera en ligne.

wordpress-com-page-2

Après la première publication le bouton « publier » devient « mettre à jour »

Ajouter une image

Pour ajouter une image, utiliser le bouton « ajouter un média » situé au dessus du champs de texte principal

wordpress-com-ajouter-image

le bouton de chargement de fichier

Sélectionner votre fichier ou faites un glisser-déposer pour que le fichier soit envoyé en ligne.

wordpress-com-ajouter-image-1

le menu qui permet de charger des images et autres fichiers

Vous pourrez ensuite l’ajouter à votre page avec le bouton « insérer dans la page » (bleu en bas à droite). Avant de l’insérer vous pouvez modifier certaines options comme le nom de l’image (pratique pour se rappeler plus tard de quoi il s’agit), sa description ou sa taille.

wordpress-com-ajouter-image-2

quand le fichier est en ligne il est possible de changer son nom, sa description, … et de l’inserer dans une page

L’image apparait alors dans la zone d’édition de la page:

wordpress-com-ajouter-image-3

Pour voir à quoi ressemble votre site, cliquez sur le bouton « aperçu des modification » (à droite au dessus du bouton publier) et voici ce  que les visiteurs verront: wordpress-com-page-apercu

Formater le texte, ajouter un lien

La barre d’outil au dessus du champs de texte principal contient plusieurs options pour formater votre texte.

wordpress-com-barre-outils

la barre d’outils d’édition simplifiée

N’oubliez pas de cliquer sur la denière icone à droite pour déplier la barre d’outil et obtenir plus d’options.

wordpress-com-barre-outils-depliee

déplier la barre d’outil d’édition

Pour ajouter un lien, sélectionner le texte ou l’image qui doit servir de lien et cliquer sur l’icone en forme de chaine pour indiquer la cible du lien (une page du site ou située sur un autre site)

wordpress-com-lien

creer un lien à partir d’un mot

Créer l’architecture du site

Lorsque vous créer un site, généralement vous avez des pages principales situées dans le menu et des pages secondaires qui apparaissent comme sous pages.

Pour choisir si les pages apparaissent comme page de premier niveau ou comme sous pages mais aussi leur ordre d’apparition dans le menu, il vous faut utiliser les options « Attributs de la page » situées sous les options de publication.

wordpress-com-page-ordre

les options de publication et de gestion des pages

Il y a plusieurs options disponibles pour votre page.

  • choisir si la page à un « parent » (et apparait comme une sous page) ou pas (dans ce cas la page apparait dans le premier niveau du menu). Pour changer cela, cliquez sur « (pas de parent ») pour placer une page comme sous page d’une page existante.
  • choisir l’ordre d’apparition (si vous numérotez chaque page).

Ajouter des actualités

Les articles sont des contenus identiques aux pages à une différence près. Ces articles sont liés à l’actualité et apparaissent sur la page d’accueil en fonction de leur date de publication.

Au bout d’un certain temps quand plusieurs autres articles ont été publiées, les articles plus anciens disparaissent de l’accueil et sont archivés par dates et par catégorie. Pour ajouter une actualité, choississez « article  » > ajouter.

wordpress-com-article

le menu Article permet d’ajouter des actualités ou des gérer les articles existants

Vous arriverez alors dans la même interface que pour les pages et pourrez ajouter texte, images, liens de la même façon.

wordpress-com-article-2

interface de publication d’articles d’actualité

Seule différence la possibilité de choisir des catégories ou des tags (mots clés) pour chaque article.

wordpress-com-article-tags

les options pour publier, catégoriser ou tagger les articles d’actualité

Changer le graphisme du site: les thèmes

WordPress utilise un système de chartes graphiques (aussi appelés thèmes) qui permettent de modifier l’apparence de l’ensemble du site sans avoir à modifier le contenu.

Il est ainsi possible de créer des sites très variés, de passer d’un simple blog à un portail journalistique ou encore un site de portfolio avec beaucoup de visuels. Pour cela il faut aller dans le menu Apparence qui permet de gérer ces thèmes.

wordpress-com-themes

Le menu de gestion de thèmes permet de prévisualiser ou d’activer un nouveau thème.

Il existe de nombreux thèmes gratuits librement réutilisables, mais aussi des thèmes dits « premium » plus élaborés qui peuvent être achetés pour un coût abordable (20-100$).

