Zoybar, le kit de guitare open source avec un corps imprimé en 3D

Zoybar propose à ses utilisateurs un kit de guitare modulaire qui permet d’assembler une guitare personnalisable. Mieux grace à la démocratisation des imprimantes 3D, certains parties peuvent être conçues et produites par l’utilisateur lui même.

 

Zoybar, le kit de guitare open source avec un corps imprimé en 3D

Traduit à partir de l’article Open Source Guitar Kit With 3-D Printed Body publié à l’origine sur Wired.com

Zoybar est comme Meccano pour la musique. C’est un kit de guitare open source que vous assemblez, et les parties modulaires peuvent être assemblées en de nombreuses combinaisons pour produire des instruments de différentes formes. Le kit peut être acheté en configuration basse ou 6 cordes, mais le meilleur c’est que vous pouvez personnaliser encore plus les designs vous même.

Les kits guitare sont mis à disposition sous licence Creative Commons, et les fichiers CAD peuvent être téléchargés et bricolés librement dans le logiciel de 3D libre et open source Blender.

Le kit Zoybar est livré avec un cou fretless, un micro humbucker, plus des morceaux pour faire un squelette de corps et quelques vis et écrous pour faire tenir le tout ensemble. Les prix démarrent à 670$ et augmentent selon les options d’envoi. Quels est le son d’une guitare imprimée en 3D ? tester le:

Zoybar Tor

 

Cet exemple n’est que la partie émergée d’un mouvement beaucoup plus vaste, l’open source hardware, à savoir l’application de la philosophie open source aux monde des objets et des machines qui promet de révolutionner pas mal de choses.

Je vous reparlerai prochainement de ce sujet très prometteur.

La Culture libre : un chemin pour la réussite ?

Peut on concilier partage et financement de la création artistique ? Dans cet article Lionel Maurel (aka Calimaq), juriste, bibliothécaire et spécialiste du droit d’auteur et des biens communs montrent des exemples d’artistes ayant utilisé avec succès les licences libres.

Cet article initialement a été publié le 17 mai 2012 par  sous licence Creative Commons Zéro (CC0),

Dans les débats concernant le droit d’auteur et l’avenir de la création, la question du financement revient de manière lancinante et l’on remet souvent en cause la capacité des pistes alternatives à assurer aux artistes les moyens de créer, de diffuser leurs productions auprès d’un public et d’en tirer un revenu.

Voici pourtant quatre exemples de  créateurs, ayant fait le choix de la Culture libre, qui démontrent que le système classique du droit d’auteur n’est pas la seule voie pour atteindre le succès à l’heure du numérique.

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Quelques bourgeons d’espoir dans cet interminable hiver de la propriété intellectuelle que nous subissons (Just Hanging With Some Buds. Par Sea Turtle. CC-BY-NC-SA. Source : Flickr)

Du domaine public volontaire aux licences de libre diffusion en passant par le Copyleft, les moyens juridiques mis en oeuvre par ces expérimentateurs sont variés, mais ils mettent tous à profit l’ouverture offerte par les licences libres pour maximiser la diffusion de leurs créations sur les réseaux et entrer dans de nouvelles formes de relations avec leur public.

Ces quatre exemples sont tirés de champs différents de la création : la musique, la peinture, le livre et le cinéma d’animation. Et vous allez voir que contrairement à une autre idée reçue, la qualité est au rendez-vous !

Enjoy, Share, Remix et surtout inspirez-vous !

 

Sharing is caring de Dan Bull : une musique sous CC0 à l’assaut des charts en Angleterre

Le musicien Dan Bull a réussi la prouesse la semaine dernière de parvenir à faire entrer son morceau Sharing is Caring à la 9ème place des charts en Angleterre dans la catégorie Indie et à la 35ème place dans la catégorie RnB.

Pour diffuser ce morceau de hip-hop en faveur du partage, Dan Bull a fait le choix d’utiliser l’instrument le plus ouvert parmi ceux proposés par Creative Commons, à savoir le waiverCC0 qui permet de verser par anticipation une oeuvre au domaine public, en renonçant à toutes formes de droit sur sa création. En cela, il rejoint la démarche de ces « Artistes contre le droit d’auteur » dont j’avais eu déjà l’occasion de parler sur OWNI.

Dans une interview accordée à Creative Commons UK, Dan Bull explique utiliser le sens de sa démarche :

J’ai choisi d’utiliser CC0 parce que je ne crois pas à la validité de la propriété intellectuelle. Un morceau de musique est une idée. Sous forme numérique, c’est une suite de 1 et de 0. Qui suis-je pour dire à une autre personne qu’il est interdit d’avoir une idée ou de manipuler une certaine séquence de 1 et de 0, simplement parce que j’ai eu cette idée avant elle ? Cette manière de penser me paraît perverse. La première personne qui a eu une idée n’est pas forcément la mieux placée pour l’utiliser, et c’est pourquoi le fondement même des lois sur le droit d’auteur est contestable.

Dan Bull possède déjà un lourd passé d’activisme musical dans le domaine de la culture libre, puisque c’est déjà à lui que l’on devait déjà ce rap vengeur Death of ACTA , écrit en réaction au traité liberticide, dont on espère que le titre sera prémonitoire !

 

Avec Sharing is Caring, Dan Bull a voulu prendre le système à son propre jeu : bien qu’il n’accorde aucune valeur particulière aux classements des charts, il voulait démontrer qu’une musique créée en dehors du système classique du droit d’auteur et sans le soutien des industries culturelles pouvaient se hisser dans le top des ventes.

