Creer un widget avec Sprout: Le widget des bijoux de Famille

Deuxième article sur la com’ internet du groupe de musique Les Bijoux de Famille. Aujourd’hui j’explique pourquoi et comment j’ai créé des widgets pour favoriser la promotion du groupe.

Quel est l’intérêt d’un widget ?

Dans un article précédent j’expliquai ce qu’est un widget et je décrivais l’intérêt pour un groupe de musique (ou un artiste en général) d’offrir un widget à ses fans. c’est un cadeau pour les fans et aussi un moyen pour eux de faire de la diffusion prescriptive pour vous.

  • intérêt pour les fans: vous pouvez rajouter sur vos pages du contenu de vos artistes préférés (musique, vidéo, photos, news, …) pour vous et vos visiteurs. C’est très facile à mettre en place et à utiliser.
  • intérêt pour les artistes: vous faites plaisir à vos fans tout en bénéficiant d’une exposition accrue. Chacun de vos fans se transforme en panneau d’affichage voire même en point de vente. Le widget a une vie propre. Comme chacun peut le répliquer il se diffuse de manière virale (c’est contagieux !). Autre intérêt, un certain contrôle sur le contenu et la possibilité de le mettre à jour très facilement

Une jolie représentation de la propagation d’un buzz (bouche à oreille). J’ai oublié la source, si l’auteur se fait connaître je rajouterai avec plaisir la paternité de l’image.

Comment faire un widget pour la promotion d’un artiste?

Quel service utiliser ?

J’ai teste plusieurs services avant de trouver ce qu’il me fallait pour les Bijoux de Famille:

  • plemi est un service qui permet de au musiciens de créer un widget. Celui ci est plutôt joli, malheureusement le service est encore en phase de test et non utilisable.
  • europamp3: un autre service de widget pour musiciens. Celui ci n’est pas super joli, mais est plutot efficace. L’aspect le plus intéressant est qu’il permet de vendre ses titres en ligne. Pour cela vous devez indiquez vos coordonnées bancaires lors de l’inscription et si vous êtes inscrit a la SACEM ou autre service du même type.
  • Widgetbox est un générateur de widget généraliste. L’ergonomie du site est agréable, mais j’ai trouve les options de création un peu limitées. Il semble servir surtout à récupérer du contenu d’une source (fil RSS, HTML) et à le transformer en widget.
  • Sprout Builder est un générateur de widget généraliste. Ultra complet et très ergonomique, il permet quasiment de tout faire. J’ai vraiment été impressionné par la facilité d’utilisation et l’aspect bien conçu de l’interface. C’est donc Sprout que j’ai choisi pour fabriquer mes widgets.

Comment démarrer

Je ne décrirai pas ici le détail d’utilisation de Sprout, mais j’aimerai parler du processus de création du widget. Comme pour la création d’un site web, il est important de se demander quel message on veut faire passer et à qui. Ensuite on va se demander comment faire passer ce message. Pour cela commencer à travailler avec papier et un crayon et faire des ébauches est une bonne approche. Cela permet de mettre ses idées au clair plus rapidement que sur l’ordinateur.

Mes widgets Sprout

Pour commencer j’ai choisi de faire 2 type de widgets. Le premier est un simple jukebox d’une page, contenant la pochette de l’album et un lecteur mp3 avec les titres des Bijoux de Famille. En bas du widget j’ai mis en rouge un bouton « Ajoutez ce lecteur a votre site » pour promouvoir la diffusion de ce widget. Ce widget permet donc aux fans d’insérer un Jukebox Bijoux de Famille dans leur pages pour proposer de la musique en écoute a leurs visiteurs. A noter que j’ai choisi de ne pas démarrer automatiquement la musique lors du chargement de la page. Rien de plus insupportable que de retrouver agressé par une musique alors que l’on n’a rien demandé.

Pour le deuxième widget j’ai choisi un format « youtube ». Pour le contenu, j’ai quasiment réalisé un minisite web, avec une actu en première page, et des pages musique, vidéo, photo dates et contact. Ce widget est plus destiné au fans motivés qui veulent faire activement de la promotion pour les Bijoux de Famille (widget plus encombrant, plus de contenu informationnel, …).

Promouvoir le partage du widget

L’aspect le plus intéressant des widgets, c’est que n’importe qui peut le coller n’importe ou en quelques clics de souris. Ainsi chaque widget Sprout contient un lien « Share » en bas a droite. En cliquant ce lien, l’internaute accède à des options qui permettent d’envoyer le widget sur un des nombreux services en ligne (profil MySpace, commentaires MySpace, Friendster, Facebook, Orkut, Bebo, Tagged, Blogger, Live Spaces, Freewebs, LiveJournal, My Yearbook, Vox, TypePad, Xanga, Multiply, iGoogle, Netvibes, Pageflakes, MiGente), d’envoyer par mail à ses contacts ou encore de récupérer le code HTML pour ajouter le widget à n’importe quelle page web. A coté de ce bouton par défaut j’ai rajouter un bouton en français, plus gros et plus voyant (rouge) pour favoriser le partage de ces widgets par les internautes. Sur le MySpace des Bijoux de Famille nous allons aussi fournir des explications pour montrer aux gens a quoi sert le widget et comment l’ajouter à leur page MySpace.

