Combien gagne un musicien DIY sur les plateformes de streaming et de vente en ligne ?

Voici un témoignage du groupe Uniform motion qui était revenu il y a quelques temps sur ce qu’ils gagnent sur le le streaming et les ventes en ligne  en tant que musiciens DIY.

Je regroupe ici 2 articles originellement publiés en anglais sur le blog d’Uniform Motion et que j’ai traduit. Le premier donne des chiffres des ventes et de stream sur la période 2010 tandis que le deuxième fait une mise à jour des chiffres pour 2011.

Je trouve ces articles intéressants car il donnent à voir une réalité du métier de musicien de nos jours et sur la difficulté de vendre assez de musique pour faire un bénéfice réel.

Si l’abondance de plateformes de vente et la facilité d’utilisation permettent de vendre sur toute la planète, en pratique il faut vendre un certain volume pour que cela devienne rentable de vendre sa musique.

Le streaming, présenté comme une alternative possible, semble lui aussi limité dans sa capacité à soutenir la scène musicale, au moins à l’heure actuelle.

Note: J’ai traduit rapidement et vous m’excuserez s’il reste des fautes ou du franglais (suggestions bienvenues en commentaires)

 Combien gagne un musicien DIY sur ses ventes en ligne

Article original Release day economics écrit par Andy du groupe Uniform Motion.
 
Notre nouvel album est « officiellement » sorti aujourd’hui. Cela veut dire que vous retrouverez une version digitale sur les différents sites de vente en ligne comme iTunes, AmazonMP3 et eMusic, et que vous pourrez les lire en streaming depuis des seevices comme Spotify ou Deezer.

Les versions physiques (CD et vinyles) sont seulement disponibles depuis notre Bandcamp et aux concerts.

Malheureusement, vous ne pourrez trouver notre album dans aucun magasin de musique. La raison: nous n’avons pas de label, ce qui signifie que nous n’avons pas accès à la distribution. Sans distributeur, vous ne pouvez pas vendre votre CD dans les magasins de musiques.

Si vous travailler pour un distributeur et que vous êtes interessé pour distribuer notre CD, vinyle ou les deux, n’hésitez pas à nous contacter !

Si vous acheter notre musique ou utiliser un des services « légaux » de streaming, voici un aperçu de là où va l’argent.

Spotify

Sur Spotify, le ppaiement par stream est en moyenne de 0,003€.
Donc si vous écoutez notre album en entier, nous obtiendrons 0,029€
Si vous écoutez l’album 10 fois sur Spotify, nous obtiendrons 0,29€
Si vous écoutez l’album 100 fois, nous obtiendrons 2,94€
Si vous écoutez l’album 1000 fois (une fois par jour pendant 3 ans!), nous obtiendrons 29,47€ !

Si vous utilisez la version gratuite de spotify, cela ne vous coutera rien. Spotify gagnera de l’argent avec les publicités. Si vous utilisez une des versions payantes, nous ne savons pas du tout comment ils calculent le partage de revenus. Ils livrent seulement cette informations aux majors…

Deezer

Deezer semble payer un peu plus. Nous avons reçu 0,006€ par lecture de leur part. Ca fait 0,052€ par album écouté.

Si vous écoutez l’album 10 fois sur Deezer, nous obtiendrons 0.52€
Si vous écoutez l’album 100 fois, nous obtiendrons 5,2€
Si vous écoutez l’album 1000 fois (une fois par jour pendant 3 ans!), nous obtiendrons 52€ !

Nous ne savons pas non plus comment eux partagent les revenus.
 
 

eMusic

eMusic est un service sur abonnement. Le coût d’un album dépend du plan que vous avez. Nous recevons à peu près 0.29$ par chanson ou 2.60$ par album (9 chansons).
 
 

Amazon MP3

Vous payez 7.11€ pour télécharger les mp3s. Nous recevons 4.97€ la dessus. Cela fait un partage 70/30.
 
 
 

iTunes

L’album vous coutera 8.91€ si vous l’achetez chez Apple. Il y a un partage 70/30 la aussi, nous garderons donc 6.28€ par album. Cela dit, cela nous coute aussi 35€/an pour garder un album sur iTunes, Spotify et Amazon (105€/an pour tout nos 3 albums).