Dan Bull a donc mis son morceau en partage  gratuitement en torrent sur Pirate Bay, mais dans le même temps,  il a choisi une diffusion multi-canaux et multiforme pour en maximiser la dissémination et l’audience. Le fichier était parallèlement proposé à la vente sur iTunes, Play.com et Amazon, et dans le même temps, il était largement partagé sur les réseaux sociaux et les plateformes de diffusion comme Youtube. Trois versions différentes du même morceau ont même été réalisées spécialement pour Facebook, Twitter et Google +. Au delà de cette première trilogie, Dan Bull a diffusé 10 versions de Sharing is Caringavec notamment des versions a capella et instrumentales, pour encourager les remix et les mashups. Pour pousser les ventes, l’artiste promettait aux fans qui achèteraient les dix versions toutes d’être cités dans une vidéo de remerciement.

Et voilà comment on obtient un succès commercial, en misant sur la dissémination virale à l’oeuvre sur les réseaux et en associant le public à sa propre création. Là où Dan Bull est parvenu à faire la parfaite démonstration de son propos, c’est que finalement  l’un des remix,une version reagge réalisée par Animal Circus, a terminé plus haut encore dans les charts que le morceau original, à la première place de la catégorie Reggae et à la seconde place de la catégorie World Music.

Qui a dit qu’on ne pouvait plus vendre de la musique ! Et cette démarche préfigure sans doute très bien ce qui se passerait pour les artistes si un système de licence globale, légalisant le partage était consacré par la loi…

Gwen Seemen : portrait d’artiste en Culture libre

La Culture libre comptait déjà certains artistes emblématiques, comme le romancier Cory Doctorow ou la dessinatrice Nina Paley, qui incarnent l’esprit d’ouverture et d’innovation que promeuvent les licences libres.

Mais j’ai été particulièrement heureux de découvrir ces derniers temps l’oeuvre de la portraitiste américaine Gwen Seemel, dont la démarche globale est particulièrement exemplaire et stimulante.

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Un autoportrait de Gwen Seemel ( Second Face, par Gwen Seemel. 2009)

Tout comme Nina Paley avait pu le faire, Gwen Seemel n’a pas choisi d’utiliser les licences libres, mais plutôt de se placer littéralement en dehors du droit. Au pied de son son site, on ne trouve pas un symbole ©, mais un petit visage souriant conduisant le visiteur vers cette mention :

I am happy for you to copy and display my work, and you are welcome to create derivative works using my images. I would love it if you gave me credit when you do so.

Je me réjouirais si vous copiez et diffusez mon oeuvre et je vous encourage à créer des oeuvres dérivées en utilisant mes images. Je serais heureuse si vous me créditez à cette occasion.

Dans le domaine de la peinture, où la culture libre n’est pas si répandue, Gwen Seemel impressionne par la façon dont elle intègre l’ouverture à sa démarche créative. Spécialisée dans le portrait, elle réalise également des peintures animalières, des séries conceptuelles à thèmes, des livres illustrés, ou encore des sacs en toile peints !

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2011. Par Gwen Seemel

Mais c’est surtout sur son blog que Gwen Seemel montre les différentes facettes de son art et la manière dont il s’imbrique et s’inspire de son engagement pour la Culture libre. Je vous recommande vivement de vous y abonner, surtout que Gwen est bilingue et rédige une bonne proportion de ses articles à la fois en français et en anglais.

Elle y montre sa création en train de se faire, mais aborde aussi de manière incisive et décapante des questions liées à la propriété intellectuelle comme l’imitationl’originalitéla protection contre la copie ou l’appropriation de la culture.

Elle réalise également des vidéos pour illustrer ces billets, en anglais et en français, dont j’avais particulièrement apprécié celle-ci, intitulée « le droit d’auteur, c’est pour les peureux » :

Dans un autre de ces billets, elle expose un modèle d’affaire pour les artistes qui renoncent au droit d’auteur (ce qui est son cas), particulièrement convaincant, qui montre que des modèles économiques peuvent émerger sans s’ancrer dans la culture du contrôle et de la restriction inhérente au copyright. Gwen Seemel sait d’ailleurs mettre à contribution avec succès les formes innovantes de financement de la création comme le crowdfunding, pour faire participer le public en amont au financement de projets ambitieux, comme la réalisation de séries de peintures.

Chapeau bas, Gwen Seemel, pour incarner à ce point l’idéal de la Culture libre !

Cities of You par Brian Foo :  sur les traces d’Italo Calvino

Ce projet a également utilisé la voie du crowdfunding (financement participatif) pour être mené à bien par son auteur, Brian Foo.

Cities of You est un projet de livre illustré, mêlant textes et peintures, inspiré par le romanLes Villes invisibles d’Italo Calvino. Il s’agit d’inviter le lecteur à un voyage imaginaire vers plusieurs cités fantastiques, chacune possédant une identité forte inspirée par une personne réelle rencontrée par Brian Foo, et de découvrir la manière dont la ville est construite, la façon de vivre des habitants, son histoire, sa culture et sa destinée.

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Fraboo, par Brian Foo. La première des villes imaginaires de Cities of You. CC-BY-NC-SA

Pour financer son projet, Brian Foo a lancé un appel à contributions via la plateforme américaine Kickstarter, en présentant le concept de son livre et quelques planches déjà réalisées. Alors qu’il demandait 2000 dollars pour son projet, Brian est parvenu à rassembler 11 000 dollars au final en quelques semaines, grâce à 141 donateurs. Et ce avant même d’avoir terminé son ouvrage !