Ajouter un widget Sprout à sa page MySpace

Sprout a vraiment bien fait les choses, l’opération prends moins de 20 secondes. Difficile de faire plus simple:

  • Cliquez sur le bouton « ajouter à votre site » (ou Share sur tous les Sprout)
  • Cliquez sur le bouton MySpace
  • Rentrez vos identifiants MySpace (email et mot de passe)
  • Choisissez la section ou vous voulez voir le widget apparaitre (par exemple la section musique)
  • Cliquez sur Post pour finaliser.
  • Le widget est inséré automatiquement dans votre page.

Cliquez pour voir en plus grand

Ajouter un widget Sprout a sa page web ou son blog

Ce qui connaissent youtube ne seront pas dépaysés. L’opération est exactement la même que pour récupérer une vidéo. Cliquez sur le bouton « ajouter à votre site » (ou « Share« ) copier le code HTML du widget en cliquant sur « Copy« et le coller dans votre page web ou votre article de blog. Une fois la page en ligne le lecteur sera automatiquement inséré dans la page.

Pour finir

Au final, même si je pense que je vais retoucher ces widgets (est ce que la taille est bonne, le design peut il être amélioré ?), je suis plutôt content de la première version. Parmi les choses que je pense changer: peut être rajouter quelques pages au jukebox (j’aimerai que les gens puissent consulter une autre page dans le widget sans que la musique s’arrête, mais je ne sais pas encore comment faire). Pour le minisite, je voudrai rendre le bouton « partager/ ajouter a votre site » plus voyant pour favoriser la diffusion. Je pense aussi rajouter de la vidéo dans le minisite, voire même créer une mini webTV Bijoux de Famille quand nous aurons assez de contenu intéressant. Autre projet: rajouter dans les widget une boutique avec un moyen de paiement en ligne (pour l’instant le plus simple est d’utiliser PayPal, mais j’aimerai trouver une alternative, car je n’aime vraiment pas PayPal).

Mise à jour 04/02/2011: N’ayant pas eu le succès commercial escompté, Sprout va bientôt passer en version payante destinée aux entreprises à 3000$ /an, ce qui le rend désormais inaccessible à la majorité des artistes. Il reste néanmoins un excellent service, mais réservé aux artistes avec un budget conséquent

Pour ceux qui souhaitent facilement créer un widget type mp3 player, je vous conseille de tester Soundcloud qui est parfait pour partager de la musique.

Pourquoi j’ai piraté mon frère et volé les bijoux de famille

Mon frère fait partie de plusieurs groupes de musique pourtant j’ai été obligé trouver une astuce pour télécharger la musique de ses myspace, et de pirater le groupe « les Bijoux de Famille ». Pourquoi ? Pour les aider faire leur promotion internet.

Récit du délit

Mon frère fait partie de plusieurs groupes de musique (Khemeia et les Bijoux de Famille), mais comme nous sommes souvent éloignés géographiquement, comme n’importe quel autre fan je dois me rabattre sur les sites internet et pages myspace pour pouvoir écouter les musiques . Or même avec de la bonne volonté, c’est parfois difficile de pouvoir écouter la musique: le site n’est pas à jour ou ne contient pas de musique (Avouez que c’est ballot pour un groupe de musique…).

Le Myspace me donne toujours des boutons, mais je me force à y aller car je veux récupérer quelques titres pour faire découvrir à des amis. Là je suis content, je peux écouter quelques titres. Malheureusement, la plupart sont juste des extraits et surtout rien n’est téléchargeable. Comment faire écouter à mes amis non connectés à internet ? Et pourquoi faire écouter si la musique se coupe au moment ou ça devient intéressant ? Pour moi ça ne vaut pas le coup de perdre du temps pour faire écouter juste un extrait à un ami.

Voila pour la première partie de l’histoire. La deuxième partie c’est que je devais récemment aider pour la promo internet des Bijoux. Comment faire ma promo ? La promo d’un groupe de musique sans proposer de musique à faire écouter est un non sens. Ils m’ont donc fait passer les codes d’accès au myspace pour que je puisse récupérer du matériel promotionnel. Tout content, je vais donc dans l’espace de gestion pour essayer de récupérer la musique. Las, même avec les codes d’accès impossible de télécharger un titre (ou alors impossible de trouver dans le fouillis myspace) … Retour à la case départ

Je perd patience. Comment récupérer de la musique pour ma/leur promo. Leur demander de me l’envoyer prendrai encore du temps et c’est maintenant que j’ai le temps pour bosser sur la promo. Je pourrai aussi jouer la musique en ligne et utiliser un enregistreur, mais c’est aussi galère.

Après quelques minutes de recherche je trouve enfin une astuce pour télécharger directement la musique depuis myspace. Il s’agit de File2HD, un service qui permet de télécharger n’importe quel type de média, depuis n’importe quelle page web. Son utilisation est très simple: rentrer l’adresse de la page web contenant un média (musique, vidéo, photo, …) et le site génère une liste avec les liens pour télécharger directement ce qui vous intéresse. Ainsi finalement je réussi à pirater et « voler » la musique des Bijoux de Famille.

Libérez le contenu !

Deux leçons à retenir de cette histoire:

  • Verrouiller votre musique empêche vos fans de la diffuser et de vous faire de la promotion (par diffusion prescriptive). C’est dommage car cela freine grandement le bouche à oreille.
  • Verrouiller votre musique n’empêche pas les gens réellement motivés de voler votre œuvre et de la diffuser sous d’autre formats et sans votre autorisation.

