Lien: « La musique gratuite a une vraie valeur économique »

La musique diffusée ou téléchargée gratuitement en ligne a une vraie valeur économique, qu’il serait absolument faux de dire que sa valeur est égale à zéro ! A partir de cette gratuité, il devient possible de fidéliser le public, de vendre des places de concerts, des collectors, etc….

« La musique gratuite a une vraie valeur économique » Libération.fr

Pour aller plus loin: d’autres articles « Artistes et gratuité« 

Artiste contre Hadopi: Orbor persifle et signe

Contre la loi Hadopi, qui veut enrégimenter internet au nom des artistes, Orbor, chanteur 2.0 se bat en utilisant le web et sa musique. Après avoir sorti une première video qui pose des questions sur le piratage et les artistes, Orbor récidive et sort une nouvelle chanson en détournant une vidéo des artistes qui chantent pour les restos du coeur pour faire entendre son point de vue. Il continu a proposer sa musique gratuitement (en écoute sur son site et sur demande email) car il pense que artistes et gratuité peuvent faire bon ménage.

Artistes contre hadopi, pas tous des enfoirés comme Orbor
Orbor appelle, les « enfoirés »,les artistes dépendants et indépendants à se désolidariser de cette loi « création et Internet » sous peine de boycott massif et légitime des internautes. A force de lire leurs arguments, il ressort qu’il est insultant de les traiter de pirates et qu’ils n’ont jamais mis autant d’argent que maintenant dans la musique. Tout le monde sait maintenant que c’est la dématérialisation de la musique et non le piratage qui fait baisser le CA de l’industrie du disque. Que se passera-t-il dans un an quand 100000 internautes seront privés de net et que leur CA baissera encore, on dira la répression tue les artistes ?

Cordevocalement
Orbor, chanteur 2.0

Jacques Attali répond aux artistes à propos de Hadopi

Bien des artistes ne semblent pas admettre que l’Internet leur ouvre de formidables potentialités créatrices, que le projet de loi dite Hadopi, qui vise à interdire le téléchargement gratuit, ne vise pas à les protéger, mais à réserver l’essentiel de la valeur produite à quelques entreprises, et qu’un autre système de rémunération, fondé sur la nature profonde de l’Internet, leur assurerait un meilleur revenu et une bien meilleure reconnaissance sociale, s’ils s’en emparent avant que ne s’y rallient les entreprises qui la combattent aujourd’hui.

Jacques Attali répond aux artistes à propos de Hadopi

Vous avez dit piratage ? Quand le gratuit fait vendre.

Voici un article de Numérama sur le piratage et la vente de musique. Contrairement à ce qu’essaye de faire croire les industriels de la culture, le téléchargement n’est pas foncièrement mauvais pour les artistes. J’avais déjà parlé du piratage et de ses effets positifs sur l’économie, de Paolo Coehlo qui piratait ses propres livres et en vendait plus, voici un exemple de plus qui démontre comment le piratage peut augmenter les ventes:

L’album le plus vendu sur Amazon en 2008 était aussi offert gratuitement
Peer-to-Peer –

Distribué sous licence libre sur les réseaux P2P, l’album Ghosts I-IV de Trent Reznor figure en tête des albums les plus vendus en 2008 sur la plateforme de téléchargement d’Amazon aux Etats-Unis.

« La gratuité c’est le vol« , accusait Denis Olivennes dans un pamphlet qui lui a valu quelques mois plus tard de présider les accords de l’Elysée sur la riposte graduée avec les maisons de disques et les fournisseurs d’accès. « La gratuité c’est des ventes« , pourrait aujourd’hui lui rétorquer Trent Reznor, le très engagé leader de Nine Inch Nails (NiN).