Une fois réalisé et comme annoncé dès l’origine sur Kickstarter, Cities of You, comportant au final les descriptions de 41 villes imaginaires, a été mis en ligne en accès gratuit sur un site Internet et les éléments de l’ouvrage, textes et images, sont placés sous licence libre Creative Commons CC-BY-NC-SA. Le livre auto-édité par Brain peut être acheté en version papier, ainsi que les superbes peintures originales qui  ont servi à sa réalisation.

Ce type de projet est intéressant dans la mesure où il démontre que le recours aux licences libres est compatible à la fois avec un financement en amont, par le biais du crowdfunding et un financement en aval, la version gratuite en ligne ne constituant pas une concurrence pour la version papier et les peintures.

Et réjouissons-nous, car un volume II de Cities of You est déjà annoncé !

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Sheeshani. Par Bian Foo. Cities of You. CC-BY-NC-SA

 Tube : nouvelle perle du cinéma d’animation en Open Source

Le dernier projet que je voudrais vous présentez est le film d’animation Open Source Tube,  à propos duquel le site Mashable a consacré cet article au titre éloquent « Will This Open-Source Animated Film Change the Movie Industy Forever« .

L’histoire de Tube parle de quête de l’immortalité et s’inspire de l’épopée de Gilgamesh. Tous les éléments du film seront réalisés avec des logiciels libres et des formats ouverts et ils seront diffusés sous licence copyleft CC-BY-SA, permettant la copie, la diffusion, la modification des contenus, y compris à des fins commerciales.

Le financement passe ici encore par la plateforme américaine Kickstarter où la campagne de soutien a rencontré un succès impressionnant. Le but initial  de 22 000 dollars a été atteint cette semaine et largement dépassé, avec plus de 36 000 dollars rassemblés.

Ce succès rencontré par le cinéma Open Source n’est pas le premier. En 2006, une équipe s’était déjà illustrée en produisant le premier film d’animation de ce genre, le remarquable Elephant Dream, disponible en ligne gratuitement sous licence CC-BY. Plus récemment, le film espagnol El Cosmonauta, du producteur indépendant Riot Cinéma, s’était également fait remarquer, en recourant au crowdfunding et aux licences libres de manière particulièrement inventive.

***

Tous ces artistes sont engagés à divers degrés pour l’évolution de la propriété intellectuelle et contre les projets liberticides qui se multiplient dans ce domaine. Ils apportent la preuve que même si l’évolution législative reste en panne, il est déjà possible – ici et maintenant – de créer autrement, en liberté.

La Culture libre : un chemin pour la réussite ?

Article initialement publié le 17 mai 2012 par  sous licence Creative Commons Zéro (CC0),

La Culture doit-elle être libre et gratuite ?

Une question provocante et un débat très intéressant sur la culture, le droit d’auteur, le financement. Nouvel article par Lionel Maurel (aka Calimaq), juriste, bibliothécaire et spécialiste du droit d’auteur et des biens communs et qui apporte ici des arguments intéressant pour une culture accessible à tous.

 

La Culture doit-elle être libre et gratuite ?

Mardi soir,  le magazine Usbek et Rica organisait une conférence à la Gaîté Lyrique sur le thème de « La Culture doit-elle être libre et gratuite ?« . Il s’agissait de la cinquième édition duTribunal pour les générations futures, dont voici le pitch :

Parce que l’avenir n’est pas encore mort, nous avons plus que jamais besoin de l’explorer ! Chaque trimestre, accusé, procureur, avocat, témoins et jury populaire statuent sur un enjeu d’avenir… pour identifier les bouleversements d’aujourd’hui et les défis de demain.

La culture doit-elle être libre et gratuite ? La philosophie hacker dessine une nouvelle société du partage, dans laquelle la culture doit trouver un modèle économique à la fois stable et ouvert. Militants du libre et représentants des industries culturelles seront là pour en débattre, dans ce nouveau Tribunal pour les générations futures.

Le principe de ces soirées est qu’un jury, composé de personnes choisies au hasard dans la salle, est invité à se prononcer sur une question à l’issue du réquisitoire d’un procureur, de la plaidoirie d’un avocat et de la déposition des témoins.

J’ai eu le grand honneur d’être invité à participer comme avocat à cette séance,  tandis qu’Eric Walter, secrétaire général de l’Hadopi, s’est exprimé en qualité de témoin.

Voici ci-dessous la plaidoirie que j’ai prononcée à cette occasion, en faveur de la Culture libre.

A vous de juger à présent, sachant qu’à la question posée à la fin par le président du Tribunal –  « Faut-il punir les internautes qui copient, partagent et diffusent librement sur Internet ? » -,  les jurés ont répondu non, par 3 voix contre 2.

 

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Le prix de la liberté

Mesdames, messieurs les jurés. Vous qui représentez ici les générations futures.

Vous vous souvenez sans doute de la campagne de spots vidéo, lancée l’été dernier par Hadopi pour promouvoir son label PUR. On y voyait notamment la chanteuse Emma Leprince, cartonnant avec son tube « I prefer your clone » dans les années 2020. Un flashback nous ramenait au temps présent et nous montrait Emma Leprince petite fille, chantant dans sa chambre. Une voix off énonçait alors que sans Hadopi, la fillette ne pourrait jamais devenir artiste. Suivait ce slogan : « Hadopi : la création de demain se défend aujourd’hui ».

C’est donc vous, générations futures, qui étaient invoquées et utilisées pour promouvoir le système de protection des oeuvres mis oeuvre par Hadopi.