A l’inverse:

Proposer votre musique sous différents formats et sur différents sites favorise son exposition et sa diffusion et facilite le bouche à oreille

Conclusion: libérez le contenu et aider vos fans à vous diffuser ! Vous n’êtes pas obligés de mettre l’intégralité de votre œuvre en ligne, mais offrez au moins quelque chose de substantiel pour que vos fans aient quelque chose a se mettre sous la dent et l’envie de le partager.

La suite de la promo des Bijoux de Famille

Dans les prochains articles, je ferai une description de ce que nous faisons pour la promo internet des Bijoux de Famille et de leur nouvel album. Au programme : optimisation du site web pour renforcer les interactions avec les fans et préparation d’un widget.

Ca vous inspire quoi cette histoire ?

Diffusion prescriptive: Le diffuseur 2.0 est l’avenir des l’artistes

Avec la multiplication des plateformes de diffusion, des médias et des points de vente, comment se faire connaître et se diffuser? Grâce aux diffuseurs 2.0 ! Je reproduis ici un article très intéressant d’Hubert Guillaud qui discute de l’avenir de la diffusion pour les écrivains.

Diffuseurs 2.0

On le comprend de mieux en mieux. Demain, le livre au format électronique sera disponible plus facilement. On pourra acheter le fichier électronique d’un livre (à un prix moins élevé que le livre papier), peut-être le stocker ailleurs que sur sa machine (pour moins le perdre), sur des plates-formes auxquelles nous serons abonnés, membres ou simples passants. Soit. Mais des plateformes, il y en a des dizaines, des centaines, des milliers ! Qui va diffuser mon fichier sur Le Monde en ligne (pour que les gens puissent y avoir accès depuis leur journal), mais aussi sur mon journal local en ligne ou les sites web des magazines culturels ? Qui va me permettre de faire que mon fichier soit accessible sur les plateformes plus puissantes que la mienne ?

Voila qui repose d’autant plus cruellement la question de la diffusion au format numérique. Qu’un éditeur propose un de ses livres au format numérique sur son site, c’est normal. Mais on le voit à l’aune de l’expérience de ceux qui s’y sont déjà lancés… Comment rendre ces fichiers accessibles depuis d’autres sites, d’autres boutiques, dans d’autres réseaux ? Comment assurer leur diffusion ? Quels partenaires vont me permettre cela ? Est-ce que moi, auteur ou éditeur, je vais devoir démultiplier des partenariats (exclusifs, ou pire, excluants) pour que mon fichier soit disponible sur d’autres sites que le mien ?

Car l’enjeu est bien là finalement. Le problème, n’est pas de rendre son texte disponible au format numérique, mais de le diffuser, de faire qu’il soit accessible, dans ma boutique, mais aussi dans toutes celles des autres – SmartLinks est un piste, mais est-ce la seule ? Comment demain vais-je pouvoir rendre mon fichier disponible chez Amazon, Lulu, Numilog, Google, Galica, Place des libraires, dans les boutiques de confrères, sur les sites web d’autres éditeurs, sur les sites marchands quelconques (Chez Carrefour, Leclerc, Cultura, Ooshop…), mais aussi sur les sites communautaires comme Zazieweb, LlibraryThing, Babelio… Mais aussi sur Facebook ou MySpace…

Je peux être demain l’éditeur de mon propre texte numérique. C’est facile. C’est simple. Je peux le vendre sur une ou deux, voire trois plateformes, facilement. Mais est-ce suffisant ? Est-ce que cela me permet de toucher suffisamment de public, d’être suffisamment accessible ? Comment puis-je le diffuser mieux que je ne sais le faire, et ne pas être cantonné depuis mon propre site, mon propre réseau ? Comment mon fichier peut-il être accessible sur d’autres sites, depuis d’autres réseaux ? Ce n’est pas l’URL de mon fichier qui est important à diffuser, mais le fichier en tant que tel ? Et comment, sur toutes ces plateformes, je saurais ce qui doit m’être crédité, à moi éditeur et à mes auteurs ?

Je pense que nous allons avoir besoin de diffuseurs 2.0. De gens capables de prendre votre fichier et de le diffuser pour vous dans d’autres réseaux que les vôtres. De vous assurer de ses ventes, de vous faire parvenir les décomptes de vente. Comment peut-on imaginer que les éditeurs sauront faire tout ce travail là, autrement qu’en ne passant que par le biais d’une poignée de gros sites marchands – ce qui n’est pas envisageable à terme ? J’avais la même interrogation sur les libraires : comment mon libraire de quartier sera-t-il accessible depuis GoogleBookSearch, pour que je puisse commander mon exemplaire numérique chez lui, si je le veux ? Comment sera-t-il accessible depuis le site de FranceCulture, de Télérama ou de Bibliobs, de Zazieweb, Babelio, etc. ?

L’enjeu est d’autant plus important que le libraire ou l’éditeur est petit. Un gros groupe pourra gérer des partenariats multiples avec des centaines de plateformes. Mais cela ne pourra pas être le cas, pour de petites structures. Or mon problème, demain, à moi éditeur, auteur ou libraire notamment, c’est de pouvoir toucher avec mon exemplaire en vente, d’autres structures que la mienne ou que les plus grosses.