Nous gagnons donc pas d’argent tant que 24 personnes n’ont pas acheté une version digitale de l’album sur iTunes ou 150 chansons, ou si nous obtenons pas des dizaines de milliers d’écoute sur Spotify !

En fait, dans la plupart des cas, ce n’est pas du tout viable économiquement de vendre sa musique [Note du traducteur, c’est un des argument de Ian Roger dans sa stratégie pour vendre sa musique comme une rockstar]

Mais si vous achetez directement chez nous ?

 

Vente directe avec Bandcamp

Digital:

Nous laissons les gens choisir ce qu’il veulent payer pour la version digitale. Si vous choisissez de payer 5€, Paypal prend 0,37€, Bandcamp prends 0.75€. Uniform Motion garde 3.88€. Cela ne nous coûte rien d ‘avoir une page sur Bandcamp.

Si vous décidez de ne rien payer, et bien nous n’avons rien, mais au moins vous n’avez donné aucun argent indirectement à une major, comme cela semble être le cas avec Spotify !

CD:

si vous achetez un CD directement chez nous pour 10€, Paypal prends 0.515€, Bandcamp prends 1.5€. Il y a donc un peu moins de 8€ pour nous. Mais, attendez une seconde, cela coûte un peu plus de faire un CD.

Le CD lui même coute 1.2€, le livret coute environ 50 centimes, le packaging du CD est 1.8€ et le stocker sur le devant coûte 35 centimes. Ca fait un total de 3.65€.

Donc en réalité, il reste 4.34€ pour nous.

Vinyle:

Si vous achetez un vinyle 12 » à 15€ chez nous, Bandcamp prends 2.25€, Paypal prends 0,646€. Il nous reste donc 12€10.

Le coût du vinyle lui même est 3,06€, les étiquettes coutent 1.3€, soit un total de 4.36€.

Il reste donc 7.75€ pour nous. Cependant nous avons du presser 250 copies (commande minimum). Nous devons vendre 72 exemplaires avant de rétablir la balance sur la production de vinyles. Nous en avons vendus 30 jusqu’à présent.

Si nous arrivons à l’équilibre financier, nous baisserons un peu les prix. 🙂

Modification (14/09/2011)
Quelques personnes nous ont posés des questions sur les chiffres des vinyles. Ces chiffres peuvent être un peu confus, alors alors voici des précisions.

Nous avons commandé 250 copies parce que c’est le nombre minimum pour une commande de vinyles (la plus petite quantité que nous avons pu trouver).

Pour garder les coûts le plus bas possible nous avons choisi une pochette blanche sans rien puis nous l’avons personnalisée avec un sticker.

Il y a donc un sticker sur le devant de chaque vinyle. Et nous avons décidé d’en mettre un avec le nom du fan sur le dos de chaque album pour les 50 premières commandes.

250 copies (vinyle noir double face avec pochette blanche) nous ont couté 775€. Soit 3,1€ par copie.
Le sticker du devant coute 0.6€, celui de derrière 0.70€. Les chiffres sont bizarres parceque nous n’avons pas commandés 250 stickers. Nous en commanderons plus si nous vendons assez de copies de l’album, mais si nous n’en vendons que 50 ou 100 pourquoi en acheter plus. Nous n’avons pas eu le choix avec les vinyls, mais nous l’avons eu avec les stickers. Nous avons donc commandé seulement 75 stickers pour le devant et 50 stickers personnalisés pour le derrière, mais mes chiffres sonr basés sur 75 de chaque.

775 + 45 (0.6 X 75) + 52.5 (0.7 X 75) = 872.5 €
872.5 / 12.1 (prix net pour chaque copie) = 72.107

C’est de la que vient le chiffre 72. Ca aurait probablement du être 73 copies pour équilibrer les comptes, mais hé, je suis un musicien pas un comptable ! 🙂

Combien gagne un musicien DIY sur ses ventes en ligne ? La suite…

Article original Update to Release day economics écrit par Andy de Uniform Motion.
 

Mise à jour de l’article Release day economics

Les données for iTunes, eMusic, etc n’ont pas changé depuis que nous avons publié Release day economics en septembre 2011, mais les paiement de services de streaming comme Spotify et Deezer ont augmentés de facon significative alors nous avons pensé vous donner une mise à jour des chiffres.

