Everything is a remix: réflexions sur la copie, la création et l’innovation

Une documentaire vidéo qui fait réfléchir sur la création et la copie, le droit d’auteur. Une piste de reflexion sur les changements apportées par le numérique, mais aussi une source d’inspiration pour les créateurs.

Saviez vous que Led Zeppelin ne s’est pas seulement inspiré d’autres groupes de son époque, mais à carrément pompé bon nombre de ses tubes, parfois sans même prendre la peine de modifier le titre ou la chanson ?!

Saviez vous qu’en regardant attentivement Star Wars on peut deviner quelles oeuvres Georges Lucas a copié et transformé pour créer son chef d’oeuvres ?

Produite par Kirby Fergusson la série Everything is a remix est particulièrement fascinante.

A travers des exemples concrets Kirby Fergusson montre comment toute création est avant une copie modifiée d’une création précédente.

Toute création est un remix

Les vidéos sont en anglais mais proposent des sous-titres en français. Elles durent une dizaine de minutes chacune et sont très agréable regarder.

 

Le site de Kirby Fergusson
Everything is a remix

Créativité, innovation et remix

Contrairement à l’idée que l’on a du créateur, génie solitaire créant quelque chose d’entièrement nouveau dans un grand moment d’illumination, la réalité semble plus terre à terre.

Nous sommes tous influencé par le passé et que nous voulions ou non, ce que nous créons n’est jamais entièrement nouveau mais est l’aboutissement d’une série de micro-innovations qui ont démarrées par des imitations.

Mais je ne crois pas que ce soit problématique, au contraire. En l’acceptant et le comprenant on peut l’utiliser pour mieux créer.

Et c’est la que la vidéo de Kirby Ferguson est particulièrement intéressante pour les créateurs car il donne une équation simple qui résume simplement le processus créatif:

Créer = Copier + transformer + combiner

Dans toute création il y a d’abord une ou plusieurs copie. Copier est un phénomène naturel, reprendre ce que l’on aime et imiter c’est la meilleure manière d’apprendre, et se former .

Dans un deuxième temps pourtant, la copie est modifiée, transformée, elle peut changer de contexte être adaptée, rester semblable ou devenir complètement méconnaissable.

Enfin dernière phase du processus: combiner les copies transformées: c’est cet assemblage qui créer l’oeuvre originale et lui donne l’identité, le style, la patte de son créateur.

En pratique ce n’est pas aussi simple et binaire, mais globalement le processus créatif me semble fonctionner comme ca. Bien sur vous me direz certains créateurs innovent et font quelque chose qui n’a jamais été fait avant.

C’est alors intéressant de voir comment des créateurs particulièrement inventifs comme Michel Gondry parlent de leur inspirations. Bien souvent à la base, il y a eu une influence, quelque chose qu’ils ont copié mais tellement transformé par la suite que l’inspiration d’origine est méconnaissable.

Au final, je trouve ces idées plutôt rafraichissantes car elles ouvrent plein de pistes pour la création, la créativité, l’innovation, les remix…

Evidemment cela va en conflit ouvert avec une vision étroite du droit d’auteur… Kirby montre d’ailleurs très a propos que si la plupart d’entre nous n’avons pas de problèmes et a prendre et réutiliser le travail des autres, il est en revanche bien plus dur  pour nous de voir notre travail réutilisé.

« La plupart d’entre nous n’ont pas de problème avec la copie (tant que c’est nous qui copions) »

Pourtant à l’origine le droit d’auteur avait pour but de donner un avantage aux inventeurs et créateurs pendant une durée limitée avant que la création ou l’invention revienne dans le domaine public pour être librement réutilisée.

Culture du remix et innovation ouverte

 

Pourtant si la copie et le remix ont toujours existés dans l’histoire de la création et de l’innovation, c’était jusqu’alors un épiphénomène, me semble t-il. Je ne suis pas historien et je me trompe peut être, mais il me semble que si dans le passé on copiait ponctuellement quand le besoin s’en faisait sentir, la culture du remix a ceci de différent qu’elle accepte et recherche activement la copie comme principe fondamental du processus créatif.

Qu’en pensez vous ?

 

Une fête à la copie pour repenser le droit d’auteur

La bibliothèque de la Roche-sur-Yon organise une rencontre originale pour faire réfléchir sur le droit d’auteur.

Des débuts de la musique enregistrée à l’apparition d’internet, le droit d’auteur a été ces dernières années un pilier de la rémunération des artistes et des industriels de la culture. Mais aujourd’hui le paysage a changé.

