Jacques Attali répond aux artistes à propos de Hadopi

Lundi, mars 30th, 2009

Bien des artistes ne semblent pas admettre que l’Internet leur ouvre de formidables potentialités créatrices, que le projet de loi dite Hadopi, qui vise à interdire le téléchargement gratuit, ne vise pas à les protéger, mais à réserver l’essentiel de la valeur produite à quelques entreprises, et qu’un autre système de rémunération, fondé sur la nature profonde de l’Internet, leur assurerait un meilleur revenu et une bien meilleure reconnaissance sociale, s’ils s’en emparent avant que ne s’y rallient les entreprises qui la combattent aujourd’hui.

Jacques Attali répond aux artistes à propos de Hadopi

Lien: Le piratage et ses effets positifs sur l’économie

Jeudi, janvier 29th, 2009

« Les effets économiques du partage de fichiers sur le marché néerlandais sont très positifs à court et à long terme « . Un nouveau rapport, commissionné par le gouvernement néerlandais, sur les conséquences économiques et culturelles du partage de fichiers sur les industries de la musique, du cinéma et du jeu vidéo conclut que le téléchargement illégal a un effet global positif sur la bonne santé de l’économie

> Le piratage et ses effets positifs sur l’économie

Lien: Bruxelles signe la fin du monopole national de la Sacem

Dimanche, novembre 16th, 2008

« La Commission européenne a rendu le 16 juillet une décision qui casse le monopole territorial des 24 sociétés d’auteurs de l’Union membres de la Cisac (dont la Sacem). En vu de faciliter la gestion des droits sur Internet, Bruxelles établit une concurrence entre SPRD à partir de trois principes : la liberté d’affiliation, la non validité des contrats d’exclusivité et des restrictions nationales. »

-> Bruxelles signe la fin du monopole national de la Sacem

Joss Stone : « le piratage, c’est brillant »

Jeudi, juillet 10th, 2008

De plus en plus d’artistes prennent partie pour la libre diffusion des œuvres sur internet. Aujourd’hui un article de Numérama qui présente le point de vue de la chanteuse Joss Stone.

La chanteuse Joss Stone, qui a gagné l’an dernier un Grammy Award, n’a aucun rapport conflictuel avec le piratage. Bien au contraire. Interrogée lors d’une interview sur son sentiment à l’égard du piratage et des gens qui téléchargent ses chansons sur Internet, Stone a abasourdi son interlocuteur : « Je trouve que c’est génial« . « Génial ?« , insiste le journaliste interloqué.

« Oui, j’adore ça. Je trouve que c’est brillant et je vais vous dire pourquoi. La musique devrait être partagée. La seule chose que je n’aime pas c’est le business qui y est attaché. Mais, si la musique est gratuite, il n’y a plus de business, il n’y a plus que la musique. Donc, oui, j’aime ça, je pense que nous devrions partager« , a expliqué la chanteuse.

« C’est bon, si une personne achète [mon disque], ça me va très bien, gravez-le, partagez-le avec vos amis, je m’en fiche. Je me fiche de la manière dont vous l’écoutez à partir du moment où vous l’écoutez. Tant que vous venez à mon concert, et que vous prenez du bon temps à écouter le concert, c’est cool. Je m’en fiche. Je suis content qu’ils l’écoutent« .

Pour Joss Stone, la plupart des artistes qui s’opposent aux fans qui téléchargent leur musique sont subissent un « lavage de cerveau » de la part de leur maison de disques. Juré craché, c’est pas le cas des 52 artistes français qui se sont engagés courageusement pour la riposte graduée…

La chanteuse, visiblement agacée par l’industrie du disque, a entamé une bataille juridique contre sa maison de disques EMI pour obtenir le droit de rompre son contrat qui doit couvrir trois albums.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Je ne les qualifierai pas de voleurs sauf s’ils me traitent de pirate

Vendredi, juillet 4th, 2008

Auteur de L’Anarchisme triomphant : Le logiciel libre et la mort du copyright, et du Manifeste du Point-Communiste, Eben Moglen est considéré comme l’un des penseurs les plus radicaux, mais aussi les plus pertinents, de la société de l’information. Internet Actu revient sur ses positions sur le copyright et l’industrie de la musique.