Spotify

Les paiements de Spotify ont augmentés de 56% en 2011 comparé à 2010. Le paiement par stream etait en moyenne 0,003€ en 2010. En 2011 la moyenne est monté à 0,0047€ par lecture.

Donc si vous écoutez notre album en entier, nous obtiendrons 0,042€
Si vous écoutez l’album 10 fois sur Spotify, nous obtiendrons 0,42€
Si vous écoutez l’album 100 fois, nous obtiendrons 4,23€
Si vous écoutez l’album 1000 fois (une fois par jour pendant 3 ans!), nous obtiendrons 42,30€

 

Deezer

Les paiements de Deezer ont augmentés de 116% en 2011 comparé à 2010. Récemment, nous avons reçu 0,0127€ par lecture.
Ca fait 0,11€ par album écouté.

Si vous écoutez l’album 10 fois sur Deezer, nous obtiendrons 1,14€
Si vous écoutez l’album 100 fois, nous obtiendrons 10,14€
Si vous écoutez l’album 1000 fois (une fois par jour pendant 3 ans!), nous obtiendrons 100,14€ !

A suivre

Je vous laisse découvrir leur musique, et maintenant que vous avez où va l’argent, n’hésitez pas à acheter.

Créer une boutique Yozik pour vendre sa musique sur Facebook

Le service de vente de musique en ligne Yozik ajoute la possibilité de créer des boutiques sur Facebook et ajoute la distribution sur de nouvelles plateformes de vente.

J’avais décrit comment vendre facilement sa musique en ligne en créant une boutique avec Yozik. Yozik n’est pas le seul service qui permet de créer un boutique pour vendre sa musique, et d’autres comme Nimbit permettait déjà de vendre de la musique via Facebook mais Yozik est francophone et facile à utiliser, donc interessant pour tous les petits (et grands) artistes auxquels je veux m’adresser.

Vendre sa musique via Facebook

Suivez le lien suivant pour voir comment créer un boutique Yozik pour vendre sur Facebook ou allez jeter un œil sur un exemple de l’application sur le profil de Zenzile. On n’a pas encore la qualité d’intégration d’un Nimbit, mais ca marche et c’est tout ce qui compte.

Distribuer sa musique sur d’autre plateformes

Yozik permettait déjà de distribuer sa musique sur des plateformes francophones (la FNAC, Virgin Mega.fr, Deezer) et internationales (iTunes, Amazon Mp3) et ajoute aujourd’hui la distribution sur la boutique OVI de Nokia.

Autres nouveautés

Parmi les autres nouveautés, de nouvelles possibilités de personnalisation des boutiques et la possibilité de créer un profil PING (le réseau social musical attaché à iTunes).

Yozik lance aussi sa newsletter avec au menu nouveautés techniques, des conseils pour optimiser votre utilisation du service,  et une rubrique « zoom sur » mettant en avant un artiste et un label utilisant Yozik.

Conclusion

Même si je trouve que le graphisme aurait besoin d’un nouveau coup de pinceau, Yozik reste un de mes chouchous car francophone, facile à utiliser, et donne la possibilité à n’importe quel artiste de créer sa boutique en ligne. Ceci ne garantit pas que les ventes suivront (Pensez à la stratégie!!), mais si les fans sont déjà la, ca ouvre de nouvelles possibilités.

Pour finir, une suggestion à l’équipe Yozik: une extension WordPress pour créer un site et une boutique et quelques clics comme Nimbit pourrait être intéressante, non ?

Comment vendre sa musique sur internet: retour sur l’expérience des Bijoux de Famille

Il y a un an je titrai Comment vendre sa musique en ligne: l’exemple des Bijoux de Famille. Je décrivais comment nous avions mis en place une boutique pour vendre des CDs et de la musique à télécharger grâce au service Yozik.

Depuis plusieurs personnes ont demandés des retours pour savoir si vendre de la musique sur internet ça marche.

Je vais donc revenir sur l’expérience des Bijoux de Famille, les bonnes choses mais aussi les erreurs qui ont été faites.

Est ce que ça marche de vendre de la musique en ligne ?

Oui et non.

