Réflexion: tirer parti de la diffusion des images plutot que de la combattre ?

Quand on est photographe ou illustrateur, comment publier des images de ses œuvres sur le web où la copie et le remix sont des pratiques courantes ? Pour moi, vouloir prévenir la copie est comme vouloir arrêter la mer avec un château de sable. Il m’a toujours semblé plus interessant d’utiliser la copie, par exemple en mettant des œuvres sous licence Creative Commons et en « tatouant » les images, avec un lien propre et bien lisible dans les images, afin d’utiliser cette diffusion pour générer de la visibilité.

Mais la question est complexe et le débat reste ouvert.

Pour vous donner matière à réflexion, voici un article publié par le collectif SavoirCom1 suite à la décision du dessinateur Manu Larcenet de fermer son blog suite à de trop nombreux « emprunts » de son travail. Voyez notamment à la fin des exemples d’illustrateur et photographes faisant usages des licences libre et de la copie. Lire la suite…

Soundcloud, la carte de visite en ligne du musicien

Vous voulez publier votre musique en ligne ? Oubliez Myspace et découvrez Soundcloud, le « youtube » de l’audio.

La carte de visite en ligne du musicien

J’ai commencé récemment à travailler avec la pianiste Anne Sabardeil. Le but étant de promouvoir sa musique, non pas tant pour la vendre que pour la diffuser, la faire connaitre et éventuellement trouver des artistes (danseurs, peintres, comédiens….etc), amateurs ou professionnels, qui souhaiteraient interagir avec ce projet musical en vue de la création d’un spectacle au métissage artistique original.

Pour cela nous avions besoin d’une page « carte de visite » qui permettent de partager la musique en ligne et de connecter avec d’autres artistes.

Nous avons donc commencé par créer une page Myspace, mais confronté aux nombreuses limitations, nous avons aussi choisis d’utiliser Soundcloud, un excellent service pour partager des fichiers audio. Je profite de l’occasion pour vous proposer une petite comparaison des deux services.

Myspace, le réseau social moribond

Pendant longtemps Myspace était la référence pour les musiciens et les professionnels de la musique. Tu veux écouter un groupe, tu cherches son myspace et tu es sur de trouver de quoi écouter. Souvent c’était même plus facile de chercher « myspace + nom du groupe » dans google trouver de la musique à écouter que d’aller sur le site officiel du groupe.

Au delà de son rôle de réseau social myspace a longtemps joué le rôle de carte de visite du musicien en ligne. Mais comme j’en avais déjà discuté il y a de nombreuses raisons de ne pas utiliser myspace: les pages qui mettent des plombes à s’ouvrir, le lecteur audio qui veut mettre à jour le plugin flash de votre navigateur toutes les 2 semaines, la publicité et le spam omniprésents, l’espace d’administration qui malgré des améliorations défie en permanence la logique et l’intuition de l’utilisateur et le graphisme impossible à retoucher sans s’arracher les cheveux. Bref pour l’utilisateur comme pour le visiteurs, c’est vite frustrant.

Soundcloud, le « youtube » de l’audio

Soundcloud, c’est un service partage de fichiers audio avec des fonctions de réseau social mais. Comme vous pouvez le voir ci dessous l’interface a été pensé pour être très simple et centré sur le partage de fichiers audio.

musique anne sabardeil

L’utilisation est ultra simple, créez un compte et uploadez vos morceaux. Pour chaque morceau vous pouvez ajouter des informations, photos, choisir un copyright ou une licence creative commons, ajouter un lien vers une video youtube ou vers une boutique en ligne où les internautes peuvent acheter le morceau.

Ce qui est génial c’est qu’il y a peu d’options, mais que ce sont vraiment des options intéressantes à utiliser. On sent que ca été pensé pour être fonctionnel et même le plus réfractaire de vos amis musiciens arrivera mettre sa musique en ligne.