C’est ce que disait O’Reilly : si je veux vendre plus d’exemplaires en .pdf de mon bouquin, il faut qu’il soit disponible sur d’autres boutiques que la mienne. Il faut que moi, petit éditeur, je puisse accéder à XXX boutiques, qu’un intermédiaire le fasse pour moi. Développe les partenariats, les API, qui rendront cela possible. Développer et multiplier les canaux de ventes. On voit bien qu’il y a là, un vrai métier à venir. Et que pour pouvoir être partout, il va nous falloir des gens dont c’est le métier, qui permettront de porter vos ouvrages numériques sur des plateformes toujours plus variés.

Article écrit par Hubert Guillaud (La feuille) et publié sous licence Créative Commons

Conclusion

Le diffuseur 2.0 est l’avenir de l’écrivain 2.0 et plus généralement de l’artiste 2.0. Celui qui a du talent et qui donne à son public (du plaisir, du contenu gratuit, …), qui fidélise ce public qui, en retour, fait de la diffusion prescriptive (”j’aime donc je diffuse”) de l’artiste. Contrairement à Hubert Guillaud, je pense que même si avoir des diffuseurs 2.0 professionnels sera utile, ce ne sera pas suffisant. Il y a aura toujours de nouvelles plateformes et même pour un diffuseur 2.0 professionnel, cela sera impossible à suivre. Je crois plus au recrutement des « consom’acteurs », ces fans très impliqués qui diffuserons le travail de l’artiste, mais aussi pourront héberger des boutiques en ligne (via des widgets) pour devenir un point de vente de leur(s) artiste(s) fétiche(s) et aussi acheter ses œuvres ou les financer. Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières (et les longues traînes…) des milliers de diffuseurs/prescripteurs faisant une diffusion cible pourront être plus puissants qu’un média centralisé faisant de la publicité. Qu’en pensez vous ?


Musique 2.0: Interview de Guillaume Champeau et Ignazio Lo Faro

Interview instructive de Guillaume Champeau (Numerama) et Ignazio Lo Faro (BnFlower) deux fervents défenseurs de la musique indépendante et libre en France. Ils parlent de projets innovants pour soutenir et diffuser les artistes indépendants et évoquent brièvement l’avenir de la musique en ligne. Via le Billaut show.

Reflexion: Mieux que gratuit, le business model réinventé

Après « la gratuite est elle l’avenir de l’économie ? » voici un autre texte à lire et à méditer dans la série réflexion pour les artistes. Le texte s’intitule Better than free et écrit par Kevin Kelly. Cette traduction a été publiée par Biologeek sous licence Creative commons.

L’Internet est une machine à copier. À son niveau le plus bas, il copie chaque action, chaque caractère, chaque pensée que nous faisons lorsque nous surfons dessus. Lorsque vous envoyez un message d’un bout à l’autre de l’internet, les protocoles de communication exigent la copie complète du message en de nombreux points. Les entreprises dans les TIC font beaucoup d’argent en vendant des infrastructures facilitant cette copie incessante. Chaque bit de donnée jamais produit sur un ordinateur est copié quelque part. L’économie digitale surfe sur une vague de copies. Contrairement aux copies issues des productions de masse, ces copies ne sont pas juste bon marché, elles sont gratuites.

Notre réseau de communication numérique a été conçu de façon à ce que le flux de copies circule avec le moins de frictions possibles. En fait, les copies circulent si librement que l’on pourrait considérer internet comme un système super-distribué dans lequel dès qu’une copie est introduite, elle est copiée incessamment au sein du réseau, un peu comme l’électricité dans un composant supraconducteur. Nous en avons des preuves dans la vie réelle. Lorsque n’importe quoi qui puisse être copié est mis en contact avec internet, ça va être copié, et ces copies ne vont jamais disparaître. Même un simple d’esprit sait que vous ne pouvez pas l’effacer une fois que c’est sur internet.

Ce système de super-distribution est devenu le fondement de notre économie et de la richesse. La réplication instantanée des données, des idées et des media est la clé de voûte de tous les secteurs majeurs de notre économie, en particulier ceux impliqués dans l’exportation : ces industries dans lesquelles les États-Unis ont un avantage concurrentiel. Notre richesse est fondée sur un très grand appareil qui copie aléatoirement et constamment.

Pourtant, l’âge précédent de cette économie était consacré à la vente de précieuses copies, la libre circulation de copies gratuites tend donc à renverser l’ordre précédemment établi. Si la reproduction de nos meilleurs efforts est gratuite, comment pouvons-nous continuer ? Pour dire les choses plus simplement : comment peut-on faire de l’argent en vendant des copies gratuites ?

J’ai une réponse. La façon la plus simple que j’ai de l’exprimer est la suivante :

Lorsque les copies sont très nombreuses, elles perdent leur valeur. Lorsque les copies sont surabondantes, les choses qui ne peuvent être copiées deviennent rares et précieuses.

Lorsque les copies sont gratuites, vous devez vendre des choses qui ne peuvent être copiées.

Soit, qu’est-ce qui ne peut être copié ?

Il y a un certain nombre de qualité qui ne peuvent être copiées. Prenons « la confiance ». La confiance ne peut être copiée. Vous ne pouvez pas l’acheter. La confiance doit être gagnée, au fil du temps. Elle ne peut pas être téléchargée. Ou falsifiée. Ou contrefaite (du moins pour l’instant). Toutes choses égales par ailleurs, vous préférerez toujours traiter avec quelqu’un en qui vous avez confiance. La confiance est donc un élément immatériel qui a de plus en plus de valeur dans un monde saturé de copies.

