Les Amaccas, des « AMAPs » pour la culture et la création artistique.


Les Associations pour le Maintien des Alternatives en matière de Culture et de Création Artistique (AMACCA) sont une préfiguration d’organisation sociale alternative pour soutenir la scène culturelle fondées sur le modèle des AMAP : elles permettent aux citoyens de sortir de leur rôle de simple consommateur et de s’emparer des projets culturels. Ils deviennent ainsi des « spect’acteurs », à travers un dispositif de développement local participatif.

 

 

Comment marchent les AMACCA ?

Extrait d’un article publié par le labo ESS: Les AMACCA replacent la culture entre les mains des citoyens

Les AMACCA sont des associations qui s’organisent en espaces participatifs à l’échelle territoriale. Elles instaurent un circuit court entre les citoyens et les artistes. De ces collaborations naissent des projets représentatifs de la créativité et de la volonté locale. Ils permettent ainsi d’affirmer l’identité et les besoins authentiques des territoires, face à une « culture globale » tendant à uniformiser les expressions culturelles et artistiques.

Ce sont les citoyens qui financent directement le projet. De cette manière, ils gardent toute leur indépendance décisionnelle sur le contenu. L’objectif ainsi poursuivi est de « dé-marchandiser » la culture : les projets culturels ne sont pas décidés en fonction de leur rentabilité, mais de leur utilité sociale et citoyenne. Les habitants deviennent ainsi des contributeurs à part entière participant à la préservation et au développement de la diversité culturelle. Les AMACCA permettent ainsi à tous, et plus seulement au plus petit nombre, d’assumer les prises de décision. Cette gouvernance culturelle élargie est indispensable pour rendre à la culture son statut de bien commun.

Lire l’article complet

 

Comment démarrer une Amacca ?

Le site du réseau des Amacca propose un kit de démarrage:

 

Une intiative prometteuse pour soutenir les scènes artistiques locales et qui, je l’espère, donnera naissance à beaucoup d’évenements.

Les concerts « silencieux » des Bubblies

Expérience intéressante du groupe Toulousain Les Bubblies qui ont conçu un caisson pour pouvoir jouer des concerts silencieux dans l’espace public et les rendre écoutables via les fréquences FM.

Le but: questionner sur la place de l’artiste dans l’espace public et entre le public et les oeuvres.

Ce même caisson pourrait être utilisé pour jouer des concerts à la maison ou tout autre endroit où il n’est pas possible de faire du « bruit ».

Regardez la vidéo pour en savoir plus sur ce concept original:

Le premier concert aura lieu à Toulouse pour la fête de la musique. Détails:

le 21 juin 2012, à partir de 16h30, sous l’arche de la médiathèque (métro Marengo – SNCF) ! Venez avec vos récepteurs FM et / ou smartphones et casques / kit oreillettes ! Devenez acteur de cette performance !

Ca tombe bien je suis de passage sur Toulouse où je dois présenter quelques portraits d’artistes 2.0 à la rencontre Déjeuner sur Web consacré à la musique 2.0 et  j’en profiterai pour aller voir ce « concert silencieux ».

Pour ceux qui ne sont pas sur Toulouse, le concert sera diffusé sur Internet sur le site des Bubblies.

Réflexions sur l’appropriabilité des oeuvres d’arts

Un discussion sur l’appropriation de la culture par les amateurs et la culture de l’appropriation qui en découle notamment le remix des oeuvres comme fait social.

Un article un peu long, mais particulièrement intéressant pour comprendre le nouveau monde de la culture à l’heure du numérique.

Extrait:

La dématérialisation des contenus apportée par l’informatique et leur diffusion universelle par internet confère aux œuvres de l’esprit une fluidité qui déborde tous les canaux existants. Alors que la circulation réglée des productions culturelles permettait d’en préserver le contrôle, cette faculté nouvelle favorise l’appropriation et la remixabilité des contenus en dehors de tout cadre juridique ou commercial. Dans le contexte globalisé de l’économie de l’attention, l’appropriabilité n’apparaît pas seulement comme la caractéristique fondamentale des contenus numériques: elle s’impose également comme le nouveau paradigme de la culture post-industrielle.