Si vous cherchez quelque chose de particulier vous pouvez effectuer une recherche avec certains critères (couleurs, nombre de colonnes, …) Quand vous avez trouvé une charte graphique qui vous plait, vous pouvez avoir un aperçu:

wordpress-com-apercu-theme

prévisualisation d’un thème

Si vous êtes satisfait, activez cette charte graphique et tout l’aspect du site sera modifié.

Autres options d’apparence

Le menu Apparence contient d’autres option pour affiner l’aspect de votre site.

wordpress-com-apparence

les options pour personnaliser l’aspect de son site

Il est ainsi possible de personnaliser dans une certaine mesure votre thème (arrière plan, en tête, …). Notez l’option Widgets qui vous permet de gérer les contenus qui s’affichent dans les barres latérales ou dans le pied de page.

Pour mon site, je voulais quelque chose de rapide et suis resté sur un classique, le thème twenty twelve (2012). Un intérêt de ce thème est qu’il est « responsive » c’est à dire qu’il s’adapte à la taille de l’écran du visiteur pour lui présenter le contenu de la manière la plus adapté qu’il soit un ordinateur de bureau, un portable, une tablette ou un smartphone.

wordpress-com-theme-responsive

le site vu sur un grand écran

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le même site sur un écran plus réduit, notez comme le texte se replie automatiquement pour s’adapter à la taille de l’écran.

wordpress-com-theme-responsive-3

le même site avec un petit écran. Le menu se replie automatiquement tandis que la barre latérale disparait et va se positionner en bas de page après le contenu, ce qui permet une consultation aisée, même avec une tablette ou un smartphone.

 

Options avancées

Le menu de gauche du tableau de bord contient de nombreuses autres options. Parmi celle ci:

  • Commentaires: comme son nom l’indique, permet de gérer les commentaires sur le site
  • Utilisateurs: si vous voulez avoir plusieurs auteurs sur le site, vous pouvez ajouter des comptes utiliateurs et leur donner des droits spécifiques (par exemple  leur donner la possbilité d’écrire des articles, mais les soumettre a votre modération)

Je ne rentrerai pas dans le détail et je vous laisse découvrir les autres options.

Les options payantes

Comme je l’évoquai au début, si WordPress est gratuit à la base, il propose aussi des options payantes qui offrent des fonctionnalités plus avancées. La aussi il y a de nombreuses options, je n’en citerai que quelques unes les plus susceptibles de vous intéresser:

  • retirer la pub: pour avoir un site qui fait plus sérieux, vous pouvez payer pour que votre site n’affiche pas de publicités
  • extension d’espace: si vous avez beaucoup de contenus, il y a plusieurs options pour ajouter de l’espace de stockage
  • ajouter un domaine: si vous souhaitez avoir un nom de domaine pour votre par exemple artiste.fr au lieu de artiste.wordpress.com, il est possible d’enregistrer pour votre site un nom de domaine personnalisé, ou d’ajouter celui que vous possédez déjà.
  • thème premium: si la plupart des chartes graphique sont gratuites dans certains il pourra être interessant de payer pour avoir une charte graphique d’aspect très professionnel

Notez que le pack premium rassemble plusieurs de ces options (nom de domain personnalisé, pas de pub, augmentation de l’espace de stockage et +…) Les options payantes sont visibles dans le menu boutique, la aussi je vous laisse découvrir le reste.

Pour finir

Dans cet article, je vous ai parlé du service d’hébergement  WordPress (WordPress.com). Dans un prochain article, je vous décrirai comment créer votre site sur votre propre serveur d’hébergement avec le logiciel libre WordPress (WordPress.org).

En attendant, je vous laisse voir l’exemple du site Artistes Podor que j’ai crée et qui vous permettra peut être de découvrir la scène de Podor au Sénégal.

Cartes postales du Sénégal

J’ai récemment donné une formation sur les outils et usages collaboratifs à Dakar. J’en profite pour partager avec vous des vidéos et vous faire découvrir quelques artistes de la scène artistique contemporaine au Sénégal, qui vont du « commercial-grand public » à la musique traditionnelle, en passant aussi par la photo et l’atelier de création numérique mobile.

 

BBC Sound System

Découvert en Inde à Bombay, lorsque je travaillais à blueFROG, BBC sound system propose une musique simple et dansante. Je crois que le groupe n’existe plus en tant que tel mais voici une vidéo de la chanson « Thérésa », un hymne aux belles filles du Sénégal.