Oui ça fonctionne, car grâce à Yozik nous avons réussi à vendre de la musique à des endroits inaccessibles autrement (une personne a acheté l’album au format mp3 depuis la Réunion et une autre personne un titre en mp3 depuis l’Angleterre).

Non car nous avons vendu très peu en ligne. A savoir 2 albums format mp3, 1 CD et 2 titres mp3. Tout juste de quoi payer les frais de la boutique. On est loin de la fortune. A coté les ventes physiques sont plutôt autour de 600 albums, la plupart au cours des concerts, mais aussi dans les points de ventes de la région.

Notez que ce n’est pas vraiment surprenant qu’il y ai peu de ventes en ligne, puisque la plupart des fans sont de la région ou ont vus le groupe en concert, il est donc beaucoup plus facile pour eux d’acheter l’album directement. La vente en ligne serait surtout intéressante pour les fans distants, mais pour cela encore faut ils qu’ils puissent découvrir le groupe…

Les bons points

  • globalement la mise en place d’une boutique avec Yozik est relativement facile et permet d’avoir une boutique en ligne assez rapidement.
  • l’investissement est minime (gratuit pour un album ou 29€ pour un compte artiste avec support + autres options)
  • meme si peu d’album ont été vendus, nous avons pu vendre à des personnes qui n’auraient probablement pas pu acheter autrement.
  • il fallait essayer pour voir ce que ça donnerait et c’était une bonne expérience 🙂

Ce que changerai avec le recul

  • avoir une stratégie internet à moyen terme: le site a été fait par une personne, le myspace par une autre, je suis arrivé après pour mettre en place une boutique et un widget… Mais il y avait peu de coordination et pas de planification dans tout ça.  Le mieux c’est d’avoir quelqu’un qui réfléchisse à tous ces aspects pour définir des priorités et coordonner les initiatives avant de démarrer.
  • donner un look plus sérieux à la boutique: Yozik vous donne les liens pour insérer dans votre site et créer votre boutique. Avec le recul je trouve que notre design ne faisait pas assez carré. Si c’était à refaire, je mettrai tous les liens bien alignés dans un tableau. C’est peut être bête, mais je pense que dans l’esprit des gens ça joue au moment où on doit sortir de sa carte de crédit pour payer en ligne.
  • mettre des morceaux complets en écoute dès la sortie de l’album, pour favoriser la découverte par le public. Des morceaux ont été mis mais un peu tard à mon avis pour avoir de l’effet.
  • mettre des morceaux en téléchargement: avec cependant une  stratégie pour mettre la musique en téléchargement. Aider la musique à se diffuser pour obtenir de nouveaux fans dans la région et ailleurs dans des lieux ou le groupe n’a pas joué.
  • pensez à une stratégie de vente alternative. Vendre sa musique en recompensant les fans qui la diffuse me semble difficile à mettre en œuvre quand on débute, et je pense que tout groupe qui veut vendre sa musique maintenant devrait sérieusement considérer la formule magique pour les nouveaux modèles économiques de la musique et essayez de l’adaptez à ses besoins.

Alors est ce que ça vaut le coup de vendre en ligne ?

Oui je pense, mais en y réfléchissant bien et ne faisant pas ça n’importe comment pour espérer avoir des résultats conséquents.

Je reviendrai bientôt sur certains points soulevés ici, notamment la stratégie internet et les stratégies de ventes alternatives pour se faire voir et créer l’envie.

Quand donner un CD gratuit fait vendre de la musique

Voici une expérience intéressante rapportée par Terry McBride lors d’une conférence:

Une groupe qu’il manage vendait ses CDs à 15$ de la façon habituelle. Ils en parlent une ou deux fois sur scène et vendent en moyenne pour 300$.

Il leur a demandé d’utiliser une approche différente:

Dites au public: « C’est très important pour nous que vous ayez notre CD. Nous avons travaillé si dur dessus et nous en sommes si fier que nous voulons que vous l’ayez quoiqu’il arrive. Payez ce que vous voulez, mais même si vous n’avez pas d’argent, prenez en un ce soir s’il vous plaît. »

Répétez la même chose avant la fin du concert et ajoutez: « S’il vous plaît, personne ne doit partir d’ici sans une copie de notre CD. Nous avons passé une super soirée ensemble et ça nous toucherait beaucoup si vous en preniez un. »

Cela change la demande d’une requête commerciale à une connexion émotionnelle. Leur donner un CD sans payer renforce cela.