Le raisonnement sous-jacent était le suivant : le téléchargement illégal et les autres formes de piratage représentent un mode d’accès gratuit à la culture qui lèse les artistes en les privant des revenus liés à la vente de leurs oeuvres. En les privant des moyens de subsister, cette gratuité met en danger les créateurs et l’avenir de la création. Avec le risque à terme que la création culturelle disparaisse et qu’il n’y ait plus ni livres, ni films, ni musique.

Je ne suis pas d’accord avec cette conception et je vais essayer de vous le montrer, mais je reconnais que cette question de l’avenir de la création mérite d’être posée. C’est même sans doute la question la plus importante à laquelle nous ayons à faire face dans le débat actuel sur le droit d’auteur et le partage des oeuvres en ligne.

Car c’est sur elle que les générations futures nous jugeront.

La culture doit-elle dès lors être libre et gratuite ? Je reformulerai plutôt la question ainsi : si la culture était libre et gratuite, aboutirait-on à une mise en danger et à une mort de la création ?

Je vais répondre en juriste, mais avant tout, il est nécessaire de clarifier les termes du débat, à cause de l’ambiguïté des mots libre et gratuit. En anglais, le terme free peut renvoyer à ces deux termes indistinctement, alors qu’en français, ils recouvrent deux réalités profondément différentes.

Beaucoup de choses sont gratuites sur Internet, mais peu sont réellement libres. Je peux lire certains articles gratuitement sur le site du Monde ou de Libé : les contenus sont librement accessibles, mais ils ne sont pas libres. Je peux écouter de la musique en streaming gratuitement sur Deezer ou Spotify, même sans prendre d’abonnement, mais il ne s’agit pas de musique libre. Ces exemples montrent que la gratuité est un modèle économique à part entière, qu’elle serve à dégager des recettes publicitaires ou s’articule avec des formules de freemium. La plupart des géants du Net ont construit leurs empires sur la gratuité. On peut utiliser gratuitement le moteur de recherche de Google et tous les outils que la firme met à notre disposition : Google Maps, Google Docs, Gmail, etc. Les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter, sont gratuits. Mais il s’agit là d’une « fausse gratuité », car les utilisateurs « payent » ces services en leur fournissant des données personnelles ou des contenus, ensuite marchandisés. La gratuité n’est pas toujours synonyme de liberté, loin de là.

En revanche, il existe des choses qui sont réellement libres et gratuites sur Internet, comme par exemple Wikipédia. L’encyclopédie collaborative est gratuite, mais elle est surtout libre et cette liberté provient de la licence libre (Creative Commons CC-BY-SA) sous laquelle elle est placée. En vertu de cette licence, il est possible de modifier et de réutiliser gratuitement les contenus de Wikipédia, y compris à des fins commerciales, à condition de citer la source, de créditer les contributeurs et de partager les contenus sous la même licence.

Cette forme particulière de liberté est d’abord née dans le monde du logiciel libre, pour  être ensuite élargie aux autres champs de la création et à tous les types d’oeuvres pouvant être protégées par le droit d’auteur. Le fonctionnement des licences libres renverse la logique traditionnelle du copyright. Au lieu de poser des interdictions (« Tous droits réservés »), les licences libres permettent aux auteurs de donner a priori des libertés aux utilisateurs pour certains usages, normalement soumis à autorisation : reproduire, représenter, modifier, etc.  Des licences comme les Creative Commons permettent en outre aux auteurs de maintenir certaines interdictions, comme celle de l’usage commercial ou de la modification, afin de conserver un contrôle plus étroit sur leur création.

Mais dans les cas couverts par la licence, l’usage est bien libre et gratuit. C’est le cas pour plus de 200 millions de photographies sur Flickr et plus de 10 millions de fichiers sur Wikimedia Commons.

Ces exemples prouvent que la culture PEUT être libre et gratuite, dès maintenant, si les auteurs font le choix d’utiliser les licences libres. Il existe d’ailleurs tout un pan de la création contemporaine – la Culture libre – qui s’est constitué en utilisant ces licences. C’est le domaine du Remix, du Mashup, de la réutilisation et de la dissémination des oeuvres, qui constitue le propre de la culture Web.

Mais générations futures, je vous entends m’adresser une objection : ces licences conviennent sans doute aux amateurs pour diffuser leurs créations, mais quid des professionnels qui voudraient en tirer revenu. Comment Emma Leprince pourrait-elle devenir une artiste si elle place ses chansons sous licence libre ?

Même si on peut comprendre ce type de réticences, l’argument en réalité ne porte pas, car il existe d’ores et déjà des créateurs qui ont réussi à construire des modèles économiques convaincants en utilisant des licences libres, et ce dans tous les domaines.

C’est le cas pour les livres avec Cory Doctorow, qui offre depuis longtemps ses ouvrages sous licence libre en ligne, mais vend (et fort bien) les même livres en papier. En matière de musique, il existe une Emma Leprince en Australie, nommée Yunyu, qui a réussi à percer en plaçant certains morceaux de ses albums sous licence libre, afin que leur circulation lui assure un marketing viral. C’est le cas également pour le cinéma avec le succès l’an dernier du film d’animation El Cosmonauta du producteur indépendant espagnol Riot Cinéma. Dans la photographie, Jonathan Worth, exposé à la National Portrait Gallery, diffuse ses clichés en ligne sous licence Creative Commons.

La culture peut être libre ; elle peut même être gratuite, mais des modèles économiques viables peuvent être construits, fondés sur la valeur du partage. Car contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, le partage donne de la valeur aux oeuvres, au lieu de les dévaloriser.