Je vous invite à prendre le temps de lire cet article d’Internet Actu, sur Eben Moglen, un personnage peu ordinaire. Jetez un œil en particulier aux extraits choisis, traduits, compilés et (“librement”) adaptés de ses propos sur l’industrie de la musique. J’en ai copié ici un petit morceau pour vous donner envie d’aller lire la suite:

“Je ne les qualifierai pas de voleurs sauf s’ils me traitent de pirate”

Il faudrait d’ailleurs qu’ils admettent qu’ils (les industriels de la musique) militent pour l’ignorance, pour l’acculturation, qu’ils revendiquent le fait que vous ne devriez avoir accès à la culture que dans la mesure où vous avez assez d’argent pour vous l’offrir, ou plutôt l’acheter. Et plus ils agiront de manière brutale, déraisonnable, disproportionnée, plus ils se discréditeront.

Je ne les qualifierai pas de voleurs sauf s’ils me traitent de pirate. Les artistes n’ont rien à craindre des gens qui aiment ce qu’ils font. Les amateurs de musique ne peuvent pas faire de mal aux artistes qu’ils apprécient, même si les industriels s’acharnent à le leur faire croire.

Car le problème n’est pas tant d’empêcher les gens de “voler” des fichiers que d’empêcher les artistes de découvrir qu’il existe des alternatives, et qu’ils peuvent vivre sans ce genre d’intermédiaires. On assiste en effet à un retournement d’alliance, au détriment de l’industrie, entre ceux que l’on appelait des “consommateurs” et ceux que l’on appelait des “producteurs”.

Et ce qui menace le plus l’industrie du disque, ce n’est pas l’amateur de musique et d’échanges de fichiers, c’est le fait que Madonna, et plein d’autres, commencent à quitter leurs maisons de disque car n’ont plus grand chose à leur apporter, contrairement aux tourneurs et aux organisateurs de concerts.

La suite sur Internet Actu…

Voir aussi les autres conférences, traduites en français, d’Eben Moglen sur Framablog.

Ecrivain 2.0: interview de Paulo Coelho sur le téléchargement et le futur du livre

Mercredi, avril 30th, 2008

Le site Pirate Coelho proposait depuis l’an dernier des liens torrents pour télécharger les œuvres de l’écrivain Paulo Coelho. Surprise, le pirate n’est autre que Coelho lui même ! Une idée de la propriété intellectuelle à l’opposé de la vision conventionnelle…

L’écrivain brésilien Paulo Coelho, l’auteur de « L’alchimiste » dont les livres ont été traduit dans 67 langues et qui a vendu plus de 100 millions d’ouvrages dans le monde entier, a démarré l’an dernier un blog anonyme (Pirate Coelho, tout un programme…) où il propose des liens bit torrents vers des versions complètes de ses œuvres disponibles sur internet. La plupart de ces copies en ligne n’étaient pas autorisées, mais l’écrivain a réussi à convaincre ses éditeurs que ceci ne réduirait pas les ventes.

Interview de Paulo Coelho

Voici une traduction d’une interview de Coelho (je l’ai traduite à partir de l’anglais lui même traduit à partir du portugais; j’ai essayé de respecter le sens, mais il peut y avoir des erreurs…)

(journaliste) – Pourquoi créer un site pour diriger les internautes vers des endroits où ils peuvent télécharger vos livres gratuitement ?

(Coelho) - Je crois qu’offrir des livres gratuits en ligne stimule les ventes dans le monde « réel ». Vers la fin des années 90 , j’ai eu une expérience en Russie qui m’a ouvert les yeux. Nous avions des problèmes avec les ventes et l’explication qui revenait tout le temps était que la distribution était difficile dans cette partie du monde. En 1996, nous avions seulement vendu 1000 livres. Fin 1997, une traduction de « Brida » est apparue sur certains réseaux peer-to-peer et les ventes ont commencé à décoller. En 1998, nous avons vendus 10 000 copies. En 1999, 100 000 copies. En 2000, le chiffre a dépassé le million de copies ! Ce n’était pas un hasard: l’internet a favorisé le bouche à oreille; résultat, les lecteurs ont commencé a faire pression sur les libraires qui, d’eux-mêmes, ont commencé à commander plus de copies….

(journaliste) – Comment en êtes vous venus à créer Pirate Coelho ? Vous aviez conscience que le téléchargement doperait les ventes ou cela a t-il été une surprise pour vous ?