Terry McBride dit que le groupe a fait ça pendant un moment et que très vite ils vendaient pour 1200$ par soirée en moyenne, même en comptant les gens qui prenaient un CD gratuitement. Le prix moyen de vente était autour de 10$.

Mais le plus important:

Comme à chaque spectacle, chaque personne partait avec un CD, ils avaient plus de chances de se rappeler qui ils avaient vus, d’en parler à leurs amis, de l’écouter plus tard, et de devenir encore plus fan ensuite.

Puis quand le groupe revenait dans une ville ou ils avaient insisté pour chaque personne prenne un CD, la fréquentation des concerts doublait ! Les personnes qui avaient pris des CDs sont devenus des fans et ont amené des amis aux concerts suivants.

Traduit à partir de l’article de Music Think Tank : Experiment: Everyone must have a CD, even if free.

Réflexion

Ce genre d’expérience ne marcherait pas à mon avis avec tous les groupes et/ou publics, mais l’approche est intéressante, car en passant d’une démarche commerciale (« achetez mes CDs ») à une démarche de connections émotionnelle avec les gens (« je veux partager ma musique avec vous »), on change la complètement la donne.

A 15$ le CD et une vente classique, seuls les fans purs vont acheter.

Ceux qui ont plutôt aimés, mais ne sont pas prêts à mettre autant d’argent sont perdus pour le groupe. Ils n’achètent pas, et sans le CD,  ils n’entendrons probablement plus la musique par la suite, n’en parleront pas autour d’eux autant que ceux qui ont le CD. au final ils risquent d’oublier rapidement le nom du groupe.

En laissant chacun choisir son prix et en permettant même à ceux qui n’ont pas d’argent d’emporter le CD, le groupe élargit son public au delà du cercle des fans purs et durs et gagne des chances de capter les hésitants. En outre le fait de donner au lieu de vendre crée une relation différente entre le groupe et ses fans, plus proche de la relation entre 2 amis que de la relation vendeur-acheteur.

Conclusion

Ce qu’il y a d’intéressant dans cette expérience, ce que l’on retrouve aussi la formule magique pour les nouveaux modèles économiques de la musique:

connecter avec les fans + donner une raison d’acheter = $$$

Connecter avec les fans:

  • outre le lien direct du concert, il y a une relation plus personnelle et moins commerciale par le fait de donner le CD
  • en emportant la musique avec eux, les « hésitants » ceux qui bien aimés sans être forcement prêts à acheter ont plus de chances de connecter avec l’univers musical du groupe et de devenir de « purs fans » plus tard.

Les raisons d’acheter sont multiples:

  • on a vu le groupe et on l’a apprécié
  • on peut choisir le prix que l’on veut donner en fonction de son intérêt pour la musique et de son budget. On a moins peur de prendre le CD et d’être déçu plus tard.
  • on est plus tenté d’acheter car on est dans cette relation plus personnelle et moins commerciale. En fait on est plus proche du don ou de l’échange que de l’acte achat/vente.

Au final au lieu de toucher seul les fans purs et durs, on crée une relation avec tout le public où on permet à chacun de participer à son niveau et d’y trouver son compte.

Ça vous inspire quoi tout ça ?

La formule magique pour les nouveaux modèles économiques de la musique

Quel seront les futurs modèles économiques de la musique ? Il semble que Trent Reznor ait trouvé une bonne piste. J’ai déjà parlé à de nombreuse reprises de ses initiatives innovantes pour connecter avec sa communauté de fans pour promouvoir et vendre ses œuvres.

Voici un excellent article qui résume toutes les initiatives innovantes de Trent Reznor. Cet article est une traduction d’une conférence donné par Mike Masnick, dont le blog Techdirt décrypte les tendances des nouveaux médias sociaux.