Autre options sympa, comme Youtube vous pouvez créer des widgets exportables et les republier facilement sur un blog, ou partager sur les réseaux sociaux comme Twitter, Facebook, Myspace, Delicious…

La carte de visite d’Anne Sabardeil

Voici par exemple de widget avec un set d’Anne Sabardeil. Jetez y une oreille, elle  fusionne classique, jazz contemporain avec des influences de musiques traditionnelles gasconne tout en restant très accessible. Et si vous etes interessé pour collaborer laisser un commentaire.

Solo par Anne Sabardeil

Notez que nous avons choisi d’autoriser les téléchargements pour faciliter la découverte et la diffusion de la musique. Nous avons aussi choisi de mettre la musique sous licence creative commons qui autorise la diffusion et le remix des morceaux à condition de citer Anne comme l’auteur et de ne pas faire une usage commercial des morceaux sans son autorisation préalable. Cette licence permet donc à d’autres artistes de réutiliser la musique dans des créations variées (avec des photos, de la vidéo, par exemple) ce qui pourrait ouvrir d’autres horizons pour les morceaux.

Conclusion

Ne restez pas bloqué sur Myspace et découvrez vite Soundcloud. Il est toujours important d’avoir un profil sur Myspace pour pouvoir être trouvé facilement sur google, mais ne perdez pas trop de temps a le personnaliser, cela ne vaut pas le coup. Mieux vaut rester simple. Quand à vos démarchages pour trouver des dates, utlisez Soundcloud, les responsables de programmation vous remercieront.

Notez que Soundcloud est en anglais, mais c’est tellement bien fait que cela ne devrait pas vous posez de problèmes. Le service est gratuit pour héberger 2h de musique. Au delà, il y a plusieurs offres payantes avec différentes options, des widgets plus nombreux et personnalisables, plus de stockage, plus de statistiques sur vos auditeurs, … Des offres intéressantes, mais pas indispensable pour commencer à diffuser votre musique dès maintenant.

Quelles stratégies pour mettre sa musique en téléchargement

Je l’ai dit et redit: barricader sa musique ne sert à rien, internet est un réseau et une musique écoutable est toujours copiable d’une manière ou d’une autre. D’autre part, est ce que le “pire-ratage” pour les artistes ce n’est pas d’être ignoré ? Donc plutôt que de lutter contre la copie, mieux vaut l’utiliser.  Nous allons réfléchir ici à quelques stratégies pour mettre sa musique en téléchargement et la diffuser de façon intelligente.

Avant de démarrer : SACEM vs licences libres

Il faut savoir que lorsque vous êtes « déclarés à la Sacem », il faut payer pour pouvoir diffuser votre musique. L’artiste qui veut diffuser sa musique paye, mais celui qui veut diffuser la musique de cet artiste paye aussi.

[EDIT voir commentaires]

L’inscription à la Sacem a un coût important pour un petit artiste qui ne peut espérer que peu de retours de collecte de droits. De plus ceux qui diffusent la musique de cet artiste payent aussi.

Du coup, c’est un frein important pour la diffusabilité de l’œuvre. Peu de gens sont prêts à payer pour diffuser la musique d’un autre. Par contre, des licences comme les Creative Commons permettent une libre diffusion tout en gardant la paternité de l’artiste. Nul besoin de payer, ce qui donne un coup de fouet à la diffusion de l’artiste.

Où mettre sa musique en téléchargement ?

Il faut que vous soyez là où votre public est déjà:

  • plateformes d’écoute en ligne: itunes, jamendo, last.fm, deezer. Ce sont des lieux dédiés à l’écoute de musique. Il y a beaucoup de choix et cela peut être dur d’être repéré, mais c’est quand même important d’être présent pour vous donner une chance d’être écoutés.
  • réseaux sociaux: myspace, facebook, skyblogs, twitter… Ce sont des lieux de passage, de discussion et de détente importants, comme les cafés en ville. Vous pouvez toucher beaucoup de gens ici. Mais comportez vous de manière sociale. Il ne vous viendrait pas à l’idée de rentrer dans un café et de bombarder aveuglément tout le monde avec vos prospectus ou de leur crier dans les oreilles que votre musique est la meilleure. Comme dans la vie réelle, repérez les personnes les plus susceptibles d’être intéressées et/ou de relayer vos infos, puis engagez la discussion.
  • réseaux p2p: BitTorrent, Emule, … ce sont des lieux ou les gens téléchargent de la musique. Cela peut donc être intéressant d’y être et d’y placer certains morceaux. L’écrivain Paolo Coehlo s’est piraté lui même avec un certain succès. N’oubliez pas de mettre des infos sur le groupe et un lien vers le site dans la description du fichiers et aussi dans l’archive contenant la musique, ça permettra aux gens de revenir vers vous plus facilement.
  • site de partage de vidéos: youtube, dailymotion. Un autre endroit populaire et de rencontre que de plus en plus de gens utilisent. En plus le fait d’avoir des images ou vidéos apporte un plus à la musique. Pas besoin d’avoir forcement une vidéo hyper léchée (vous pouvez faire un diaporama ou mettre une vidéo de concert) mais attention par contre à avoir un son correct, sinon vous ferez fuir tout le monde. Essayez surtout d’être originaux (Voir des conseils pour créer une vidéo virale).
  • sites de diffuseurs: BnFlower, blogueurs, … ils sont intéressés par la musique et veulent vous aider à diffuser la votre. BnFlower est une communauté de diffusion prescriptive dont les membre ont pour but de promouvoir des musiciens qu’ils apprécient. Il y a aussi de nombreux blogueurs qui partagent leurs goûts en ligne. Repérez les prescripteurs qui sont susceptibles d’être intéressés par votre son et envoyez leur un message personnalisé (et non un copier/collé) avec un moyen d’écouter votre musique. S’ils aiment ils vous feront beaucoup de promotion !
  • web radios: une piste que je n’ai jamais explorée, mais je pense qu’il doit y avoir un filon ici: démarcher des webradios et leur proposer de découvrir votre musique pour qu’elles la diffuse. Certaines webradios comme Sing Sing (la meilleure webradio du monde et de St-Malo) ont des auditeurs très fidèles et très à l’affût de nouveautés.
  • votre site web / blog: le point central de votre stratégie de diffusion. Votre musique doit être absolument facile à écouter (et éventuellement à télécharger). Ça semble évident, mais de nombreux sites de musiciens ne proposent pas ou peu de musique à écouter. Pour avoir souvent galeré à chercher à écouter des morceaux sur des sites d’artistes, il m’arrive maintenant de chercher directement le myspace d’un artiste pour être sur de pouvoir écouter sa musique sans tourner en rond. Choisissez une solution qui fonctionne sur la plupart des navigateurs et ne nécessite pas de plugins spéciaux pour écouter.
  • dans la salle de concert: proposez aux gens de repartir d’un avec un ou plusieurs de vos morceaux de l’album ou bien de l’enregistrement du live sur leur clé USB. Ils viennent d’entendre la musique, ils ont aimé, si vous leur donner du matériel, il y a de grandes chances qu’ils continuent à la faire tourner sur leur platines chez eux, la fassent découvrir à leur entourage et continuent à danser 🙂 .

Quelles stratégies pour la diffusion

Je trouve dommage de surprotéger sa musique, autant je trouve aussi dommage de mettre sa musique en téléchargement sans réfléchir avant à une façon de le faire. Il y a pour moi deux idées clés à garder en tête dans une stratégie de diffusion:

La première idée, c’est de tout faire pour faciliter l’appropriation et la diffusion de votre musique par vos fans. Les gens qui vous aiment peuvent et veulent vous aider de multiples façons. Aidez les à vous aider.

La deuxième idée, c’est d’être en contact avec vos fans, parler, écouter, discuter, échanger. Comme vous, ce sont des êtres humains qui aime discuter avec ceux qu’ils apprécient et avoir des nouvelles de temps en temps. Arrêtez le monologue, soyez à l’écoute et engagez une vraie discussion. Vous serez étonné de toutes les choses intéressantes que vous découvrirez.