Un des éléments clé à retenir pour moi est le fait que la copie et le remix font partie intégrante de la culture du web.

Dans ce contexte, je pense que les artistes devraient réfléchir à comment travailler avec ces usages plutot que contre afin de pouvoir les utiliser au lieu de les subir.

Playlists et Remix: le futur de la musique

Dopé par la culture web et du partage de musique, les playlists semblent devenir un nouveau format musical standard qui pourrait devenir plus important que l’album traditionnel. Dans ce contexte la diffusion de playlists va devenir un nouveau mode de découverte essentiel pour les artistes.

Derrière la playlist, le remix s’impose lui aussi comme un nouveau standard dans la création culturelle.

Loin d’être marginaux, ces usages sont en train de devenir des phénomènes majeurs et incontournables de la musique avec des conséquences qui vont bien au dela du web.

 

Le nouveau contexte de la musique en ligne

Une tendance importance dans le contexte actuel du web est l’abondance de contenus. La où avant sur un étal de magasin de musique il y a avait quelques centaines de CDs, il y a maintenant des millions de contenus en ligne.

Il y a maintenant un tel excès de contenus sur internet, que chacun est en compétition pour l’attention des gens. Le problème des artistes n’est donc pas le piratage, mais l’obscurité.

Conséquence de cette abondance, une autre tendance grandissante est la curation de contenu qui consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus les plus pertinents du Web pour un sujet donné.

Curation et diffusion prescriptive

J’argumente depuis longtemps qu’une forme de curation, la diffusion prescriptive va devenir le moteur le plus important de découverte musicale et que les artistes devraient tenter de favoriser ces formes de curations et diffusion car il s’agit de promotion ciblée et gratuite.

Même si les investisseurs californiens qui financent les Facebook, Spotify ou Pandora sont persuadés que l’avenir de la musique ce sont des services logiciels de recommandation musicale, je crois plus à la curation humaine plutot que celle faite par des algorithmes.

Parce qu’ils se basent sur mes habitudes existantes ou celles de personnes comme moi, ces programmes ont du mal à prendre compte que mes habitudes changent ou à me faire découvrir quelque chose de radicalement nouveau par rapport à ce que j’écoute déja.

Alors qu’écouter une compilation faite par un ami a une valeur différente, justement parce que c’est un ami qui l’a faite.

De la compilation à la playlist

Le phénomène de « playlisting » est ancien. De même qu’avant on enregistrait sur nos cassettes audio des compilations que l’on pouvait aussi échanger, de nos jours, la playlist web se développe aujourd’hui a grande vitesse.

Depuis la révolution du iPod et des baladeurs numériques, on voit ainsi de plus en plus d’échanges de playlists entre amis.

On voit maintenant aussi des outils dédiés pour mieux gérer ces partages de playlists.

Un lecteur musical de playlists

Tomahawk est un lecteur multimédia de playlists. Le principe est simple, vous et vos amis partagez des playlists, sans envoyer les fichiers. Tomahawk lit ces fichiers playlist et cherche la musique correspondante.

Si la musique correspondante se trouve sur votre ordinateur, il la lit directement, sinon il recherche sur des services en ligne comme SpotifySoundCloud, Jamendo ou Youtube, Last FM… mieux, il est capable de lire de la musique stockées dans les répertoires partagés par les autres internautes connectés au logiciel.

Il ne recopie pas la musique, (ce n’est pas du P2P !!), il la lit à partir des autres plateformes et centralise la lecture sur son interface sans téléchargement.

Le projet open data lawn expérimente ce nouvel usage en proposant des playlists téléchargeables et écoutable via Tomahawk. Ces playlists sont mise à disposition sous .xspf, un format de fichier qui stocke une liste de fichiers multimédia (ici de l’audio) ou plutôt une liste de chemins d’accès à ces fichiers.

Des playlists illustrées

Autre signe que la playlist gagne son statut d’oeuvre à part entière, Decorated playlist est un projet explorant le lien entre musique et design en proposant des playlists illustrées graphiquement, se rapprochant de plus en plus d’un format d’album en ligne.