Son album Ghosts I-IV est tout simplement l’album qui s’est le mieux vendu sur la plateforme de téléchargement d’Amazon en 2008, alors-même que Reznor l’avait placé sous une licence Creative Commons pour autoriser son téléchargement et son partage sur les réseaux P2P. Au moment de sa sortie, les internautes pouvaient télécharger gratuitement les neuf premiers morceaux de l’album au format MP3 320 Kbps, avec livret PDF gratuit de 40 pages et autres goodies. L’ensemble des 36 morceaux étaient ensuite vendus ensemble sur Amazon pour 5 $ seulement. Des formules premium entre 10 $ et 300 $ permettaient ensuite aux fans d’obtenir des versions plus riches, jusqu’au coffret Ultre-deluxe dédicacé par Trent Reznor, limité à 2.500 exemplaires.

Partisan du partage de fichiers, l’artiste qui avait quitté Universal pour protester contre la politique de lutte contre le piratage menée contre ses fans avait mis lui-même les neuf premiers morceaux de l’album sur les sites de liens BitTorrent. Dès la première semaine, il a pourtant enregistré 1,6 millions d’euros de chiffre d’affaires. Un résultat probablement très inférieur aux sommes totales collectées par l’artiste, puisqu’il reste encore très téléchargé sur Amazon, et a lancé avec succès d’autres initiatives. Il s’est notamment associé avec Tapulous pour proposer des morceaux de son album sur une version dédiée du jeu Tap Tap Revenge pour iPhone.

Après ça, il sera difficile pour les maisons de disques de prétendre que les licences libres ou la gratuité tuent le marché du disque. Mais elles continueront à le faire puisqu’ici, aucune maison de disque n’a le moindre contrat avec NiN, qui encaisse la majeure partie du chiffre d’affaires en limitant au maximum le nombre d’intermédiaires. Ce qui lui permet de proposer un album de 36 chansons à seulement 5 $, lorsque la plupart des artistes touchent moins de 2 euros sur un album vendu 16 euros dans le commerce. A méditer.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Voici donc une approche originale qui cherche à accompagner les changements liés à internet plutôt que de les combattre aveuglement.

Pour finir je vous conseille de relire l’article « Mieux que gratuit, le business model réinventé » où Kevin Kelly pose des questions interessantes sur la nouvelle économie numérique: L’Internet est une machine à copier. Que faire lorsque les copies sont gratuites ? Vous devez vendre des choses qui ne peuvent être copiées !

Diffusion prescriptive: Le diffuseur 2.0 est l’avenir des l’artistes

Avec la multiplication des plateformes de diffusion, des médias et des points de vente, comment se faire connaître et se diffuser? Grâce aux diffuseurs 2.0 ! Je reproduis ici un article très intéressant d’Hubert Guillaud qui discute de l’avenir de la diffusion pour les écrivains.

Diffuseurs 2.0

On le comprend de mieux en mieux. Demain, le livre au format électronique sera disponible plus facilement. On pourra acheter le fichier électronique d’un livre (à un prix moins élevé que le livre papier), peut-être le stocker ailleurs que sur sa machine (pour moins le perdre), sur des plates-formes auxquelles nous serons abonnés, membres ou simples passants. Soit. Mais des plateformes, il y en a des dizaines, des centaines, des milliers ! Qui va diffuser mon fichier sur Le Monde en ligne (pour que les gens puissent y avoir accès depuis leur journal), mais aussi sur mon journal local en ligne ou les sites web des magazines culturels ? Qui va me permettre de faire que mon fichier soit accessible sur les plateformes plus puissantes que la mienne ?

Voila qui repose d’autant plus cruellement la question de la diffusion au format numérique. Qu’un éditeur propose un de ses livres au format numérique sur son site, c’est normal. Mais on le voit à l’aune de l’expérience de ceux qui s’y sont déjà lancés… Comment rendre ces fichiers accessibles depuis d’autres sites, d’autres boutiques, dans d’autres réseaux ? Comment assurer leur diffusion ? Quels partenaires vont me permettre cela ? Est-ce que moi, auteur ou éditeur, je vais devoir démultiplier des partenariats (exclusifs, ou pire, excluants) pour que mon fichier soit disponible sur d’autres sites que le mien ?