 

Takeïfa

Découvert sur Youtube juste avant de partir au Sénégal, Takeïfa a une musique chaleureuse et très sympa. Ce groupe est une histoire de famille, rassemblant 4 frères et une soeur. Site web du groupe: http://takeifa.com/

 

Daby Touré

Vu en concert à Dakar, Daby Touré propose une musique à mi chemin entre traditionnel et contemporaine. Péchu, mélodique, sympa.

A noter un style de guitare percussive intéressant et utilisation d’une pédale pour faire des boucles:

Site officiel: http://www.dabytoure.fr/

Baaba Maal

Très connu dans le monde de la World musique, légende dans son pays, Baaba Maal joue une musique traditionnelle issue de la culture de la région Mauritanie, Sénégal, Mali.  Site officiel:  http://www.baabamaal.tv

Il vit à Podor au bord du fleuve Sénégal qui sépare la Mauritanie et le Sénégal, ce qui m’ a poussé a aller visiter cette ville.

 

Oumar Ly

Rencontré à Podor, un autre grand personnage: le photographe Oumar Ly qui a pris sa première photo en 1963 et a depuis fait des centaines de portraits des gens de sa région.

 

photographe-oumar-ly

 

Site officiel: http://www.oumar-ly.com/

Lew Lewal

Rencontré aussi à Podor, Lewleval, groupe de musique traditionnelle avec quelques couleurs modernes. J’ai eu la chance de les écouter et de les accompagner à la clarinette pour un concert sur le bateau qui fait naviguer les touristes sur le fleuve Sénégal.

Présentation du groupe: http://sahelsounds.com/2011/12/moonlight-in-the-gold-port/

Bonus: le projet GeoCyclab

Projet français, mais croisé dans une auberge de jeunesse de la ville de St-Louis au nord du Sénégal, Geocyclab est porté par Barth et Fanch, 2 artistes français qui font le tour du monde en vélo couché pour un voyage expérimental et artistique.

Geocyclab, c’est à la fois un atelier mobile de création artistique et un projet de recherche sur le libre et en particulier les objets libres. Voici une vidéo où ils donnent plus de détails sur ce projet hors normes:

Le site du projet: http://www.geocyclab.fr/

 

Voila pour ces cartes postales du Sénégal. Ceci n’est évidemment qu’une fraction des artistes de la région, qui compte de nombreux talent, mais j’espère que ces quelques découvertes vous auront fait voyager un peu.

Resources pour les artistes: les contenus Toc-Arts libérés

liberationLes contenus de Toc-Arts passent sous licence Creative Commons BY-SA, ce qui permet à n’importe qui d’en faire usage, y compris commercial, à seule condition de citer la source.

Des ressources pédagogiques

Au fil des années, Toc-Arts a accumulé pas mal de ressources pédagogiques. Les articles les plus lus sont des guides relativement complets sur des sujets variés, des réseaux sociaux au modes de financement, du streaming à la stratégie. Par exemple:

Copie et réutilisation

Ces contenus de Toc-Arts étaient déja sous licence Creative Commons, ce qui permettaient aux lecteurs de les réutiliser, mais la licence que j’avais choisi ne permettait pas d’en faire un usage commercial (sauf à demander l’autorisation d’abord).

L’idée était de permettre aux lecteurs de reprendre des contenus s’il le souhaitait, tout en empechant quelqu’un de se faire de l’argent sur mon dos (crainte légitime de tous les créateurs de contenus…).

Or il est des cas où la possibilité de réutiliser des contenus pour un usage commercial est vraiment utile et légitime: un formateur peut vouloir réutiliser des diapos, un article, une infographie, … un auteur pourrait réutiliser des articles entiers dans un ouvrage…

Combien de fois avez vous vu une image, une infographie, un texte qui vous semblait parfait pour ce que vous souhaitez faire mais que vous ne l’avez pas utilisé car il y a avait un droit d’auteur ? ou pire que vous avez bricolé quelque chose en cachette avec ce contenu sans y être autorisé ?

Copie et innovation

Parce que je pense que la liberté de copier et de remixer favorise la création, je « libère » aujourd’hui le contenu publié sur Toc-arts.