Quelles stratégies pour mettre de la musique en téléchargement

  • simple téléchargement libre: le plus simple, les gens écoutent en ligne ou téléchargent. Le format doit être mp3 (universel) mais vous pouvez aussi proposer une qualité supérieure (formats wave ou ogg). Les gens prennent, peuvent copier sur leurs baladeurs mp3, téléphones et échanger avec leurs amis.
  • téléchargement après inscription: vous demandez aux gens qui téléchargent leur contact et quelques informations avant de les laisser télécharger. C’est ce que fait Nine Inch Nails. Cela permet de se constituer un carnet d’adresses important et d’annoncer ses nouveautés (nouveaux morceaux, nouveaux concerts, …) à un public ciblé.
  • mettez des morceaux complets, pas des extraits: Un extrait est frustrant. Si on aime, on veut l’écouter jusqu’au bout et le partager. Une chanson complète aura des chances d’être copiée et donnée à des amis. En revanche il y a peu de chances qu’un extrait soit diffusé, car ça vaut rarement le coup.Même si vous ne voulez pas mettre beaucoup de musique en téléchargement, mettez au moins une chanson complète.
  • sortir des news à intervalles réguliers: rien de tel pour garder le contact, les fans savent à quoi s’attendre et reviennent vous voir, ne vous oublient pas. Rien de pire que de faire une grosse com’ puis de tous laisser tomber au bout de 3 mois sans donner de nouvelles. On revient une ou 2 fois sur le site, puis quand on voit que rien ne bouge, on se dit que le groupe est mort et on passe à autre chose.
  • sortir des épisodes musicaux à intervalle réguliers: regarder la stratégie originale de Uniform motion pictures, c’est simple, c’est bon esprit et c’est bien fait. Ça donne envie de faire découvrir à d’autres. L’idée ici c’est de « casser » le format CD, 10-12 titres, sur un album qui ne sort que tous les ans au mieux, sortir de la musique sur la durée, avec un format original (vidéo + graphisme) suscite la curiosité des fans et aide à conserver l’intérêt dans la durée.
  • originalité, remix, détournements, humour, … le public aime les surprises, les idées originales, regardez les points qui vous caractérise et utilisez les pour vous différencier des autres. Chacun est unique. Jouer avec vos forces, mais aussi vos faiblesses…
  • observez et écoutez: regardez les statistiques de musiques écoutées et téléchargées, les vues de vidéos. Écoutez ce que les gens disent ou demandez leur directement.

J’ai mis beaucoup de possibilités dans cet article. Certaines fonctionneront mieux pour certains artistes que pour d’autres. A vous de faire vos choix et vos essais. Combinez certaines de ces stratégies selon vos besoins et vos capacités pour maximiser vos chances de toucher vote public. L’idée générale étant de tisser un filet sur internet en étant partout où les auditeurs passent ou s’arrêtent pour permettre à « ceux qui ne savent pas encore qu’ils adorent votre musique » de la découvrir. 😉

Vous avez déja essayé certaines choses dans ce sens ? Vous pensez à d’autres idées ?

Astuce: Comment importer un player Myspace dans un blog ou site web

Astuce pratique pour ceux qui ont leur musique sur MySpace et voudrait pouvoir l’exporter ailleurs sur leur site ou leur blog. Voici un petit tutoriel pour importer un player Myspace dans un blog ou n’importe quelle autre page qui accepte du html. Astuce fournie par notre super référenceur et webdesigner Aymeric , merci à lui.

  • Allez sur la page Myspace de l’artiste et trouvez le player.
  • Cliquez sur “ouvrir le player” en haut à droite et affichez la popup.
  • Et là, il y a une feinte, il faut utiliser firefox et son magnifique outil en clic droit : Code source de la sélection.
  • Cliquez sur une chanson du player Myspace affiché dans la popup.
  • Posez votre souris en haut de la popup la ou il n’y a ni logo ni info en flash.
  • Faites clic droit > Code source de la sélection.
  • Copiez tout le code affiché (pas seulement celui sélectionné à l’ouverture de la fenêtre code source) .
  • Passez à l’éditeur de votre blog (ou votre éditeur html préféré), passez en mode code (ou html) et insérez le code du player que vous avez copié.
  • Enregistrez la page.