Car l’enjeu est bien là finalement. Le problème, n’est pas de rendre son texte disponible au format numérique, mais de le diffuser, de faire qu’il soit accessible, dans ma boutique, mais aussi dans toutes celles des autres – SmartLinks est un piste, mais est-ce la seule ? Comment demain vais-je pouvoir rendre mon fichier disponible chez Amazon, Lulu, Numilog, Google, Galica, Place des libraires, dans les boutiques de confrères, sur les sites web d’autres éditeurs, sur les sites marchands quelconques (Chez Carrefour, Leclerc, Cultura, Ooshop…), mais aussi sur les sites communautaires comme Zazieweb, LlibraryThing, Babelio… Mais aussi sur Facebook ou MySpace…

Je peux être demain l’éditeur de mon propre texte numérique. C’est facile. C’est simple. Je peux le vendre sur une ou deux, voire trois plateformes, facilement. Mais est-ce suffisant ? Est-ce que cela me permet de toucher suffisamment de public, d’être suffisamment accessible ? Comment puis-je le diffuser mieux que je ne sais le faire, et ne pas être cantonné depuis mon propre site, mon propre réseau ? Comment mon fichier peut-il être accessible sur d’autres sites, depuis d’autres réseaux ? Ce n’est pas l’URL de mon fichier qui est important à diffuser, mais le fichier en tant que tel ? Et comment, sur toutes ces plateformes, je saurais ce qui doit m’être crédité, à moi éditeur et à mes auteurs ?

Je pense que nous allons avoir besoin de diffuseurs 2.0. De gens capables de prendre votre fichier et de le diffuser pour vous dans d’autres réseaux que les vôtres. De vous assurer de ses ventes, de vous faire parvenir les décomptes de vente. Comment peut-on imaginer que les éditeurs sauront faire tout ce travail là, autrement qu’en ne passant que par le biais d’une poignée de gros sites marchands – ce qui n’est pas envisageable à terme ? J’avais la même interrogation sur les libraires : comment mon libraire de quartier sera-t-il accessible depuis GoogleBookSearch, pour que je puisse commander mon exemplaire numérique chez lui, si je le veux ? Comment sera-t-il accessible depuis le site de FranceCulture, de Télérama ou de Bibliobs, de Zazieweb, Babelio, etc. ?

L’enjeu est d’autant plus important que le libraire ou l’éditeur est petit. Un gros groupe pourra gérer des partenariats multiples avec des centaines de plateformes. Mais cela ne pourra pas être le cas, pour de petites structures. Or mon problème, demain, à moi éditeur, auteur ou libraire notamment, c’est de pouvoir toucher avec mon exemplaire en vente, d’autres structures que la mienne ou que les plus grosses.

C’est ce que disait O’Reilly : si je veux vendre plus d’exemplaires en .pdf de mon bouquin, il faut qu’il soit disponible sur d’autres boutiques que la mienne. Il faut que moi, petit éditeur, je puisse accéder à XXX boutiques, qu’un intermédiaire le fasse pour moi. Développe les partenariats, les API, qui rendront cela possible. Développer et multiplier les canaux de ventes. On voit bien qu’il y a là, un vrai métier à venir. Et que pour pouvoir être partout, il va nous falloir des gens dont c’est le métier, qui permettront de porter vos ouvrages numériques sur des plateformes toujours plus variés.

Article écrit par Hubert Guillaud (La feuille) et publié sous licence Créative Commons