Il y a de nombreuses autres qualités similaires à la confiance qui sont difficiles à copier, et prennent donc de la valeur dans ce monde en réseau. Je pense que la meilleure manière de les appréhender n’est pas de les voir avec l’œil du producteur, fabricant ou créateur mais via les yeux de l’utilisateur. On peut commencer avec une simple question à un utilisateur : pourquoi serions-nous prêts à payer pour quelque chose que nous pourrions obtenir gratuitement ? Lorsque quelqu’un achète une version de quelque chose qu’il aurait pu avoir gratuitement, qu’achète-t-il ?

D’après mon étude de l’économie de réseau, je vois à peu près 8 catégories de valeurs immatérielles que nous achetons lorsque nous payons quelque chose que nous aurions pu obtenir gratuitement.

En réalité, ce sont 8 choses qui sont mieux que gratuit. 8 valeurs incopiables. Appellons-les « génératrices ». Une valeur génératrice est une qualité ou un attribut qui doit être généré, cultivé, entretenu. Une génératrice ne peut être copiée, clonée, contrefaite ou reproduite. Elle est unique, à un endroit donné, à un instant t. Dans le domaine numérique, les qualités génératrices ajoutent de la valeur aux copies gratuites et sont donc quelque chose pouvant être vendu.

Huit génératrices meilleures que gratuit

Immédiateté

Tôt ou tard, vous pouvez trouver une copie gratuite de ce que vous voulez, mais avoir une copie envoyée dans votre boite de réception au moment de la sortie – ou même mieux, de la production – de la part des créateurs est un avantage indéniable. Beaucoup de gens vont au cinéma le jour de la sortie pour voir un film qu’ils vont payer au prix fort alors qu’ils pourraient l’obtenir ensuite gratuitement, ou presque, en le louant ou en le téléchargeant. Les livres reliés sont achetés pour leur immédiateté, déguisée en une reliure. Les premières versions requièrent bien souvent un prix plus important pour le même bien. Étant une qualité vendable, l’immédiateté a de nombreux niveaux, incluant l’accès à des versions beta. Les fans font partie intégrante du processus génératif lui-même. Les versions beta sont souvent dévaluées car elles sont incomplètes, mais elles possèdent aussi des qualités génératrices qui peuvent être vendues. L’immédiateté est relative, c’est pourquoi elle est génératrice. Elle doit correspondre au produit et au public. Un blog n’a pas la même perception du temps qu’un film ou une voiture. Mais l’immédiateté peut être retrouvée dans tous les médias.

Personnalisation

Une version générique de l’enregistrement d’un concert peut être gratuite, mais si vous souhaitez une copie qui a été modifiée pour rendre un son parfait pour votre salon – comme si vous y étiez – vous seriez certainement prêt à payer beaucoup. La copie gratuite d’un livre peut être personnalisée par l’éditeur pour coïncider avec votre connaissance de l’œuvre. Un film gratuit que vous avez acheté peut être paramétré pour ne diffuser que ce que vous souhaitez voir (pas de violence, pas d’injures). L’aspirine est gratuite, mais l’aspirine adaptée à votre ADN est très coûteuse. Bien sûr, la personnalisation requiert une communication constante entre le créateur et le consommateur, l’artiste et ses fans, le producteur et l’utilisateur. C’est très génératif car c’est itératif et ça prend du temps. Vous ne pouvez pas copier la personnalisation issue d’une relation. Les marketeux l’appellent « stickiness » car elle signifie que les deux côtés de la relations sont liés (investis) dans cet atout génératif, et seront réticents à repartir de zéro.

Interprétation

Comme le dit la bonne vieille blague : logiciel = gratuit, manuel = 10 000 €. Mais ce n’est pas une blague. Certaines entreprises, comme Red Hat, Apache et d’autres gagnent leurs vies en faisant exactement ça. Ils procurent du support payant pour des logiciels libres. La copie du code, réduite à des bits, est gratuite – et ne devient utile qu’à travers le support et l’aide. Je pense qu’une bonne partie de l’information génétique va prendre cette voie. Actuellement, obtenir la copie de votre ADN est très coûteuse, mais bientôt cela ne sera plus le cas. En fait, bientôt les entreprises pharmaceutiques vont vous payer pour avoir votre séquence de gènes. La copie de votre séquence va donc devenir gratuite, mais l’interprétation de ce qu’elle signifie, ce que vous pouvez faire avec, et comment l’utiliser – le manuel de vos gènes finalement – sera coûteux.

Authenticité

Vous allez pouvoir récupérer un logiciel gratuitement, mais même si vous n’avez pas besoin du manuel, vous voudrez être certain qu’il est exempt de bugs, fiable et certifié. Vous allez payer pour l’authenticité. Il y a presque un nombre infini de variantes autour de Fatals Arlésiens, mais l’achat d’une version authentique du groupe lui-même vous garantira l’obtention de celui que vous désiriez. Ou que c’était effectivement réalisé par les Fatals. Les artistes ont fait face à ce problème depuis longtemps. Les reproductions graphiques comme les photographies et les lithographies possèdent souvent avec le sceau d’authenticité de l’artiste une signature pour augmenter la valeur de la copie. Les filigranes numériques et autres technologies de signature ne marcheront pas en tant que protection anti-copies (je vous rappelle que les copies sont sur un composant supraconducteur) mais ils peuvent servir de qualité génératrice d’authenticité pour ceux qui accordent de l’importance à ça.