Un nouveau standard ?

Dans ce contexte, il est interessant de regarder la playlist comme un nouveau format musical à part entière au même titre que l’album avant lui.

Soyons clair, la compilation existe depuis longtemps et nous avons tous achetés des compilations de rock, jazz, classique sur CDs.

La nouveauté c’est que la compilation devient « 2.0 », c’est à dire que les auditeurs, ne sont plus seulement acteurs, mais producteurs.

La où avant quelques majors sortaient quelques compilations par an, ce sont maintenant des milliers de personnes qui créent et diffusent leur playlists.

Et chacun étant capable de créer une playlist, il y a plus de créateurs de playlists que de créateurs d’albums. Et donc potentiellement que l’on aura peut être bientôt plus « d’oeuvres » de type playlists que « d’ oeuvres » de types albums.

Ainsi il faut s’attendre à ce que certains bloggueurs et autres musicophiles influents deviennent des producteurs de musiques majeurs.

Un nouveau mode de découverte ?

Un Quentin Tarantino qui sélectionne des musiques pour ses films a probablement fait vendre beaucoup plus de musique à certains des artistes sélectionnés que leur propres albums.

Verra t-on le meme phénomène grâce aux playlists ? Je pense que oui et que dans le futur la découverte sera de plus en plus via des partages de playlists que par des partages d’albums.

Au dela de la playlist: le remix

Que ce soit dans le développement logiciel ou la musique. le remix est une autre tendance majeure du web.

Le remix est un hybride plus ou moins poussé entre les morceaux, à tel point que ceci posent un problème juridique l’oeuvre étant à la fois nouvelle mais aussi composée de morceaux de matériels anciens souvent soumis au droit d’auteur.

Comme j’en parlais dans l’article nouvelle tendance: les remix et mashup de vidéos musicales, cette forme de création grandit très vite et va devenir un usage majeur très bientôt.

Pour entrevoir à quoi va ressembler le futur de la musique, il est interessant de voir ce qui existe déja dans des secteur qui ont déja été bouleversés par le web.

Le monde du logiciel comme indice du futur de la musique

Dans le monde du logiciel en ligne il y a déjà un usage de remix courant que l’on appelle « mashup » (littérallement « purée »).

Un mashup consiste a un assemblage de différent logiciels distinct pour créer une nouvelle application. Google maps est un exemple de logiciel qui a été très utilisé pour des mashups. On trouve ainsi des googles maps de délinquance, de maisons a vendre, d’évènements

Encore une fois ces mashup ne sont pas l’apanage de quelques grosses entreprises, mais plus souvent viennent d’individus qui créent quelque chose qui répond à leur propre besoin, mais une fois mis en ligne peut intéresser beaucoup de monde.

Ce nouveaux outils peuvent réutilisé voire même remodifiés une nouvelle fois par les utilisateurs.

Les artistes peuvent ils utiliser cette tendance en la favorisant comme le font déja les developpeurs ?

Favoriser le remix en imitant les developpeurs ?

Dans le monde du logiciel en ligne, les developpeurs qui veulent favoriser la réutilisation et le remix de leurs logiciels mettent à disposition des developpeurs tiers ce que l’on appelle une API, c’est a dire une forme d’accès à l’application sous forme de flux réutilisable par les développeurs tiers.

On pourrait imaginer que les musiciens mettent en ligne leur morceaux sur des services assez ouverts comme Soundcloud grâce auxquels les internautes pourront écouter la musique et l’ajouter à des playlists écoutables par leurs amis via un lecteur comme Tomahawk.

Et que les artistes qui comme Trent Reznor veulent promouvoir le remix par leurs fans peuvent placer leur morceaux sous licence Creative commons et autoriser le téléchargement sur Soundcloud.

Le phénomène DJ

Sur scène aussi, cette tendance grandit. Depuis plusieurs années les DJs, dont la plus grande partie du travail consiste à sélectionner et diffuser les meilleures musiques selon l’humeur et le gout du public, ont de plus en plus de succès.