Conclusion

Le diffuseur 2.0 est l’avenir de l’écrivain 2.0 et plus généralement de l’artiste 2.0. Celui qui a du talent et qui donne à son public (du plaisir, du contenu gratuit, …), qui fidélise ce public qui, en retour, fait de la diffusion prescriptive (”j’aime donc je diffuse”) de l’artiste. Contrairement à Hubert Guillaud, je pense que même si avoir des diffuseurs 2.0 professionnels sera utile, ce ne sera pas suffisant. Il y a aura toujours de nouvelles plateformes et même pour un diffuseur 2.0 professionnel, cela sera impossible à suivre. Je crois plus au recrutement des « consom’acteurs », ces fans très impliqués qui diffuserons le travail de l’artiste, mais aussi pourront héberger des boutiques en ligne (via des widgets) pour devenir un point de vente de leur(s) artiste(s) fétiche(s) et aussi acheter ses œuvres ou les financer. Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières (et les longues traînes…) des milliers de diffuseurs/prescripteurs faisant une diffusion cible pourront être plus puissants qu’un média centralisé faisant de la publicité. Qu’en pensez vous ?


Portishead teste la gratuité pour lancer son prochain album


Le nouvel album de Portishead, ‘Third’, attendu depuis si longtemps, sera mis a disposition sur gratuitement sur le site Last.fm et en intégralité à partir du 21 avril, une semaine avant sa sortie officielle.
Nous annonce Sok Borey sur Musique 2.0

Third’ est le premier album du groupe de Bristol en 11 ans, les 11 titres seront disponibles à la demande, gratuitement et en intégralité pendant 7 jours jusqu’à sa sortie officielle le 28 avril.

Intéressante initiative et un bon coup qui devrait nourrir le buzz. Cette annonce peu surprenante arrive juste après que Last.fm ait annoncé que la gratuité était bonne pour les ventes.

A noter que cette initiative ressemble fortement à celle de Radiohead qui avait eux aussi mis leur album en téléchargement libre (les internautes étaient libre de donner ce qu’ils souhaitaient) pour nourrir le buzz.

Ici aussi cette gratuité limitée (l’album sera disponible gratuitement seulement une semaine) est plus utilisée comme un outil de marketing que comme le nouveau business model qu’envisagent Kevin Kelly et de Chris Anderson . Mais bon, c’est un pas de plus vers des modeles alternatifs dans l’industrie de la musique.

musique: la gratuité encourage les ventes, selon last.fm

lastfm logo Last.fm, un service qui propose d’écouter gratuitement de la musique en ligne, vient de publier des statistiques sur les ventes de musiques. Contrairement à ce que l’industrie du disque essaie de nous faire croire, il semble que la gratuité de la musique est bonne pour les ventes.

Last.fm a récemment passé des accords avec des industriels de la musique (EMI, Sony BMG, Universal, and Warner) pour proposer un service d’achat de musique à la demande. Last.fm laisse ainsi les utilisateurs écouter n’importe quel morceau avec une limite de 3 écoutes par morceau. Après ces 3 écoutes, les utilisateurs sont encouragés à acheter le morceau via un des site partenaire. Le service est bon pour last.fm (les gens passent plus de temps en moyenne sur le site), mais aussi pour les partenaires (le nombre de morceaux vendus par Amazon en CD ou en téléchargement a augmenté de 119%). Ceci semble donc confirmer les idées de Kevin Kelly et de Chris Anderson sur la gratuité comme business model.

Les musiciens et labels indépendants peuvent aussi profiter de la plateforme pour diffuser et vendre leur musique, car Last.fm remunère les artistes à chaque diffusion d’un de leur morceaux.

via ReadWriteWeb

Réflexion: la gratuité est elle l’avenir de l’économie ?

Début de la série Réflexion qui explorera des idées nouvelles et parfois controversées. Lisez cet article d’Internet Actu qui résume les dernières idées de Chris Anderson, l’auteur de la théorie de la Longue traine (on y reviendra plus en détails bientot…)

« La gratuité est l’avenir de l’économie clame Chris Anderson (blog) qui prépare dans cet article pour la revue Wired, dont il est rédacteur en chef, son prochain livre intitulé Free. Chris Anderson rappelle tout d’abord que la gratuité s’inscrit dans un processus commercial classique, comme l’a exploré avec succès Gillette, en offrant ses rasoirs et en faisant payer ses lames. »

http://www.internetactu.net/2008/03/10/la-gratuite-est-elle-lavenir-de-leconomie/