L’auteur a analysé le travail de Trent Reznor et en déduit une équation qu’il pense être le futur de la musique:

Connect With Fans (CwF) + Reason To Buy (RtB) = The Business Model ($$$$)

« il semblerait que Trent Reznor ait découvert le secret d’un modèle économique efficace pour la musique. Ça commence par quelque chose de très simple : CwF, qui signifie « Créer un lien avec les fans ». Ajoutez-y une pincée de RtB : « Une Raison d’acheter ». Associez les deux, et vous obtenez un modèle économique. Ça parait très simple, et beaucoup pensent que ça n’a rien de sorcier. Mais le plus stupéfiant, c’est la difficulté qu’ont d’autres à combiner ces deux ingrédients afin de gagner de l’argent, alors que Trent Reznor, lui, s’en est sorti à merveille, à de nombreuses reprises, et de nombreuses façons. »

Lire l’article: Trent Reznor et l’équation pour de futurs modèles économiques de la musique

Reflexion: le futur de la musique vue par Gerd Leonhard

Quels seront les nouveaux modèles économiques de la musique demain ? Pour ceux qui se demande où va l’industrie de la musique, voici de quoi nourrir vos réflexions: voici une conférence en ligne donnée par Gerd Leonhard, auteur, stratège, blogueur sur le futur des médias.

Ces réflexions sont particulièrement pertinentes pour les personnes travaillant dans l’industrie des médias, mais j’espère intéresseront aussi les artistes.

Le tout est en anglais. Pour ceux qui ont du mal, j’essaierai de revenir sur les points qu’il développe au cours des articles suivants.

La video de la conférence:

Les diapos de la conférence
http://drop.io/mediafuturist/presentation (mot de passe:  » future « )

Pour aller plus loin, téléchargez gratuitement son livre Music 2.0 au format pdf: http://www.music20book.com/

Promotion et vente de musique en ligne: revue de web

Comment promouvoir et vendre de la musique à l’heure du numérique ? Une petite sélection d’articles et de vidéos intéressants sur  le sujet (en anglais).

UK Music Industry’s Own Economist Says Revenue Up 4.7%!

L’industrie musicale anglaise commence à s’adapter a l’ère digitale et enregistre des bénéfices en hausse.

http://www.zeropaid.com/news/86724/uk-music-economist-says-music-industry-revenue-up-4-7/

Success Stories From The Music Commerce Frontier (vidéo)

Des exemples de réussites dans le monde de la musique digitale avec des artistes célèbres ou inconnus.

http://www.techdirt.com/articles/20090621/1626125300.shtml

Trent Reznor And The Formula For Future Music Business Models (vidéo)

Retour sur les expériences de Trent Reznor et le nouveau business model qu’il a découvert:

connectez avec les fans + donner une raison d’acheter = $$$$

http://www.techdirt.com/articles/20090201/1408273588.shtml

Music 2.0 Bookshelf

Une sélection de livres sur l’industrie de la musique à l’heure digitale

http://astore.amazon.com/hypebot-20

100 Free & Affordable High & Low Tech Music Promotion Tips

Une liste de conseils et d’astuces pour promouvoir sa musique en ligne.
http://hypebot.typepad.com/hypebot/100-free-affordable-high-.html

Comment se faire connaitre quand on est un artiste inconnu ?

C’est la question à laquelle répond Trent Reznor, leader du groupe Nine Inch Nail et qui a déjà lancé avec succès de nombreuses initiatives innovantes dans l’utilisation d’internet pour promouvoir et vendre sa musique.

Il explique ses idées sur la facon dont un artiste inconnu devrait utiliser internet: avoir une vrai stratégie internet (avec des buts précis), donner sa musique pour la faire connaitre, créer une relation proche avec les fans, utiliser des outils performants pour distribuer/vendre sa musique en ligne …

Un article que chaque musicien ou artiste devrait lire absolument.

Voici la version originale en anglais:

http://forum.nin.com/bb/read.php?30,767183

Si l’anglais n’est pas votre tasse de thé, jetez un oeil à cette traduction sur donnetamusique.com qui résume bien les grandes lignes:

Vendre sa musique lorsqu’on est un artiste inconnu

Au passage, je vous encourage fortement à explorez le reste du blog, qui traite des nouvelles stratégies de communication internet pour les musiciens et contient pas mal d’articles sympas.