Si les musiciens jouent de leur instrument en mixant les notes, les DJs jouent du leur en mixant les samples et les morceaux.

Ainsi dans la scène musicale contemporaine naissante de Bombay où je travaillais, les DJs avaient souvent plus de succès que les groupes auprès du public (mais aussi des organisateurs pour des raisons de couts).

On voit de plus en plus d’artistes comme Midival Punditz qui samplent des morceaux de musique traditionnelles pour les remixer avec des beats contemporains. Mieux ceci donne lieu ensuite à des collaborations live où DJs et intrumentistes

En France aussi depuis plusieurs années des artistes comme Rubin Steiner innovent, fusionnant les styles et mixant l’électronique et le live avec brio.

 

Conclusion

Vous l’aurez compris on est loin de l’ancien modèle, « je produit des chansons, un album, je presse un CD et je le vends ».

Dans un monde où chacun peut être producteur ou diffuseur et où les contenus musicaux sont disponible en quantité quasi-illimitée, il faut arrêter de regarder sur le passé et focaliser le présent.

Quelque soit le futur de la musique, la production et la diffusion de playlists par les fans et le remix seront des usages majeurs avec lesquels ils faudra compter.

Les changements qui surviennent sont certainement perturbants mais à mon avis nous sommes à la veille d’une explosion de créativité qui ouvrent un nouveau monde d’opportunités pour les artistes.

 

Une bien belle histoire: R.I.P. Courant d’Art café

C’est l’histoire d’un petit café concert, au milieu des collines de Provence, un lieu de musique, de bonne humeur et de passion. Une bien belle histoire, mais qui finit mal à la fin…

Une bien belle histoire…

C’était il y a quelque années de cela, j’étais jeune et insouciant et je gambadais allègrement dans les collines de Provence, quand un jour je l’ai trouvé. Il était logé dans un ancien restau de routiers au bord d’une route nationale un peu déserté depuis la construction de l’autoroute. Ne payant pas de mine de l’extérieur, il était la et attendait ma visite. Sur le mur, une enseigne disait: « Courant d’Art café ».

Un regard à l’intérieur et on sentait que le lieu était habité par des passionnés.

En face de l’entrée, le bar, décoré avec des objets improbables issus d’une fouille méticuleuse des brocantes de la région. Sur le coté vers le fond, une scène de concert, bien équipée avec sono, lumière, batterie et amplis. Au mur, des tableaux exposé et remplacés tous les mois par les œuvres d’un autre artiste. Sur le mur des toilettes un manifeste révolutionno-rigolo invitait gentiment à la subversion. Enfin quand on passait dans la journée, une bonne énergie sortait du lecteur CD jouant aussi bien les classiques Têtes Raides, Noir Désir, Pixies que des petits groupes inconnus mais géniaux…

Un lieu de musique…

Chaque semaine le vendredi et samedi c’était soirée concert. La programmation était éclectique et il y en avait pour tous les goûts: rock, jazz, fusion, chanson française …

C’est la que j’ai découvert pour la première fois que la musique africaine ce n’était pas que des percussions et que je suis tombé amoureux du son de la Kora et de la paix que transmets la musique africaine (eh oui, à l’époque je commençais tout juste à entrevoir qu’il y avait une vie au delà du rock… 😉 )

Le dimanche après midi c’était le thé dansant avec pâtisseries pour les mamies. Et puis au hasard des dates on trouvait des concours de cartes, de jeu de société, des lotos et d’autres jeux pour tous les publics.

Le mardi, mercredi et le jeudi soir étaient généralement réservé aux groupes amateurs. Le deal en gros c’était « vous venez répéter, la salle et le matériel sont à vous. En échange essayez juste de ramener quelques potes et de faire un peu tourner le bar… ». Plutôt sympa comme salle de répet, surtout quand on est jeune et un peu fauché…

Pour le public il y avait bien le risque de tomber sur un groupe de jeunes metalleux essayant de copier maladroitement Sepultura, mais ça restait bon esprit et même les réfractaires aux sons saturés se mettaient de l’autre coté de la salle et s’en accommodaient.