(Coelho) – Après mon expérience russe, l’idée a mûrie. J’ai décidé de lancer le site Pirate Coelho en 2006. Il est à noter que le site recense simplement des liens vers les fichiers torrents. Il ne stocke rien, il montre juste le chemin aux internautes.

(journaliste) – Est ce que les ventes ont augmentées depuis que vous avez commencé le partage de livres gratuits ?

(Coelho) – Je n’ai pas de chiffres, mais je vois les effets avec mon dernier livre, « la sorcière de Portebello », cette stratégie a porté ses fruits. Aux Etats-Unis par exemple le livre est entré dans dans la liste des ouvrages les plus vendus de la semaine, une performance que seul « L’alchimiste » avait réussi à faire jusqu’à présent.

(journaliste) – Le téléchargement sur internet provoque une baisse des ventes et c’est un problème majeur de l’industrie de la musique. Pourquoi est ce que ça n’arrive pas avec les livres papier et les éditeurs ?

(Coelho) – Je ne peux pas prévoir comment le le piratage de livres va influencer les ventes à l’avenir. Ce que nous observons pour l’instant c’est une dissémination plus importante des travaux.

(journaliste) – Que pensent vos éditeurs de votre initiative de créer Pirate Coelho ?

(Coelho) – Mes éditeurs acceptent tous mon choix.

(journaliste) – Comment voyez vous le futur du livre ? Pensez vous qu’il est menacé par le Kindle et autres e-books ?

(Coelho) – Quand j’ai donné une conférence à Munich en janvier dernier, je suis tombé sur une idée intéressante: le futur du livre n’est peut être pas dans des objets comme le Kindle ou les e-books, mais dans l’interactivité entre les lecteurs et l’auteur autour du livre. Certains pensent que dans le futur les gens pourraient payer non pour le livre, mais pour les discussions et l’univers associé au livre. Nous voyons cela aujourd’hui dans les jeux vidéo en ligne où le consommateur paye une somme pour entrer dans l’univers du jeu. Peut être est ce la futur du livre.

(journaliste) - Jusqu’à quel point va se développer la relation entre internet, la littérature et l’industrie du livre ? Quelles pistes pourraient encore s’ouvrir grâce a cette relation et quels les bénéfices et les dangers potentiels ?

(Coelho) – Je ne peux pas prévoir comment les nouveaux médias vont influencer la littérature au 21eme siècle. Ce que je peux dire c’est que nous voyons plus d’interactivité entre les lecteurs et les auteurs. L’émergence des blogs permet cet échange que je trouve extrêmement enrichissant. Mais je ne crois pas complètement à un processus de création collective qui conduise à l’écriture d’un livre. J’ai vu des expériences où les lecteurs participent au processus de création et le résultat n’était pas terrible. Je crois en l’interactivité mais après que le travail ait été fait par le créateur, pas avant.

Voir l’article original

Lisez le dernier livre de Paulo Coehlo en ligne

Cette fois c’est son éditeur qui le propose par l’intermédiaire d’un widget que chaque internaute peut placer sur son site, blog, myspace, pour le faire découvrir à ses visiteurs…



Browse Inside this book

Get this for your site

Pour l’instant le livre n’est disponible qu’en anglais, mais on peut espérer avoir bientôt une traduction. Et bien sur si ça vous a plu, n’hésitez pas à acheter le livre pour vous ou vos amis

Paulo Coelho discute internet, copyright et le futur du livre à la Digital, Life, Design conférence de Munich

Voici la vidéo (en anglais).

Link: sevenload.com

Pour finir

Ça fait vraiment plaisir de voir quelqu’un qui observe, s’interroge, cherche à comprendre et expérimente au lieu de refuser en bloc tout changement. J’ai beaucoup apprécié cette attitude du « je ne sais pas, mais nous observons que… ». C’est humble et ouvert, et très rafraîchissant. Je crois que je sais quel sera mon prochain livre de chevet…

Copier et remixer les articles de Toc-Arts.org

Dimanche, mars 16th, 2008

Sauf mention contraire, le contenu publié sur Toc-Arts est mis à disposition sous un contrat Creative Commons.