Les contenus publiés seront maintenant disponibles sous licence Creative Commons BY-SA, ce qui permet à n’importe qui de le réutiliser, y  compris pour un usage commercial. Seule conditions, citer la source (Lilian Ricaud, Toc-Arts.org) et laisser votre travail derivé sous les même conditions d’utilisation (vous ne pouvez pas remettre un copyright dessus).

creative-commons-by-sa

Ceci s’inscrit dans une démarche que j’ai entreprise dans mon activité professionnelle de formateur, où j’ai déjà commencé à libérer mes contenus de formation au travail collaboratif.

Je sais que certains formateurs ou auteurs me lisent: la licence CC-BY-SA vous permet de réutiliser ces contenus pour vos formations, ouvrages, y compris pour un usage commercial. J’espère que ces contenus vous serviront dans votre activité professionnelle, y compris à gagner de l’argent.

L’importance des biens communs

Toc-Arts a toujours été un projet ayant pour but de soutenir l’écosystème culturel à la base en aidant les artistes amateurs et les associations culturelles qui les aident.

Toc-Arts n’existerait pas sans les nombreuses lectures que des passionnés ont écrites et mises en ligne, sans les nombreuses musiques entendues, sans les nombreuses partitions transcrites par des amateurs, sans tout un tas de tutoriels, sans les logiciels libres qui font tourner ce site et une  partie de l’Internet…

Nous vivons en batissant sur la culture produite par ceux qui sont passés avant nous.

En libérant ainsi les contenus de Toc-Arts, je veux ajouter ma part à un ensemble de biens communs existant. J’espère que ces contenus seront utiles à d’autres comme certains contenus et logiciels libres m’ont été utiles dans le passé.

Si cela vous parle et que vous partagez ces valeurs, aidez Toc-Arts en faisant de la promotion ou en faisant un don ou un cadeau de soutien.

 

 

source de l’image: http://domino.centerblog.net/58-paul-eluard 

Comment co-créer un évenement participatif et remixer nos modes de travail ?

Quelques mots sur MousTIC, un évenement participatif qui aura lieu les 27, 28, 29 mars 2013 à Montpellier et qui méle conférences, usages collaboratifs, interventions artistiques, et explorant de nouvelles façons de travailler ensemble.

MousTIC, un évenement participatif unique

Il y a 2 ans j’avais eu le plaisir de participer aux rencontres mousTIC (mise en oeuvres des usages sociaux des TICs) à Montpellier.

Un évenement-rencontre assez spécial où on peut passer d’une conférence classique à une batucada participative rassemblant une centaine de participants jouant ensemble alors qu’ils ne se connaissaient pas préalablement, un lieu où des clowns passent dans les ateliers pour amener un regard décalé au milieu de dicussions profondes sur les outils et les usages collaboratifs, … Plus qu’un évenement, une plateforme qui sert de plateau à plusieurs évenements participatifs.

C’est en partie MousTIC qui m’a donné l’idée d’organiser une « Participateuf« , un festival participatif où les spectateurs seraient aussi les créateurs de l’évenement (dans l’esprit barcamp « pas de spectateurs, tous participants ! », j’en reparlerai plus en détail dans un prochain article)

Comment co-organiser un évenement à plusieurs et à distance ?

affiche-evenement-moustic-2013

Cette année, j’ai eu le plaisir de participer à la co-organisation de l’évenement, en collaboration avec une dizaine de structures de taille et de cultures très différentes.

Ceci via un travail en coopération (en grande partie à distance) avec un noyau dur d’une quinzaine de personnes. Beaucoup à Montpellier, mais certains aussi en Lozère, en russie et même en Mongolie !

Cela n’a pas toujours été facile, chacun ayant une culture et une façon de travailler différente. Il y a eu des moment d’incompréhension, des latences, mais globalement grace à la bonne volonté de chacun, une bonne interaction et un travail très dynamique.

Résultat (pas encore définitif) un programme riche, stimulant et avec des formats d’évenement créatifs que vous n’avez probablement jamais vus.

Il y a aura ainsi:

  • des conférences « secouage de cocotier » pour offrir un point de vue décalé,
  • des tables de découverte, pour voir plusieurs projet créatif de façon interactive en un temps très court,
  • des accélérateurs de projet qui utilisent l’intelligence collective des participants pour aider un porteur de projet à avancer,
  • des chantiers collectifs pour créer ressources, outils et biens communs,
  • une « conférence gesticulée » : contes politique, argumentaire théâtralisé mêlant savoir théorique et expérience. Proposée comme spectacle, elle peut être accompagnée d’un atelier pour s’approprier le sujet, partager les expériences, approfondir et passer à l’action.
  • Un « débat mouvant », une méthode de débat innovante où une question polarisante est choisie et posée à un groupe. Les participants se placent dans l’espace d’un coté ou de l’autre selon leur opinion. Des arguments de chaque camp sont recensés et présentés au groupe. A chaque moment les participants peuvent changer de coté/camp.
  • Mais il y aura aussi des interventions artistiques (musique, graph) interconnectées avec le reste.