L’internet est une gigantesque machine à copier et le public à les moyens et l’envie de partager de nombreuses œuvres . On peut le regretter et voir ce que l’on perd, comme les industriels qui se battent contre leurs clients pour sauver leur modèle économique ou voir le positif, la promotion des artistes par les fans, le financement de projets artistique par les fans, de nouveaux modèles économiques basés sur la gratuité et le partage qui commencent à se dessiner ou encore la culture du remix qui invente de nouveaux genres.

Dans ce contexte, il est souhaitable d’avoir une réflexion sur le rôle que doit jouer le droit d’auteur. D’où l’initiative originale de la bibliothèque de la Roche-sur-Yon, qui organise une Copy Party, la première « Fête à la Copie » !

Résumé par Lionel Maurel, l’un des organisateurs:

la Copy Party  une manifestation qui aura lieu le 7 mars prochain, à la Bibliothèque Universitaire de la Roche Sur Yon, et au cours de laquelle les lecteurs seront invités à copier, avec leur propre matériel (scanners, ordinateurs portables, appareils photos, smartphones, etc) des documents issus des collections de l’établissement. Ce sera l’occasion de sensibiliser les participants à la problématique du droit d’auteur à l’heure du numérique et de réfléchir aux enjeux de la circulation et du partage des savoirs. D’un point de vue juridique, la Copy Party s’inscrit complètement dans un cadre légal, car elle s’appuie sur l’exception de copie privée, telle qu’elle a été modifiée à la fin de l’année dernière.

(…)

La première intention est de sensibiliser les participants aux questions liées au droit d’auteur et à la diffusion des savoirs, en prenant cette manifestation comme un cas pratique. Nous allons en effet rapidement nous rendre compte que même en accédant à des « sources légales », bénéficier de la copie privée reste une chose compliquée. En effet, les règles sont susceptibles de changer selon les types de documents (livres, CD, DVD, jeux vidéo, logiciels, bases de donnée, etc). Il est aussi possible que nous nous heurtions à des DRM, qui empêcheront la reproduction. Il y a aussi la question de l’usage que l’on peut faire des copies réalisées dans ce cadre, qui reste très restrictif (elles doivent être « réservées à l’usage du copiste et non destinées à une utilisation collective »). Ces difficultés vont certainement nous amener « en creux » à réfléchir sur les justifications de ces restrictions à l’accès au savoir, dans le cadre d’une bibliothèque. Plus largement, l’acte de copie devient de plus en plus problématique, parce que la propriété intellectuelle, ébranlée par l’environnement numérique, ne parvient pas à retrouver ses assises, malgré le durcissement continu du système…

Lire la suite de la présentation sur Framablog…

Moi je reste persuadé que le partage des oeuvres favorise la richesse et la diversité culturelle et qu’une adaptation du droit d’auteur aux nouveaux usages est fondamentale pour bâtir les nouveaux modèles économiques équitable pour les artistes. J’espère donc voir de telles initiatives se multiplier pour que la discussion soit lancée.

Le téléchargement gratuit est bon pour la promotion des œuvres culturelles sur internet.

Un cinéaste a vu la notoriété de son dernier film prendre une ampleur insoupçonnée. La raison ? Le long-métrage s’est tout simplement retrouvé sur les réseaux peer-to-peer. Après Trent Reznor qui encourage ses fans à télécharger sa musique gratuitement et se retrouve en tête des ventes sur Amazon, et Paolo Coehlo qui pirate ses propres livres et en vend plus, voici un exemple de plus qui montre que le téléchargement gratuit peut être bon pour la promotion des œuvres sur internet.

Un article écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com et diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0
Le piratage, meilleur vecteur d’exposition pour une oeuvre culturelle ?
Peer-to-Peer –

Un cinéaste a vu la notoriété de son dernier film prendre une ampleur insoupçonnée. La raison ? Le long-métrage s’est tout simplement retrouvé sur les réseaux peer-to-peer. Le réalisateur reconnait que s’il n’est pas vraiment enthousiaste à l’idée de savoir que des internautes profitent son oeuvre gratuitement, il est quand même ravi de l’exposition offerte par le P2P.

Le peer-to-peer, fléau du droit d’auteur ou excellent outil marketing ? Si les avis ne manqueront pas de diverger sur la question, selon si l’on se place du côté des ayants droits ou des internautes adeptes du téléchargement, Jamin Winans a désormais une opinion bien tranchée. Réalisateur et scénariste sur le film Ink, le cinéaste estime que « s’il n’est guère enthousiaste de voir des personnes découvrir son film sans payer« , est cependant ravi de voir BitTorrent offrir à son oeuvre « une exposition absolument exceptionnelle« .