Accessibilité

L’appartenance pose problème. Vous voulez garder les choses clean, à jour, et dans le cas du numérique, sauvegardées. Et dans ce monde mobile, vous devez le transporter avec vous. Beaucoup de gens, moi inclus, seraient heureux de déléguer ces « possessions » à d’autres. Nous paieront Truc Digital Warehouse pour nous donner accès à n’importe quel morceau de musique dans le monde, quand et où nous le souhaitons, de même que n’importe quel film ou photo (de nous ou d’autres photographes). Idem pour les livres et les blogs. Truc sauvegarde le tout, paye les créateurs, et concrétise nos désirs. On peut en profiter sur nos téléphones, PDA, portables, grands écrans, d’où l’on veut. Une bonne partie de ce matériel devenant disponible gratuitement, notre souhait de vouloir le sauvegarder, le modifier, l’organiser, deviendra de plus en plus désuet.

Incarnation

Intrinsèquement, une copie digitale est immatérielle. Vous pouvez prendre une copie gratuite d’une œuvre et la projeter sur un écran. Mais peut-être souhaitez-vous l’observer en haute résolution sur un immense écran ? Peut-être en 3D ? Les pdf c’est bien mais il est parfois bon d’avoir les mêmes mots imprimés sur un papier blanc cotonneux, relié de cuir. Ça sent si bon. Pourquoi ne pas jouer à votre jeu (gratuit) préféré avec 35 acolytes dans la même pièce ? Une meilleure incarnation n’a pas de limites. Bien sûr, la haute résolution d’aujourd’hui peut se retrouver demain dans votre salon, mais il y aura toujours la dernière technologie non accessible au grand public. Projection laser, écran holographique, le holo-bureau lui même ! Et rien ne donne plus d’âme à la musique qu’une performance live, avec de vrais corps. La musique est gratuite, la performance humaine coûte cher. Cette formule est rapidement devenue le quotidien non seulement des musiciens, mais aussi des auteurs. Le livre est gratuit, la conférence à son sujet est onéreuse.

Mécénat

Je suis convaincu que l’audience souhaite payer les créateurs. Les fans veulent récompenser les artistes, musiciens, auteurs et autres à la hauteur de leur appréciation car ça leur permet de maintenir un lien. Mais ils ne vont payer que si c’est très facile à faire, d’un montant raisonnable et en étant sûr que l’argent ira directement aux créateurs. L’expérience récente très médiatisée de Radiohead laissant les fans payer ce qu’ils souhaitent pour une copie gratuite est une excellente illustration de la puissance du mécénat. Le lien immatériel et insaisissable entre ce que les fans apprécient et l’artiste vaut quelque chose. Dans le cas de Radiohead, il valait environ 5$ par téléchargement. Il existe de nombreux autres exemples pour lesquels l’audience est prête à payer pour ce qu’elle apprécie.

Trouvabilité

Alors que les autres génératrices résident dans les œuvres digitales, la trouvabilité est un atout qui se positionne à un niveau supérieur d’agrégation. Un prix descendu à zéro n’aide pas à attirer l’attention sur un travail et peu même parfois lui être préjudiciable. Mais quel que soit son prix, une œuvre n’a aucune valeur si elle n’est pas visible, les chefs-d’œuvres perdus n’ont plus aucun intérêt. Lorsqu’il y a des millions de livres, des millions de morceaux, des millions de films, des millions d’applications, des millions de choses qui requièrent votre attention – et la plupart gratuites – être trouvé a de la valeur.

Les agrégateurs géants comme Amazon et Netflix génèrent du profit en partie en aidant leur public à trouver les œuvres qu’ils aiment. Ils rendent accessible le bénéfique phénomène de la « longue traîne », que nous connaissons tous, connectant un public de niche à une production de niche. Malheureusement, la longue traîne n’est intéressante que pour ces agrégateurs géants et ceux de tailles plus modestes comme les éditeurs, les studios, et les labels (ÉSL). Elle ne profite guère aux créateurs eux-mêmes. Mais puisque la trouvabilité ne peut être appliquée qu’au niveau des systèmes, les créateurs ont besoin de ces agrégateurs. C’est la raison pour laquelle les éditeurs, studios et labels (ÉSL) ne disparaîtront jamais. Ils ne sont pas nécessaires pour la distribution des copies (la machine Internet s’occupe de ça). Au contraire, les ÉSL sont nécessaires pour la distribution de l’attention des utilisateurs vers les œuvres. À partir de l’océan des possibilités, les ÉSL trouvent, enrichissent et affinent le travail des créateurs pour lesquels ils pensent que les fans vont être prêts à établir un lien. Les autres intermédiaires comme les critiques et les commentateurs permettent aussi de canaliser l’attention. Les fans font confiance à ces paramètres croisés de recherche pour trouver les œuvres de valeurs à travers ces nuées produites. Il y a de l’argent à se faire (indirectement pour les créatifs) en trouvant les talents. Pendant de nombreuses années, la publication papier TV Guide a fait plus d’argent que les 3 plus grands réseaux TV réunis vers lesquels elle « guidait ». Le magazine orientait les téléspectateurs vers le meilleur de la semaine sur le petit écran. Meilleur, il est important de le rappeler, qui était gratuit pour les téléspectateurs. Il y a peu de doutes qu’en dehors des méga-agrégateurs, dans un monde de gratuité, les ÉSL vont faire de l’argent en vendant de la trouvabilité – en plus des autres qualités génératrices.