Et là, devant vos yeux ébahis, tout fonctionne.

Et petit bonus, si vous ne voulez pas que la musique démarre automatiquement (ce qui est particulièrement énervant, même avec Keren Ann), changez la variable suivante dans le code : ap=1 en ap=0.

PS : sous wordpress, évitez de repasser en mode d’édition “Visuel”, ça va va vous détruire le code.

Voir l’article original Comment importer un player Myspace dans un blog publié initialement par Aymeric Jacquet sous licence créative commons by-nc-sa

Un exemple pratique: le player des Bijoux de Famille

N’étant pas fan de Keren Ann, j’ai remplacé l’exemple d’Aymeric par les Bijoux de Famille. Le code du player ressemble à ça:

<embed type="application/x-shockwave-flash"  src="http://musicservices.myspace.com/Modules/ MusicServices/Services/Embed.ashx/ptype=3,ap=0, plid=45553,artid=6401378,profid=167890924,sindex=2.2, shuffle=true,sseed=78984,amix=false,pmix=false"  style="" id="shell" name="shell" bgcolor="#101010" quality="high" allowscriptaccess="always"  wmode="transparent" flashvars="e=http%3A//music.myspace.com/ index.cfm%3Ffuseaction%3Dmusic.popupplayer% 26sindex%3D2.2%26shuffle%3Dtrue%26amix%3Dfalse%26 pmix%3Dfalse%26plid%3D45553%26artid% 3D6401378%26profid%3D167890924%26friendid% 3D167890924%26sseed%3D78984%26ptype%3D3%26stime %3D4.884920634920635%26ap%3D1" height="485" width="300">

pas très sexy, mais une fois collé dans une page ça donne ça:

Le lecteur met un peu de temps à s’ouvrir sur ma machine, mais fonctionne bien (en espérant que MySpace ne trouve pas moyen de bloquer ce genre de diffusion hors de leur chasse gardée… ).

Mise à jour: Une autre astuce pour récupérer le code et exporter le player MySpace

Allez faire un tour sur le générateur de code MySharingSpace pour exporter un lecteur MySpace en 2 coups de clics. On pouvait pas faire plus simple. Merci à Raildecom !

Une parenthèse pour finir

J’avais déjà discuté de comment j’avais piraté mon frère et volé les bijoux de famille. Cette astuce montre aussi un autre moyen de « pirater » la musique d’un artiste pour la rediffuser (même si dans ce cas la, l’artiste reste maître des chansons qui sont diffusées dans son player).  Musiciens, ne barricadez pas votre musique, ça n’empêchera jamais une personne motivée de récupérer votre musique, par contre cela empêchera vos fans de la découvrir et de vous faire de la promo.

Facilitez plutôt l’accès pour favoriser la diffusion prescriptive.

Par exemple, utilisez un widget multimedia comme Sprout et qui permet une diffusion virale par les fans

Musique 2.0: Musiciens indépendants – Les 7 « prérequis »

Je republie ici un article d’Ignazio Lo Faro le fondateur de BnFlower, qui discute ici les qualité que le musicien 2.0 doit posséder pour se faire connaître aujourd’hui (Via Numérama)

Divers –
Par Ignazio Lo Faro : Sept conseils pour mieux évoluer dans la musique indépendante sur Internet.
La musique indépendante et Libre devient une réalité sur le Web. Depuis plusieurs années, emmené récemment par les Creatives Commons, un large mouvement redéfinit les contours de ce que sera la place des musiciens indépendants dans le monde de la musique en ligne.Du coup, il serait bon d’essayer (je dis bien essayer) de tirer quelques « prérequis » pour mieux évoluer dans la musique en ligne. Ces « prérequis » permettront au musicien indépendant de mieux appréhender et argumenter sa propre réflexion. Certains de ces « prérequis » sont évidents. D’autres moins.