Encore une fois un évenement plateforme pour d’autre évenements. Et au dela du contenu, un lieu avec une ambiance de créativité, de partage, d’émulation et de convivialité.

Les nouveaux évenements co-créatifs

Depuis quelque temps je m’interesse sérieusement aux nouveaux formats d’évenement co-créatifs (Openspace, World Café, Barcamp, Coding party, Hackathons, …) , ces évenements où des gens qui ne se connaissent pas forcément très bien, se regroupent temporairement autour d’un projet, dans un format interactif, participatif et dynamique qui sort des cadres trop structurés traditionnels.

Exemple de tel format apparus récemment et qui sera présentés à MousTIC: Museomix, un évenement annuel de 3 jours qui transforme le musée en une plateforme ouverte et collaborative où des amateurs et professionnels de musées co-créent des prototypes de médiation des expositions et des collections et où les visiteurs deviennent des communautés créatives d’utilisateurs. (Voir aussi cet article sur Museomix et les dispositif créatifs).

Je serai à MousTIC en tant que co-organisateur, mais aussi pour animer une table de découverte pour faire découvrir ces nouveaux formats d’évenement co-créatifs et pourquoi à mon avis ils sont un outil clé pour réinventer les façons de travailler ensemble.

Si vous trouvez qu’il y a quelque chose qui ne vas pas dans le monde professionnel actuel et que vous voulez vivre et expérimenter de nouvelles façons de travailler ensemble et collaborer tout en s’amusant, vous devriez jeter un oeil au programme détaillé et sérieusement envisager de venir, vous ne serez pas déçus du voyage.

au plaisir de vous croiser si vous êtes par là 🙂

PS: pour ceux qui ne pourraient pas faire le voyage nous diffuserons les conférences en direct par streaming vidéo (nous avons lancés un appel à financement participatif pour aider à sa mise en oeuvre), il y sera possible de suivre via Twitter grace au hashtag #mousTIC. Enfin les contenus de présentation et les notes prises en collaboration et tous les autres contenus co-créent par les participants seront disponible sur le site: http:// moustic.info

Follow me: magnifique exposition photo sur Instagram

Une belle mise en scène, des lieux spectaculaires, une belle fille, un peu d’effet graphique pour des couleurs surréalistes, c’est simple, c’est beau et ça buzze sur Internet en ce moment.

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir cette magnifique série de photo faites avec Instagram, l’application mobile qui permet de prendre des photos, d’ajouter un filtre couleur et de les partager en ligne très rapidement.

Intitulée Follow me (suis moi), cette série a été créee par Murad Osmann et sa copine Natalia Zakharova lors de voyages dans des endroits prestigieux autour du monde.

hong kong temple des 1000 buddhas

bali

natalia-in-indonesia-wearing-an-elaborate-conical-hat-in-the-bali-rice-fields

écolières sous un banyan

natalia-leads-murad-into-the-marina-bay-sands-infinity-pool-in-singapore

blue-skies-and-plenty-of-rapeseed-flowers-surround-the-couple-in-this-austrian-field

looking-up-at-the-berlin-cathedral-in-germany

two-actors-in-soldier-uniforms-pose-with-natalia-and-berlins-brandenburg-gate

walking-hand-in-hand-through-the-southern-italian-town-ravello-along-the-armalfi-coast

frankenstein-attacks-natalia-at-singapores-universal-studios

in-venice-natalia-wears-a-carnival-mask-on-the-back-of-her-head-and-not-much-else

Vous pouvez voir toutes les photos de la série ainsi que d’autres sur le compte Instagram de Murad.