Un exemple qui le prouve est celui de Yann Arthus Bertrand, qui a choisi de diffuser gratuitement son film Home sur Internet, ce qui n’a pas empêché de rencontrer le succès pour la projection en salles et pour la vente de DVD. Au contraire, c’est PARCE QUE son oeuvre avait été diffusée gratuitement et partagée qu’elle avait acquis une valeur qui a pu ensuite être monétisée.

La culture peut donc être libre et gratuite, grâce aux licences libres. Ce n’est pas exclusif de la mise en place de modèles économiques innovants et rémunérateurs et il vous appartiendra, générations futures, de vous emparer de ces outils pour construire la culture libre de demain.

Mais la question qui nous était posée n’était pas la culture PEUT-elle être libre et gratuite, mais la Culture DOIT-elle être libre et gratuite, ce qui est différent. Elle implique que la gratuité soit appliquée comme un principe général, au-delà du cercle des artistes décidant d’utiliser les licences libres.

Cette généralisation peut paraître problématique, mais à cause du discours ambiant qui culpabilise la gratuité et le partage, on a tendance à oublier que la culture EST déjà dans de nombreuses hypothèses libre et gratuite. C’est la loi elle-même qui l’impose, y compris aux titulaires de droits, et c’est absolument essentiel pour préserver nos libertés.

Le premier exemple de gratuité et de liberté consacrées par la loi, c’est celui du domaine public. Car le droit d’auteur n’est pas une propriété comme les autres : elle est limitée dans le temps et 70 ans après la mort de l’auteur, l’oeuvre entre dans le domaine public. Il est alors possible de la reproduire, de la représenter et de l’exploiter, gratuitement et librement (moyennant le respect du droit moral).

Le domaine public est un moteur essentiel pour la création, car bien souvent, on créée en s’appuyant sur ce qui existe déjà : Bach empruntait des airs populaires traditionnels pour composer ses morceaux ; que serait Picasso sans Titien, Vélasquez ou Ingres ? ; Led Zeppelin a révolutionné le rock en réinterprétant des standards du blues, etc.

La création de demain se protège aujourd’hui, nous dit Hadopi. Mais il est tout aussi important de protéger le domaine public pour défendre la création de demain, afin de permettre aux générations futures de s’appuyer sur la création d’hier et d’y puiser leur inspiration.

Or pourtant, le domaine public est sans cesse menacé par le lobbying des industries culturelles qui réclament et obtiennent du législateur une extension de la durée des droits. Le Parlement européen vient d’accepter que les droits voisins des interprètes et des producteurs de 50 à 70 ans.

Nous venons de fêter les 100 ans de la naissance de Robert Doisneau, mais son oeuvre va rester protégée jusqu’en… 2065, l’auteur étant mort en 1994. Cela signifie que de mon vivant, je ne verrai jamais entrer dans le domaine public le Baiser de l’Hôtel de Ville, pourtant réalisé en 1950, il y a plus de 60 ans. Et peut-être vous aussi, générations futures, ne le verrez-vous jamais entrer dans le domaine public, si la durée des droits est encore allongée, comme on peut le craindre !

La culture EST-elle libre et gratuite ? Oui, grâce au domaine public, mais aussi grâce aux exceptions au droit d’auteur.

Nous pouvons par exemple heureusement faire gratuitement de courtes citations d’oeuvres, mais ce n’est possible qu’en vertu d’une exception au monopole de l’auteur. Nous pouvons écouter les CD et DVD que nous achetons chez nous (encore heureux !), mais là encore, ce n’est possible que parce qu’existe une exception pour les représentations dans le cadre du cercle de famille. Les handicapés visuels peuvent obtenir en France gratuitement des oeuvres adaptées, en gros caractères ou en braille, parce qu’une exception le leur permet.

Un monde dans lequel ces exceptions n’existeraient pas serait une dystopie digne d’Orwell ou de Bradbury. Combien nos libertés seraient fragilisées s’il nous fallait payer pour faire de simples citations ou pour chaque écoute de musique en privé ! Et pour supprimer la gratuité de l’exception handicapés, faudrait-il instaurer une taxe sur les cannes blanches et les lunettes noires !

Grâce aux exceptions au droit d’auteur, la culture EST donc libre et gratuite, et il est essentiel qu’il en soit ainsi.

Un dernier exemple va nous permettre de revenir à l’environnement numérique.

Dans le monde physique, je peux tout à fait librement et gratuitement donner un livre qui m’appartient à la personne de mon choix. Comme cet acte n’implique aucune copie, ni aucune représentation, le droit d’auteur n’a absolument rien à dire à ce sujet et les titulaires de droit ne peuvent en aucune mesure s’y opposer.

Cette forme de partage gratuite de la Culture joue un rôle essentiel. Combien de livres avez-vous découvert grâce à un ami ou à un conjoint qui vous les ont prêtés ou donnés ?

Dans l’environnement numérique cependant, cette faculté de partage est réduite à néant. Le même ouvrage sous forme numérique ne peut être envoyé par mail à un ami, car cet acte implique nécessairement une copie et une représentation. Il est donc contraire au droit d’auteur et c’est ainsi que le partage est devenu piratage.

Or pour vous, générations futures, il arrivera sans doute un moment où les livres papier disparaitront, ainsi que tous les autres supports physiques, et où toute la culture prendra une forme numérique. Peut-on accepter que ce passage au numérique ait pour conséquence une réduction tragique de la liberté de partager la culture ?