Un lieu de rencontre et de découvertes…

Coté public d’ailleurs c’était aussi éclectique, allant des jeunes étudiants aux vieux piliers de bistrot en passant par les cadres trentenaires et les bobos-écolos de tout ages…

L’atmosphère était toujours conviviale, on pouvait rentrer et commencer à discuter sans façons avec n’importe qui.

J’avais pris l’habitude d’amener des amis en leur disant que chaque visite recelait une surprise. Ca ne ratait jamais et c’était toujours différent. Un jour on tombait sur un joueur d’orgue de barbarie, un autre jour le proprio nous sortait un carom (le billard indien), ou un tour de magie, un DVD de Woodstock passait sur le vidéo projecteur ou un bien c’était un consommateur qui nous racontait une histoire fascinante…

A chaque fois on ressortait enrichi par les nouvelles rencontres et les découvertes.

Mais soudain le drame…

Ça a commencé avec une plainte pour nuisances sonores de la seule voisine des alentours. Peu importe qu’elle habite à presque 100 m de la, dans l’ancienne gare située entre une nationale et une voie ferrée bien plus bruyantes. Peu importe que même du parking du café on entende à peine le son, elle s’est plainte du bruit.

Ce qui a entraîné la visite des forces de l’ordre chargé de vérifier la conformité des installations et les nuisances… Bonjour Monsieur, vos papiers, bla bla bla, etc

Au début, rien de grave.

Bien que n’étant pas obligé de le faire, le gérant plein de bonne volonté pris les devant, investit pour améliorer l’isolation phonique du café et couper toute nuisance sonore.

Et la tout s’enchaîne…

Mais les plaintes de la mamie continuent.  Et la un autre problème survient, car une des personnes de force de l’ordre qui avait la réputation d’avoir déjà fait fermer plusieurs établissement de ce type dans sa carrière commence regarder le petit café concert comme sa prochaine proie.

Il essaye de chercher la petite bête au niveau sécurité incendie alors que les pompiers approuvent l’installation…  vient controller ceci ou cela, s’en suit d’autres amabilités du même type…

Et ce n’est pas fini…

Quand on ouvre un café concert, il faut une licence d’entrepreneur de spectacle. Notre gentil organisateur de spectacle l’avait demandé, mais n’a reçu son avis que 10 mois après le dépôt du dossier… Passons, on connaît la bureaucratie française. Donc 10 mois après avoir envoyé le dossier, 3 semaines après que la décision ait été rendue par le bureau des affaires culturelle d’Aix-en-provence, en pleine bataille pour survivre, notre ami organisateur reçoit par courrier la décision finale.

Le couperet tombe: DÉFAVORABLE

C’est la fin. Sans licence pas le droit d’organiser des concerts, ça ne sert à rien de continuer à résister. Le café-concert est condamné à mort. Après un ultime concert, et pas mal de frustration, il ferme.

Fin de l’histoire.

Je quittai la région quelques mois plus tard avec beaucoup de bon souvenirs et beaucoup de tristesse devant ce gâchis.

Quand j’entends le mot culture, je sors mon formulaire

Comment choisit on d’attribuer une licence d’entrepreneur de spectacle ? Il semble que les éléments qui  aient été demandés au propriétaire du café pour le dossier aient été, principalement: chiffre d’affaires, bénéfices, dépenses et passées et prévues…

Et le projet culturel ? Et le développement local ? Et la bonne ambiance ? Le mélange des générations ?

Pas important.

Des chiffres de rentabilité, voila donc les principales données à partir desquelles le « bureau des affaires culturelles » (cherchez l’erreur) s’est basé pour décider si le Courant d’Art pouvait être habilité est devenir un « lieu culturel ».

La morale de cette histoire…

… c’est que voyez vous, il n’y en a pas ! (merci aux Space Jahourt pour la citation).