L’ensemble de cette réflexion est directement issue de l’observation et de l’analyse de ce que je peux vivre au sein de la communauté Bnflower.
Il s’agit donc d’une observation du réel. Des besoins et frustrations que peut rencontrer aujourd’hui un musicien indépendant qui se penche sur Internet et les réseaux mobiles pour faire découvrir sa musique. L’ensemble n’est pas exhaustif et devra être amélioré. Il ne s’agit ici que d’un premier jet qui nécessairement est déjà incomplet.

Je ne fais que tracer brièvement ces 7 principes premiers pour que l’ensemble tienne sur un seul article. Je reviendrai sur chacun de ces principes individuellement dans les semaines qui viennent.

1. Penser « diffusion prescriptive » plutôt que « distribution »

Il y a une différence essentielle entre la distribution de ses œuvres et leur diffusion. La distribution peut se définir par ce que l’on pourrait appeler le modèle HEC (Hosting, Editorial, Content). C’est ce que font des sites comme Vitaminic et de nombreux autres. Ce modèle permet au musicien indépendant de placer sa musique sur une plateforme Internet où des centaines d’autres musiciens se présentent eux aussi. Ce modèle souffre donc d’un effet dit de « goulot d’étranglement ». L’artiste n’est plus visible, car noyé dans la masse.

La « diffusion prescriptive » peut être résumée ainsi : « J’aime ta musique alors je la défends et je la diffuse ». On parle de diffusion, car le principe n’est pas d’entreposer sur une plateforme unique ses oeuvres, mais plutôt de les placer sur des structures qui favoriseront sa diffusion. Les blogs et les radioblogs, les podcasts, le P2P, les radios web, etc., sont d’excellentes technologies qui permettent de pratiquer la diffusion. Cette diffusion est dite prescriptive, car il y a prescription d’un artiste par un fan.
Un fan aime la musique d’un artiste alors il la place en première page de son site/blog, bien en vue.
De plus, il permet l’écoute de cette musique (par Radioblog) mais aussi sa diffusion (par Podcast par ex).
Il ne s’agit pas simplement d’une promotion d’un artiste, mais d’une prescription. La différence tient à ceci. En faisant de la diffusion prescriptive, le gérant d’un site exprime ses goûts. Du coup, ceux qui visitent son site et qui ne sont pas là par hasard, ont de grandes chances d’avoir les mêmes affinités que lui. Il s’agit, un peu, de ce que nous faisons tous lorsque nous recommandons un artiste à un ami qui partage les mêmes goûts et centres d’intérêts que nous.

2. Approfondir la proximité avec les amateurs de musiques (les fans)

La proximité est l’enjeu essentiel que les musiciens vont devoir approfondir dans les années qui viennent. La proximité se construit peu à peu entre un artiste et ceux qui découvrent son talent. Cette proximité est largement facilitée aujourd’hui par Internet et l’ensemble des réseaux fixes et mobiles.
Pour un artiste indépendant, ce qui compte c’est de développer son potentiel à réunir autour de lui des personnes qui vont aimer sa musique. Internet permet cela presque naturellement ; il faut offrir à l’internaute ce que Alban Martin appelle une expérience Il s’agit en fait de construire un espace virtuel (cet espace devra être simple et pratique) où le fan et l’artiste vont tour à tour apprendre à se connaître. De cette connaissance et de cette proximité émergera forcément des liens qui permettront à l’artiste d’être réellement à l’écoute de son public. De plus cette proximité et cette compréhension mutuelle permettront aux fans de rentrer plus dans le détail dans leur compréhension de l’univers de l’artiste.
Le tout formera une dynamique qui forcément produira (avec du temps et du travail) l’adhésion d’autres fans ; et ainsi de suite…

3. Utiliser les licences libres plutôt que la Sacem.

Lorsqu’un artiste doit diffuser sa musique, il doit à tout prix faciliter cette diffusion. Sur le BnFlower nous avons vu le cas d’artistes dont la diffusion était altérée, car ces artistes étaient affiliés à la Sacem. Et pour cause. Lorsque vous êtes « déclarés à la Sacem », il faut payer pour pouvoir diffuser sa musique. L’artiste qui veut diffuser sa musique paye, mais celui qui veut diffuser la musique de cet artiste paye aussi. Du coup, c’est un frein important pour la diffusabilité de l’œuvre. Peu de gens sont prêts à payer pour diffuser la musique d’un autre.
Par contre, des licences comme les Creative Commons permettent une libre diffusion. Nul besoin de payer, ce qui donne un coup de fouet à la diffusion de l’artiste. Donc pour bien diffuser sa musique le musicien indépendant doit favoriser juridiquement cette diffusion. C’est ce qu’il fait s’il opte pour des licences libres, Creative Commons, Art Libre…