La culture Doit-elle être libre et gratuite ? La vraie question est de savoir comment nous pouvons préserver pour les générations futures la liberté de partager la culture en toute légalité qui était la notre dans l’environnement physique ?

Et là, je dis que cette liberté a nécessairement un prix et que le partage sous forme numérique ne pourra rester entièrement gratuit, si l’on veut qu’il soit reconnu comme un droit.

Plusieurs modèles ont été imaginés qui permettraient de consacrer le droit au partage dans l’environnement numérique. Ils peuvent prendre des noms et des formes différentes, qu’il s’agisse de la licence globale, de la contribution créative ou du mécénat global.

Tous reposent sur l’idée qu’en échange d’une contribution de quelques euros, prélevée sur l’abonnement Internet, les individus se verraient reconnaître un droit au partage des oeuvres, pour des échanges hors marchés, sans finalité commerciale. Le modèle est celui des échanges décentralisés du P2P ou celui de la diffusion en ligne par le biais des blogs ou des sites personnels. Il ne s’agit en aucun cas des systèmes centralisés à la MegaUpload, qui impliquent nécessairement une transaction commerciale, sous une forme ou une autre.

Ce système consacre une liberté d’échanger la culture et permet de récompenser les créateurs, en fonction du nombre de partages de leurs oeuvres, en leur reversant une part des sommes collectées à partir du surcoût à l’abonnement Internet. L’échange est alors libre tant qu’il s’effectue dans un cadre non commercial, mais même s’il n’est pas payant à l’acte, il n’est pas gratuit, puisque l’internaute doit s’acquitter de ce prélèvement mensuel.

Vous pourriez préférer, générations futures, de continuer à accéder illégalement aux oeuvres, sans avoir rien à payer pour cela. Mais vous devez prendre en considération que cette gratuité a un coût, pour chacun de vous et pour la société toute entière.

Car pour lutter contre le partage des oeuvres, le législateur s’est engagé dans une spirale répressive, qui augmente sans cesse le niveau de la violence d’Etat et fait peser une grave menace sur nos libertés et sur l’intégrité d’Internet. Depuis 20 ans, les textes répressifs s’enchaînent à un rythme alarmant : Traité OMPI sur les DRM, DMCA américain, DADVSI en europe et en France, Hadopi et la riposte graduée, SOPA/PIPA bloqués aux Etats-Unis mais aussitôt remplacés par CISPA, ACTA liberticide négocié dans le secret, mais arrivé aux portes du Parlement européen…

Cette fuite en avant du droit et ces agressions continuelles contre les libertés sont le prix à payer de la gratuité, pour nous et pour les générations futures.

Si l’on veut que le partage devienne un droit reconnu et consacré par la loi, alors il faut être prêt à en payer le prix, qui est celui de la contribution créative. Pour les individus, c’est une somme modeste de quelques euros par mois ; pour les créateurs, c’est une nouvelle manne de plusieurs centaines de millions par an. Pour la société toute entière, c’est le prix d’une paix retrouvée.

Pour qu’il devienne à l’avenir aussi simple de donner un fichier avec un ami que cela l’est avec un livre aujourd’hui.

La question n’est hélas plus de savoir si la culture doit être libre, mais si nous voulons le rester.

Nous et les générations futures.

 

Article publié sous licence Creative Commons Zéro (CC0) le 20 avril 2012 par 

Resources pour les artistes: les contenus Toc-Arts libérés

liberationLes contenus de Toc-Arts passent sous licence Creative Commons BY-SA, ce qui permet à n’importe qui d’en faire usage, y compris commercial, à seule condition de citer la source.

Des ressources pédagogiques

Au fil des années, Toc-Arts a accumulé pas mal de ressources pédagogiques. Les articles les plus lus sont des guides relativement complets sur des sujets variés, des réseaux sociaux au modes de financement, du streaming à la stratégie. Par exemple:

Copie et réutilisation

Ces contenus de Toc-Arts étaient déja sous licence Creative Commons, ce qui permettaient aux lecteurs de les réutiliser, mais la licence que j’avais choisi ne permettait pas d’en faire un usage commercial (sauf à demander l’autorisation d’abord).

L’idée était de permettre aux lecteurs de reprendre des contenus s’il le souhaitait, tout en empechant quelqu’un de se faire de l’argent sur mon dos (crainte légitime de tous les créateurs de contenus…).

Or il est des cas où la possibilité de réutiliser des contenus pour un usage commercial est vraiment utile et légitime: un formateur peut vouloir réutiliser des diapos, un article, une infographie, … un auteur pourrait réutiliser des articles entiers dans un ouvrage…

Combien de fois avez vous vu une image, une infographie, un texte qui vous semblait parfait pour ce que vous souhaitez faire mais que vous ne l’avez pas utilisé car il y a avait un droit d’auteur ? ou pire que vous avez bricolé quelque chose en cachette avec ce contenu sans y être autorisé ?

Copie et innovation

Parce que je pense que la liberté de copier et de remixer favorise la création, je « libère » aujourd’hui le contenu publié sur Toc-arts.

Les contenus publiés seront maintenant disponibles sous licence Creative Commons BY-SA, ce qui permet à n’importe qui de le réutiliser, y  compris pour un usage commercial. Seule conditions, citer la source (Lilian Ricaud, Toc-Arts.org) et laisser votre travail derivé sous les même conditions d’utilisation (vous ne pouvez pas remettre un copyright dessus).