« Ce week-end, quelque chose d’assez extraordinaire s’est produit » explique Jamin Winans dans un e-mail envoyé aux personnes impliquées dans ce projet. « Ink a été piraté. Quelqu’un l’a publié sur différents sites dédiés au piratage, et nous savions que cela arriverai. Ce que nous n’avions pas prévu, c’est son succès fulgurant (en moins de 24 heures). Ink est devenu le film le plus téléchargé sur plusieurs sites spécialisés, avec parfois 150 000 à  200 000 internautes« .

« Résultat, Ink est désormais classé 16e sur IMDB et fait parti des 20 films les populaires au monde » s’exclame le cinéaste. « Tout a commencé à la suite d’un buzz totalement souterrain que vous nous avez aidé à créer. Nous n’avions pas de distributeur, pas de véritable plan publicitaire, mais le bouche à oreille que vous avez débuté à fait exploser le film dès lors qu’il été disponible en ligne » analyse-t-il. « Nous ne savons pas exactement ou tout cela va nous mener, mais une telle exposition est incontestablement une chose positive » termine-t-il.

Ce n’est pas la première fois qu’un contenu culturel piraté a propulsé ou relancé les ventes et l’exposition d’un artiste. Cet été, nous vous rapportions l’histoire d’un groupe de musique, Barcelona, qui a vu son succès exposer suite à l’utilisation illégale d’un de leurs morceaux de musique dans une vidéo vue plus de trois millions de fois sur YouTube. Et ce n’est pas un cas isolé : Moby et Coldplay avaient expérimenté une diffusion gratuite de certains morceaux. Résultat, l’un et l’autre s’étaient retrouvés en tête des ventes sur les plates-formes musicales… peut-être qu’un jour, les ayants droits en tireront les conclusions qui s’imposent…

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Artiste contre Hadopi: Orbor persifle et signe

Contre la loi Hadopi, qui veut enrégimenter internet au nom des artistes, Orbor, chanteur 2.0 se bat en utilisant le web et sa musique. Après avoir sorti une première video qui pose des questions sur le piratage et les artistes, Orbor récidive et sort une nouvelle chanson en détournant une vidéo des artistes qui chantent pour les restos du coeur pour faire entendre son point de vue. Il continu a proposer sa musique gratuitement (en écoute sur son site et sur demande email) car il pense que artistes et gratuité peuvent faire bon ménage.

Artistes contre hadopi, pas tous des enfoirés comme Orbor
Orbor appelle, les « enfoirés »,les artistes dépendants et indépendants à se désolidariser de cette loi « création et Internet » sous peine de boycott massif et légitime des internautes. A force de lire leurs arguments, il ressort qu’il est insultant de les traiter de pirates et qu’ils n’ont jamais mis autant d’argent que maintenant dans la musique. Tout le monde sait maintenant que c’est la dématérialisation de la musique et non le piratage qui fait baisser le CA de l’industrie du disque. Que se passera-t-il dans un an quand 100000 internautes seront privés de net et que leur CA baissera encore, on dira la répression tue les artistes ?

Cordevocalement
Orbor, chanteur 2.0

Vous avez dit piratage ? Quand le gratuit fait vendre.

Voici un article de Numérama sur le piratage et la vente de musique. Contrairement à ce qu’essaye de faire croire les industriels de la culture, le téléchargement n’est pas foncièrement mauvais pour les artistes. J’avais déjà parlé du piratage et de ses effets positifs sur l’économie, de Paolo Coehlo qui piratait ses propres livres et en vendait plus, voici un exemple de plus qui démontre comment le piratage peut augmenter les ventes:

L’album le plus vendu sur Amazon en 2008 était aussi offert gratuitement
Peer-to-Peer –

Distribué sous licence libre sur les réseaux P2P, l’album Ghosts I-IV de Trent Reznor figure en tête des albums les plus vendus en 2008 sur la plateforme de téléchargement d’Amazon aux Etats-Unis.

« La gratuité c’est le vol« , accusait Denis Olivennes dans un pamphlet qui lui a valu quelques mois plus tard de présider les accords de l’Elysée sur la riposte graduée avec les maisons de disques et les fournisseurs d’accès. « La gratuité c’est des ventes« , pourrait aujourd’hui lui rétorquer Trent Reznor, le très engagé leader de Nine Inch Nails (NiN).