4. Miser sur l’international.

Il faut avoir une démarche internationale. C’est un prérequis évident.
La France, c’est 24 millions d’internautes. Le monde, 1 milliard. Les musiciens indépendants peuvent déjà commencer une traduction anglophone de leurs sites. Et pourquoi pas une version chinoise (103 millions d’internautes) le plus vite possible.

5. Se rapprocher des communautés.

Seul, un musicien indépendant ne peut diffuser efficacement sa musique. Le relais par une communauté est donc fondamental. Le mieux est de créer sa propre communauté, mais cela n’est pas chose simple. D’autant plus qu’il commence à exister de nombreuses communautés. Autant en profiter. Là aussi la proximité fan/artistes sera essentielle.

6. Favoriser les concerts et le régionalisme

La représentation publique est pour l’artiste un point essentiel. C’est un prérequis évident.
Il faut à tout prix augmenter les concerts. Mais chacun sait que ce n’est pas facile. Internet permet une meilleure visibilité pour l’annonce de ses concerts. Les communautés ont là aussi un rôle primordial à jouer. Et on trouve de plus en plus de communautés régionales . Il faut donc investir, en temps et en énergie, pour augmenter sa visibilité dans ce type de communauté.

7. Avoir du Talent.

Si vous avez du talent c’est le public qui vous le dira, personne d’autre. C’est un prérequis évident là aussi. Avoir du talent pourrait s’exprimer (pour faire simple) par « le potentiel fédérateur d’un musicien indépendant ».
Ce potentiel fédérateur représente la capacité d’un artiste à réunir autour de lui un public qui apprécie sa musique et qui est prêt à se mobiliser pour la faire découvrir à d’autres .

Très difficile à cerner, ce prérequis est la base fondamentale. Sans talent, aucunes technologie, aucunes communauté, aucune réflexion ne pourront vous aider. Le talent est à la base de tout. C’est la condition sine qua non de tout ce qui précède.

De nombreux artistes indépendants ont du talent.

Ignazio Lo faro
Fondateur de Weedfrance et de la communauté BnFlower.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

C’est quoi un widget et pourquoi ca change tout pour les artistes

Les widgets sont des petits morceaux de programmes que vous pouvez placer sur votre page web pour rajouter des fonctionnalités sans être programmeur. En proposant des widgets les artistes peuvent recruter leur communauté de fans pour leur promotion.

Avant de commencer, voulez vous écouter un peu de Ben Harper? Cliquez sur « Music »


Pour vous faire écouter cet artiste, je n’ai pas été pirater sa musique pour la mettre sur mon site. Non en fait je n’ai rien eu a faire de plus que copier et coller le code du widget qu’il propose sur son site.

C’est quoi un widget ?

Des exemples de widgets

En gros les widgets sont comme des morceaux de pages web qui offre une fonctionnalité précise (une vidéo, la météo, un jeu vidéo, une actualité remise à jour…) et que vous pouvez insérer très facilement dans vos pages web, blogs, myspace. Vous pouvez ainsi ajouter à vos pages des images, des vidéos, des présentation, des diaporamas, de la musique, des cartes, une recherche google, et bien d’autres choses…

L’intérêt est évidemment de proposer à ses visiteurs une meilleure expérience du site en leur offrant des fonctionnalités supplémentaires qu’il aurait été impossible/difficile de mettre en place autrement (par exemple un moteur de recherche ou un lecteur vidéo).