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Ceci s’inscrit dans une démarche que j’ai entreprise dans mon activité professionnelle de formateur, où j’ai déjà commencé à libérer mes contenus de formation au travail collaboratif.

Je sais que certains formateurs ou auteurs me lisent: la licence CC-BY-SA vous permet de réutiliser ces contenus pour vos formations, ouvrages, y compris pour un usage commercial. J’espère que ces contenus vous serviront dans votre activité professionnelle, y compris à gagner de l’argent.

L’importance des biens communs

Toc-Arts a toujours été un projet ayant pour but de soutenir l’écosystème culturel à la base en aidant les artistes amateurs et les associations culturelles qui les aident.

Toc-Arts n’existerait pas sans les nombreuses lectures que des passionnés ont écrites et mises en ligne, sans les nombreuses musiques entendues, sans les nombreuses partitions transcrites par des amateurs, sans tout un tas de tutoriels, sans les logiciels libres qui font tourner ce site et une  partie de l’Internet…

Nous vivons en batissant sur la culture produite par ceux qui sont passés avant nous.

En libérant ainsi les contenus de Toc-Arts, je veux ajouter ma part à un ensemble de biens communs existant. J’espère que ces contenus seront utiles à d’autres comme certains contenus et logiciels libres m’ont été utiles dans le passé.

Si cela vous parle et que vous partagez ces valeurs, aidez Toc-Arts en faisant de la promotion ou en faisant un don ou un cadeau de soutien.

 

 

source de l’image: http://domino.centerblog.net/58-paul-eluard 

licences Creative Commons: les différents droits pour protéger et partager une œuvre

Comment mettre ses œuvres en partage tout en conservant la paternité de son travail. Après l’introduction au fonctionnement des licences creative commons, deuxième explications BD sur les différents droits et les différentes licences.

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Ceci est la traduction en français d’une création originale de Creative Commons, A Spectrum of Rights. (Credits de la version originale : Cartoon concept and design by Neeru Paharia. Original illustrations by Ryan Junell, Photos by Matt Haughey.)

Images publiées sous licence creative commons et traduites par Philippe Daigremont:

Les licences creative commons – les différents droits

Plus d’informations sur les creative commons

Pirater Toc-Arts ?

Depuis ses débuts, Toc-Arts est sous licence creative commons: « J’encourage tous les lecteurs qui le souhaitent à copier, voler, pirater sans vergogne ce que nous écrivons, et à reproduire sans payer les articles sur leurs blogs, pages MySpace, e-mails ou papyrus…« 

Creative Commons License

licences Creative Commons: comment ca marche et pourquoi tous les artistes devraient les utiliser

Une explication simple sous forme de BD a propos des licences Creative Commons; comment ça marche et pourquoi tous les artistes devraient les utiliser. J’avais déja parlé de pourquoi une société libre d’emprunter et de construire sur le passé est culturellement plus riche qu’une autre (le “piratage” favorisait la créativite culturelle). Les licences libres de type creative commons donnent un cadre légal au partage et favorise la diffusion et la créativité. Une introduction aux licences libres que je voulais publier depuis longtemps, ça y est c’est fait.

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Ceci est la traduction en français d’une création originale de Creative Commons, How It Works. (Credits de la version originale : Cartoon concept and design by Neeru Paharia. Original illustrations by Ryan Junell, Photos by Matt Haughey.)

Images publiées sous licence creative commons et traduites par Philippe Daigremont:

Les licences creative commons comment ca marche

Plus d’informations sur les creative commons

Pirater Toc-Arts ?

Depuis ses débuts, Toc-Arts est sous licence creative commons: « J’encourage tous les lecteurs qui le souhaitent à copier, voler, pirater sans vergogne ce que nous écrivons, et à reproduire sans payer les articles sur leurs blogs, pages MySpace, e-mails ou papyrus…« 

Creative Commons License

Le cinéma en pleine réinvention face au web

Two Fists One Heart, un film Australien de Shawn Seet produit par Disney/Buena Vista propose pour sa promotion une opération infiniment plus originale que l’inévitable site web dédié accompagné de la promo habituelle : ses producteurs ont décidé de mettre les scènes tournées et non montés lors du final cut sous licence Creative Commons (avec Attribution, ce qui leur permet d’obtenir un lien en retour vers le site du film).

Le cinéma en pleine réinvention face au web | ReadWriteWeb France

Publiez vos bandes dessinées sur internet avec Webcomics.fr

« Webcomics.fr est un hébergeur de BD en ligne. Son interface vous donne l’opportunité de publier des bandes dessinées sur Internet aussi simplement qu’on tient un blog ».

Je profite de l’interview de Interview de Julien Falgas de Webcomics.fr publiée par Webdeux.info pour vous inviter à découvrir Webcomics.fr. Ce site vous permet de publiez librement et gratuitement vos bandes dessinées, ceci sans aucune compétence technique particulière. Pour favoriser la libre diffusion de vos bandes dessinées, Webcomics.fr s’engage en faveur des licences Creative Commons, bien connues des artistes musicaux.

Simple et agréable, ce site a de nombreux atouts pour devenir un rendez vous incontournable de la bande dessinée en ligne. Je pense que la très prolifique communauté bandes dessinées de Myspace risque d’y déménager un jour ou l’autre…

Je vous laisse avec la première page d’une BD dont le style m’a bien plu, Une Cagoule infernale, par Toundra:

Distributeur Automatique de Culture pour des oeuvres libres

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Remplacer les friandises et autres sodas des Distributeurs Automatiques traditionnels placés dans les lieux publics par de nouveaux types de distributeurs qui favorisent la diffusion de contenus libres avec des licences libres… pour toucher directement le grand public.