Je tiens à souligner que je ne suis pas forcement objectif dans ce récit (c’est un peu les gentils contres les méchants 😉 ) et je ne cherche pas à l’être. Je raconte ce que j’ai pu voir et entendre de la situation. Ne prenez donc pas les détails au pied de la lettre, mais regardez plutôt l’histoire dans son ensemble.

J’ai voulu raconter cette histoire car elle illustre bien plusieurs problèmes auxquels sont confrontés ceux qui veulent organiser des spectacles:

  • l’intolérance du voisinage: pour avoir été plusieurs fois dans ce café par soir de concerts, je peux affirmer qu’il n’y avait vraiment pas de problème de bruit du à la musique. Il semble surtout qu’il s’agit plus d’une peur de voir du monde, de bêtise, de mauvaise foi ou de ressentiment mais pas vraiment d’un vrai problème de bruit.
  • l’incompréhension ou l’acharnement des forces de l’ordre. En l’occurrence ici, il s’agit d’une personne en particulier, ça ne suffit pas à jeter le blâme sur la profession. Mais si près de chez moi dans le sud-ouest, j’ai pu personnellement voir des gendarmes compréhensifs, c’est plutôt l’exception qui confirme la règle.
  • la lourdeur et l’absence de souplesse de la réglementation et des normes de sécurité: c’est un point dont j’ai pu discuter avec plusieurs organisateurs de spectacles depuis et un frein majeur à l’organisation de spectacle. Le climat juridique actuel inspiré des Etats-Unis ou on va en justice pour un oui ou pour un non a poussé les politiques à aller dans la surenchère législative et sécuritaire. Peu importe que les lois soient la plupart du temps inapplicables (et inappliquées!), la plupart du temps il y a une tolérance tacite , mais si on se fait repérer pour autre chose, c’est la fin.
  • la bêtise et l’aveuglement de la machine bureaucratique: quand il s’agit de gros événements avec le soutien des élus, les règlements et les formalités sont rarement un problème. Pour les gagne-petits en revanche, il faut se battre pour la moindre chose et personne ne vous aide. Et la machine administrative est un monstre sans cerveau qui peut être très destructeur..

Réflexion(s)

Au delà de la culture et de la musique, les cafés concerts sont des lieux de rencontres. Ils permettent au personnes de tout ages et de toutes origines de se rencontrer, d’apprendre à se connaître et à vivre ensemble. Ils créent du lien social. Ils favorisent la tolérance et réduisent la peur de l’autre.

C’est aussi à ça que sert la culture, pas juste à se distraire ou a engranger des données pour pouvoir étaler sa « culture » en public. Mais en général, les élus favorisent plutôt les gros événements qui rapportent de l’argent et de la visibilité médiatique au détriment des petites initiatives locales.

C’est déjà assez dur de créer un lieu de spectacle de le rendre attractif, mais si on a des bâtons dans les roues dès que l ‘on fait quelque chose qui sort de l’ordinaire c’est mission impossible (« non, les braves gens n’aiment pas que, l’on suivent une autre route qu’eux… »).

Je pense que nous aurions besoin de plus d’une culture vivante pour nous éveiller. Pas une culture des musées pompeuse et arrogante qui a été validé par les institutions, mais une culture ouverte, qui s’adresse à tous mais qui nous laisse faire nos choix. Qui aiguise la curiosité et remette en question. Qui aide à relativiser et à nous prendre moins au sérieux. Qui nous aide à mieux vivre les uns avec les autres et à être plus heureux dans la vie.

J’ai peur que si nous continuons à laisser mourir  les lieux de rencontre comme les cafés-concert et les petites associations, il ne reste de notre société qu’une agglomération d’individus égoïstes et effrayés. Qui s’enferment chez eux, craignant la nouveauté et vivant dans la peur des autres. Que la seule culture accessible à tous soit produites chez tf1.

Nous avons besoin de plus de Courant d’Arts. Besoin de plus de gens qui s’organisent pour faire vivre la culture. Pas pour critiquer et manifester, mais simplement pour aider les artistes et proposer des alternatives à l’industrie de la culture.

Repose en paix Courant d’Art café, et toi son créateur, si tu me lis un jour, sache que ton café était une vraie oeuvre d’art. Tu as été une immense source d’inspiration et je te dois beaucoup.