Pour la petit histoire cette série a démarrée par accident, alors que Natalia et Muras etaient en vacances. Celle ci, ennuyée par le fait qu’il prenait des photos de tout, l’a pris par la main pour essayer de le faire avancer. Cela n’a pas empéché Murad de continuer à prendre des photos et c’est comme ca que la série a démarrée, avec une photo prise par accident dans les rues de Barcelone, celle ci:

 

l'image qui a tout démarrée dans les rues de barcelone

A moins que cela ne soit plutot celle ci, la toute première:

and-the-picture-that-started-it-all-natalia-leading-murad-down-the-streets-of-barcelona-2

Autre détail, s’il a commencé avec un iphone et l’application d’Instagram, Murad ne se limite plus a aujourd’hui a un smartphone et utilise d’autres appareils photos, mais en essayant néanmoins d’utiliser le moins d’effets possibles.

Ceux qui me suivent savent que je suis fasciné par la capacités des gens d’utiliser les nouvelles technologie de façon créative.

J’aime surtout comment il a su exploiter cette idée, née par accident, jouant des variations autour du thème pour en faire un concept a part entière.

Au dela de ce projet, d’espere que ca vous montrera que la possibilité d’être créatif et l’inspiration est la en permanence sous votre nez.

Si vous tombez dessus par hasard, Comme Murad, ne passez pas à coté et suivez la…

« Follow Me » – Murad Osmann et Natalia Zakharovade

 

PS: l’envers du décor 🙂

natalia-lead-murras-backstage

découvert via business insider (et oui !)

Amanda Palmer: L’art de demander (et de recevoir)

amanda-palmerAmanda Palmer parle de son expérience expliquant comment faire confiance à ses fans et savoir recevoir lui ont permis d’atteindre ses succès.

Amanda Palmer est l’une des artistes DIY qui a le mieux réussie. Lors d’une conférence TED disponible en vidéo, elle revient sur son expérience.

J’ai noté quelques ici quelques points importants de son intervention, mais je vous conseille vraiment de regarder la vidéo en entier car elle apporte un regard vraiment interessant sur la personne et sa démarche.

En écoutant Amanda, on devine comment elle a vraiment travaillé dur mais surtout toujours été prête à expérimenter et à prendre des risques. On voit bien que si elle fait un usage très intelligent des nombreux outils de promotion, il ne s’agit pas seulement de marketing,  mais avant tout d’une vraie volonté de connecter avec les fans et de leur faire confiance.

Autre point interessant, Amanda explique comment ses débuts de carrière difficiles (elle a longtemps travaillée comme « statue vivante », maquillée en blanc et restant figée des heures dans la rue sous les insultes des automobilistes) lui ont appris à demander avec humilité et mais aussi à savoir recevoir, une chose avec laquelle beaucoup d’artistes se sentent mal à l’aise.

Enfin elle conclut en donnant comme conseil aux artistes de ne pas chercher comment faire payer sa musique, mais plutôt comment laisser les gens payer et savoir recevoir. Quand elle compare avec ironie ce que son label considérait comme un échec (« seulement » 25 000 albums vendus) et le nombre de personnes qui ont contribué au succès de son crowdfunding (1 192 793 $ récoltés en un mois grâce à … 25 000 fans!), on ne peut s’empecher de sourire et d’être d’accord.

 

La vidéo est en anglais, mais devrait être prochainement disponible avec sous-titrages français.

Si ça vous inspire je vous conseille de lire ou de relire la stratégie de Ian Rogers pour promouvoir et vendre sa musique comme une rock star.

Autre lien suggéré par Simon cet article de Musically sur Amanda Palmer qui apporte aussi pas mal de reflexion interessantes.

15 bonnes idées d’Uniform motion que vous devriez copier

Uniform motion dont je vous ai déja parlé pour ses nombreuses innovations revient avec un nouvel album et encore plein d’idées inspirantes. La encore, le groupe a pas mal innové et j’ai noté 15 idées que vous devriez songer à copier et adapter pour votre stratégie. 

Un jeu multimédia et participatif

Il y a quelque mois Uniform Motion avait demandé a ses fans d’envoyer des sons qu’il réutiliseraient dans l’album. C’est chose faite ! Mieux le groupe a imaginé une chasse au trésor auditive, en cachant ces sons dans ses morceaux et en demandant aux fans d’essayer de les retrouver.

Pour faire durer le suspense et permettre a tous de participer (et aussi faire vivre le buzz), le groupe sort un morceau par jour. La première personne à dire exactement à quel endroit démarre le son dans la chanson, gagne un CD ou un vinyle (au choix). Pour brouiller les pistes certains sons ont été très modifiés et certaines chansons en contiennent plusieurs.

chasse-au-tresor-musique

Uniform motion fait ici un bel usages de services en ligne puisqu’il utilisent une image interactive Thinglink pour faire afficher les morceaux sur l’image de la carte et utilise la possibilité qu’offre Soundcloud de commenter dans les morceaux pour que les fans notent ou sont cachés les sons.