Mais ce n’est pas tout. Quand vous utilisez un widget, l’espace de stockage et la bande passante utilisé ne sont pas à votre charge; en mettant vos vidéos sur youtube ou dailymotion, vous leur laissez le cout du stockage, de la transmission des données et en plus vous avez un joli lecteur de vidéos, le tout sans avoir besoin de programmer.

Mieux , un widget peut être réutilisé non pas sur un seul site web, mais sur des milliers, ce qui permet d’utiliser l’effet réseau. Ainsi, si votre vidéo est hébergée sur youtube au lieu d’être hébergée sur votre site, il extrêmement facile pour d’autres personnes de la mettre sur leur propre site. Et donc de de faire plus de diffusion pour la vidéo en question, en favorisant le bouche à oreille et la diffusion de personne à personne. Le message passe donc de manière beaucoup plus ciblée et il susceptible de toucher des personnes intéressées.

Autre avantage pour le créateur du widget, il garde un certain contrôle du contenu. Ainsi, il peut mettre à jour l’information diffusée par le widget, connaitre les utilisateurs du widget ou même supprimer celui ci s’il ne souhaite plus diffuser son contenu.

Pourquoi ça change tout

Tout ça c’est bien joli, mais quel intérêt pour les artistes ? Nous avons vu un peu plus haut le widget de Ben Harper qui est mis a disposition sur son site et que chacun peut librement insérer dans ses pages web … Ce widget contient des photos, de la musique, de la vidéo, des actualités, … bref un mini-site de Ben Harper à insérer dans votre site ! Mieux si après avoir écouté la musique, ça vous a plu, il est possible d’acheter la musique directement via le widget. Ainsi, chaque personne qui insère le widget de Ben Harper dans sa page devient un panneau d’affichage, un point de diffusion et de vente pour Ben Harper.En offrant à ses fans quelques chose de joli, de facile et d’agréable (quoi de mieux pour un fans que d’avoir la musique, vidéo, actu de son artiste favori sur son site personnel et de le partager avec ses amis?), Ben Harper recrute sa communauté de fans pour sa communication, sa diffusion et même sa vente. Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières des milliers (millions?) de fans relayant ainsi une information peuvent jouer un rôle incroyable pour soutenir leur(s) artiste(s) favori(s).

Créer un Widget

Des sites comme Sprout ou Widgetbox vous propose de créer vos widgets ou d’utiliser ceux qui ont été crées par les autres utilisateurs. Plus spécialisé musiciens, BnFlower propose un lecteur audio et permet aux utilisateurs de choisir 3 chansons d’artistes qu’ils veulent diffuser. Pour les musiciens toujours, mais plus complets EuropaMP3 ou Plemi permettent de créer des widgets avec textes, photos, musiques, vidéos, bref un mini site web que les fans peuvent embarquer sur leurs pages. EuropaMP3 prévoit même de reverser une commission aux personnes hébergeant les widgets. Il me semble que Jamendo proposait des widgets, mais je n’arrive pas a remettre la main dessus.

Installer un widget sur sa page web

Pour installer le widget sur votre site vous devez copier le code HTML donné par le créateur du widget et le coller dans votre page web, votre blog ou votre MySpace. Ce code est disponible sur le site du créateur du widget ou souvent dans le widget lui même (menu « partager » ou « share »).

Si vous n’avez pas déjà un site, un blog ou un Myspace, des services comme Netvibes ou Webjam vous propose de créer gratuitement une page personnalisée ou vous pourrez insérer et collectionner des widgets, mais aussi les faire passer à vos amis. Enfin certains widgets peuvent être directement installé sur votre ordinateur (widgets pour MacOSX, mais appelle « gadgets » chez Windows Vista).

Pour finir

Je pense que dans l’avenir (très proche) ce moyen de diffusion prescriptive va se généraliser, que chaque personne va devenir son propre média et agira comme un filtre au sein de son réseau social, relayant certaines informations et éliminant certaines autres. Je parie même que dans très peu de temps ce modèle concurrencera sérieusement le modèle publicitaire classique.
Allez, je vous laisse avec Eleanor L Vault, un artiste découvert en cherchant des widget:

Ouvrir dans un pop-up