Législation et contrats de travail dans milieu culturel – Legiculture.fr

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C’est un outil de référence pour tous les professionnels.

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Lien: Agenda Culturel : Concert, Théâtre, Festival, Danse …

Agenda Culturel réunit toutes les dates de concerts, festivals, théâtre, expositions, cinéma, danse, temps forts, rencontres, art de la rue sur 100 portails départementaux dédiés aux manifestations culturelles. Une base de données fiable et dynamique ainsi qu’un ensemble d’outils dédiés à la culture permettant de consulter, proposer et rechercher tous les événements qui se déroulent autour de vous. Favoriser l’accès à l’information culturelle à tous et donner à chacun les moyens d’être acteur de sa vie culturelle.

>Agenda Culturel

Lien: Culture.fr – portail internet de la culture multimédia

La partie multimédia du portail Culture.fr. Toutes les rubriques de son annuaire de sites internet ont été complétées : manifestations, organismes, aides financières, accès public au multimédia, études et recherche, sites ressources, formations, jeux vidéo, arts numériques. Le portail propose également des sélections de sites liées à l’actualité : une sélection « automne numérique » regroupe ainsi toutes les manifestations consacrées à la création numérique jusqu’à la fin 2008 ; une sélection d’outils pédagogiques numériques a été mise en ligne…

Culture.fr: portail internet de la culture multimédia

Distributeur Automatique de Culture pour des oeuvres libres

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Remplacer les friandises et autres sodas des Distributeurs Automatiques traditionnels placés dans les lieux publics par de nouveaux types de distributeurs qui favorisent la diffusion de contenus libres avec des licences libres… pour toucher directement le grand public.

Article rédigé par Jean-Luc Raymond le 23 juillet 2008 et publié sous licence creative commons.

L’éditeur de livres libres InLibroVeritas via Mathieu Pasquini lance en France un concept innovant : les Distributeurs Automatiques de Culture (DAC). L’objectif : remplacer les friandises et autres sodas des Distributeurs Automatiques traditionnels placés dans les lieux publics par de nouveaux types de distributeurs qui favorisent la diffusion de contenus libres avec des licences libres… pour toucher directement le grand public.

On peut imaginer mettre dans ce DAC non seulement de la musique, des DVD mais aussi des livres, des logiciels libres… Des oeuvres culturelles partagées et partageables qui retrouvent tout leur sens avec un mode de distribution plutôt inédit pour ce genre de créations :

“Détourner un concept, renverser les habitudes, bouger l’établi, comme toujours l’Art Libre trouve sa propre voie, et offre un nouveau mode de distribution/diffusion dans son écosystème.”

Un Distributeur Automatique de Culture peut aussi informer (brochures et guides municipaux, productions d’associations…),  mettre en place des oeuvres créées par des artistes locaux, des écoles et aussi pour donner ; oui, donner!

InLibroVeritas a présenté un prototype du Distributeur Automatique de Culture lors du Festival Libre Accès qui s’est déroulé à la Mairie du 2e Arrondissement de Paris, le 20 juin dernier. Pour personnaliser ce distributeur et en assurer sa diffusion, l’éditeur s’est associé à RSA Distribution. En standard, l’offre de Distributeur Automatique de Culture intègrera dans son catalogue des oeuvres musicales de Dogmazic, des films de Ralamax et des ouvrages de InLibroVeritas.

Il se murmure que le premier Distributeur Automatique de Culture sera mis en place à la rentrée à l’EPN du Point Cyb du Centre Information Jeunesse du Val d’Oise (France) sis à Cergy-Pontoise (1 place des Arts).

Pour plus de renseignements sur cette initiative :

Un site à visiter : ILV Distribution et un E-mail : contact@ilv-distribution.com

Merci à Olivier Lacombe du Centre Information Jeunesse du Val d’Oise pour cette information délivrée lors du Forum des Usages Coopératifs de Brest.

Article rédigé par Jean-Luc Raymond le 23 juillet 2008 et publié sous licence creative commons.
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