Notez que ce n’est pas le premier jeu que Uniform motion fait pour ses fans (voir plus bas)

Un site web WordPress

WordPress, c’est le couteau suisse de gestionnaire de site web.

Le nouveau site WordPress a été utilisé par le groupe pour regrouper en un seul lieu plein de choses éparses (notamment l’actu qui était auparavant publié sur un tumblr) et ça été l’occasion de faire le ménage et de remettre en valeur les contenus publiés précédemment en les réorganisant.

En utilisant WordPress, il est possible de créer un site très puissant et de rajouter des fonctionnalités très spécifique, vous le verrez plus bas.

Une ergonomie soignée

L’ergonomie c’est un discipline qui consiste a rendre un système ou un appareil fonctionnel et facile à utiliser intuitivement. Uniform motion a soigné son ergonomie. Regardez le site, tout est rangé à sa place, pas de confusion.

Notez que le groupe a pris la peine de faire le tour de tout ce qu’il avaient accumulé depuis des années  et organisé le site pour réutiliser mettre en valeur de choses éparpillées auparavant.

Un graphisme simple et beau

uniformation-graphisme-site-web

Bien sur cela aide qu’un des membres du groupe soit graphiste. Mais même si ce n’est pas votre cas, pensez y ! le graphisme c’est une des première choses que vous projetez. Mais c’est aussi un éléments qui donne envie de revenir voir votre site… ou pas!

Un graphisme adapté pour les appareils mobiles

De plus en plus de gens accèdent au web via des interfaces mobiles (smartphones, tablettes). Or, naviguer sur Internet avec ces petits écrans n’est pas évident. Depuis quelque années est apparue une nouvelle tendance appelée « responsive design » et consistant à concevoir des sites web qui vont apparaitre de façon élégante sur des écrans de diverses tailles.

site-web-wordpress-responsive-uniform-motion

Uniform motion a conçu son site en utilisant de tels principes. Pour voir l’effet aller sur le site et réduisez la largeur de votre fenêtre pour la rendre très étroite.

Sachez qu’en utilisant WordPress, vous pouvez vous aussi créer un site adapté au mobiles en quelques clics (je vous en reparlerai).

Un « call to action » clair

uniform-motion-website-wordpress

 

Sur internet faire passer un message est difficile, les gens sont pressés et saturés d’infos. Il est important d’optimiser un « call to action » un message qui demande à l’utilisateur d’agir avec un message clair (c’est très utilisé en e-commerce).

Ici sur la page d’accueil le groupe appelle les fans les soutenir. On le fait ou on ne le fait pas, mais au moins le message est clair.

Des goodies

Le groupe offre aussi des bonus comme ces BD de Reuno, l’illustrateur qui a avait été crées pour le tout premier album :

illus_falling-off-trees

 

Il y a aussi plusieurs jeux vidéos musicaux:

jeux-videos-musicaux

Mis en valeur ces contenus anciens reprennent une deuxième vie.

Intégration parfaite avec Bandcamp

Bandcamp est le service préféré des musiciens DIY, je n’ai jamais eu l’occasion d’en parler (j’attendai une hypothétique traduction en français avant de le reocmmander), mais c’est l’un des meilleurs services pour les musiciens qui veulent créer une boutique pour vendre leur musique.

Uniform motion a parfaitement intégré son site web et la page Bandcamp et la navigation entre les deux se fait sans que l’on se rende compte que l’on passe d’un site à l’autre.

Un aspect autre intéressant de Bandcamp, outre la facilité de vendre de la musique, c’est la possibilité de collecter des adresses mails pour batir sa mailing list.

Une licence creative commons pour faciliter le partage et le remix

Toutes musiques et les sons du site sont sous licence Creative Commons, ce qui permet aux fans de diffuser librement les musiques, mais aussi de les remixer (le groupe avait mis à disposition des « remix-kits » à une époque).

Ecouter les fans

Lors du dernier album, des fans avaient demandé s’il était possible de faire un vinyl. Le groupe a écouté et a pris le risque de suivre ses fans (même si beaucoup avaient manifestés leur intéret, ca restait un investissement et un pari).

Au final le format vinyl s’est révélé être un grand succès auprès de fans et a permis au groupe de générer des bonnes ventes en concert.