Son album Ghosts I-IV est tout simplement l’album qui s’est le mieux vendu sur la plateforme de téléchargement d’Amazon en 2008, alors-même que Reznor l’avait placé sous une licence Creative Commons pour autoriser son téléchargement et son partage sur les réseaux P2P. Au moment de sa sortie, les internautes pouvaient télécharger gratuitement les neuf premiers morceaux de l’album au format MP3 320 Kbps, avec livret PDF gratuit de 40 pages et autres goodies. L’ensemble des 36 morceaux étaient ensuite vendus ensemble sur Amazon pour 5 $ seulement. Des formules premium entre 10 $ et 300 $ permettaient ensuite aux fans d’obtenir des versions plus riches, jusqu’au coffret Ultre-deluxe dédicacé par Trent Reznor, limité à 2.500 exemplaires.

Partisan du partage de fichiers, l’artiste qui avait quitté Universal pour protester contre la politique de lutte contre le piratage menée contre ses fans avait mis lui-même les neuf premiers morceaux de l’album sur les sites de liens BitTorrent. Dès la première semaine, il a pourtant enregistré 1,6 millions d’euros de chiffre d’affaires. Un résultat probablement très inférieur aux sommes totales collectées par l’artiste, puisqu’il reste encore très téléchargé sur Amazon, et a lancé avec succès d’autres initiatives. Il s’est notamment associé avec Tapulous pour proposer des morceaux de son album sur une version dédiée du jeu Tap Tap Revenge pour iPhone.

Après ça, il sera difficile pour les maisons de disques de prétendre que les licences libres ou la gratuité tuent le marché du disque. Mais elles continueront à le faire puisqu’ici, aucune maison de disque n’a le moindre contrat avec NiN, qui encaisse la majeure partie du chiffre d’affaires en limitant au maximum le nombre d’intermédiaires. Ce qui lui permet de proposer un album de 36 chansons à seulement 5 $, lorsque la plupart des artistes touchent moins de 2 euros sur un album vendu 16 euros dans le commerce. A méditer.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Voici donc une approche originale qui cherche à accompagner les changements liés à internet plutôt que de les combattre aveuglement.

Pour finir je vous conseille de relire l’article « Mieux que gratuit, le business model réinventé » où Kevin Kelly pose des questions interessantes sur la nouvelle économie numérique: L’Internet est une machine à copier. Que faire lorsque les copies sont gratuites ? Vous devez vendre des choses qui ne peuvent être copiées !

Lien: Le piratage et ses effets positifs sur l’économie

« Les effets économiques du partage de fichiers sur le marché néerlandais sont très positifs à court et à long terme « . Un nouveau rapport, commissionné par le gouvernement néerlandais, sur les conséquences économiques et culturelles du partage de fichiers sur les industries de la musique, du cinéma et du jeu vidéo conclut que le téléchargement illégal a un effet global positif sur la bonne santé de l’économie

> Le piratage et ses effets positifs sur l’économie

Joss Stone : « le piratage, c’est brillant »

De plus en plus d’artistes prennent partie pour la libre diffusion des œuvres sur internet. Aujourd’hui un article de Numérama qui présente le point de vue de la chanteuse Joss Stone.

La chanteuse Joss Stone, qui a gagné l’an dernier un Grammy Award, n’a aucun rapport conflictuel avec le piratage. Bien au contraire. Interrogée lors d’une interview sur son sentiment à l’égard du piratage et des gens qui téléchargent ses chansons sur Internet, Stone a abasourdi son interlocuteur : « Je trouve que c’est génial« . « Génial ?« , insiste le journaliste interloqué.

« Oui, j’adore ça. Je trouve que c’est brillant et je vais vous dire pourquoi. La musique devrait être partagée. La seule chose que je n’aime pas c’est le business qui y est attaché. Mais, si la musique est gratuite, il n’y a plus de business, il n’y a plus que la musique. Donc, oui, j’aime ça, je pense que nous devrions partager« , a expliqué la chanteuse.

« C’est bon, si une personne achète [mon disque], ça me va très bien, gravez-le, partagez-le avec vos amis, je m’en fiche. Je me fiche de la manière dont vous l’écoutez à partir du moment où vous l’écoutez. Tant que vous venez à mon concert, et que vous prenez du bon temps à écouter le concert, c’est cool. Je m’en fiche. Je suis content qu’ils l’écoutent« .

Pour Joss Stone, la plupart des artistes qui s’opposent aux fans qui téléchargent leur musique sont subissent un « lavage de cerveau » de la part de leur maison de disques. Juré craché, c’est pas le cas des 52 artistes français qui se sont engagés courageusement pour la riposte graduée…

La chanteuse, visiblement agacée par l’industrie du disque, a entamé une bataille juridique contre sa maison de disques EMI pour obtenir le droit de rompre son contrat qui doit couvrir trois albums.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com