Article rédigé par Jean-Luc Raymond le 23 juillet 2008 et publié sous licence creative commons.

L’éditeur de livres libres InLibroVeritas via Mathieu Pasquini lance en France un concept innovant : les Distributeurs Automatiques de Culture (DAC). L’objectif : remplacer les friandises et autres sodas des Distributeurs Automatiques traditionnels placés dans les lieux publics par de nouveaux types de distributeurs qui favorisent la diffusion de contenus libres avec des licences libres… pour toucher directement le grand public.

On peut imaginer mettre dans ce DAC non seulement de la musique, des DVD mais aussi des livres, des logiciels libres… Des oeuvres culturelles partagées et partageables qui retrouvent tout leur sens avec un mode de distribution plutôt inédit pour ce genre de créations :

“Détourner un concept, renverser les habitudes, bouger l’établi, comme toujours l’Art Libre trouve sa propre voie, et offre un nouveau mode de distribution/diffusion dans son écosystème.”

Un Distributeur Automatique de Culture peut aussi informer (brochures et guides municipaux, productions d’associations…),  mettre en place des oeuvres créées par des artistes locaux, des écoles et aussi pour donner ; oui, donner!

InLibroVeritas a présenté un prototype du Distributeur Automatique de Culture lors du Festival Libre Accès qui s’est déroulé à la Mairie du 2e Arrondissement de Paris, le 20 juin dernier. Pour personnaliser ce distributeur et en assurer sa diffusion, l’éditeur s’est associé à RSA Distribution. En standard, l’offre de Distributeur Automatique de Culture intègrera dans son catalogue des oeuvres musicales de Dogmazic, des films de Ralamax et des ouvrages de InLibroVeritas.

Il se murmure que le premier Distributeur Automatique de Culture sera mis en place à la rentrée à l’EPN du Point Cyb du Centre Information Jeunesse du Val d’Oise (France) sis à Cergy-Pontoise (1 place des Arts).

Pour plus de renseignements sur cette initiative :

Un site à visiter : ILV Distribution et un E-mail : contact@ilv-distribution.com

Merci à Olivier Lacombe du Centre Information Jeunesse du Val d’Oise pour cette information délivrée lors du Forum des Usages Coopératifs de Brest.

Article rédigé par Jean-Luc Raymond le 23 juillet 2008 et publié sous licence creative commons.

Musique 2.0: NiN sort (encore) un nouvel album gratuitement, The Slip !

J’écrivais il y a peu « Nine Ich Nails donne un nouveau morceau et continue à encourager les remix ». Je pourrai maintenant écrire « Nine Ich Nails donne un nouvel album et continue à encourager les remix »… Je laisse plutôt Numérama nous décrire tout ça…

Musique Numérique –

Deux mois après avoir sorti lui-même une partie de son album Ghosts I-IV sur The Pirate Bay et après l’avoir mis en téléchargement gratuit sur son site, Nine Inch Nails remet le couvert. Le groupe dirigé par le militant Trent Reznor sort aujourd’hui un nouvel album de 10 chansons, The Slip, qu’il met à nouveau gratuitement à disposition des internautes sur son site, sans DRM et sous licence Creative Commons.


Alors que le groupe Radiohead a annoncé qu’il ne renouvellera certainement pas l’expérience de la musique proposée à un tarif libre sur son site Internet, le leader de Nine Inch Nails Trent Reznor reste à fond dans son nouveau modèle économique et médiatique. Seulement deux mois tout juste après avoir déjà sorti gratuitement son album Ghosts I-IV sur Internet et sur les sites de liens BitTorrent, NiN remet ça avec un nouvel album baptisé The Slip.
Les fans du groupe peuvent d’ores-et-déjà télécharger l’ensemble des dix chansons que composent l’album sur le site officiel de Nine Inch Nails, en entrant simplement leur adresse e-mail. Un message de confirmation est alors envoyé à l’adresse entrée, avec un lien pour télécharger l’album au format compressé MP3, ou aux formats sans perte FLAC, M4A ou même WAV. Pour ces trois derniers formats, le groupe propose exclusivement des liens BitTorrent pour économiser en bande passante et profiter de celle de leurs fans. Une manière de dire leur respect pour le P2P, et de l’exploiter eux-mêmes.

Trent Reznor, qui avait appelé à voler ses CD alors qu’il était encore sous contrat avec Universal, s’est fait remarquer notamment en défendant de vive voix le site pirate Oink, conspué par l’industrie musicale.

L’ensemble de l’album The Slip est évidemment sans DRM, et encore une fois diffusé sous licence Creative Commons by-nc-sa qui autorise les internautes à redistribuer l’album librement à leurs amis ou sur les réseaux P2P, ou même à les remixer sans avoir à payer quoi que ce soit, à la seule condition que tout cela soit fait sans intérêt commercial. Nine Inch Nails propose d’ailleurs sa propre plateforme de remix.

Avec Ghosts I-IV, Nine Inch Nails avait glané 1,6 millions de dollars en une semaine grâce à une formule tarifaire qui allait de la gratuité au coffret ultra-deluxe à 300 $ en édition limitée. Cette fois, pour le moment, The Slip est proposé uniquement en téléchargement gratuit, ou en streaming sur iLike. « Que ceux qui sont intéressés par des produits physiques se rassurent. Nous prévoyons de rendre une version de cet album disponible sur CD et vinyle en juillet« , prévient Nine Inch Nails qui donnera plus de détails par la suite.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
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