Aider les autres musiciens

Le groupe publiait depuis longtemps un compte rendu de ses expériences. Un transparence pour les fans mais aussi un contenu intéressant pour les autres musiciens et les analystes de tout poil. Ceci leur a permis d’être repris par Mike Masnick (TechDirt), Hypebot, MTV et d’autres grands noms internationaux de la musique en ligne.

A l’occasion du lancement du nouvel album et du nouveau site, ce contenu a été rapatrié de son tumblr d’origine et mis en valeur dans une section dédiée aux musiciens DIY (note: j’ai déja traduit certains de ces articles en francais, d’autres viendront prochainement).

Autre idée simple et intéressante, le groupe propose une section qui accueillera des tablatures de ses morceaux. En attendant il y a déja un vidéo tutoriel et il est possible de leur en demander d’autres.

De beaux produits pour donner une raison d’acheter

si vous vous rappellez l’équation magique pour vendre sa musique il y a « give a reason to buy », c’est à dire « donner une raison d’acheter ». Uniform motion soigne le look de ses produits (mais aussi les photos les présentant) pour en faire quelque chose de beau qui donne envie d’être acheté.

 

cd-mockup

vinyls

Utiliser l’aide des fans

Uniform Motion veut aider les fans mais n’hésites pas aussi à demander de l’aide aussi. Ils avaient  déjà utilisé l’aide d’amis et de fans pour organiser leur tournée en Allemagne et avait réussit à se verser un salaire décent. Aujourd’hui, ils lancent un campagne de crowdfunding (financement participatif) pour vendre leur album sous différentes formes et rembourser leurs frais.

L’utilisation de WordPress leur a permis de créer leur propre plateforme de crowdfunding sans intermédiaires (voir le détail dans cet article)

crowdfunding-musique-uniform-motion

 

Même si l’album a déja été financé par le groupe, cette campagne sert à montrer aux fans l’investissement en leur demandant de filer un coup de main. Pour que les fans se voient à quoi ils participent et leur donner des raisons de soutenir le groupe, la vidéo résume bien le cheminement et le travail qui a abouti à la fabrication de l’album.

Autre bénéfice pour les fans, l’album étant déja produit et pressé, pas de risque que le projet échoue et qu’on ne reçoivent rien (chose qui peut arriver quand on on investit dans un projet en financement participatif).

Créez plus de valeur que vous ne capturez

Tim O Reilly, un des gurus de la silicon valley a popularisé cette notion:

Créez plus de valeur que vous ne capturez.

D’après son analyse ce qui réussissent le mieux dans un monde connecté ne sont ceux qui mettent toute leur énergie pour tout verrouiller en cherchant à maximiser le profit immédiat, mais ceux qui ceux qui cherchent d’abord à créer beaucoup de valeur pour les autres pour ensuite prendre une fraction des bénéfices engendrés.

Sur le long terme, en nourrissant et en faisant grandir un écosystème autour d’eux ils réussissent mieux.

Cela peut semble un pari risqué, mais c’est ce qu’ont fait Trent Reznor, Google, Amazon, Automattic (la société qui porte WordPress) Linux, et de nombreux autres…

C’est aussi ce que fait Uniform motion quand ils créent des jeux pour leur fans, des webconcerts, des concerts à la maison,  qu’ils mettent la musique à disposition, écoutent les commentaires, cherchent, partagent, … ils cherchent d’abord à apporter de la valeur à ceux qui les suivent avant de chercher à maximiser le profit et je pense que dans notre monde en réseau cela va être de plus en plus important pour réussir .

Avoir la volonté de travailler, d’expérimenter et de s’amuser

Si vous regardez tout ce que je vous ai décrit rappelez vous que derrière il ne sont pas nombreux, mais tout est fait maison. Je ne sais pas si vous rendez compte de la masse de travail et du souci du détail: que ce se soit l’album auto-produit, les visuels, le site, la stratégie, … tout a été fait avec grand soin.

Il y a énormément de travail derrière mais il y aussi une envie de faire quelque chose de différent, de chercher, d’expérimenter, mais aussi de prendre du temps pour jouer et inventer des choses nouvelles avec les fans.

Plus que tout le reste, je crois que c’est cette attitude, à la fois travail et fun, être sérieux sans se prendre trop au sérieux, qui est essentielle pour réussir.

 

Je vous laisse méditer ça avec de la musique.

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