Ces 8 qualités requièrent de nouvelles compétences. La réussite dans le monde de la libre copie ne dérive pas des compétences acquises dans la distribution puisque la grande machine à copier s’en occupe. Ni les compétences juridiques entourant la propriété intellectuelle et le droit d’auteur qui ne sont plus vraiment utiles. Au contraire, ces 8 nouvelles génératrices demandent une compréhension de la façon dont l’abondance engendre un nouvel état d’esprit, comment la générosité peut devenir un business model, à quel point il est devenu indispensable de cultiver des qualités qui ne peuvent être reproduites en un clic de souris.

En bref, dans cette économie de réseau, l’argent est décorrélé du nombre de copies. Il suit la voie de l’attention, et l’attention a ses propres mécaniques.

Les lecteurs attentifs noteront une absence. Je n’ai pas parlé de la publicité. Les annonces sont largement considérées comme la solution, presque la seule solution, au paradoxe de la gratuité. La plupart des solutions suggérées que j’ai vu tendant à aller vers la gratuité incluent la publicité à un niveau ou un autre. Je pense que les publicités ne sont qu’une des voies de l’attention, et à long terme, ne seront à l’origine que d’une partie de la nouvelle rémunération associée à une copie gratuite.

Mais c’est une autre histoire.

Bien plus que la publicité bête et méchante, ces huit génératrices fournissent de la valeur aux copies gratuites omniprésentes, ce qui permet d’ajouter de la pertinence à la publicité. Ces génératrices s’appliquent à toutes les copies digitales, mais aussi à toute sorte de copies dont le coût s’approche de zéro (voir mon billet Technology Wants to Be Free). La constatation est la même dans les industries où les coûts de réplication sont proches de zéro, ils se comportent alors comme pour ces copies gratuites. La cartographie a atteint ce seuil. La génétique ne va pas tarder à y arriver. Les gadgets et les petits appareils (comme les téléphones portables) empruntent doucement cette voie. La pharmaceutique y sont déjà, mais ne veulent pas le faire savoir. Ça ne coûte rien de produire une pilule. On paye les médicaments pour l’authenticité et l’immédiateté. Un jour on paiera pour la personnalisation.

Maintenir ces génératrices demande bien davantage de travail que de reproduire des exemplaires dans une usine. Il reste encore beaucoup à apprendre. Beaucoup de choses à comprendre. Écrivez-moi si c’est votre cas.

Cette traduction a été publiée par Biologeek sous licence Creative commons.

Concernant la publicité, je pense qu’a moyen terme celle ci va être remplacée par la diffusion prescriptive ou chacun de nous sera un média (via nos sites web, emails, SMS, discussions, …) avec le pouvoir de relayer une information ou pas et d’être ainsi, un consom’acteur, a la fois, consommateur, diffuseur, mécène, ….

Ca vous inspire ?

Numerama vous aide à pirater Numerama

Numerama: « nous encourageons tous nos lecteurs qui le souhaitent à copier, voler, pirater sans vergogne ce que nous écrivons, et à reproduire sans payer les articles sur leurs blogs, pages MySpace, e-mails ou papyrus. »

Article extrait de Numerama :

Conformément à la politique qui a toujours été celle de Ratiatum, Numerama n’a aucune intention de garder jalousement les articles que nous écrivons et publions ici quotidiennement. Au contraire, nous encourageons tous nos lecteurs qui le souhaitent à copier, voler, pirater sans vergogne ce que nous écrivons, et à reproduire sans payer les articles sur leurs blogs, pages MySpace, e-mails ou papyrus. Mieux, nous venons même de mettre en ligne un outil qui vous permet de le faire facilement, dans le respect de la licence Creative Commons que nous avons choisie pour mettre quand même quelques règles de bonne séance dans ce monde de sauvages.

Vous trouverez désormais à droite de chaque article un lien « Copier sur mon blog » qui vous explique tout ce que vous avez besoin de savoir sur la licence Creative Commons by-nc-nd que nous utilisons, et qui vous permet de copier tout l’article en un seul clic, pour le coller facilement dans votre éditeur de texte.

Nous demandons simplement à nos amis bloggeurs et internautes et de ne pas modifier le texte pour ne pas en trahir le sens (ou faites-le en distinguant bien vos modifications du reste), de citer l’auteur de l’article, et de laisser un lien actif à la fois vers l’URL de l’article original et vers la licence Creative Commons. Toutes ces notices sont inclues d’office dans un cadre à la fin de l’article lorsque vous les copiez. Merci donc de ne pas le supprimer.

Enfin, il est bien entendu que seules les « recopillages » à titre non commercial sont couverts par cette lience. Si vous souhaitez reproduire des articles de Numerama dans vos magazines ou journaux papier, ou sur des blogs ou sites internet édités dans le but d’en tirer un profit commercial direct, merci de nous contacter pour connaître nos tarifs préférentiels.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Chapeau à Guillaume et l’équipe qui font un super boulot depuis 6 ans et bravo pour cette initiative originale et intéressante ! Je republierai de temps en temps des articles de Numerama et j’encouragerai de même la republication d’article Toc-Arts (j’en reparlerai des que j’aurai rajoute une licence creative commons sur le contenu Toc-Arts).