Être référencé sur iTunes sans les frais d’intermédiaire

WaTunes permettait aux artistes d’être référencés dans des plates-formes numériques en prenant une quôte de 10% de frais. Mais cette compagnie a décidé de renverser l’industrie puisqu’elle est la première à le proposer : elle supprime ces frais. On peut donc en conclure qu’un artiste peut à présent se retrouver sur iTunes, Napster et eMusic (juste 3 plates-formes là où d’autres agrégateurs ratissent plus largement les sites existants) sans les frais de l’intermédiaire agrégateur. De plus, tout se fait très simplement et rapidement puisque l’envoi se fera par FTP….

Être référencé sur iTunes sans les frais d’intermédiaire | Zik’n’Blog

Vous avez dit piratage ? Quand le gratuit fait vendre.

Voici un article de Numérama sur le piratage et la vente de musique. Contrairement à ce qu’essaye de faire croire les industriels de la culture, le téléchargement n’est pas foncièrement mauvais pour les artistes. J’avais déjà parlé du piratage et de ses effets positifs sur l’économie, de Paolo Coehlo qui piratait ses propres livres et en vendait plus, voici un exemple de plus qui démontre comment le piratage peut augmenter les ventes:

L’album le plus vendu sur Amazon en 2008 était aussi offert gratuitement
Peer-to-Peer –

Distribué sous licence libre sur les réseaux P2P, l’album Ghosts I-IV de Trent Reznor figure en tête des albums les plus vendus en 2008 sur la plateforme de téléchargement d’Amazon aux Etats-Unis.

« La gratuité c’est le vol« , accusait Denis Olivennes dans un pamphlet qui lui a valu quelques mois plus tard de présider les accords de l’Elysée sur la riposte graduée avec les maisons de disques et les fournisseurs d’accès. « La gratuité c’est des ventes« , pourrait aujourd’hui lui rétorquer Trent Reznor, le très engagé leader de Nine Inch Nails (NiN).

Son album Ghosts I-IV est tout simplement l’album qui s’est le mieux vendu sur la plateforme de téléchargement d’Amazon en 2008, alors-même que Reznor l’avait placé sous une licence Creative Commons pour autoriser son téléchargement et son partage sur les réseaux P2P. Au moment de sa sortie, les internautes pouvaient télécharger gratuitement les neuf premiers morceaux de l’album au format MP3 320 Kbps, avec livret PDF gratuit de 40 pages et autres goodies. L’ensemble des 36 morceaux étaient ensuite vendus ensemble sur Amazon pour 5 $ seulement. Des formules premium entre 10 $ et 300 $ permettaient ensuite aux fans d’obtenir des versions plus riches, jusqu’au coffret Ultre-deluxe dédicacé par Trent Reznor, limité à 2.500 exemplaires.

Partisan du partage de fichiers, l’artiste qui avait quitté Universal pour protester contre la politique de lutte contre le piratage menée contre ses fans avait mis lui-même les neuf premiers morceaux de l’album sur les sites de liens BitTorrent. Dès la première semaine, il a pourtant enregistré 1,6 millions d’euros de chiffre d’affaires. Un résultat probablement très inférieur aux sommes totales collectées par l’artiste, puisqu’il reste encore très téléchargé sur Amazon, et a lancé avec succès d’autres initiatives. Il s’est notamment associé avec Tapulous pour proposer des morceaux de son album sur une version dédiée du jeu Tap Tap Revenge pour iPhone.

Après ça, il sera difficile pour les maisons de disques de prétendre que les licences libres ou la gratuité tuent le marché du disque. Mais elles continueront à le faire puisqu’ici, aucune maison de disque n’a le moindre contrat avec NiN, qui encaisse la majeure partie du chiffre d’affaires en limitant au maximum le nombre d’intermédiaires. Ce qui lui permet de proposer un album de 36 chansons à seulement 5 $, lorsque la plupart des artistes touchent moins de 2 euros sur un album vendu 16 euros dans le commerce. A méditer.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Voici donc une approche originale qui cherche à accompagner les changements liés à internet plutôt que de les combattre aveuglement.

Pour finir je vous conseille de relire l’article « Mieux que gratuit, le business model réinventé » où Kevin Kelly pose des questions interessantes sur la nouvelle économie numérique: L’Internet est une machine à copier. Que faire lorsque les copies sont gratuites ? Vous devez vendre des choses qui ne peuvent être copiées !