Creative Commons License

Cela signifie que vous pouvez recopier et modifier à votre guise le contenu publié sur Toc-Arts.org, à condition de:

* citer Toc-Arts
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Comme Numerama, “nous encourageons tous nos lecteurs qui le souhaitent à copier, voler, pirater sans vergogne ce que nous écrivons, et à reproduire sans payer les articles sur leurs blogs, pages MySpace, e-mails ou papyrus.
Enjoy !

PS: Si vous avez des questions, écrivez moi!

Numerama vous aide à pirater Numerama

Dimanche, mars 16th, 2008

Numerama: « nous encourageons tous nos lecteurs qui le souhaitent à copier, voler, pirater sans vergogne ce que nous écrivons, et à reproduire sans payer les articles sur leurs blogs, pages MySpace, e-mails ou papyrus. »

Article extrait de Numerama :

 

Conformément à la politique qui a toujours été celle de Ratiatum, Numerama n’a aucune intention de garder jalousement les articles que nous écrivons et publions ici quotidiennement. Au contraire, nous encourageons tous nos lecteurs qui le souhaitent à copier, voler, pirater sans vergogne ce que nous écrivons, et à reproduire sans payer les articles sur leurs blogs, pages MySpace, e-mails ou papyrus. Mieux, nous venons même de mettre en ligne un outil qui vous permet de le faire facilement, dans le respect de la licence Creative Commons que nous avons choisie pour mettre quand même quelques règles de bonne séance dans ce monde de sauvages.

Vous trouverez désormais à droite de chaque article un lien « Copier sur mon blog » qui vous explique tout ce que vous avez besoin de savoir sur la licence Creative Commons by-nc-nd que nous utilisons, et qui vous permet de copier tout l’article en un seul clic, pour le coller facilement dans votre éditeur de texte.

Nous demandons simplement à nos amis bloggeurs et internautes et de ne pas modifier le texte pour ne pas en trahir le sens (ou faites-le en distinguant bien vos modifications du reste), de citer l’auteur de l’article, et de laisser un lien actif à la fois vers l’URL de l’article original et vers la licence Creative Commons. Toutes ces notices sont inclues d’office dans un cadre à la fin de l’article lorsque vous les copiez. Merci donc de ne pas le supprimer.

Enfin, il est bien entendu que seules les « recopillages » à titre non commercial sont couverts par cette lience. Si vous souhaitez reproduire des articles de Numerama dans vos magazines ou journaux papier, ou sur des blogs ou sites internet édités dans le but d’en tirer un profit commercial direct, merci de nous contacter pour connaître nos tarifs préférentiels.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Chapeau à Guillaume et l’équipe qui font un super boulot depuis 6 ans et bravo pour cette initiative originale et intéressante ! Je republierai de temps en temps des articles de Numerama et j’encouragerai de même la republication d’article Toc-Arts (j’en reparlerai des que j’aurai rajoute une licence creative commons sur le contenu Toc-Arts).

Droit d’auteur: Le « piratage » favorise la créativite culturelle

Vendredi, mars 14th, 2008

Une société libre d’emprunter et de construire sur le passé est culturellement plus riche qu’une autre. Voici une vidéo à méditer…

Digression: un blogueur victime d’un dommage collatéral 2.0

Mercredi, mars 12th, 2008

Dans un monde interconnecté, qui est responsable de quoi ? C’est la question qui va revenir de plus en plus souvent dans les blogs et les tribunaux prochainement…

Eric Dupin, plus connu pour etre l’animateur du blog Presse-Citron est sous le coup d’une assignation en référé au Tribunal de Grande Instance de Paris suite à la plainte d’un acteur français à son encontre. Plus d’infos:

http://www.presse-citron.net/?2008/03/12/3162-bonne-nouvelle-fuzz-rapporte-enfin-beaucoup-d-argent

A mon avis, entre les fils RSS, les API et les Mashup (applications web combinant plusieurs services indépendants pour créer un nouvelle fonction), les sites de partages de vidéos et de photos, le contenu généré par les utilisateurs (type Wikipédia), la vie privée exposée à tous sur Facebook, le ballet des plaintes ne fait que commencer… Surtout que la justice et le politique, dépassés par les bouleversements que la technologie apporte ont du mal a comprendre et à créer des jurisprudences et des lois adaptées. A quand la justice 2.0 ?