C’est quoi un widget et pourquoi ca change tout pour les artistes

Les widgets sont des petits morceaux de programmes que vous pouvez placer sur votre page web pour rajouter des fonctionnalités sans être programmeur. En proposant des widgets les artistes peuvent recruter leur communauté de fans pour leur promotion.

Avant de commencer, voulez vous écouter un peu de Ben Harper? Cliquez sur « Music »


Pour vous faire écouter cet artiste, je n’ai pas été pirater sa musique pour la mettre sur mon site. Non en fait je n’ai rien eu a faire de plus que copier et coller le code du widget qu’il propose sur son site.

C’est quoi un widget ?

Des exemples de widgets

En gros les widgets sont comme des morceaux de pages web qui offre une fonctionnalité précise (une vidéo, la météo, un jeu vidéo, une actualité remise à jour…) et que vous pouvez insérer très facilement dans vos pages web, blogs, myspace. Vous pouvez ainsi ajouter à vos pages des images, des vidéos, des présentation, des diaporamas, de la musique, des cartes, une recherche google, et bien d’autres choses…

L’intérêt est évidemment de proposer à ses visiteurs une meilleure expérience du site en leur offrant des fonctionnalités supplémentaires qu’il aurait été impossible/difficile de mettre en place autrement (par exemple un moteur de recherche ou un lecteur vidéo).

Mais ce n’est pas tout. Quand vous utilisez un widget, l’espace de stockage et la bande passante utilisé ne sont pas à votre charge; en mettant vos vidéos sur youtube ou dailymotion, vous leur laissez le cout du stockage, de la transmission des données et en plus vous avez un joli lecteur de vidéos, le tout sans avoir besoin de programmer.

Mieux , un widget peut être réutilisé non pas sur un seul site web, mais sur des milliers, ce qui permet d’utiliser l’effet réseau. Ainsi, si votre vidéo est hébergée sur youtube au lieu d’être hébergée sur votre site, il extrêmement facile pour d’autres personnes de la mettre sur leur propre site. Et donc de de faire plus de diffusion pour la vidéo en question, en favorisant le bouche à oreille et la diffusion de personne à personne. Le message passe donc de manière beaucoup plus ciblée et il susceptible de toucher des personnes intéressées.

Autre avantage pour le créateur du widget, il garde un certain contrôle du contenu. Ainsi, il peut mettre à jour l’information diffusée par le widget, connaitre les utilisateurs du widget ou même supprimer celui ci s’il ne souhaite plus diffuser son contenu.

Pourquoi ça change tout

Tout ça c’est bien joli, mais quel intérêt pour les artistes ? Nous avons vu un peu plus haut le widget de Ben Harper qui est mis a disposition sur son site et que chacun peut librement insérer dans ses pages web … Ce widget contient des photos, de la musique, de la vidéo, des actualités, … bref un mini-site de Ben Harper à insérer dans votre site ! Mieux si après avoir écouté la musique, ça vous a plu, il est possible d’acheter la musique directement via le widget. Ainsi, chaque personne qui insère le widget de Ben Harper dans sa page devient un panneau d’affichage, un point de diffusion et de vente pour Ben Harper.En offrant à ses fans quelques chose de joli, de facile et d’agréable (quoi de mieux pour un fans que d’avoir la musique, vidéo, actu de son artiste favori sur son site personnel et de le partager avec ses amis?), Ben Harper recrute sa communauté de fans pour sa communication, sa diffusion et même sa vente. Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières des milliers (millions?) de fans relayant ainsi une information peuvent jouer un rôle incroyable pour soutenir leur(s) artiste(s) favori(s).

Créer un Widget

Des sites comme Sprout ou Widgetbox vous propose de créer vos widgets ou d’utiliser ceux qui ont été crées par les autres utilisateurs. Plus spécialisé musiciens, BnFlower propose un lecteur audio et permet aux utilisateurs de choisir 3 chansons d’artistes qu’ils veulent diffuser. Pour les musiciens toujours, mais plus complets EuropaMP3 ou Plemi permettent de créer des widgets avec textes, photos, musiques, vidéos, bref un mini site web que les fans peuvent embarquer sur leurs pages. EuropaMP3 prévoit même de reverser une commission aux personnes hébergeant les widgets. Il me semble que Jamendo proposait des widgets, mais je n’arrive pas a remettre la main dessus.

Installer un widget sur sa page web

Pour installer le widget sur votre site vous devez copier le code HTML donné par le créateur du widget et le coller dans votre page web, votre blog ou votre MySpace. Ce code est disponible sur le site du créateur du widget ou souvent dans le widget lui même (menu « partager » ou « share »).

Si vous n’avez pas déjà un site, un blog ou un Myspace, des services comme Netvibes ou Webjam vous propose de créer gratuitement une page personnalisée ou vous pourrez insérer et collectionner des widgets, mais aussi les faire passer à vos amis. Enfin certains widgets peuvent être directement installé sur votre ordinateur (widgets pour MacOSX, mais appelle « gadgets » chez Windows Vista).

Pour finir

Je pense que dans l’avenir (très proche) ce moyen de diffusion prescriptive va se généraliser, que chaque personne va devenir son propre média et agira comme un filtre au sein de son réseau social, relayant certaines informations et éliminant certaines autres. Je parie même que dans très peu de temps ce modèle concurrencera sérieusement le modèle publicitaire classique.
Allez, je vous laisse avec Eleanor L Vault, un artiste découvert en cherchant des widget:

Ouvrir dans un pop-up
1 2